Le permis investisseur par rachat d'entreprise : reprendre plutôt que créer.
Le permis investisseur par rachat d'entreprise est la voie la moins documentée de l'installation à Maurice : plutôt que de créer une société, vous en reprenez une qui tourne déjà, et c'est cette reprise qui porte votre demande auprès de l'EDB. L'attrait est évident, puisque le chiffre d'affaires existe. La difficulté l'est moins : on n'achète pas sans visibilité sur le permis, et on n'obtient pas le permis sans investissement engagé.
Reprendre une société existante peut porter votre demande de permis.
Le permis investisseur, l'une des trois catégories de l'occupation permit, suppose que vous soyez actionnaire d'une société immatriculée à Maurice et que vous participiez à sa gestion. Rien, dans cette définition, n'impose que la société soit neuve.
C'est tout l'intérêt du permis investisseur par rachat d'entreprise : l'investissement exigé peut prendre la forme d'une reprise de société en activité plutôt que d'une création. Vous entrez au capital d'une entreprise qui tourne, vous en prenez la direction, et c'est ce dossier que l'Economic Development Board (EDB) instruit.
La nuance échappe souvent aux candidats à l'installation, qui comparent la création à Maurice et la création en France sans voir la troisième voie. Elle convient pourtant mieux à certains profils, notamment aux dirigeants qui cherchent une activité, pas une aventure. Notre page sur le permis investisseur à l'île Maurice traite la voie de la création ; celle-ci traite la voie du rachat.
Le titre de séjour est d'ailleurs le seul critère de cet arbitrage qui n'a pas d'équivalent français : reprendre en France ne conditionne pas votre droit de vivre sur place, reprendre à Maurice si. C'est ce qui fait basculer beaucoup de dossiers, et nous comparons les deux marchés critère par critère dans notre page reprendre une entreprise à Maurice ou en France.
Ce que l'EDB attend d'un investissement par rachat.
Deux logiques coexistent dans les options publiées par l'EDB sur son portail officiel de résidence, vérifiées au 13 août 2026.
| Voie | Ce que vous démontrez | Ce qui mérite vérification |
|---|---|---|
| Investissement transféré | Un apport initial venu de l'étranger, en devise librement convertible, viré sur le compte bancaire de la société mauricienne au plus tard 60 jours après la délivrance du permis | Que le prix payé se traduise par un investissement dans la société reprise, et pas seulement par un transfert de titres entre deux particuliers |
| Valeur nette de la société reprise | Une entreprise déjà en activité, dont la valeur nette et le chiffre d'affaires cumulé des exercices précédant la demande atteignent les seuils publiés | L'option figure dans la liste des voies d'investissement de l'EDB, mais sa fiche détaillée n'était pas accessible au 13 août 2026 : les seuils exacts sont à confirmer avant tout engagement |
Les montants d'investissement, eux, sont ceux de la voie classique, et ils ont changé le 12 août 2026 : un seuil unique de 100 000 USD, assorti d'un chiffre d'affaires d'au moins 5 millions de roupies à compter de la troisième année et de 8 millions à compter de la cinquième pour le renouvellement. L'ancienne grille, qui offrait une option de base à 50 000 USD et une option renforcée à 100 000 USD aux objectifs allégés, n'existe plus, même si le portail de l'EDB l'affichait encore à la mi-août 2026.
Trois points appellent une attention propre au rachat. La nature de l'investissement d'abord : l'EDB examine ce que les fonds financent réellement, et le versement d'un prix à un cédant n'est pas, en soi, un investissement dans l'entreprise. L'activité reprise ensuite : elle doit être éligible et cohérente avec le business plan que vous déposez, ce qui suppose parfois de la faire évoluer plutôt que de la poursuivre telle quelle. Les fonds transférés enfin : leur origine se documente comme dans toute demande, et le virement depuis l'étranger vers le compte de la société mauricienne obéit au calendrier des lignes directrices.
Aucun de ces points ne se tranche par la lecture d'un site. Ils s'instruisent au cas par cas, et c'est précisément ce qui se cadre avant que vous ne signiez quoi que ce soit.
Ce que l'existant apporte, face à une création.
L'argument décisif tient en une phrase : une société en activité a des chiffres, une création n'a qu'un prévisionnel.
Cela pèse là où le permis se joue vraiment, c'est-à-dire dans la durée. L'EDB conduit une revue à mi-parcours, et le renouvellement de l'occupation permit dépend de critères de performance. Ces critères ont changé, et le changement n'est plus un projet : l'Act 13 de 2026, en vigueur depuis le 12 août 2026, exige un chiffre d'affaires d'au moins 5 millions de roupies à compter de la troisième année et de 8 millions à compter de la cinquième. La grille antérieure, qui reportait le premier palier à la sixième année, appartient au passé, même si le portail de l'EDB l'affichait encore à la mi-août 2026. L'échéance s'est donc rapprochée de trois ans, et une entreprise qui réalise déjà ce niveau de facturation part avec une avance considérable sur un projet qui doit encore l'atteindre.
Au-delà des seuils, la reprise vous livre en une opération ce qu'une création met deux à trois ans à bâtir : une clientèle, une équipe formée, des fournisseurs, un local, un historique bancaire et, le plus souvent, les autorisations d'exploiter. Le business plan déposé auprès de l'EDB s'appuie alors sur des comptes réels, pas sur des hypothèses.
Reste la contrepartie, et elle est réelle : vous héritez aussi de ce qui ne se voit pas.
Les pièges propres au rachat.
Le permis de l'ancien dirigeant ne se transmet pas. Un occupation permit est personnel. Racheter la société de son titulaire ne vous transmet ni son permis ni sa résidence : vous déposez votre propre demande, avec votre propre dossier. Symétriquement, le cédant perd la base de son permis le jour où il cesse d'être actionnaire et dirigeant. Les deux calendriers sont liés, et mieux vaut l'écrire dans l'acte que le découvrir après.
Les autorisations ne suivent pas toujours les parts. La trade licence est délivrée par l'autorité locale au nom de l'exploitant, et les activités réglementées supposent des agréments propres : Tourism Authority pour l'hébergement et les activités touristiques, débit de boissons, santé, éducation, Financial Services Commission pour les services financiers. Selon que vous rachetez les parts ou le fonds, ces autorisations se maintiennent, se modifient ou se redemandent. Un rachat de parts qui laisse la personne morale inchangée limite le problème sans toujours l'éliminer : plusieurs régulateurs exigent d'être informés d'un changement de contrôle, voire de l'approuver.
Le passif social se reprend. Le Workers' Rights Act 2019 traite expressément l'emploi à la suite d'un transfert d'entreprise : les salariés ne disparaissent pas avec le cédant et l'ancienneté acquise se retrouve dans les indemnités futures. Congés non pris, heures supplémentaires impayées, cotisations en retard, litige pendant : tout cela vous accompagne. Le droit du travail mauricien est protecteur, et c'est l'acquéreur qui en supporte la charge quand l'audit social a été survolé.
Le passif fiscal aussi, si vous rachetez les parts. Reprendre les parts, c'est reprendre la personne morale avec son passé : TVA, PAYE, CSG, impôt sur les sociétés, contrôle en cours ou à venir de la MRA. Reprendre le fonds isole mieux l'acquéreur de ce passé, mais change la fiscalité de l'opération et déclenche des droits d'enregistrement. L'arbitrage entre les deux structures se fait dossier par dossier, et il n'a rien d'accessoire : il conditionne à la fois votre risque et le prix.
Le délai, enfin. Entre l'accord avec le cédant et le permis en main, il faut compter la négociation, l'audit, la rédaction de l'acte, puis l'instruction du dossier par l'EDB, en pratique de quatre à huit semaines après un dépôt complet. Un vendeur pressé et un acquéreur sans permis ne font pas bon ménage : c'est la source de tension numéro un de ces opérations.
Acheter sans permis, ou demander un permis sans avoir acheté ?
C'est le noeud de la voie du rachat, et il n'est presque jamais formulé. Vous ne voulez pas payer une société avant de savoir si vous pourrez vous installer à Maurice pour la diriger. L'EDB, de son côté, n'instruit pas une demande fondée sur une acquisition purement hypothétique.
L'ordre qui fonctionne, en pratique :
- Cadrer votre éligibilité d'abord, avant même d'entrer en discussion sérieuse avec un cédant : profil, origine des fonds, secteur visé, forme envisagée de l'opération.
- Signer un accord conditionnel. Protocole ou promesse assortie de conditions suspensives : obtention du permis, maintien ou transfert des autorisations d'exploiter, absence de passif révélé par l'audit. Sans permis, pas de vente, et le prix n'est pas dû.
- Sécuriser le prix par un séquestre. L'acompte est déposé auprès d'un tiers de confiance, notaire ou avocat, et n'est libéré qu'à la levée des conditions. C'est la contrepartie que le cédant obtient en échange du délai qu'il vous accorde.
- Structurer la détention et déposer le dossier. Constitution de la holding le cas échéant, entrée au capital selon le schéma retenu, puis dépôt auprès de l'EDB avec le business plan.
- Transférer les fonds et clore l'opération. Le versement du prix, l'apport venu de l'étranger et la signature définitive s'enchainent une fois le permis délivré, dans la fenêtre prévue par les lignes directrices.
Un cédant expérimenté accepte ce calendrier s'il est borné : une date butoir sur la condition suspensive et, le cas échéant, une indemnité d'immobilisation. Un cédant qui refuse toute condition suspensive vous dit surtout qu'il est pressé, et c'est en soi une information sur la cible.
Détenir la société reprise via une holding.
Beaucoup d'acquéreurs rachètent en nom propre, par simplicité. L'interposition d'une holding mauricienne, qui détient les parts de la société d'exploitation, est un schéma courant. Il mérite d'être examiné avant l'acquisition, car il conditionne la rédaction de l'acte et se rattrape mal ensuite.
Ce qu'il change, factuellement : la revente ultérieure porte sur des parts détenues par la holding, et non sur votre participation personnelle. La structure sur laquelle repose votre qualité d'actionnaire et de dirigeant survit alors à l'opération, et une cession partielle ou l'entrée d'un associé ne remettent pas mécaniquement en cause la base de votre installation.
Ce qu'il ne change pas : le permis reste conditionné à une activité réelle et aux critères de performance, la holding ajoute une société à administrer avec ses obligations comptables et déclaratives, et l'EDB apprécie la chaine de détention dans son ensemble, y compris votre implication effective dans la gestion. Le montage n'a d'intérêt que si le projet le justifie, jamais pour lui-même.
Si votre horizon est une revente à moyen terme, la question de l'après se pose dès le départ : notre page sur le permis de résidence à l'île Maurice présente les statuts vers lesquels basculer une fois l'entreprise cédée. Selon votre situation, tous ne sont pas ouverts.
Quand votre permis dépend de la cible, l'audit change de nature.
Dans une acquisition ordinaire, la due diligence protège votre prix. Ici, elle protège aussi votre installation, et celle de votre famille. Une société dont les comptes ne tiennent pas, dont les licences sont irrégulières ou dont le chiffre d'affaires ne résiste pas à l'examen n'est plus seulement une mauvaise affaire : c'est un dossier de permis fragile, et un refus laisse des traces.
Trois vérifications prennent donc un poids particulier. La solidité et la récurrence du chiffre d'affaires, parce que ce sont ces chiffres que l'EDB relira au renouvellement. La régularité fiscale et sociale, parce que le redressement d'hier devient votre passif de demain. La conformité des autorisations d'exploiter, parce qu'une activité qui s'arrête faute de licence emporte tout le reste. Notre guide de la due diligence d'acquisition à Maurice détaille la méthode, poste par poste.
Nous tenons la comptabilité en interne, ce qui nous permet de lire les comptes d'une cible autrement que sur la foi d'une liasse remise par le vendeur. Et parce que le permis et l'entreprise se jouent dans le même dossier, ils se préparent ensemble plutôt que l'un après l'autre. C'est l'objet du premier échange, offert : vérifier que la cible que vous visez tient debout, et que le permis suivra.
Reprendre une entreprise et s'installer à Maurice, vos questions.
Peut-on obtenir un permis investisseur en rachetant une société mauricienne ?
Oui, le principe est admis : le permis investisseur suppose que vous soyez actionnaire et dirigeant d'une société mauricienne, sans exiger qu'elle soit nouvelle. L'EDB apprécie toutefois la nature de l'investissement, l'éligibilité de l'activité reprise et le transfert effectif des fonds depuis l'étranger. Les conditions exactes se vérifient sur le portail officiel de résidence avant tout engagement, et se cadrent au cas par cas.
Le permis de l'ancien dirigeant se transmet-il avec la société ?
Non. Un occupation permit est personnel : il est délivré à une personne, au vu de son dossier, et ne se cède pas avec les parts. Vous déposez votre propre demande, et le cédant perd la base de la sienne le jour où il cesse d'être actionnaire et dirigeant. Son calendrier de départ dépend donc du vôtre, un point à aborder dès les premières discussions.
Faut-il acheter avant ou après avoir obtenu le permis ?
Ni l'un ni l'autre en pratique : on signe un accord conditionnel. Un protocole ou une promesse assortie d'une condition suspensive d'obtention du permis vous engage sans vous exposer, pendant que le prix reste déposé auprès d'un tiers de confiance. La vente se dénoue une fois le permis délivré, dans la fenêtre prévue pour le transfert des fonds.
Le chiffre d'affaires passé de la société compte-t-il pour le renouvellement ?
Le renouvellement s'apprécie sur les résultats obtenus sous votre direction, pas sur ceux du cédant. L'historique reste néanmoins un atout décisif : une entreprise qui réalise déjà le niveau de facturation exigé vous place d'emblée au bon niveau, là où une création doit encore l'atteindre. C'est le principal argument de la voie du rachat.
Peut-on détenir la société rachetée via une holding ?
Oui, et le schéma est courant : une holding mauricienne détient les parts de la société d'exploitation. Il se décide avant l'acquisition, car il conditionne la rédaction de l'acte. Il ajoute en revanche une société à administrer, et l'EDB apprécie la chaine de détention dans son ensemble, y compris votre implication réelle dans la gestion.
La suite, naturellement.
Le permis investisseur à l'île Maurice
Les seuils vérifiés, les démarches EDB et la voie de la création, en détail.
Découvrir →La due diligence d'acquisition à Maurice
Comptes, fiscal, social, licences : ce qu'il faut auditer avant de signer.
Découvrir →Céder ou reprendre une entreprise à Maurice
Les deux côtés de la table, de la valorisation à la signature.
Découvrir →Une cible en vue, un permis à obtenir.
Un premier échange offert, puis une note écrite : éligibilité, forme de l'opération, calendrier, selon votre situation.
Sans engagementFeuille de route offerteRéponse sous 24 h