Le permis professional : travailler à l'île Maurice comme salarié.
Le permis professional est la déclinaison salariée de l'occupation permit. Il permet à un étranger de vivre et de travailler à l'île Maurice sous contrat avec une entreprise locale ou une multinationale, à partir d'un certain salaire de base. Particularité souvent méconnue, c'est l'employeur qui dépose la demande. Voici les conditions vérifiées auprès de l'EDB, les démarches et les points de vigilance.
Le permis du salarié, en un tableau.
Le permis professional est l'une des trois catégories de l'occupation permit, le titre qui combine permis de travail et permis de résidence en un seul document. Les deux autres catégories visent l'investisseur et l'indépendant ; celle-ci vise le salarié.
| Question | Réponse, vérifiée au 17 août 2026 |
|---|---|
| Pour qui | Un étranger salarié d'une entreprise mauricienne ou d'une multinationale implantée à Maurice |
| Condition centrale | Un contrat de travail signé et un salaire de base d'au moins 50 000 roupies par mois, depuis le 12 août 2026 |
| Qui dépose la demande | L'employeur, en ligne, avant l'arrivée du salarié |
| Durée | Celle du contrat de travail, dans la limite de dix ans, renouvelable |
| Famille | Conjoint, enfants de 24 ans au plus et parents, en permis dépendants alignés |
| Changement d'employeur | Possible, mais par une nouvelle demande complète |
Chaque ligne de ce tableau a été vérifiée sur le texte de loi en vigueur, et non sur le seul portail de l'Economic Development Board (EDB), qui affichait encore l'ancien seuil de 30 000 roupies à la mi-août 2026. C'est le réflexe à garder : les seuils des permis mauriciens ont été retouchés le 12 août 2026, et beaucoup de pages en français, y compris officielles, circulent encore avec les chiffres d'avant.
Un permis réservé au salarié sous contrat mauricien.
Le permis professional s'adresse à une situation précise : vous êtes recruté par une entreprise établie à Maurice, société locale ou filiale d'un groupe international, pour y occuper un poste sous contrat de travail. Le contrat est la pièce fondatrice du dossier. Il doit être signé des deux parties et mentionner explicitement votre nom, celui de la société, l'intitulé du poste, la durée de l'engagement et le salaire de base mensuel.
Ce permis ne couvre donc ni le freelance facturant ses clients (c'est l'occupation permit self-employed), ni le fondateur qui investit dans sa propre structure (c'est l'occupation permit investisseur), ni le télétravailleur employé par une société étrangère (c'est le terrain du premium visa). Il en découle une limite que les salariés découvrent souvent après leur arrivée : un permis décrit une activité, pas une clientèle, et celui-ci n'autorise qu'un emploi, chez l'employeur qui l'a demandé. Ce que chaque catégorie permet réellement de facturer hors de Maurice est détaillé dans notre page sur le fait de travailler pour des clients étrangers avec un permis mauricien. Si votre situation hésite entre plusieurs cases, c'est précisément le genre d'arbitrage qui mérite un examen avant toute demande : les critères, les seuils et les droits attachés diffèrent sensiblement.
Occupation permit ou work permit : deux permis de travail pour le salarié.
Le vocabulaire prête à confusion. À Maurice, le « permis de travail salarié » recouvre en réalité deux régimes distincts. L'occupation permit professional, géré par l'EDB, concerne les postes qualifiés atteignant le salaire minimum requis : un seul titre, une seule démarche, résidence comprise. Le work permit, délivré par le ministère du Travail, concerne les emplois sous ce seuil : la procédure est différente, plus contingentée, et s'accompagne d'un permis de résidence séparé. Pour un cadre, un ingénieur ou un profil spécialisé recruté depuis la France, c'est l'occupation permit professional qui s'applique dans l'immense majorité des cas.
Le salaire minimum de l'occupation permit professional.
Depuis le 12 août 2026, la condition est unique : un salaire de base mensuel d'au moins 50 000 roupies. Elle a remplacé le seuil de 30 000 roupies, qui valait jusqu'à cette date et que le portail de résidence de l'EDB affichait encore à la mi-août 2026. Deux précisions font toute la différence à l'instruction du dossier.
D'abord, c'est le salaire de base qui compte. Les primes, le bonus de fin d'année, le logement de fonction, la voiture ou les billets d'avion n'entrent pas dans le calcul. Un package globalement confortable mais construit sur une base faible peut donc échouer au seuil ; la structure de la rémunération se négocie avant la signature, pas après.
Ensuite, le seuil s'apprécie aussi au renouvellement. Un contrat renouvelé doit toujours respecter le salaire minimum en vigueur à la date du renouvellement, qui n'est pas nécessairement celui de votre première demande.
De 30 000 à 50 000 roupies : ce que le 12 août 2026 a changé.
Le mouvement a d'abord été annoncé par le budget 2026-2027, présenté le 19 juin 2026, puis écrit dans l'Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Act 2026, l'Act n° 13 de 2026, introduit à l'Assemblée nationale le 28 juillet, voté le 31 juillet, promulgué le 12 août et publié au supplément juridique du Journal officiel le 13 août 2026. Son article 15 remplace en bloc la partie I de la première annexe de l'Economic Development Board Act, celle qui fixe les critères de l'occupation permit. Dans cette nouvelle rédaction, le professional tient en une phrase : un salaire de base mensuel d'au moins 50 000 roupies, tous secteurs confondus, sans distinction de sous-catégorie. Le même article abroge par ailleurs la partie II de la première annexe, sans que la loi dise ce que cette partie contenait ; le sort exact de l'ancien Expert Pass est donc à faire confirmer au dossier plutôt qu'à déduire.
Trois états à ne pas confondre. Ce qui est en vigueur : le seuil de 50 000 roupies, applicable depuis le 12 août 2026, l'article 61 de la loi, qui énumère limitativement les dispositions à entrée en vigueur différée, ne visant pas ce critère. Ce qui est seulement affiché : les 30 000 roupies que le portail de l'EDB montrait encore à la mi-août 2026, et que reprennent la quasi-totalité des pages en français. Ce qui reste à confirmer : le calendrier de la mesure de transition censée maintenir les critères antérieurs lors de la première demande de renouvellement d'un permis professional, dont l'entrée en vigueur est annoncée au 1er octobre 2026. Nous faisons vérifier ce point au dépôt, car cette protection ne couvrirait ni un changement d'employeur, ni un renouvellement déposé avant cette date.
Nous ne publions que ce que les sources officielles confirment : si votre projet se joue à quelques milliers de roupies près, le seuil applicable sera vérifié au jour du dépôt, sur le texte de loi et non sur une page web datée. A noter également, pour les jeunes diplômés, l'existence d'un young professional permit distinct, dont la nouvelle rédaction du 12 août 2026 formule le critère en termes de diplôme local reconnu par la Higher Education Commission ou de certification professionnelle internationale équivalente ; le seuil de salaire de 25 000 roupies qui circule depuis 2025 se vérifie, lui aussi, au jour du dépôt.
C'est l'employeur qui dépose le dossier.
Contrairement au permis investisseur ou retraité, le permis professional n'est pas une démarche individuelle. La demande est soumise par l'employeur, via un dirigeant ou un responsable des ressources humaines, sur la plateforme nationale de licences en ligne adossée au portail de l'EDB. Elle peut être engagée avant votre arrivée : vous n'avez pas besoin d'être sur le territoire mauricien pour que l'instruction commence.
Votre rôle consiste à fournir des pièces personnelles complètes et cohérentes. Les documents habituellement demandés sont les suivants ; la liste exacte, publiée par l'EDB, varie à la marge selon les profils :
- passeport en cours de validité et photographie d'identité,
- acte de naissance,
- contrat de travail signé des deux parties, mentionnant poste, durée et salaire de base,
- diplômes, qualifications et parcours professionnel,
- certificat médical, avec des analyses réalisées à Maurice ou dûment certifiées,
- documents de la société employeuse (immatriculation, enregistrement d'activité).
Une pièce de cette liste ne se prépare pas depuis la France, et elle commande le calendrier du voyage : la visite médicale du permis suppose trois analyses réalisées à Maurice et un certificat signé par un praticien enregistré sur l'île, avec une validité de six mois qui court pendant l'instruction.
L'EDB ne publie pas de délai d'instruction contractuel. En pratique, comptez plusieurs semaines entre un dépôt complet et la délivrance du permis, le temps des vérifications et de la visite médicale ; un dossier incomplet ou une incohérence entre le contrat et les justificatifs allongent sensiblement ce délai.
Les frais officiels, eux, sont publiés par l'EDB. Un droit de délivrance est dû à l'obtention du permis, selon un barème qui croît avec la durée du titre, et des frais de dossier non remboursables s'y ajoutent depuis le 1er décembre 2025 pour chaque demande. Un format court, moins onéreux, existe par ailleurs pour les missions de moins de neuf mois.
Un permis calé sur le contrat, jusqu'à dix ans.
La durée du permis professional épouse celle du contrat de travail, dans la limite de dix ans. C'est une évolution favorable et récente : les textes plus anciens, encore cités çà et là, plafonnaient la catégorie à trois ans. Un contrat à durée indéterminée ou de longue durée permet donc aujourd'hui d'obtenir un titre long, qui épargne des renouvellements répétés à toute la famille.
La contrepartie de cet adossement au contrat est mécanique : si le contrat s'arrête, le permis perd son fondement. L'employeur informe l'EDB de la fin de la relation de travail, et le titre est annulé. Ce n'est d'ailleurs pas une sanction : le droit mauricien distingue la déchéance, décidée par le ministre, de la cessation, qui se produit d'elle-même dès que la condition fondatrice du titre disparaît, et notre page sur le fait de perdre son permis à Maurice explique lequel des deux mécanismes s'applique. C'est le point à avoir en tête avant une expatriation familiale : la stabilité de votre séjour repose sur celle de votre emploi.
Conjoint, enfants et parents peuvent vous suivre.
Le titulaire d'un permis professional peut faire venir sa famille proche sous le statut de dépendant : le conjoint, y compris le partenaire de fait de sexe opposé, les enfants de 24 ans au plus, y compris adoptés ou issus d'une autre union, et les parents. Chaque dépendant reçoit un permis de résidence dont la durée est alignée sur celle du permis principal.
Une limite importante : le permis dépendant est un titre de résidence, pas un permis de travail. Un conjoint qui souhaite exercer une activité à Maurice doit obtenir son propre titre, selon sa propre situation. Ce point, décisif pour un couple à deux carrières, est détaillé dans notre page consacrée au permis dépendant, avec la question de la scolarisation des enfants traitée dans notre guide pour s'installer à l'île Maurice.
Un nouveau contrat, donc une nouvelle demande.
Le permis professional est attaché au contrat qui l'a fondé, donc à un employeur nommément désigné. Changer d'entreprise ne se règle pas par un avenant : le nouvel employeur dépose une nouvelle demande complète, instruite selon les critères en vigueur au jour du dépôt. Si les seuils ont évolué entre-temps, c'est la nouvelle règle qui s'applique.
La transition se prépare : fin notifiée du premier contrat d'un côté, instruction du nouveau dossier de l'autre, avec des permis dépendants suspendus au sort du permis principal. Entre les deux relations de travail, votre permis est annulé et non suspendu, et c'est là que se joue l'essentiel : un formulaire d'engagement adressé dans les deux semaines suivant la fin du contrat ouvre une fenêtre de six mois qui, sans lui, n'existe pas. Nous déroulons cette séquence dans notre page sur le fait de changer d'employeur avec un occupation permit. Un changement de poste mal séquencé peut mettre toute une famille en situation irrégulière alors même que chaque étape, prise isolément, était conforme. Le calendrier compte autant que le fond.
Vers la résidence longue, sans oublier la fiscalité.
Le permis professional est souvent une première étape. Après plusieurs années de contrat, deux trajectoires s'ouvrent. La première est le renouvellement, tant que l'emploi et le seuil salarial suivent. La seconde est la résidence permanente de vingt ans, dont les conditions ont été durcies récemment : il faut désormais avoir détenu son permis au moins cinq ans, contre trois auparavant, et justifier d'un niveau de salaire nettement supérieur au seuil d'entrée. Là encore, les chiffres exacts se vérifient au jour de la demande.
Deux profils de salariés reviennent plus souvent que les autres sur ce permis, et chacun a son mode d'emploi : le salarié détaché ou expatrié à Maurice, envoyé par une entreprise française, et le jeune actif français qui part travailler à Maurice, recruté directement sur un contrat local.
Reste la question que le permis ne règle pas : votre résidence fiscale. Détenir un permis mauricien et être résident fiscal mauricien sont deux choses distinctes, et l'articulation avec la France (183 jours, centre des intérêts, sort du salaire et du patrimoine) se joue dans la convention fiscale entre les deux pays. C'est le cœur de notre métier de cabinet franco-mauricien : avant votre signature, nous cadrons ensemble le permis, le calendrier du départ et ses effets fiscaux, et vous repartez avec une note écrite, offerte, sur votre situation.
Le permis professional, vos questions.
Quel est le salaire minimum requis pour un permis professional à l'île Maurice ?
Depuis le 12 août 2026, la condition est un salaire de base d'au moins 50 000 roupies par mois. Le seuil antérieur était de 30 000 roupies : il a été remplacé par l'Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Act 2026, promulgué le 12 août et publié au Journal officiel le 13 août 2026, dont la clause de commencement ne diffère pas ce critère. C'est le salaire de base du contrat qui compte, hors primes et avantages en nature. Le portail de l'EDB affichait encore 30 000 roupies à la mi-août 2026 : c'est un retard de mise à jour, pas une option ouverte au demandeur.
Qui dépose la demande de permis professional ?
L'employeur mauricien. C'est lui qui soumet le dossier en ligne sur la plateforme nationale de l'EDB, avant même l'arrivée du salarié sur le territoire. Le salarié fournit ses pièces personnelles, mais il ne peut pas déposer la demande lui-même : sans contrat de travail signé, il n'y a pas de permis professional.
Combien de temps le permis professional est-il valable ?
Le permis est calé sur la durée du contrat de travail, dans la limite de dix ans. Un contrat de trois ans donne un permis de trois ans. Il est renouvelable sur présentation d'un contrat renouvelé respectant le salaire minimum en vigueur au moment du renouvellement.
Peut-on changer d'employeur avec un permis professional ?
Oui, mais pas par simple avenant. Le permis est attaché au contrat qui l'a fondé : un nouvel employeur signifie une nouvelle demande complète, examinée selon les critères en vigueur ce jour-là. La fin du contrat initial est par ailleurs notifiée à l'EDB, ce qui impose d'organiser la transition sans rupture de séjour.
Puis-je venir à Maurice avec ma famille grâce au permis professional ?
Oui. Le conjoint, les enfants de 24 ans au plus et les parents du titulaire peuvent obtenir un permis de résidence de dépendant, aligné sur la durée du permis principal. En revanche, un dépendant qui souhaite travailler à Maurice doit obtenir son propre permis, selon sa propre situation.
La suite, naturellement.
Permis de résidence à l'île Maurice
Le panorama complet des permis pour s'installer, du retraité au dépendant, et comment choisir le vôtre.
Découvrir →Le permis dépendant
Conjoint, enfants, parents : qui peut vous accompagner, pour quelle durée, et à quelles conditions travailler.
Découvrir →Recruter et externaliser à Maurice
Le point de vue de l'employeur : embaucher un salarié étranger ou local, et structurer son équipe mauricienne.
Découvrir →Un contrat à Maurice se prépare avant la signature.
Premier échange offert : nous relisons votre projet, vérifions les seuils du jour auprès des sources officielles et articulons votre installation avec la fiscalité des deux pays.
Sans engagementFeuille de route offerteRéponse sous 24 h