Glossaire

Qu'est-ce que le Workers' Rights Act 2019 à Maurice ?

Le Workers' Rights Act 2019 est le texte central du droit du travail mauricien : il gouverne le contrat individuel, la durée du travail, la rémunération, les congés et la rupture. Il est en vigueur depuis le 24 octobre 2019 et a abrogé l'Employment Rights Act 2008. Ce dernier continue pourtant de circuler, et c'est de lui que viennent la plupart des règles fausses qu'on lit encore sur l'emploi à Maurice.

La définition

Le Workers' Rights Act 2019 en une phrase.

Le Workers' Rights Act 2019, loi n° 20 de 2019, est la loi mauricienne qui fixe les droits du travailleur et les obligations de l'employeur dans la relation individuelle de travail. Publiée au Journal officiel le 23 août 2019 et proclamée le 24 octobre 2019, elle a abrogé l'Employment Rights Act 2008 et prévoit que toute référence à ce texte abrogé se lise désormais comme une référence à elle-même.

Concrètement

Ce qu'elle gouverne, et ce qu'elle a remplacé.

Son domaine est la relation individuelle : la non-discrimination à l'embauche et dans l'emploi, l'âge minimum, la formation et les types de contrats, la durée normale du travail et les heures supplémentaires, la rémunération, les congés annuels et de maladie, la protection de la maternité, la procédure disciplinaire, le préavis, l'indemnité de licenciement injustifié et la gratification de fin de carrière.

Elle s'applique à tout contrat de travail mauricien, et elle constitue un plancher : rien n'empêche un employeur d'accorder mieux, rien ne l'autorise à réduire un salaire ou à dégrader des conditions déjà acquises.

Le texte a été modifié à de nombreuses reprises depuis 2019, notamment par les lois de finances successives, ce qui rend la date de la version consultée déterminante.

La confusion

Le texte abrogé, le faux code, et les exclus.

La confusion la plus productive d'erreurs vient d'un texte mort. L'Employment Rights Act 2008 est abrogé, mais il reste largement documenté en ligne, y compris dans une rubrique dédiée maintenue sur le site du ministère du Travail : un employeur qui cherche « loi travail Maurice » tombe sur un texte périmé qui a toutes les apparences d'une source officielle. C'est de là que viennent les règles les plus recopiées et les plus fausses, à commencer par la limite de vingt-quatre mois du contrat à durée déterminée, qui ne figure plus dans le droit en vigueur.

Deuxième confusion : croire à un code du travail mauricien. Il n'y en a pas. Le Workers' Rights Act ne traite que la relation individuelle. Les syndicats, la négociation collective et les conflits collectifs relèvent de l'Employment Relations Act 2008 ; la sécurité et la santé au travail, de l'Occupational Safety and Health Act 2005 ; les cotisations et les prestations sociales, du Social Contribution and Social Benefits Act 2021 ; les minima de branche, des Remuneration Regulations sectorielles. Un employeur qui ne lit que le premier texte ignore trois régimes qui s'imposent à lui en même temps.

Troisième confusion : le supposer universel. Son article 3 en exclut expressément les fonctionnaires et les agents des collectivités locales, ainsi que les salariés dont les conditions relèvent d'un rapport du Pay Research Bureau, sauf pour quelques dispositions limitativement citées. Il écarte aussi largement le travailleur atypique et le salarié en travail à domicile dont le salaire de base annuel dépasse 600 000 roupies, qui ne conservent que certaines protections. Sur ces situations, appliquer la loi en bloc conduit à promettre des droits qui n'existent pas, ou à en refuser qui subsistent.

Pour aller plus loin

Ce que le guide ajoute à la définition.

La loi seule ne dit pas comment employer. Notre guide du droit du travail à l'île Maurice reprend le cadre du côté de l'employeur : les quatre textes qui se superposent, les institutions qui contrôlent et qui jugent, la durée du travail et les majorations réellement dues, les congés, la procédure disciplinaire et ce qui distingue le droit mauricien du droit français là où l'analogie trompe. C'est la page à lire avant le premier licenciement, et avant le premier contrat.

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