Le droit du travail à l'île Maurice, vu du côté de l'employeur.
Employer à Maurice, c'est entrer dans un droit du travail qui ressemble au droit français de loin et s'en écarte de près. Cette page pose le cadre général du droit du travail à l'île Maurice, texte par texte et institution par institution, avec les articles du Workers' Rights Act 2019 vérifiés sur la version consolidée officielle. Elle chapeaute les pages dédiées au contrat, aux congés et au licenciement.
Un texte central, le Workers' Rights Act 2019.
Le droit du travail à l'île Maurice tient d'abord dans une loi. Le Workers' Rights Act 2019, Act No. 20 of 2019, publié au journal officiel le 23 août 2019 et proclamé le 24 octobre 2019, a abrogé l'Employment Rights Act 2008 (article 125) et gouverne aujourd'hui l'essentiel de la relation de travail privée.
Sa portée est large. L'article 3 l'applique à tout contrat de travail, écrit ou verbal, sans plafond de rémunération : un cadre supérieur relève du même texte qu'un ouvrier. Les exceptions sont limitées, pour l'essentiel les agents publics, les salariés dont les conditions relèvent d'un rapport du Pay Research Bureau, et certains travailleurs atypiques ou à domicile fortement rémunérés.
Le texte suit aussi l'entreprise quand elle change de mains, mais pas de la manière qu'un employeur français imagine. Son article 67 n'organise pas le transfert de plein droit des contrats : il repose sur une offre du nouvel employeur à des conditions qui ne sont pas moins favorables, et sur l'acceptation du salarié. L'ancienneté, elle, se transporte, avec le coût futur qu'elle porte. Le mécanisme complet, les situations que la loi traite comme un transfert et le sort de celui qui refuse l'offre sont exposés dans notre page sur le sort des salariés dans une reprise d'entreprise.
Trois textes complètent ce socle. Ensemble, ils forment ce qu'un dirigeant français appellerait le code du travail mauricien, à ceci près qu'aucun code ne les réunit.
| Texte | Ce qu'il régit | Devant qui il se plaide |
|---|---|---|
| Workers' Rights Act 2019 | contrat, durée du travail, rémunération, congés, rupture | Industrial Court |
| Employment Relations Act 2008 | syndicats, négociation collective, conflits collectifs, grève | Commission for Conciliation and Mediation, Employment Relations Tribunal |
| Remuneration Regulations sectorielles | minima salariaux et conditions propres à une branche | Industrial Court |
| Occupational Safety and Health Act 2005 | santé, sécurité et bien-être au travail | Industrial Court |
Les Remuneration Regulations méritent une explication. Ce ne sont pas des conventions collectives négociées entre partenaires sociaux, mais des règlements pris par le ministre sur recommandation du National Remuneration Board. Le ministère du Travail en a publié 33 séries modifiées pour 2026, du commerce de distribution aux technologies de l'information. Un employeur vérifie donc deux planchers : le salaire minimum national, revalorisé chaque 1er janvier, et celui de son secteur s'il en existe un.
Qui applique le droit du travail à Maurice.
Le ministère du Travail et des Relations industrielles est le premier interlocuteur. L'article 117 lui confie un service d'inspection du travail ; l'article 118 autorise l'officier compétent à entrer sans préavis sur un lieu de travail, à interroger l'employeur et les salariés, et à exiger la production des registres.
L'article 120 ouvre à tout salarié une voie de recours gratuite : la plainte auprès du supervising officer, sur n'importe quel sujet né de son emploi. L'officier enquête, peut renvoyer l'affaire en conciliation, et peut délivrer à l'employeur une mise en demeure de se conformer à la loi (article 121). Cette porte d'entrée administrative, sans avocat et sans frais de procédure, est utilisée bien plus souvent qu'un contentieux.
Quatre institutions se partagent ensuite le terrain, et trois n'ont pas d'équivalent français.
- La Commission for Conciliation and Mediation, créée par l'article 87 de l'Employment Relations Act, concilie et médie les conflits du travail et les plaintes qui lui sont renvoyées.
- L'Employment Relations Tribunal (article 85 du même texte) rend des sentences, tranche la reconnaissance syndicale et peut arbitrer un conflit.
- Le Redundancy Board, institué par l'article 73 du Workers' Rights Act, examine toute réduction d'effectif ou fermeture d'entreprise pour motif économique.
- L'Industrial Court juge les litiges individuels : dans le Workers' Rights Act, le mot Court désigne cette juridiction, qui condamne notamment à l'indemnité de licenciement injustifié.
Une infraction pour laquelle aucune peine particulière n'est prévue expose son auteur à une amende maximale de 25 000 roupies et à deux ans d'emprisonnement au plus (article 123). S'y ajoute, en cas de rupture jugée injustifiée, une condamnation civile dont le montant se calcule sur l'ancienneté.
L'enchaînement de ces institutions, de la plainte gratuite à l'audience, est repris pas à pas sur notre page consacrée au contentieux du travail à l'île Maurice, qui précise aussi la charge de la preuve et la prescription réelle de la créance salariale.
La formation du contrat et la période d'essai.
Le contrat de travail mauricien peut être verbal : l'article 2 définit l'agreement comme un contrat écrit, oral, exprès ou implicite. La souplesse s'arrête là. L'article 11 impose à tout employeur de remettre à un salarié engagé pour plus d'un mois un relevé écrit des conditions d'emploi, dans la forme de la première annexe, en français ou en créole, dans les 14 jours suivant la fin du premier mois civil, avec copie au ministère dans les 30 jours.
Cette obligation de langue surprend les employeurs étrangers, qui rédigent en anglais. Un contrat en anglais reste valable, mais il ne dispense pas du relevé réglementaire.
Le contrat à durée déterminée est encadré par l'article 13, qui l'autorise seulement pour des besoins temporaires énumérés : tâche ponctuelle, activité saisonnière, remplacement, formation, dispositif public. Il est interdit d'y recourir pour les besoins fixes, récurrents et permanents de l'activité normale.
Sur la période d'essai, une précision utile : le Workers' Rights Act n'en organise aucune. Elle relève du contrat, et ne fait échec ni au préavis minimum de 30 jours, ni à la procédure disciplinaire. Le seuil qui structure vraiment la première année est ailleurs, dans les 12 mois d'emploi continu qui ouvrent l'indemnité de l'article 70. Les mentions obligatoires sont détaillées dans notre page sur le contrat de travail à l'île Maurice.
Ce relevé est aussi le seul document que la loi impose réellement à l'employeur : le règlement intérieur à la française n'existe pas ici, et vos politiques internes n'ont que la force d'un contrat. Ce qu'elles peuvent prévoir, ce qui est nul de plein droit et ce qui doit être affiché sur le lieu de travail sont traités dans notre page sur le règlement intérieur et les politiques RH à Maurice.
Durée du travail, repos et heures supplémentaires.
La semaine normale compte 45 heures de travail, pauses repas et pauses thé exclues, réparties sur 5 ou 6 jours (article 20). Le plafond quotidien est de 12 heures, sauf circonstances particulières. Chaque salarié a droit à 11 heures consécutives de repos par jour et à un jour de repos hebdomadaire d'au moins 24 heures consécutives, le dimanche en principe.
Une nuance change tout dans l'organisation d'une équipe : le seuil qui déclenche la majoration est quotidien et non hebdomadaire, et il tombe à 9 heures pour un salarié réparti sur 5 jours. Notre page sur la durée du travail à l'île Maurice reprend ce mécanisme, les trois aménagements que la loi autorise et le registre des heures que l'employeur doit pouvoir produire.
L'article 56 ajoute une pause repas d'une heure au plus tard après 4 heures consécutives, et une pause thé de 20 minutes. Ces pauses ne sont pas rémunérées, ce qui explique qu'une journée de 8 heures s'étale sur davantage.
Les majorations sont simples, et la loi ne fixe aucun contingent annuel d'heures supplémentaires :
- 50 % de majoration pour chaque heure au delà des heures normales un jour de semaine (article 24(4)) ;
- 100 % pour un jour férié travaillé pendant les heures normales, 200 % au delà (article 24(3)), la journée fériée restant par ailleurs payée normalement (article 30) ;
- depuis 2024, le salarié peut opter pour un repos compensateur équivalent au lieu du paiement (article 24(4A)).
Le détail de ces trois multiplicateurs, le préavis de 24 heures que le salarié peut opposer et le sort de la majoration de nuit figurent sur notre page consacrée aux heures supplémentaires à l'île Maurice. Sur ce dernier point, une précision s'impose parce que la majoration est presque toujours annoncée comme due : elle est prévue par la loi elle-même, à l'article 23(6), qui accorde 15 % du salaire de base au salarié posté pour le travail de nuit, mais l'article 23(7), inséré par le COVID-19 (Miscellaneous Provisions) Act 2020 avec effet au 16 mai 2020, la suspend jusqu'à une échéance qui reste à fixer par règlement. La suspension figure encore dans la consolidation officielle arrêtée au 9 août 2025 : rien n'est dû à ce titre aujourd'hui, sauf engagement volontaire de l'employeur.
Maurice compte quinze jours fériés publics par an, ramenés à quatorze en 2026 parce que deux d'entre eux tombent le même jour. Ils sont chômés et payés lorsqu'ils coïncident avec un jour normalement travaillé.
Un point intéresse directement les donneurs d'ordre français. L'article 17A encadre le travail à domicile : préavis de 48 heures, et surtout un droit à la déconnexion pendant les heures dites unsocial, du samedi 13 heures au lundi 6 heures et de 22 heures à 6 heures en semaine, avec une indemnité de dérangement égale à une heure de salaire par heure travaillée. Ce droit connaît une exception explicite lorsque les horaires du salarié correspondent à ceux du pays de marché servi, ce qui vise précisément les équipes offshore alignées sur l'Europe. Notre page sur le télétravail à l'île Maurice lit cet article ligne à ligne, de l'équipement fourni au régime des intempéries.
Rémunération, compensation annuelle et boni.
Trois mécanismes structurent la rémunération mauricienne, et aucun n'a d'équivalent exact en France. Le premier est le double plancher déjà évoqué. Le second est la compensation salariale, une augmentation obligatoire arrêtée chaque 1er janvier après négociation tripartite, qui s'incorpore au salaire et recale mécaniquement toute la grille. Le troisième est le boni de fin d'année de l'article 54 : un douzième des gains de l'année civile, dont 75 % versés au plus tard 5 jours ouvrables francs avant le 25 décembre et le solde avant le dernier jour ouvrable de l'année.
Un bulletin conforme à la deuxième annexe est dû à chaque paie. Les cotisations, la retenue à la source et le calendrier déclaratif relèvent de la paie à l'île Maurice, et le poids réel d'un salarié est détaillé dans notre page sur le coût employeur à l'île Maurice.
S'y ajoute le Portable Retirement Gratuity Fund, auquel cotise tout employeur qui n'offre pas de régime privé approuvé. Il finance la gratification de départ que l'article 109 impose à partir de l'âge de la retraite, fixé à 65 ans.
Congés, maladie et parentalité.
Les droits à congés sont simples à retenir, ce qui les rend faciles à contrôler.
| Congé | Droit annuel | Condition |
|---|---|---|
| Congés annuels (art. 45) | 20 jours ouvrables | 12 mois d'emploi continu |
| Congé supplémentaire (art. 45(2)) | 2 jours | aucune |
| Congés maladie (art. 46) | 15 jours ouvrables, cumulables | 12 mois d'emploi continu |
| Congé de longue durée (art. 47) | jusqu'à 30 jours par période de 5 ans | 5 ans d'emploi continu |
| Maternité (art. 52) | 16 semaines à plein salaire, dont 8 après l'accouchement | sur certificat médical |
| Paternité (art. 53) | 4 semaines consécutives | 12 mois d'emploi continu |
Les congés maladie non pris se cumulent d'une année sur l'autre, ce qui constitue un engagement à suivre dans les comptes. Le paysage bouge par ailleurs : les mesures budgétaires de 2026 portent la maternité à 26 semaines et la paternité à 6 semaines, et créent un jour de congé menstruel par mois, à compter du 1er janvier 2027. Un budget 2027 doit intégrer ces extensions dès maintenant. Le détail figure sur notre page consacrée aux congés et absences à l'île Maurice.
Santé et sécurité au travail.
L'Occupational Safety and Health Act 2005 impose à tout employeur une obligation générale d'assurer, dans la mesure du raisonnablement praticable, la sécurité, la santé et le bien-être de ses salariés (article 5). Elle se décline en obligations concrètes, avec des seuils d'effectif nets.
- Evaluation des risques dans les 30 jours du démarrage de l'activité, révisée au moins tous les 2 ans (article 10).
- A partir de 50 salariés : politique écrite de sécurité et de santé (article 6) et comité de sécurité et de santé (article 21).
- A partir de 100 salariés : emploi d'un Safety and Health Officer, à temps plein au delà de 500 salariés (article 30).
- Tout accident grave ou événement dangereux : notification immédiate au directeur de la sécurité et de la santé au travail, puis rapport écrit dans les 7 jours (article 85).
Le Workers' Rights Act ajoute ses propres exigences : arrangements médicaux appropriés dès 10 salariés (article 57), et surtout l'article 114 sur la violence au travail, qui prohibe le harcèlement, l'intimidation et l'humiliation, et rend l'employeur civilement responsable des agissements de ses salariés.
Ces seuils, la pièce à produire pour chacun et la sanction encourue sont repris un par un sur notre page consacrée à la santé et à la sécurité au travail à l'île Maurice, y compris pour un simple bureau ou un centre de services.
Le jour où un salarié se blesse, la charge revient d'abord à l'employeur : soins et transport à sa charge, notification au directeur de la sécurité et de la santé au travail, puis paiement des deux premières semaines d'incapacité avant que la sécurité sociale ne prenne le relais. Le dossier est suivi dans l'ordre sur notre page consacrée à l'accident du travail à l'île Maurice.
Fin de contrat, licenciement et réduction d'effectif.
C'est le chapitre où le droit du travail à l'île Maurice se révèle plus exigeant que sa réputation.
Le préavis ne peut être inférieur à 30 jours, quelle que soit l'ancienneté (article 63(4)), et l'employeur doit énoncer le motif au moment où il notifie la rupture. Il peut être remplacé par son équivalent en rémunération. Ce préavis joue dans les deux sens : le départ volontaire a ses propres règles de forme, de solde de tout compte et de certificat, exposées sur notre page consacrée à la démission et au préavis à l'île Maurice.
En cas de faute, la procédure de l'article 64 impose un calendrier serré : notification de la charge dans les 10 jours suivant le moment où l'employeur en a eu connaissance, convocation à une audition orale avec un délai d'au moins 7 jours pour préparer sa réponse, et rupture prononcée au plus tard 7 jours après cette réponse. L'audition doit être bouclée dans les 30 jours de sa première séance. Un jour de retard suffit à rendre le licenciement injustifié. La même logique s'applique à l'insuffisance professionnelle. Elle gouverne aussi les mesures qui précèdent la rupture, avertissement ou mise à pied : notre page sur la sanction disciplinaire à l'île Maurice donne l'échelle applicable, la seule sanction que la loi chiffre et ce qui est purement et simplement interdit.
La sanction est significative : lorsque l'Industrial Court juge la rupture injustifiée, l'article 70 fixe l'indemnité à 3 mois de rémunération par période de 12 mois d'emploi continu, au prorata pour la fraction restante, avec des intérêts pouvant atteindre 12 % par an. Il n'existe ni barème plafonné, ni indemnité forfaitaire de licenciement.
Un employeur venu de France cherchera alors une sortie négociée : elle n'existe pas sous cette forme. Aucune rupture conventionnelle n'est organisée par la loi mauricienne et aucune administration n'homologue quoi que ce soit ; le seul dispositif transactionnel est le compromise agreement de l'article 16, dont les conditions de validité sont détaillées sur notre page sur la rupture d'un commun accord à l'île Maurice.
La réduction d'effectif suit une voie distincte. Un employeur d'au moins 15 salariés, ou dont le chiffre d'affaires annuel atteint 25 millions de roupies, doit d'abord négocier des solutions alternatives avec le syndicat reconnu ou les représentants élus (article 72). A défaut d'accord, il notifie le Redundancy Board au moins 30 jours avant la réduction envisagée, avec un exposé motivé. Le déroulé complet figure sur notre page consacrée au licenciement à l'île Maurice.
Syndicats et représentation du personnel.
Il n'existe à Maurice ni comité social et économique, ni obligation d'élections professionnelles à date fixe. La représentation passe par le syndicat, qui n'existe dans l'entreprise que s'il obtient la reconnaissance.
L'article 37 de l'Employment Relations Act fixe le seuil : un syndicat soutenu par au moins 20 % des salariés d'une unité de négociation obtient la qualité d'agent négociateur ; au delà de 50 %, il devient agent négociateur exclusif. Indépendamment de toute reconnaissance, l'article 31A permet à un salarié de se faire assister par un représentant syndical dans un différend avec son employeur.
Deux autres organes complètent le tableau : le comité de sécurité et de santé, obligatoire à partir de 50 salariés, et les représentants élus lorsqu'une réduction d'effectif s'engage sans syndicat reconnu. La grève est encadrée par la partie VII de l'Employment Relations Act : conflit préalablement rapporté, échec de la négociation, vote à bulletin secret, préavis et service minimum dans certains secteurs.
Le collectif reste donc dormant jusqu'au jour où un syndicat demande sa reconnaissance, et plusieurs délais courts se déclenchent alors d'un coup. Notre page sur les syndicats et la représentation du personnel à Maurice sépare ce que la loi impose de ce qu'elle laisse facultatif, jusqu'au lock-out.
Ce qu'un employeur français découvre.
L'écart avec la France ne se lit pas dans un sens unique. Certains points sont plus souples, d'autres nettement plus rigides.
| Sujet | A Maurice | En comparaison |
|---|---|---|
| Formalisme du contrat | contrat verbal valable, relevé écrit sous 14 jours | plus souple, mais le relevé est en français ou créole |
| Période d'essai | non prévue par la loi | plus souple, sans rupture libre pour autant |
| Préavis | 30 jours minimum, sans échelle d'ancienneté | plus simple, plus long pour un salarié récent |
| Licenciement injustifié | 3 mois de rémunération par année d'ancienneté | plus lourd, aucun barème plafonné |
| Procédure disciplinaire | délais de 10 et 7 jours, audition orale | plus rigide, peu tolérante au retard |
| Réduction d'effectif | saisine du Redundancy Board 30 jours avant | pas d'équivalent français |
| Salaires | recalage obligatoire chaque 1er janvier | pas d'équivalent français |
| Représentation du personnel | pas de comité d'entreprise | plus léger |
Deux réflexes français se révèlent coûteux à Maurice. Le premier consiste à traiter la première année comme une période d'essai libre : le préavis et la procédure disciplinaire s'appliquent dès le premier jour. Le second consiste à gérer une faute au fil de l'eau : passé 10 jours, la charge ne peut plus être valablement notifiée.
Employer à Maurice depuis la France.
Une société française ne conclut pas un contrat de travail mauricien depuis Paris. Il faut un employeur immatriculé à Maurice, soit votre propre société, soit un employeur de référence qui porte le contrat pour vous. Les deux modèles sont comparés sur notre page recruter et externaliser à Maurice.
Une fois l'entité en place, les obligations sont peu nombreuses mais fermes, et leur ordre compte autant que leur contenu. Notre page embaucher à Maurice, la checklist de l'employeur les remet dans l'ordre chronologique, de la décision d'embaucher au premier bulletin de paie. Les voici, résumées :
- s'immatriculer comme employeur auprès de la Mauritius Revenue Authority, qui collecte la retenue à la source et les cotisations sociales ;
- demander son enregistrement au ministère du Travail dès 10 salariés (article 115) ;
- tenir un registre des salariés, un registre des rémunérations et un cahier d'inspection, conservés au moins 3 ans (article 116) ;
- remettre le relevé de conditions d'emploi en français ou en créole, et un bulletin conforme à chaque paie ;
- détenir un work permit pour tout salarié non citoyen, exigé par le Non-Citizens (Employment Restriction) Act de 1970, sauf si l'intéressé détient un occupation permit ou un permis de résidence permanente.
Ce dernier point est celui qui expose le plus, car l'interdiction vise l'employeur autant que le salarié et se sanctionne pénalement. La chaîne complète, du choix du titre aux engagements souscrits en signant la demande, est traitée du point de vue de l'entreprise sur notre page employer un étranger à Maurice.
L'employeur étranger doit enfin accepter une idée simple : le contrat est mauricien, la loi applicable est mauricienne, et une clause de droit français dans un contrat exécuté à Maurice ne fait pas obstacle aux dispositions impératives du Workers' Rights Act.
Où trouver les textes à jour.
Le droit du travail mauricien se modifie presque chaque année, le plus souvent par un Finance (Miscellaneous Provisions) Act qui amende le Workers' Rights Act au détour d'un texte budgétaire. Les millésimes 2020, 2021, 2022, 2023, 2024 et 2026 ont tous apporté leur lot de changements.
Trois sources se suffisent à elles mêmes :
- le ministère du Travail et des Relations industrielles, qui publie les versions consolidées des lois et, chaque année, les Remuneration Regulations sectorielles ;
- la version consolidée du Workers' Rights Act 2019, arrêtée au 9 août 2025, qui sert de référence à cette page ;
- MauritiusLII, dépôt libre de la législation et de la jurisprudence mauriciennes.
Une prudence s'impose avec les versions consolidées : elles portent une date d'arrêt, et les amendements postérieurs ne s'y trouvent pas. Les articles cités ici ont été vérifiés le 13 août 2026 sur la consolidation au 9 août 2025, complétés par les mesures budgétaires de 2026 pour ce qui prend effet en 2027. Sur un dossier réel, la lecture combinée du texte consolidé et de la dernière loi de finances reste indispensable.
Vos questions sur le droit du travail mauricien.
Quelle loi régit le droit du travail à l'île Maurice ?
Le texte central est le Workers' Rights Act 2019 (Act No. 20 of 2019), proclamé le 24 octobre 2019, qui a abrogé l'Employment Rights Act 2008. Il gouverne le contrat, la durée du travail, la rémunération, les congés et la rupture. Trois textes le complètent : l'Employment Relations Act 2008 pour les syndicats et les conflits collectifs, les Remuneration Regulations sectorielles, et l'Occupational Safety and Health Act 2005.
Quelle est la durée légale du travail à l'île Maurice ?
La semaine normale est de 45 heures, pauses repas et pauses thé non comprises, sur 5 ou 6 jours (article 20 du Workers' Rights Act). Aucun salarié ne peut travailler plus de 12 heures par jour et chacun a droit à 11 heures consécutives de repos quotidien et à un jour de repos hebdomadaire d'au moins 24 heures consécutives. Les heures supplémentaires sont majorées de 50 % en semaine.
Existe-t-il une période d'essai à l'île Maurice ?
Le Workers' Rights Act 2019 n'organise aucune période d'essai : elle relève du contrat, pas de la loi. Elle ne dispense ni du préavis minimum de 30 jours, ni de la procédure disciplinaire de l'article 64. Le seuil qui compte réellement est celui de 12 mois d'emploi continu, à partir duquel l'indemnité de licenciement injustifié de l'article 70 devient possible.
Combien de jours de congés un salarié mauricien a-t-il ?
Après 12 mois d'emploi continu, un salarié à temps plein a droit à 20 jours ouvrables de congés annuels et à 15 jours ouvrables de congés maladie payés, ces derniers étant cumulables (articles 45 et 46). S'y ajoutent 2 jours de congé par an au titre de l'article 45(2), les jours fériés publics, et un congé de longue durée pouvant atteindre 30 jours tous les 5 ans d'ancienneté.
Que risque un employeur qui ne respecte pas le Workers' Rights Act ?
L'inspection du travail du ministère peut entrer sans préavis dans l'entreprise, enquêter et délivrer une mise en demeure de conformité. Une infraction sans peine spécifique expose son auteur à une amende maximale de 25 000 roupies et à deux ans d'emprisonnement au plus (article 123). Le contentieux individuel relève de l'Industrial Court, qui peut condamner à l'indemnité de licenciement injustifié.
Une société française peut-elle employer directement un salarié à Maurice ?
Non, pas sans entité employeuse locale ou partenaire de portage : le contrat de travail mauricien suppose un employeur immatriculé à Maurice, qui déclare et paie les cotisations sur place. Les deux voies usuelles sont la création d'une société mauricienne ou le recours à un employeur de référence. Le choix se raisonne selon le nombre de postes et la durée envisagée.
La suite, naturellement.
Le contrat de travail mauricien
Mentions obligatoires, contrat à durée déterminée, période d'essai : la formation du contrat en détail.
Découvrir →Le licenciement à l'île Maurice
Procédure disciplinaire, préavis, indemnité et réduction d'effectif, étape par étape.
Découvrir →Recruter et externaliser à Maurice
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