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La durée du travail à l'île Maurice, heure par heure.

La durée du travail à l'île Maurice se résume mal par un chiffre. La semaine normale compte 45 heures, mais le seuil qui déclenche une majoration est quotidien, pas hebdomadaire, et il tombe à 9 heures pour un salarié de 5 jours. Trois aménagements sont prévus par la loi, la semaine de 4 jours, l'horaire variable et le travail posté, chacun avec ses conditions de forme. Et un salarié dont le salaire de base dépasse 600 000 roupies par an sort purement et simplement du dispositif horaire.

L'essentiel

La durée du travail mauricienne en un tableau.

Un employeur qui arrive de France cherche une durée légale hebdomadaire et un contingent annuel. A Maurice, ni l'une ni l'autre ne fonctionnent comme il l'imagine. Voici ce qui pèse réellement, avec la pièce à produire et ce qui arrive en cas de manquement.

ObligationQui la porteDélai ou seuilPièceEn cas de manquement
Semaine normale de 45 heures, pauses exclues (art. 20(1))employeur9 h sur 5 jours ou 8 h sur 5 jours plus 5 hdéclaration de conditions d'emploi, planningnotice de conformité (art. 121), puis infraction
Plafond de 12 heures par jour (art. 20(3))employeurpar journée, sauf circonstances particulièresregistre des heuresnotice de conformité (art. 121)
Repos quotidien de 11 heures consécutives (art. 20(7))employeurchaque journéeplanningnotice de conformité (art. 121)
Jour de repos de 24 heures consécutives (art. 20(5))employeurtous les 7 jours consécutifsplanningnotice de conformité (art. 121)
Pause repas d'une heure et pause thé de 20 minutes (art. 56)employeuraprès 4 heures consécutives au plus tardplanningnotice de conformité (art. 121)
Majoration des heures au delà des heures normales (art. 24(4))employeurà chaque paiebulletin de la deuxième annexeinfraction (art. 123(1)(g)), amende jusqu'à 25 000 roupies
Registre des salariés et relevé des rémunérations (art. 116)employeurconservation 3 ansregistre, cahier d'inspectionproduction exigible (art. 118)
Préavis de 48 heures pour la semaine de 4 jours (art. 21(2))employeuravant la mise en placeaccord écrit du salariél'aménagement est inopposable

Cette page approfondit une section du cadre général posé par notre guide sur le droit du travail à l'île Maurice. Les taux de majoration et leur traitement en paie sont détaillés sur la page consacrée aux heures supplémentaires à l'île Maurice.

Le socle

Quarante-cinq heures par semaine, neuf heures par jour.

L'article 20(1) fixe la semaine normale à 45 heures de travail, pauses repas et pauses thé exclues. Le texte ne s'arrête pas à ce total : il le répartit lui même.

  • Salarié travaillant 5 jours : 9 heures de travail sur 5 jours de la semaine, autres qu'un jour férié.
  • Salarié travaillant 6 jours : 8 heures sur 5 jours, puis 5 heures sur un sixième jour.
  • Garde malade, catégorie propre au droit mauricien : journée normale de 12 heures de travail effectif, pauses exclues, pouvant tomber n'importe quel jour, férié compris.

Cette répartition n'est pas décorative. Elle définit ce que la loi appelle les stipulated hours, notion posée à l'article 2 : les heures visées à l'article 20(1)(a) et (b), ou tout volume inférieur convenu au contrat. Ce sont ces heures, et non les 45 hebdomadaires, qui servent de seuil de déclenchement. Un contrat qui stipule 40 heures par semaine sur 5 jours abaisse mécaniquement le seuil à 8 heures par jour.

Deux limites encadrent le tout. Aucun salarié, hors garde malade, ne peut être tenu de travailler plus de 12 heures par jour, sauf circonstances particulières (article 20(3)). Et la semaine normale peut débuter n'importe quel jour de la semaine, selon les contraintes d'exploitation de l'employeur (article 20(2)), ce qui autorise des cycles décalés sans autorisation préalable.

Une règle de paie passe souvent inaperçue. Lorsqu'un salarié travaille 6 jours et que sa sixième journée est celle de 5 heures, l'article 20(8) impose de lui payer une journée complète de rémunération pour ce jour là. La demi journée du samedi se paie donc plein tarif.

Amenagements

Semaine de 4 jours, horaire variable et travail posté.

Le Workers' Rights Act organise trois aménagements, et chacun a sa procédure. C'est la procédure, plus que le principe, qui est contrôlée.

La semaine comprimée de 4 jours relève de l'article 21(2), inséré par la loi de finances de 2023. Elle fonctionne dans les deux sens : l'employeur peut l'imposer avec l'accord du salarié et un préavis d'au moins 48 heures ; le salarié peut la demander, et l'employeur doit accorder la demande sous réserve de ses contraintes d'exploitation. Le régime de rémunération change alors de logique. L'article 21(3)(b) ne majore de 50 % qu'au delà de 45 heures dans la semaine, et non au delà d'un plafond journalier. Quatre journées de 11 heures 15 ne produisent donc aucune heure supplémentaire, tant que le plafond de 12 heures par jour est respecté. Un jour férié travaillé dans ce régime se paie au double du taux de base pour les 8 premières heures et au triple ensuite (article 21(3)(a)).

L'horaire variable est traité à l'article 22. L'employeur peut le proposer avec un préavis de 48 heures, et le salarié peut y consentir. Surtout, le salarié a le droit d'en faire la demande : l'employeur doit répondre par écrit dans les 21 jours et doit accorder, sauf motif économique raisonnable, défini limitativement comme l'impossibilité de réorganiser le travail ou un effet préjudiciable sur la qualité ou la performance. L'employeur qui accepte doit alors fixer une plage fixe de présence et une plage à l'intérieur de laquelle le travail s'exécute.

Le travail posté relève de l'article 23. Sans l'accord du salarié, l'employeur ne peut pas lui imposer plus de 8 heures de poste par jour, ni plus de 5 nuits consécutives, sauf secteur expressément prescrit. Le planning est mensuel, remis à chaque salarié et affiché de façon visible sur le lieu de travail au moins une semaine avant sa prise d'effet. Une salariée enceinte qui produit un certificat médical ne peut être affectée à un poste de nuit pendant au moins les 8 semaines qui précèdent son accouchement.

Sur le poste de nuit, une précision qui vaut de l'argent : l'article 23(6) prévoit une prime de 15 % du salaire de base, mais l'article 23(7), inséré en mai 2020, la suspend jusqu'à une échéance à fixer par règlement, et cette suspension figure toujours dans la consolidation officielle arrêtée au 9 août 2025. Nous détaillons ce point sur la page consacrée aux heures supplémentaires.

Les repos

Onze heures par jour, vingt-quatre heures par semaine.

Le régime des repos est court et sans dérogation contractuelle possible, l'article 18(4) frappant de nullité toute renonciation d'un salarié à un droit tiré du texte.

  • Repos quotidien : au moins 11 heures consécutives dans une même journée (article 20(7)). Combiné au plafond de 12 heures de travail, il ne laisse qu'une amplitude résiduelle très courte.
  • Repos hebdomadaire : au moins 24 heures consécutives par période de 7 jours consécutifs (article 20(5)(a)).
  • Pause repas : une heure, au plus tard après 4 heures consécutives de travail (article 56(1)(a)).
  • Pause thé : une pause d'au moins 20 minutes, ou deux pauses d'au moins 10 minutes (article 56(1)(b)).
  • Pause avant les heures supplémentaires : au moins 10 minutes payées lorsque le salarié enchaîne des heures supplémentaires immédiatement après sa journée normale (article 24(7)).

Les pauses de l'article 56 ne sont pas rémunérées, sauf accord contraire. C'est ce qui explique qu'une journée de 9 heures de travail occupe plus de 10 heures de présence, et c'est aussi ce qui rend indispensable de préciser au contrat l'heure d'arrivée et l'heure de sortie, et pas seulement un volume horaire.

Un jeune travailleur, c'est à dire une personne de moins de 18 ans, ne peut être employé dans une entreprise entre 22 heures et 5 heures (article 20(6)).

Le seuil

Le salarié qui sort du dispositif horaire.

C'est le point qui manque à presque toutes les présentations francophones, et il change la gestion d'une équipe d'encadrement.

La définition du mot worker, à l'article 2, exclut du champ du texte toute personne dont le salaire de base excède 600 000 roupies par an, soit 50 000 roupies par mois, sauf en ce qui concerne une liste limitative. Cette liste comprend les articles 5, 17A, 26, 32(1), (1A), (4), (5), (6)(a) et (7), 34, 49, 50, 51A, 52, 53, 57, 59(7) et 120, ainsi que les parties VI, VII, VIII et XI.

Ce qui n'y figure pas est aussi parlant que ce qui y figure. Les articles 20 à 25 en sont absents. Pour un salarié au delà de ce seuil, il n'existe donc ni semaine de 45 heures, ni plafond de 12 heures, ni repos quotidien de 11 heures, ni majoration légale : ses horaires relèvent du contrat, et de lui seul. Restent applicables la non discrimination, l'égalité de rémunération, le travail à domicile de l'article 17A, les retenues sur salaire, la maternité et la paternité, la rupture, le fonds de retraite portable et la violence au travail.

L'enseignement pratique est simple. Un contrat de cadre mauricien doit écrire ses horaires, ses astreintes et sa contrepartie, parce que la loi ne les écrira pas à sa place. Nous revenons sur la rédaction de ces clauses dans notre page sur le contrat de travail à l'île Maurice.

Dimanche et feries

Ce qui se paie, et ce qui ne se paie pas.

Le dimanche n'a pas de régime salarial propre à Maurice. Il a un régime de repos. L'article 20(5)(b) fait du dimanche le jour de repos de principe, et le paragraphe (c) impose, dans une entreprise qui opère 7 jours sur 7, que ce repos tombe un dimanche au moins deux fois par mois. Aucune disposition du Workers' Rights Act ne majore le travail dominical. Seules des Remuneration Regulations sectorielles peuvent en décider autrement pour une branche donnée.

Le jour férié, lui, a un régime complet, réparti sur deux articles qui se combinent.

SituationCe qui est dûRéférence
Jour férié non travaillé, tombant un jour normalement travailléune journée normale de rémunérationart. 30(1)
Jour férié tombant un dimanchele lendemain devient férié et suit la ligne ci-dessus, depuis le 12 août 2026art. 3(3) de la Public Holidays Act, réécrit par l'Act n° 13 de 2026
Jour férié travaillé, pendant les heures normalesla journée normale, plus le double du taux normal pour les heures faitesart. 30(2) et 24(3)(a)
Jour férié travaillé, au delà des heures normalesla journée normale, plus le triple du taux normalart. 30(2) et 24(3)(b)
Jour férié travaillé en semaine de 4 joursle double pour les 8 premières heures, le triple ensuiteart. 21(3)(a)

Deux conséquences pratiques. D'abord, un salarié mensualisé perçoit déjà la journée normale dans son salaire : ce qui s'ajoute sur le bulletin, ce sont les heures au taux double ou triple, exactement comme les prévoit le modèle de bulletin de la deuxième annexe. Ensuite, tout accord par lequel un salarié renoncerait à un jour férié payé est nul (article 30(3)). Le calendrier des jours fériés lui même, avec ses dates fixes, celles qui suivent un calendrier lunaire et l'état de l'année suivante, est traité sur notre page consacrée aux jours fériés à l'île Maurice ; leur articulation avec les autres absences relève de notre page sur les congés et absences à l'île Maurice.

Le registre

Ce que l'employeur doit pouvoir produire.

Le contentieux horaire mauricien ne se gagne pas sur des principes, il se gagne sur des pièces, et la loi désigne qui doit les détenir.

L'article 116 impose à tout employeur de tenir un registre des salariés, un relevé des rémunérations payées et un cahier d'inspection, conservés au moins 3 ans. Le registre porte le nom, la date de naissance et la date d'embauche de chaque salarié ainsi que la nature et les conditions de son travail. Le relevé de rémunération porte les jours ou périodes pendant lesquels le salarié a travaillé, et les sommes qui lui ont été versées. Le paragraphe (2) autorise expressément la tenue électronique de ces registres, ce qui rend un logiciel de pointage parfaitement recevable.

S'y ajoute le bulletin de paie conforme à la deuxième annexe, dû à chaque paie (article 27(3)(a)). Ce modèle comporte le nombre de jours de présence et une ligne d'heures supplémentaires ventilée par taux, à 1,5, à 2 et à 3. Le bulletin est donc, en pratique, le premier relevé d'heures opposable à l'employeur, comme le détaille notre page sur le bulletin de paie à l'île Maurice.

La valeur probatoire de ces documents se comprend en suivant la chaîne prévue par le texte. L'officier du ministère peut entrer sans préavis et exiger la production de tout livre, registre ou document relatif aux conditions d'emploi (article 118(1)(a) et (d)). L'absence de registre n'est pas listée comme infraction à l'article 123(1), mais elle justifie une notice de conformité au titre de l'article 121, et ne pas s'y conformer dans les 14 jours est, elle, une infraction. Inscrire dans un registre une mention que l'on sait fausse est une infraction distincte (article 123(1)(b)). Enfin, une réclamation d'heures non payées portée devant l'Industrial Court peut être assortie d'intérêts pouvant atteindre 12 % par an à compter du défaut de paiement (article 27(6)).

L'employeur qui ne produit rien ne bénéficie d'aucune présomption. Il se retrouve à contester des heures alléguées sans élément à opposer, alors qu'il était le seul tenu par la loi de les consigner.

A distance

Piloter des heures mauriciennes depuis la France.

Une équipe mauricienne qui sert un marché européen travaille rarement de 8 heures à 17 heures, heure de Maurice. Trois points méritent d'être arbitrés avant le premier contrat.

Le décalage horaire d'abord. Maurice est en avance de deux heures sur la France en heure d'été et de trois heures en heure d'hiver. Une couverture jusqu'à 18 heures, heure de Paris, en janvier, tombe à 21 heures à Maurice, donc en deçà du seuil de 22 heures qui ouvre les heures dites asociales de l'article 17A. Une couverture jusqu'à 20 heures, en revanche, y entre.

Le travail à domicile ensuite. L'article 17A, réécrit en juillet 2024, ouvre un droit à la déconnexion pendant ces heures asociales et une indemnité de dérangement, sauf lorsque les horaires du salarié correspondent à ceux du pays de marché servi. Ce texte, et l'exception qu'il contient, sont traités en détail sur notre page dédiée au télétravail à l'île Maurice.

Le coût enfin. Une organisation en horaires décalés, en semaine comprimée ou en postes n'a pas le même prix de revient qu'une équipe de bureau. Nous chiffrons ces écarts sur notre page consacrée au coût employeur à l'île Maurice, et le traitement mensuel des heures sur celle dédiée à la paie à l'île Maurice.

Erreurs

Quatre réflexes français qui coûtent cher.

Compter à la semaine. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus chère. Un planning qui lisse 45 heures sur 5 jours inégaux crée des heures supplémentaires les jours longs sans les compenser les jours courts. Le seuil est quotidien.

Croire à un contingent annuel. Le Workers' Rights Act ne fixe aucun quota d'heures supplémentaires, ni hebdomadaire ni annuel. Les seules bornes réelles sont le plafond de 12 heures par jour, le repos de 11 heures et le jour de repos hebdomadaire.

Payer une majoration dominicale par prudence. Elle n'est pas due par la loi. Si vous l'inscrivez au contrat, elle devient contractuelle et vous ne pourrez plus la retirer unilatéralement : l'article 3(3)(b) précise qu'aucune disposition du texte n'autorise un employeur à réduire le salaire d'un salarié ni à rendre ses conditions d'emploi moins favorables.

Appliquer les 45 heures à toute l'équipe. Au delà de 600 000 roupies de salaire de base par an, le régime horaire légal ne s'applique plus. Continuer à décompter et à majorer les heures de ces salariés est un choix de gestion, pas une obligation, et il devient très difficile de revenir en arrière une fois qu'il figure sur douze bulletins.

Les sources

Les textes utilisés sur cette page.

Les articles cités ont été lus le 16 août 2026 dans la version consolidée du Workers' Rights Act 2019 arrêtée au 9 août 2025, publiée par le ministère du Travail et des Relations industrielles. Les autres textes du droit social mauricien, dont les Remuneration Regulations sectorielles susceptibles de contenir des règles horaires propres à une branche, sont accessibles sur la page des législations du ministère et sur celle dédiée au Workers' Rights Act et à ses règlements.

Toute consolidation porte une date d'arrêt, et les amendements postérieurs n'y figurent pas. Sur un dossier réel, la lecture combinée du texte consolidé et de la dernière loi de finances reste indispensable.

Questions fréquentes

Vos questions sur les horaires de vos salariés mauriciens.

Quelle est la durée légale du travail à l'île Maurice ?

La semaine normale compte 45 heures de travail effectif, pauses repas et pauses thé exclues (article 20(1) du Workers' Rights Act 2019). Elle se répartit soit sur 5 jours de 9 heures, soit sur 6 jours, à raison de 8 heures sur 5 jours et de 5 heures sur le sixième. La semaine peut commencer n'importe quel jour selon les besoins de l'entreprise. Aucun salarié ne peut être tenu de travailler plus de 12 heures par jour, sauf circonstances particulières.

Les heures se comptent-elles à la semaine ou à la journée à Maurice ?

A la journée. L'article 24(4) déclenche la majoration dès qu'un salarié travaille, un jour de semaine, au delà de ses heures normales, et ces heures normales sont définies par jour à l'article 20(1) : 9 heures pour un salarié de 5 jours, 8 heures pour un salarié de 6 jours. Un salarié qui fait 11 heures un mardi et 7 heures un mercredi a donc 2 heures majorées, même si sa semaine reste sous 45 heures. Seule la semaine comprimée de 4 jours raisonne en volume hebdomadaire.

Peut-on mettre un salarié mauricien à la semaine de 4 jours ?

Oui. L'article 21(2), inséré en 2023, permet à l'employeur de demander une semaine de 4 jours avec l'accord du salarié et un préavis d'au moins 48 heures, et permet aussi au salarié d'en faire la demande, que l'employeur accorde sous réserve de ses contraintes d'exploitation. Dans ce régime, la majoration de 50 % ne se déclenche qu'au delà de 45 heures dans la semaine, ce qui autorise des journées longues sans heures supplémentaires, dans la limite des 12 heures quotidiennes.

Le travail du dimanche est-il payé double à l'île Maurice ?

Non, pas par le Workers' Rights Act. Le dimanche est le jour de repos de principe (article 20(5)), et une entreprise qui tourne 7 jours sur 7 doit accorder un dimanche de repos au moins deux fois par mois. Mais le texte ne prévoit aucune majoration dominicale : un dimanche travaillé se paie comme un jour de semaine, sauf s'il coïncide avec un jour férié ou si les Remuneration Regulations du secteur en disposent autrement.

Quel repos minimum faut-il respecter entre deux journées ?

Onze heures consécutives dans une même journée (article 20(7)), et un jour de repos d'au moins 24 heures consécutives par période de 7 jours consécutifs (article 20(5)). S'y ajoutent, chaque jour travaillé, une pause repas d'une heure au plus tard après 4 heures consécutives et une pause thé de 20 minutes ou deux de 10 minutes (article 56). Ces pauses ne sont pas rémunérées, ce qui étale une journée de 9 heures sur plus de 10 heures de présence.

Un cadre bien payé relève-t-il des 45 heures à Maurice ?

Non, dès que son salaire de base dépasse 600 000 roupies par an. La définition du mot worker à l'article 2 exclut cette personne du texte, hors une liste limitative de dispositions qui ne comprend ni l'article 20 ni l'article 24. Les horaires, les repos et les majorations d'un cadre au delà de ce seuil relèvent donc du contrat seul. En revanche la rupture, le fonds de retraite portable et la violence au travail continuent de s'appliquer à lui.

Quel registre l'employeur doit-il tenir sur les heures ?

L'article 116 impose un registre des salariés, un relevé des rémunérations payées mentionnant les jours ou périodes travaillés, et un cahier d'inspection, conservés au moins 3 ans et tenus en forme électronique si l'employeur le souhaite. Le bulletin de paie de la deuxième annexe reprend le nombre de jours de présence et les heures supplémentaires ventilées par taux. L'inspecteur peut exiger la production de ces documents à tout moment (article 118).

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