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Employer un étranger à Maurice, vu du côté de l'employeur.

Nos pages sur les permis sont écrites du point de vue du salarié qui veut venir. Celle-ci prend l'autre siège, celui de l'entreprise qui recrute. Employer un étranger à Maurice n'est pas une formalité que le candidat mène de son côté : la loi interdit d'employer un non-citoyen sans titre valide, c'est l'employeur qui dépose la demande, c'est lui qui souscrit des engagements écrits, et c'est lui qui encourt une amende et une peine de prison s'il se trompe. Voici la chaîne complète, texte à l'appui, au 16 août 2026.

L'essentiel

Employer un étranger à Maurice, en un tableau.

L'employeur mauricien ne se contente pas d'accompagner la démarche de son futur salarié étranger : il en est le demandeur, le garant et le responsable pénal. Les règles ci-dessous ont été relues sur la consolidation du Non-Citizens (Employment Restriction) Act publiée par le ministère du Travail, arrêtée au 21 mars 2022, sur la fiche d'information du ministère consacrée au permis de travail dans sa version de février 2026, et sur la version consolidée du Workers' Rights Act 2019 arrêtée au 9 août 2025.

ObligationQui l'exécute, dans quel délaiPièceEn cas de manquement
Détenir un titre valide pour chaque non-citoyen employél'employeur, avant la prise de fonctionwork permit ou occupation permitamende de 100 000 à 500 000 roupies et jusqu'à 5 ans de prison, article 3(4)
Déposer la demandel'employeur ou un salarié figurant sur sa liste de contributions socialeslettre d'autorisation et carte d'identité de l'utilisateur enregistrédemande non recevable
Prouver l'échec du recrutement locall'employeur, avant le dépôtrapport du centre pour l'emploi, valable 6 moisdossier incomplet, non examiné
Souscrire les engagements de l'employeurl'employeur, dans le formulaire de demandeconditions non moins favorables, hébergement, billet de retourmesures du ministère, non-renouvellement
Constituer le dépôt de garantiel'employeur, avant la délivrancedépôt ou garantie bancaireaucun permis délivré
Signaler une disparition du salariél'employeur, sans délai après 5 jours ouvrables d'absencedéclaration à l'immigration et au ministèreresponsabilité de l'employeur maintenue
Demander le renouvellementl'employeur, 3 mois avant l'expirationdossier complet de renouvellementsurcharge de 50 % puis de 100 %, voire refus
Notifier la fin de contrat et le rapatriementl'employeur, 20 jours ouvrables avant le départpréavis écrit au supervising officer, article 63(7)rapatriement bloqué, permis non annulé

Ce tableau dessine déjà l'écart avec la France : il n'y a pas ici de déclaration préalable à l'embauche, mais une autorisation administrative individuelle, nominative, révocable, et adossée à des promesses écrites que l'entreprise tient sur toute la durée du contrat.

Le principe

Une interdiction qui vise l'employeur autant que le salarié.

Le texte fondateur est le Non-Citizens (Employment Restriction) Act, en vigueur depuis le 17 mai 1973. Il pose deux interdictions symétriques, et c'est la seconde qui intéresse l'entreprise.

L'article 3(1) interdit à un non-citoyen d'exercer une occupation à Maurice contre rémunération ou profit, ou d'y être employé, sans qu'un permis valide soit en vigueur à son égard et sans qu'il respecte les conditions inscrites dans ce permis. L'article 3(3) vise l'autre partie : nul ne peut avoir un non-citoyen à son emploi à Maurice sans qu'un permis valide soit en vigueur pour cet emploi. La formule est large. Elle ne parle ni de contrat, ni de bulletin de paie, ni de durée : elle parle d'un fait, avoir quelqu'un à son emploi.

Deux conséquences pratiques en découlent. La première est chronologique : le titre doit exister avant le premier jour travaillé, et non avant la première paie. La seconde tient à la preuve. L'article 9(2) pose une présomption : dans un procès pour infraction à l'article 3(3), la personne réputée avoir été employée est présumée non-citoyenne, sauf preuve contraire. C'est donc à l'employeur d'établir la nationalité ou le titre de ceux qu'il occupe, pas à l'administration de démontrer l'inverse.

L'interdiction couvre aussi le travail indépendant. Un non-citoyen ne peut pas s'enregistrer comme travailleur indépendant à Maurice : l'article 3(1) ferme l'exercice d'une occupation pour son propre compte, et l'enregistrement d'une activité en nom propre lui est fermé de son côté. La seule voie reste le permis self-employed. Un employeur qui croit contourner la difficulté en faisant facturer un étranger installé à Maurice plutôt qu'en le salariant ne se met pas à l'abri : il se place sur le terrain de l'article 3(1), avec un risque de requalification en prime.

Le titre

Work permit ou occupation permit : deux dossiers, deux guichets.

Avant toute pièce, une question de qualification : quel titre s'applique. Le droit mauricien en connaît deux pour un salarié étranger, et ils ne relèvent pas de la même administration.

L'occupation permit est un titre combiné qui vaut travail et résidence, délivré sur le fondement de l'Immigration Act et de l'Economic Development Board Act. L'article 3(6) du Non-Citizens (Employment Restriction) Act écarte expressément son titulaire du champ du permis de travail, aux côtés du titulaire d'un permis de résidence, du résident permanent et du membre du dispositif mauricien de la diaspora. Pour un cadre ou un profil qualifié recruté depuis la France, c'est ce titre qui s'applique dans l'immense majorité des cas, sous la forme du permis professional.

Le work permit relève du ministère du Travail. Il vise les emplois qui sortent du champ de l'occupation permit, et sa procédure est nettement plus exigeante pour l'entreprise. Le détail de la frontière entre les deux régimes figure dans notre comparatif occupation permit ou permis de travail.

Deux évolutions récentes méritent d'être connues du côté employeur. Depuis le 1er avril 2024, une demande de permis de travail déposée en ligne déclenche automatiquement la demande de permis de résidence auprès du service de l'immigration : les deux titres ne se demandent plus séparément, mais ils restent deux décisions distinctes, et le salarié doit détenir les deux avant de voyager. Et une troisième catégorie existe, l'employment permit, réservé au conjoint étranger d'un citoyen mauricien. Attention ici à une idée reçue tenace : la dispense automatique dont bénéficiaient les conjoints de Mauriciens ne vaut plus que pour ceux qui en bénéficiaient avant le 8 mars 2019 ; depuis cette date, l'employeur doit faire une demande.

Le dossier

Les pièces que l'entreprise produit sur elle-même.

C'est le point qui surprend le plus un employeur français. Une part importante du dossier ne porte pas sur le candidat mais sur l'entreprise, sa santé et sa main-d'oeuvre locale. La fiche d'information de février 2026 énumère, pour tous les secteurs :

  • le rapport du centre pour l'emploi, qui atteste que l'entreprise a saisi le service national de l'emploi, publié ses annonces sur le portail public de l'emploi et n'a pas trouvé le profil recherché. Il couvre tous les grades demandés et reste valable 6 mois ;
  • les justificatifs de contributions sociales des trois derniers mois et la liste des salariés locaux : l'administration lit vos déclarations sociales pour vérifier que vous employez réellement sur place ;
  • une attestation de chiffre d'affaires des trois derniers exercices, sous cachet de la société ;
  • la carte d'enregistrement d'entreprise et le certificat d'incorporation ;
  • le permis de logement collectif en cours de validité, ou la preuve que la procédure est engagée, sauf pour les profils qualifiés, le secteur domestique, les organisations religieuses et le sport, où une simple lettre d'hébergement suffit ;
  • une lettre d'autorisation de l'employeur et la carte d'identité de la personne qui dépose, laquelle doit figurer sur la liste de contributions sociales de l'entreprise ;
  • le contrat de travail visé par la division du travail lorsque le salaire mensuel n'excède pas 50 000 roupies, ou, au-delà, une attestation de l'employeur certifiant le niveau de rémunération.

S'y ajoutent, pour un profil qualifié, la reconnaissance préalable des diplômes par l'autorité mauricienne compétente, un profil de poste, un curriculum vitae, et une visite médicale provisoire à renouveler dans la semaine suivant l'arrivée, faute de quoi le permis est annulé. Chaque secteur ajoute enfin ses propres pièces : certificat du secteur touristique, agrément du secteur de la construction, licence de global business, agrément de l'éducation.

Les engagements

Ce que l'employeur promet en signant la demande.

Le formulaire de demande n'est pas qu'un état civil. Sa deuxième partie, réservée à l'employeur, est un engagement contractuel envers l'Etat mauricien, dont les termes figurent à la première annexe des Employment (Non-Citizens) (Restriction) Regulations de 1973. L'entreprise s'y engage sur trois points.

La rémunération et les conditions d'emploi ne seront pas moins favorables que celles prévues par les lois mauriciennes. Un contrat calqué sur un modèle étranger, ou aligné sur le pays d'origine du salarié, se heurte donc à cette promesse autant qu'aux textes eux-mêmes.

Le logement sera conforme aux exigences de l'administration, ce qui suppose, pour la main-d'oeuvre logée collectivement, un permis délivré après passage des services de santé et des pompiers.

Le billet de retour est à la charge de l'employeur, à la fin du contrat, et la formule du texte est volontairement large : pour quelque cause que ce soit. Les lignes directrices ministérielles vont dans le même sens et mettent à la charge de l'entreprise le voyage aller depuis le pays d'origine et le voyage retour.

A cela s'ajoute un dépôt. Les Non-Citizens (Work Permits) (Deposits) Regulations de 1994 subordonnent la délivrance du permis à la constitution d'un dépôt, qui peut prendre la forme d'une garantie bancaire. Il est destiné à couvrir l'entretien, le soutien ou le rapatriement du salarié, et il est restitué à l'employeur après le départ de l'intéressé ou à l'expiration du permis. Le ministre peut en exempter un employeur ou en réduire le montant.

Deux obligations continues complètent le tableau. Le règlement de 1973 impose de notifier au ministère, dans les 15 jours, tout changement de circonstances qui affecterait l'exactitude des renseignements fournis. Et la réglementation de 2017 sur le permis de travail oblige l'employeur dont le salarié est absent de son logement depuis plus de 5 jours ouvrables consécutifs, sans qu'il sache où il se trouve, à en informer sans délai le service de l'immigration et le ministère ; la charge de retrouver le salarié lui incombe.

La proportion

Le quota, une règle que les documents officiels ne racontent pas de la même façon.

C'est la donnée la plus souvent périmée dans la documentation en français, y compris professionnelle. Les lignes directrices de juin 2016, encore en ligne, énoncent qu'un permis de travail est normalement accordé lorsque le ratio de trois travailleurs locaux pour un expatrié est satisfait, ratio ramené à un pour un dans la confection textile et pour les boulangers. Elles imposaient en outre une permission de principe préalable au-delà de cinq recrutements étrangers, et plafonnaient la durée à quatre ans, avec un régime propre au textile.

Des fiches ministérielles plus récentes décrivent un dispositif sensiblement différent, sans que les lignes directrices de 2016 aient été retirées du site : une permission de principe exigée au-delà de cinq travailleurs étrangers, avec des dispenses sectorielles étendues (textile, boulangerie traditionnelle, agriculture, construction, entreprises exportatrices, Freeport, joaillerie, informatique et externalisation), et un ratio de un pour un maintenu pour les seuls opérateurs sur machine. Sur la durée, la question de savoir si le plafond de quatre ans a laissé place à un régime plus long est discutée : le site de l'unité des permis de travail continue d'indiquer, à la date de cette page, qu'un travailleur étranger est normalement autorisé à travailler quatre ans, tandis que le plafond de dix ans que l'on lit souvent vise en réalité l'occupation permit et le permis retraité, qui sont d'autres titres. Vérifiez le régime applicable à votre secteur avant de bâtir un plan d'effectifs, et exigez la référence du document sur lequel votre interlocuteur se fonde.

Ce qui remplace le quota est moins arithmétique et plus documentaire : l'employeur doit démontrer son incapacité à recruter localement. Concrètement, il saisit le centre pour l'emploi le plus proche, publie ses annonces sur le portail public de l'emploi et rapporte la preuve que le profil recherché n'a pas été trouvé. Un rapport standardisé matérialise cette démarche et doit couvrir tous les grades demandés. Le raisonnement en proportion n'a donc pas disparu de l'esprit de l'administration : il a changé d'instrument.

Le refus

Ce qui se passe quand le permis n'est pas accordé.

L'article 4(1) du Non-Citizens (Employment Restriction) Act est d'une netteté brutale : la demande est adressée au ministre, qui peut, dans son pouvoir discrétionnaire absolu, l'accorder ou la refuser. Le texte n'organise ni motivation obligatoire ni recours administratif. En pratique, la plupart des dossiers ne sont pas refusés mais bloqués, pour des raisons plus prosaïques : demande incomplète, incohérence entre le contrat et les justificatifs, pièces expirées, ou candidat présent à Maurice sous un visa touristique, cas dans lequel la demande n'est tout simplement pas examinée.

Trois réflexes limitent les dégâts. D'abord, conditionner le contrat à l'obtention du titre, faute de quoi l'entreprise est engagée envers un salarié qui ne peut pas travailler. Ensuite, ne fixer la date de prise de fonction qu'après délivrance : un permis accordé n'est pas encore un salarié en poste, et le titre s'éteint si son bénéficiaire ne voyage pas dans les six mois suivant la délivrance. Enfin, savoir arrêter : la procédure de refus et les suites possibles sont détaillées, côté occupation permit, dans notre page sur le refus d'occupation permit.

La durée

Durée, renouvellement et changement d'employeur.

La demande de renouvellement se dépose trois mois avant l'expiration du titre selon la fiche ministérielle, l'article 4(2)(aa) de la loi fixant pour sa part un plancher de quinze jours ouvrables avant l'expiration. Une fois le dossier complet, l'article 4(2)(ab) impose au ministre de renouveler dans les quinze jours ouvrables ; s'il n'y parvient pas, l'article 4(2)(ac) l'autorise à délivrer un permis provisoire.

Le retard se paie. Une demande de renouvellement reçue dans les trente jours suivant l'expiration supporte une surcharge de 50 % ; au-delà de trente jours, la surcharge est de 100 %. Et si l'employeur ne souhaite pas renouveler, il doit rapatrier le salarié dans le mois qui suit l'expiration du permis.

Le changement d'employeur, lui, n'est pas un avenant. L'article 2 définit le permis comme un document délivré au nom du travailleur et mentionnant le nom de l'employeur ; la fiche ministérielle rappelle que les trois titres délivrés par le ministère ne sont transférables en aucune circonstance. La procédure est donc la suivante : le nouvel employeur dépose une demande complète, accompagnée d'une lettre de non-objection signée et cachetée par l'employeur sortant, précisant l'identité du salarié, son numéro de passeport et le motif de la libération. Le transfert ne s'opère qu'à la délivrance du nouveau permis. Les conditions inscrites au verso du titre sont d'ailleurs explicites : le titulaire n'est pas autorisé à rechercher ou accepter un autre emploi.

Le raisonnement est le même pour un salarié qui relève de l'occupation permit, mais la séquence côté salarié n'est pas la même : son permis est annulé, pas suspendu, et un formulaire d'engagement adressé dans les deux semaines suivant la fin du contrat lui ouvre six mois pour retrouver un titre. Une entreprise qui recrute un candidat déjà installé a intérêt à connaître ce compte à rebours, décrit dans notre page sur le fait de changer d'employeur avec un occupation permit.

La fin

Fin de contrat, rapatriement et sort du permis.

La séquence de sortie est réglée pas à pas, et elle commence plus tôt qu'on ne le croit.

L'article 63(7) du Workers' Rights Act, inséré en juillet 2024, impose à l'employeur qui entend mettre fin au contrat d'un travailleur migrant et le rapatrier de donner, avant la date du rapatriement, un préavis écrit d'au moins 20 jours ouvrables au supervising officer du ministère, de payer toute rémunération restant due, et de s'assurer que le salarié a perçu tous les avantages qui lui reviennent au titre de tout autre texte. Ce préavis administratif s'ajoute au préavis contractuel de trente jours prévu par l'article 63(4) : ce sont deux calendriers distincts.

Un certificat de décharge est ensuite délivré, et c'est seulement après son obtention que le rapatriement peut intervenir. L'employeur informe alors le ministère du départ et demande l'annulation du permis. Le titre n'a en effet jamais cessé d'appartenir à l'Etat : le règlement de 1973 dispose que tout permis de travail demeure la propriété du gouvernement mauricien. C'est le fondement de la restitution, souvent oubliée dans les dossiers que nous reprenons, où le permis reste dans un tiroir de l'entreprise pendant des mois après le départ du salarié.

Deux règles financières encadrent enfin cette sortie, et elles jouent en faveur de l'employeur. L'article 69(2) du Workers' Rights Act écarte l'indemnité de licenciement pour un travailleur migrant ou un non-citoyen employé sous contrats à durée déterminée arrivant à leur terme. Et l'article 90 exclut le travailleur migrant et le non-citoyen du champ du fonds de gratification de retraite, ce qui allège la charge mensuelle de l'employeur ; nous détaillons ce point sur notre page consacrée au PRGF. Le reste du régime de la rupture, procédure disciplinaire comprise, est traité dans notre guide sur le licenciement à l'île Maurice.

Les sanctions

Ce que risque l'employeur qui emploie sans titre.

L'article 3(4) place l'employeur et le salarié sur le même plan pénal. L'un comme l'autre commettent une infraction et encourent, sur condamnation, une amende comprise entre 100 000 et 500 000 roupies et un emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans. L'article 3(4A) ajoute une sanction civile : le tribunal qui condamne l'employeur peut lui ordonner, en plus de la peine, de payer les coûts de rapatriement du non-citoyen et les coûts liés à son entretien jusqu'à son départ.

Un point de vigilance sur les sources : la consolidation servie par les dépôts libres de législation mauricienne est arrêtée au 30 juin 2017 et affiche encore une amende de 25 000 à 50 000 roupies assortie de deux ans de prison. Ces chiffres circulent largement en français. Ils sont périmés : la consolidation ministérielle de mars 2022 comme la fiche d'information de février 2026 donnent l'une et l'autre la fourchette actuelle.

D'autres infractions complètent l'arsenal. L'article 8 punit d'une amende et d'un emprisonnement pouvant atteindre douze mois le fait de faire une déclaration que l'on sait fausse pour obtenir un permis, d'utiliser illicitement un permis ou de laisser un tiers le faire, et d'entraver un agent habilité dans l'exercice de ses fonctions. L'article 6 impose que le permis soit conservé par son titulaire et produit à toute réquisition d'un agent habilité, ou dans les trois jours au poste de police désigné. Enfin, l'inspection du travail dispose des pouvoirs de l'article 118 du Workers' Rights Act : entrée sans préavis, audition de l'employeur et des salariés, production des registres.

Employé de maison

Le personnel de maison étranger, un régime à part.

Le secteur domestique est une catégorie entière du permis de travail, avec ses métiers propres : employée de maison, garde-malade, nourrice ou baby-sitter, jardinier, cuisinier, chauffeur. La particularité tient à l'employeur, qui est ici un particulier et non une entreprise. Toute la partie du dossier consacrée à la société tombe : ni carte d'enregistrement d'entreprise, ni certificat d'incorporation, ni attestation de chiffre d'affaires, ni justificatifs de contributions sociales sur les salariés locaux. Le permis de logement collectif n'est pas exigé non plus ; une lettre indiquant l'adresse d'hébergement le remplace.

Les exigences se déplacent vers la personne et la situation familiale. L'âge attendu se situe entre 21 et 55 ans, une plage propre à ce secteur. Un certificat de bonne conduite délivré dans le pays d'origine est demandé. Pour une nourrice, l'acte de naissance de l'enfant, jusqu'à douze ans, et une preuve de formation ou d'expérience auprès d'enfants. Pour un garde-malade, une qualification en soins et un certificat médical de la personne à assister, valable trois mois, complété, pour une personne en situation de handicap, par un certificat de l'unité médicale du ministère compétent ; une lettre d'engagement d'un proche de l'employeur est également prévue. Si la demande n'est pas déposée par l'employeur lui-même, celui-ci doit produire une lettre précisant son lien de proximité avec la personne qui dépose.

Un cas voisin mérite d'être signalé, mais au passé : l'article 3(6)(e) de la loi dispense de permis de travail le titulaire d'un family occupation permit, son conjoint et toute personne approuvée par l'agent de l'immigration pour travailler exclusivement pour la cellule familiale. Ce titre n'existe plus. L'Act 13 de 2026, promulgué le 12 août 2026, en a effacé la définition, abrogé la disposition qui le portait et retiré ses mentions dans deux autres articles. La dispense subsiste dans le texte sur l'emploi des non-citoyens, mais elle ne vise plus personne : aucun nouveau titre de ce type ne peut être délivré.

Ce qui reste dû

Le contrat reste mauricien, la paie aussi.

Obtenir le titre ne dispense de rien. Le Workers' Rights Act s'applique intégralement au salarié étranger, avec quelques ajustements qu'il faut connaître.

Le plus notable concerne le contrat à durée déterminée. L'article 13(4) interdit d'employer sous contrat de durée déterminée un salarié occupant un poste de nature permanente, mais il réserve expressément le cas du travailleur migrant. C'est une souplesse réelle, et l'une des rares du régime : elle ne dispense ni du motif écrit exigé par l'article 13(3), ni de l'égalité de traitement avec un salarié à durée indéterminée posée par l'article 13(5). Le reste du régime contractuel, forme, clauses et modification, est traité dans notre guide sur le contrat de travail à l'île Maurice.

Le recours à un fournisseur de main-d'oeuvre appelle une vigilance particulière. Les articles 29A à 29C, insérés en juillet 2024, encadrent le contractant de main-d'oeuvre qui fournit des travailleurs migrants : il doit être enregistré auprès du ministère, il demeure l'employeur du salarié, et surtout l'entreprise utilisatrice est solidairement responsable de la rémunération, des conditions d'emploi, de la sécurité et des cotisations légales du travailleur mis à disposition, sans pouvoir opposer qu'elle a déjà payé le contractant. Elle répond en outre des violences au travail et de tout accident survenu au salarié.

Côté paie enfin, un salarié étranger n'est pas un salarié gratuit. Il entre dans le champ de la contribution sociale généralisée et du fonds national d'épargne dès lors qu'il est résident au sens fiscal, le levy de formation reste dû, et seule la contribution au fonds de gratification de retraite est écartée. Le détail des assiettes et des exclusions figure sur notre page consacrée aux cotisations sociales à l'île Maurice, et le chiffrage complet d'un poste sur notre page sur le coût d'un salarié. La suite opérationnelle, du numéro d'employeur au premier bulletin, est déroulée dans notre checklist de l'employeur.

Questions fréquentes

Employer un étranger à Maurice, vos questions.

Que risque un employeur qui emploie un étranger sans permis à Maurice ?

L'article 3(3) du Non-Citizens (Employment Restriction) Act interdit d'avoir un non-citoyen à son emploi sans qu'un permis valide soit en vigueur pour cet emploi. L'article 3(4) en fait une infraction pénale punie d'une amende de 100 000 à 500 000 roupies et d'un emprisonnement pouvant aller jusqu'à 5 ans. L'article 3(4A) permet en outre au tribunal de condamner l'employeur aux frais de rapatriement du salarié et aux frais engagés pour son entretien jusqu'à son départ. Beaucoup de pages francophones citent encore une amende de 25 000 à 50 000 roupies : ce montant est périmé.

Qui dépose la demande de work permit, l'employeur ou le salarié ?

L'employeur. La fiche d'information de février 2026 du ministère du Travail précise que la demande se dépose en ligne par l'entreprise elle-même ou par un salarié dont le nom figure sur sa liste de contributions sociales, avec une lettre d'autorisation et la carte d'identité de l'utilisateur enregistré. Un candidat ne peut pas déposer pour lui-même, et une demande introduite pour un titulaire de visa touristique ou de visa étudiant n'est pas examinée.

Faut-il toujours trois salariés locaux pour un salarié étranger à Maurice ?

La réponse dépend de la source consultée, et c'est en soi l'information utile. Les lignes directrices de juin 2016, toujours en ligne, énoncent un ratio de trois locaux pour un expatrié, ramené à un pour un dans le textile et la boulangerie. Les fiches plus récentes du ministère décrivent un dispositif différent : une permission de principe exigée au-delà de cinq travailleurs étrangers, assortie de dispenses sectorielles (textile, boulangerie traditionnelle, agriculture, construction, entreprises exportatrices, Freeport, joaillerie, informatique et externalisation), un ratio de un pour un maintenu pour les opérateurs sur machine, et dans tous les cas l'obligation de démontrer l'échec du recrutement local. Faites confirmer le régime applicable à votre secteur avant de bâtir un plan d'effectifs.

Un salarié étranger peut-il changer d'employeur avec son work permit ?

Non, pas avec le même titre. L'article 2 du Non-Citizens (Employment Restriction) Act définit le permis comme un document délivré au nom du travailleur et mentionnant le nom de l'employeur ; il n'est transférable en aucune circonstance. Le nouvel employeur dépose une demande complète accompagnée d'une lettre de non-objection signée et cachetée par l'employeur sortant, et le transfert ne prend effet qu'à la délivrance du nouveau permis, pas à la signature du nouveau contrat.

Que doit faire l'employeur quand le contrat d'un salarié étranger prend fin ?

L'article 63(7) du Workers' Rights Act 2019 impose, avant la date de rapatriement, un préavis écrit d'au moins 20 jours ouvrables au supervising officer du ministère, le paiement de toute rémunération restant due et la vérification que tous les avantages légaux ont été versés. Un certificat de décharge est ensuite délivré, puis l'employeur signale le départ et demande l'annulation du permis. Si le permis n'est pas renouvelé, le rapatriement doit intervenir dans le mois qui suit son expiration.

Peut-on employer un étranger comme personnel de maison à Maurice ?

Oui, le secteur domestique constitue une catégorie à part entière du permis de travail : employée de maison, garde-malade, nourrice, jardinier, cuisinier, chauffeur. L'employeur est ici un particulier, ce qui écarte les pièces d'entreprise habituelles, carte d'enregistrement, certificat d'incorporation, chiffre d'affaires et liste de contributions sociales. Une lettre d'hébergement remplace le permis de logement collectif, l'âge attendu se situe entre 21 et 55 ans, et un engagement écrit d'un proche de l'employeur est demandé pour les gardes-malades.

Un étranger peut-il travailler à son compte à Maurice sans permis ?

Non. L'article 3(1) du Non-Citizens (Employment Restriction) Act interdit à un non-citoyen d'exercer une occupation à Maurice contre rémunération ou profit sans titre valide, et l'enregistrement d'une activité en nom propre lui est fermé. La seule voie ouverte à un indépendant étranger est l'occupation permit self-employed, avec ses propres seuils. Un employeur qui rémunère un prestataire étranger installé à Maurice sans titre s'expose donc aux mêmes poursuites que s'il l'avait salarié.

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Un recrutement étranger se cadre avant la signature.

Premier échange offert : nous qualifions le titre applicable, l'ordre des démarches et les engagements que vous allez souscrire. Vous repartez avec une note écrite sur votre situation, sans engagement.

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