Le certificat de moralité et le casier judiciaire du permis.
Une seule ligne de la grille de pièces, et deux documents qui n'ont ni le même émetteur, ni le même contenu, ni la même durée de vie. La règle de base est simple à énoncer : un candidat qui n'a pas encore de titre mauricien produit la pièce de son pays d'origine, et le certificat de moralité mauricien ne lui devient accessible qu'une fois le permis obtenu. Le piège l'est moins : le bulletin n°3 français ne dit pas la même chose qu'un certificat couvrant dix ans, et trois horloges différentes courent en même temps sur cette pièce. Cette page traite ce document précis, sa demande de chaque côté, sa durée de validité, son apostille, et ce que produit un casier qui n'est pas vierge.
Une ligne dans la grille, deux documents dans la réalité.
La grille de pièces de l'Economic Development Board ne comporte qu'une entrée, rédigée comme une alternative : certificat de moralité ou attestation de police, couvrant les dix dernières années, de moins de six mois. Derrière cette ligne unique se cachent deux documents distincts, et la confusion entre les deux fait perdre des semaines.
L'extrait de casier judiciaire du pays d'origine. Pour un ressortissant français, c'est le bulletin n°3, délivré par le Casier judiciaire national à Nantes. C'est la pièce du primo-demandeur.
Le certificat de moralité mauricien. Il est délivré par le bureau du Directeur des poursuites publiques, et sa demande n'est ouverte qu'aux citoyens mauriciens et aux non-citoyens qui détiennent déjà un permis de résidence ou de travail. Il est donc structurellement hors de portée d'un candidat qui n'a pas encore de titre, et il devient nécessaire au renouvellement, sur les trois dernières années passées à Maurice.
Cette page traite ces deux documents et rien d'autre. La liste générale des pièces, les règles de traduction et le mécanisme de l'apostille dans son ensemble relèvent de notre page sur les documents et l'apostille de l'occupation permit, qu'il est inutile de refaire ici. Ce que l'on ajoute, c'est ce qui est propre à la pièce de moralité : son contenu réel, ses trois horloges, et l'effet d'un antécédent.
| Etape | Qui la traite | Délai | Pièce à produire | En cas de manquement |
|---|---|---|---|---|
| Demande de l'extrait français | Le Casier judiciaire national, à Nantes | Réponse annoncée en quelques heures par courriel, une quinzaine de jours par voie postale | Demande en ligne par la personne concernée ; pièce d'identité si vous êtes né à l'étranger | Aucune pièce de moralité au dossier, donc dossier incomplet |
| Apostille de l'extrait, si vous la retenez | Un centre d'apostille du notariat français | Traitement annoncé en trois jours ouvrés à compter des informations disponibles | Extrait de moins de trois mois, avec sceau, signature, nom et qualité du signataire | Extrait trop ancien pour être apostillé, à redemander |
| Dépôt au dossier de permis | Vous, sur la plateforme de l'EDB | Pièce de moins de six mois à la date de dépôt | Extrait couvrant les dix dernières années, en anglais ou en français | Pièce périmée en cours d'instruction, à refaire |
| Examen de la pièce | Le comité conjoint, avec le Passport and Immigration Office | Pendant l'instruction | Sans objet | Un rapport défavorable ferme l'éligibilité au permis |
| Certificat mauricien, au renouvellement | Le bureau du Directeur des poursuites publiques, via la police ou le portail en ligne | Deux à trois semaines annoncées, jusqu'à six | Acte de naissance, passeport, titre de séjour, actes d'état civil selon la situation | Renouvellement retardé faute de pièce |
| Originaux supplémentaires | Le même guichet | Dans les trois mois de la délivrance du premier | Aucune démarche nouvelle sur le fond | Une nouvelle procédure complète pour un simple exemplaire |
| Rendez-vous final | L'EDB et le Passport and Immigration Office | Avant l'expiration de l'accord de principe | Tous les originaux présentés | Le permis n'est pas délivré ce jour-là |
La ligne de la grille, lue mot pour mot.
Deux exigences se lisent dans la grille de l'Economic Development Board, et une troisième dans la note qui l'accompagne.
Couvrir les dix dernières années. C'est le périmètre demandé. Il ne correspond à aucune notion du droit français, ce qui explique la gêne du lecteur devant sa propre pièce.
Dater de moins de six mois. C'est la même durée que celle imposée aux analyses médicales et aux photographies d'identité, et les trois pièces se périment donc ensemble, ce qui a des conséquences directes sur l'ordre des démarches, développées par notre page sur la visite médicale et les pièces de santé.
Au renouvellement, changer de guichet. La note de la grille est explicite : au renouvellement, c'est un certificat de moralité portant sur les trois dernières années passées à Maurice qui est attendu. Le titulaire ayant alors un permis, la demande mauricienne lui est ouverte. Le reste de la procédure d'échéance est traité par notre page sur le renouvellement de l'occupation permit.
Le bulletin n°3, et ce qu'il ne dit pas.
C'est ici que se loge le malentendu le plus lourd, et il tient à ce que le document français est volontairement étroit.
Le bulletin n°3 est le seul des trois bulletins du casier judiciaire qu'un particulier peut obtenir sur lui-même. Il ne porte que les condamnations les plus graves et certaines mesures privatives de droits :
- les peines de plus de deux ans d'emprisonnement sans sursis ;
- les peines inférieures à deux ans d'emprisonnement sans sursis, lorsque le tribunal a expressément ordonné leur mention au bulletin ;
- certaines déchéances et incapacités en cours d'exécution ;
- le suivi socio-judiciaire et l'interdiction d'exercer une activité, professionnelle ou bénévole, impliquant un contact habituel avec des mineurs.
Les condamnations prononcées à l'encontre d'une personne mineure n'y figurent pas. Un employeur peut en prendre connaissance mais ne peut pas en conserver copie.
Deux conséquences en découlent, et il vaut mieux les affronter avant le dépôt.
Un bulletin n°3 vierge n'établit pas un casier vierge. Il établit l'absence des mentions que le bulletin n°3 porte. Une condamnation à une peine ferme inférieure à deux ans sans mention ordonnée n'y apparaît pas, alors qu'elle existe et qu'elle est connue de l'administration française.
Le bulletin n°3 n'est pas un relevé sur dix ans. Il décrit un état à la date de sa délivrance, pas un historique. C'est pourtant la pièce que l'usage a installée pour satisfaire une exigence rédigée en termes de dix ans, et elle est acceptée comme telle. Le décalage n'a rien de théorique : il explique qu'un dossier puisse être accepté sur pièce, puis rattrapé plus tard par un fait que la pièce ne mentionnait pas.
La demande. Elle se fait en ligne auprès du Casier judiciaire national, elle est gratuite, et seule la personne concernée ou son représentant légal peut la présenter. Si vous êtes né hors de France, une pièce d'identité doit accompagner la demande. La réponse par courriel est annoncée en quelques heures, la réponse par voie postale en une quinzaine de jours. Le retrait au guichet n'est plus possible depuis septembre 2018.
La langue. Maurice travaille en anglais et en français : un bulletin n°3 part sans traduction.
Un certificat qui suppose déjà un titre.
Le certificat de moralité mauricien est un document officiel délivré par le bureau du Directeur des poursuites publiques, qui indique si la personne a fait l'objet de condamnations enregistrées contre elle. Il n'est pas délivré par la police, même s'il se demande souvent auprès d'elle : la police est le guichet, le Directeur des poursuites publiques est l'émetteur, et cette distinction reprend une importance dès qu'il faut contester une mention.
Qui peut le demander. Tout citoyen mauricien majeur, et tout non-citoyen détenteur d'un permis de résidence ou de travail à Maurice. Un employeur peut déposer la demande pour le compte de son salarié, avec une autorisation écrite. C'est cette condition de détention préalable d'un titre qui met le document hors de portée d'un candidat au premier permis.
Où et comment. Deux voies coexistent. En ligne, par le portail dédié, après inscription sur la plateforme d'identité numérique de l'administration mauricienne. Ou en personne, au quartier général de police de sa division, avec des horaires d'ouverture restreints et des horaires de retrait distincts. Un droit est perçu dans les deux cas, réglable en ligne ou au guichet. Une personne tierce peut déposer la demande comme retirer le certificat, sur autorisation écrite.
Les pièces attendues. Acte de naissance, carte d'identité nationale pour un citoyen et passeport pour un non-citoyen, acte de mariage le cas échéant, tout acte ou affidavit justifiant un changement ou une rectification de nom, acte de décès ou jugement de divorce le cas échéant, et pour un non-citoyen le titre de séjour ou de travail. Pour un résident déjà installé, la question de la carte d'identité mauricienne se pose en amont de cette démarche.
Le délai. Le service d'assistance annonce deux à trois semaines, et jusqu'à six. Il indique aussi la cause d'allongement, ce qui est rare et précieux : un antécédent judiciaire, ou une pièce manquante. Un délai qui s'étire n'est donc pas toujours une lenteur administrative.
La durée de validité. L'émetteur mauricien répond sans ambiguïté qu'un certificat de moralité n'a pas de durée de validité. La pièce ne se périme pas d'elle-même : ce sont ses destinataires, l'Economic Development Board avec ses six mois, le notariat français avec ses trois mois pour l'apostille, qui lui imposent une date limite. C'est un point de méthode, pas une subtilité : on date la pièce sur la démarche la plus exigeante, pas sur celle de l'émetteur.
Les exemplaires supplémentaires. Des originaux additionnels peuvent être obtenus dans les trois mois de la délivrance du premier, dans la limite de deux. Passé ce délai, il faut reprendre une procédure complète. Un dossier de permis, une inscription professionnelle et une démarche bancaire consommant chacun un original, la question se pose dès la première demande.
Ce qui figure au certificat a changé en 2026.
Sur ce point, il faut être précis, y compris sur ce que nous n'avons pas pu établir.
Le Certificate of Character Act 2026 a été adopté par l'Assemblée nationale le 5 mai 2026 et promulgué le 8 mai 2026. Il abroge et remplace la loi de 2012. Sa dernière disposition subordonne son entrée en vigueur à une proclamation, dont nous n'avons pas retrouvé la référence à la date de rédaction de cette page.
Or les sites de l'administration mauricienne ne disent pas la même chose entre eux, et c'est en soi une information utile. Le portail de demande, qui est le guichet opérationnel, présente le certificat comme régi par la loi de 2026 et par son règlement d'application de 2026. La page du service de police consacrée au certificat, comme le service d'assistance de la plateforme, citent toujours la loi de 2012 et son annexe. La règle de prudence est celle qui vaut sur tout ce dossier : un document publié par une administration n'est pas automatiquement à jour, et le régime applicable se vérifie à la source au jour de la démarche.
Ce que la loi de 2026 change mérite d'être connu, parce qu'elle réécrit précisément la question qui intéresse un candidat au permis, celle de ce qui est porté au certificat. Elle énumère les cas dans lesquels aucune condamnation n'est mentionnée : l'absence de condamnation ; la grâce constitutionnelle ; la dispense de peine, absolue ou conditionnelle lorsque ses conditions ont été respectées ; la mise à l'épreuve respectée, deux ans après la condamnation ; une amende n'excédant pas un seuil fixé par la loi, deux ans après la condamnation ; une peine d'emprisonnement n'excédant pas trois ans, dix ans après la condamnation ; et les faits commis avant dix-huit ans. Toutes ces exclusions comportent la même réserve : elles ne jouent pas pour les infractions énumérées à une annexe, longue, qui va des atteintes aux enfants et de la traite des personnes au financement du terrorisme et aux atteintes à la sûreté de l'Etat.
La loi ajoute une règle qui n'existait pas sous cette forme : l'employeur, et l'employeur potentiel, ne peuvent pas discriminer une personne dont le certificat porte une condamnation sans rapport avec l'emploi concerné. La loi sur l'égalité des chances est modifiée en conséquence. Cette protection vise l'emploi et n'a aucun effet sur l'appréciation d'une demande de permis, qui obéit à d'autres textes.
Le guichet a changé, et l'horloge est la plus courte du dossier.
Le mécanisme de l'apostille et ses conséquences générales sont traités ailleurs sur ce site. Deux points sont propres à la pièce de moralité, et ils sont opératoires.
Le guichet français. Depuis le 1er mai 2025, l'apostille française est délivrée par le notariat, par quinze centres régionaux ou interdépartementaux, et non plus par les parquets généraux des cours d'appel. La demande se dépose en ligne, par courrier ou au guichet de l'un de ces centres. Beaucoup de pages en ligne renvoient encore vers la cour d'appel : c'est une information périmée, et se présenter au mauvais guichet coûte le temps du renvoi.
Les conditions. Le notariat n'apostille un extrait de casier judiciaire que s'il émane de l'administration française et date de moins de trois mois. Il doit porter le sceau de l'administration, ainsi que la signature, les nom, prénom et qualité du signataire. C'est l'horloge la plus courte de tout le dossier, plus courte que les six mois de l'Economic Development Board, et elle commande donc l'ordre des démarches : on demande l'extrait, on l'apostille immédiatement, on dépose ensuite.
L'opportunité. Les listes de pièces de l'Economic Development Board n'emploient pas le mot apostille et se contentent d'exiger des originaux. D'autres guichets mauriciens sont explicites et l'imposent. Un acte apostillé n'est jamais refusé pour cette raison et resservira sur place, dans une démarche bancaire, un mariage, une scolarisation. C'est une précaution proportionnée, pas une obligation générale, et l'arbitrage se fait pièce par pièce plutôt qu'en bloc.
Les actes venus d'un pays tiers. Un casier britannique, marocain ou sud-africain s'apostille dans son pays d'émission, et ni la France ni Maurice ne peuvent le faire à sa place. Le circuit et ses durées sont détaillés par notre page sur les documents et l'apostille. Un candidat qui a résidé dans plusieurs pays sur la période demandée doit compter une pièce par pays, et c'est cette accumulation, plus que chaque pièce prise isolément, qui fixe la date de dépôt réaliste.
Ce qui pose réellement problème, et à quel seuil.
C'est la question que personne ne pose au téléphone et que tout le monde se pose. Il faut la traiter à trois niveaux, parce que trois textes s'appliquent successivement et qu'ils ne posent pas les mêmes seuils.
Au niveau de la pratique administrative. Les lignes directrices de l'occupation permit sont brutalement claires : en cas de certificat de moralité, d'attestation de moralité ou de rapport de police défavorable, le demandeur ne sera pas éligible au permis. La phrase ne distingue pas selon la gravité et ne prévoit pas d'appréciation en opportunité. Elle décrit une éligibilité, pas une sanction, et c'est précisément ce qui la rend difficile à discuter.
Au niveau de l'admission sur le territoire. L'Immigration Act 2022 range parmi les immigrants prohibés la personne qui a été condamnée pour un fait qui, s'il avait été commis à Maurice, serait puni d'au moins six mois d'emprisonnement, ou qui admet avoir commis un tel fait. Deux éléments méritent d'être relevés. Le seuil est bas. Et l'aveu suffit, sans condamnation. Cette qualification joue au poste d'entrée comme au dossier, et notre page sur les formalités d'entrée et le refus d'entrée en décrit la mise en oeuvre concrète.
Au niveau de la vie du permis. Un seuil voisin, mais distinct, figure dans les motifs de déchéance du statut de résident : une condamnation à une peine d'emprisonnement d'au moins douze mois. Les deux seuils coexistent, ne servent pas la même règle et ne se confondent pas ; notre page sur le fait de perdre son permis à Maurice traite ce second mécanisme.
Trois conséquences pratiques, pour un lecteur qui a un antécédent.
- La question n'est pas ce que porte le papier, mais ce que produit le fait. Un bulletin n°3 vierge n'efface pas une condamnation qui existe, et l'Immigration Act ne raisonne pas sur le bulletin mais sur le fait et sur sa qualification en droit mauricien.
- Dissimuler est le pire des choix. La fausse déclaration à l'occasion d'une demande de permis est un motif autonome de déchéance, sans prescription pratique, qui peut ressortir des années plus tard à l'occasion d'un renouvellement. Le registre des non-citoyens est électronique et le partage d'informations entre administrations est expressément prévu par la loi.
- Le ministre dispose d'un pouvoir d'autorisation. L'Immigration Act 2022 permet au ministre d'autoriser par écrit, aux conditions qu'il fixe, l'admission ou le maintien d'un non-citoyen qui relèverait pourtant d'une catégorie d'immigrants prohibés. C'est une soupape, exercée en opportunité, et non un droit : elle se sollicite sur pièces et se prépare, elle ne se réclame pas.
Les causes de rejet, et l'ordre qui les évite.
Elles n'ont rien d'intellectuel et elles coûtent des semaines.
- L'extrait demandé trop tôt. Six mois pour l'Economic Development Board, trois mois pour l'apostille : une pièce obtenue au tout début d'un dossier est souvent périmée au moment où elle sert.
- L'extrait demandé trop tard. Symétriquement, une demande lancée après le reste retarde le dépôt de plusieurs semaines si un antécédent ralentit le traitement.
- Le mauvais guichet d'apostille. La cour d'appel ne traite plus ces demandes depuis le 1er mai 2025.
- Le certificat mauricien demandé sans titre. La demande n'aboutira pas, et le temps perdu est du temps sec.
- L'incohérence de nom. Un nom d'usage sur le passeport et un nom de naissance sur l'acte, sans document reliant les deux, ouvre une demande de complément. Le guichet mauricien réclame d'ailleurs expressément tout acte ou affidavit justifiant un changement ou une rectification de nom.
- Le pays oublié. Une résidence de plusieurs années dans un pays tiers appelle une pièce de ce pays, et c'est le circuit le plus long du dossier.
- L'original absent au rendez-vous final. Toutes les pièces déposées doivent pouvoir être présentées en original, ce qui rend utile l'obtention d'exemplaires supplémentaires dans la fenêtre de trois mois prévue à cet effet.
- La copie conservée par un tiers. Le bulletin n°3 se montre, il ne se remet pas ; un employeur français ne peut pas le conserver.
L'ordre qui évite tout cela est contre-intuitif et se tient en une phrase : on établit d'abord la liste nominative des pièces, avec pour chacune l'émetteur, le circuit et la durée de vie, puis on en déduit la date de dépôt. La pièce de moralité, avec ses trois horloges superposées, est celle qui contraint le plus ce calendrier ; c'est donc elle, et non la disponibilité d'un rendez-vous, qui fixe le point de départ.
Un dernier point, pour ceux qui regardent plus loin que le premier permis. La pièce de moralité revient à chaque étape de la vie du titre : au renouvellement, sur les trois dernières années passées à Maurice, puis pour une demande de résidence permanente, puis pour une demande de naturalisation mauricienne. Un antécédent traité une fois, sur pièces et sans le dissimuler, cesse d'être une surprise à chaque échéance. Un antécédent tu se représente à chacune d'elles, avec un enjeu croissant. Et si le dossier est refusé, la reconstruction obéit à ses propres règles, que traite notre page sur le refus de l'occupation permit.
La pièce de moralité du dossier, vos questions.
Puis-je demander un certificat de moralité mauricien avant d'avoir mon permis ?
Non. La demande n'est ouverte qu'aux citoyens mauriciens et aux non-citoyens qui détiennent déjà un permis de résidence ou de travail à Maurice. Un candidat qui n'a pas encore de titre produit donc la pièce de son pays d'origine, en France l'extrait de casier judiciaire. Le certificat mauricien devient utile plus tard, au renouvellement, où l'Economic Development Board demande une attestation portant sur les trois dernières années passées à Maurice. Les deux documents ne se remplacent pas : ils interviennent à deux moments distincts du parcours.
Que contient exactement le bulletin n°3 français ?
Beaucoup moins que ce que le lecteur imagine. Le bulletin n°3 ne porte que les condamnations les plus graves : les peines de plus de deux ans d'emprisonnement sans sursis, les peines inférieures dont le tribunal a expressément ordonné la mention, certaines déchéances et incapacités en cours d'exécution, le suivi socio-judiciaire et l'interdiction d'exercer une activité en contact habituel avec des mineurs. Les condamnations prononcées lorsque l'intéressé était mineur n'y figurent pas. Un bulletin n°3 vierge n'établit donc pas un casier vierge.
Combien de temps la pièce reste-t-elle valable ?
Trois durées se superposent, et c'est la plus courte qui commande. L'Economic Development Board attend une pièce de moins de six mois couvrant les dix dernières années. Le notariat français n'apostille un extrait de casier judiciaire que s'il date de moins de trois mois. L'émetteur mauricien, lui, indique qu'un certificat de moralité n'a pas de durée de validité. Autrement dit, la pièce ne se périme pas d'elle-même, ce sont ses destinataires qui lui imposent une date limite, et il faut donc la dater sur la démarche la plus exigeante.
Faut-il faire apostiller l'extrait de casier judiciaire ?
Les listes de pièces de l'Economic Development Board n'emploient pas le mot apostille et demandent des actes originaux. D'autres guichets mauriciens l'exigent expressément. Un acte apostillé n'est jamais rejeté pour cette raison, et il resservira dans d'autres démarches sur place : c'est une précaution proportionnée. Attention au guichet : depuis le 1er mai 2025, l'apostille française est délivrée par le notariat et non plus par les cours d'appel. L'extrait doit dater de moins de trois mois, porter le sceau de l'administration et la signature, les nom, prénom et qualité du signataire.
Que se passe-t-il si mon casier n'est pas vierge ?
Les lignes directrices de l'occupation permit sont directes : en cas de certificat de moralité, d'attestation de moralité ou de rapport de police défavorable, le demandeur ne sera pas éligible au permis. Il faut y ajouter le filtre de l'Immigration Act 2022, qui range parmi les immigrants prohibés la personne condamnée pour un fait qui, commis à Maurice, serait puni d'au moins six mois d'emprisonnement, ou qui admet l'avoir commis. La question n'est donc pas seulement de savoir ce qui figure sur le papier, mais ce que le fait sous-jacent produit au regard de la loi.
Puis-je obtenir mon extrait français depuis Maurice ?
Oui, et c'est la voie la plus rapide. La demande se fait en ligne auprès du Casier judiciaire national, elle est gratuite, et seule la personne concernée ou son représentant légal peut la présenter. Si vous êtes né à l'étranger, une pièce d'identité doit être jointe à la demande. La réponse par courriel est annoncée en quelques heures, celle par voie postale en une quinzaine de jours, délais d'acheminement compris. Le retrait au guichet n'existe plus depuis septembre 2018.
Combien de temps prend le certificat de moralité mauricien ?
Le service d'assistance de la plateforme annonce un traitement de deux à trois semaines, et jusqu'à six semaines. Il précise aussi ce qui allonge le délai : un antécédent judiciaire, ou une pièce manquante au dossier de demande. Un point d'organisation mérite d'être connu : des originaux supplémentaires peuvent être obtenus dans les trois mois suivant la délivrance du premier, dans la limite de deux exemplaires additionnels. Il est plus économe en temps de les demander tout de suite que de relancer une procédure entière.
La suite, naturellement.
La visite médicale et les pièces de santé
L'autre pièce personnelle du dossier, avec ses analyses obligatoirement mauriciennes.
Découvrir →Documents et apostille pour l'occupation permit
La liste complète des pièces, les traductions et les circuits de légalisation.
Découvrir →Renouveler son occupation permit
L'échéance qui se prépare, et la pièce de moralité qui change de guichet.
Découvrir →Parlons de votre projet à Maurice.
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