La résidence permanente à l'île Maurice : vingt ans, à ces conditions.
Le Permanent Residence Permit (PRP) est le point d'arrivée du parcours mauricien : vingt ans de résidence, renouvelables, sans les seuils annuels des permis courants. Mais la résidence permanente à l'île Maurice se mérite désormais autrement : cinq ans de permis au lieu de trois, et des critères de performance nettement relevés, que beaucoup de sites affichent encore à l'ancienne. Voici les règles vérifiées à la source, en août 2026.
Vingt ans de résidence, sans repasser au guichet.
Le Permanent Residence Permit (permanent residence permit Mauritius, ou PRP) est prévu par la section 11 de l'Immigration Act 2022 : il autorise un non-citoyen à vivre et à travailler à Maurice pour une durée de vingt ans, renouvelable pour vingt années supplémentaires si les conditions de résidence restent remplies.
Ce que le PRP change, c'est le rapport au temps. Un occupation permit court sur dix ans au plus, avec une revue à la cinquième année et un renouvellement conditionné à des seuils de chiffre d'affaires ou de salaire ; un permis retraité exige la preuve annuelle de ses transferts. Le titulaire du PRP sort de ce cycle : plus de dossier de renouvellement tous les dix ans, plus de seuil annuel à documenter, une liberté d'activité plus large, et un statut que la famille partage. Pour qui construit sa vie, sa société ou sa retraite à Maurice, c'est la différence entre un bail et un ancrage.
Un effet de ce statut se voit au poste frontière et non dans les guides commerciaux. La loi d'immigration ferme en principe tout recours contre une décision du ministre, mais elle en ouvre un au passager qui se prévaut de la qualité de citoyen ou de résident : autrement dit, le titulaire d'un permis n'est pas dans la même position qu'un visiteur lorsque l'admission lui est refusée. Les quatorze motifs de refus et le déroulé des heures qui suivent sont décrits dans notre page sur les formalités d'entrée à Maurice.
| Voie d'accès | Ancienneté exigée | Critère de performance (EDB, août 2026) |
|---|---|---|
| Occupation permit Investor | 5 ans | 15 millions MUR de chiffre d'affaires par an, ou 75 millions cumulés sur 5 ans |
| Occupation permit Self-Employed | 5 ans | 3 millions MUR de revenu d'activité par an, ou 15 millions cumulés sur 5 ans |
| Occupation permit Professional | 5 ans | Salaire de base de 400 000 MUR par mois pendant 5 ans |
| Permis retraité | 5 ans | 200 000 USD transférés sur les 5 années précédant la demande |
| Investissement direct | Aucune | 375 000 USD dans une activité qualifiante enregistrée auprès de l'EDB |
Un avertissement s'impose sur les chiffres. La loi de finances 2025 a réécrit toutes ces conditions, et les anciennes, trois ans de permis, 150 000 roupies de salaire, 54 000 USD de transferts, figurent encore en août 2026 sur des documents officiels, dont les lignes directrices publiées par le Prime Minister's Office. Les montants de cette page proviennent du portail de résidence de l'EDB, relevés en août 2026 ; en cas d'écart entre sources, nous confirmons l'état applicable lors de votre consultation.
La voie ordinaire : cinq ans de permis, des chiffres à prouver.
La règle rénovée tient en une phrase : avoir détenu son permis pendant les cinq années consécutives précédant immédiatement la demande, en atteignant les niveaux de performance de sa catégorie. Détenir le permis ne suffit pas ; c'est la trajectoire économique qui est jugée, sur pièces.
Pour l'investisseur, l'EDB retient un chiffre d'affaires annuel d'au moins 15 millions de roupies sur les cinq ans précédant la demande, ou 75 millions de roupies cumulés sur une période de cinq années consécutives. Rapporté au seuil de renouvellement de l'occupation permit, l'exigence est d'un autre ordre : le PRP se prépare dans le business plan dès la création de la société, pas au moment de déposer la demande.
Pour le self-employed, le seuil est un revenu d'activité annuel d'au moins 3 millions de roupies sur les cinq années, ou un chiffre d'affaires cumulé de 15 millions de roupies sur la période. Pour le professional, un salaire de base d'au moins 400 000 roupies par mois pendant les cinq années consécutives. L'EDB précise, pour ces deux catégories, que la demande doit être déposée dans les six mois suivant la réunion des critères : une fenêtre courte, souvent découverte trop tard.
Pour le retraité, la condition est d'avoir transféré au moins 200 000 USD, ou l'équivalent en devise convertible, au cours des cinq années précédant la demande. Le calcul mérite d'être posé : le minimum du permis retraité, 24 000 USD par an, totalise 120 000 USD en cinq ans. Viser la résidence permanente suppose donc un rythme de rapatriement supérieur au minimum, planifié dès la première année.
Le budget 2026-2027, qui a remanié les seuils de l'occupation permit, n'annonce pas de modification de ces critères ; il crée en revanche un Golden Visa pour les investissements d'au moins 1 million USD dans des secteurs stratégiques, dont le titulaire deviendrait éligible à la résidence permanente une fois l'investissement réalisé. Le texte d'application restait attendu en août 2026 : un dispositif à suivre, pas encore un droit acquis.
La voie directe : 375 000 USD, sans attendre cinq ans.
Une seconde porte ouvre le PRP sans détention préalable d'un permis : investir au moins 375 000 USD dans une activité économique qualifiante. L'investissement s'enregistre auprès de l'EDB, qui délivre le certificat d'enregistrement exigé à l'appui de la demande. C'est la voie de l'entrepreneur ou de l'investisseur qui engage d'emblée des capitaux significatifs et veut la stabilité du statut dès le départ.
Elle ne doit pas être confondue avec la résidence par l'immobilier, qui affiche le même montant. L'achat d'un bien d'au moins 375 000 USD dans un programme agréé donne un permis de résidence attaché au bien, valable tant que le bien est détenu ; ce n'est pas le PRP de vingt ans, et la vente du bien met fin au statut. Un seul délai est d'ailleurs écrit dans les lignes directrices, le préavis de trente jours à adresser avant la cession, tout le reste du calendrier relevant d'appréciations que les textes ne chiffrent pas : notre page sur le fait de revendre un bien en schéma et garder sa résidence le dit franchement. Les deux dispositifs coexistent, se cumulent parfois dans un même projet, mais obéissent à des logiques différentes : l'un récompense un investissement productif, l'autre suit la propriété.
Un dossier instruit par le Prime Minister's Office.
Détail que peu de candidats anticipent : à la différence de l'occupation permit, instruit par l'EDB, la demande de résidence permanente se dépose auprès de la Residence Permit Section du Prime Minister's Office (Defence and Home Affairs Division), à Port-Louis. Les pièces exigées par les lignes directrices officielles, consultées en août 2026 :
- passeport en cours de validité et photographies récentes ;
- affidavit attestant l'absence de condamnation pénale sur les dix dernières années, dans le pays d'origine et de résidence ;
- pour l'investisseur, le self-employed et le professional : un certificat de revenus ou de chiffre d'affaires émis par la Mauritius Revenue Authority couvrant la période de référence ;
- pour le retraité : l'attestation bancaire des transferts effectués ;
- pour la voie directe à 375 000 USD : le certificat d'enregistrement de l'EDB ;
- un certificat médical établi à Maurice, avec analyses et radiographie.
Côté frais officiels : des frais de dossier par personne, non remboursables, accompagnent chaque demande ; un droit de délivrance est dû pour le bénéficiaire principal, et des frais propres s'appliquent à chaque dépendant (barème publié, relevé en août 2026 ; les lignes directrices du Prime Minister's Office affichent encore un barème antérieur, sensiblement plus élevé, un écart de plus à faire trancher avant le dépôt). Le vrai délai n'est pas celui de l'instruction : c'est la constitution de cinq années de preuves, certificats MRA et relevés bancaires en tête, qui se prépare tout au long du permis, pas dans les semaines précédant la demande.
Un statut que la famille partage.
Le conjoint ou le concubin, les enfants à charge et les parents du titulaire sont éligibles à un permis de résidence permanente en qualité de dépendants. Les lignes directrices admettent aussi, pour une personne non mariée, jusqu'à trois proches entièrement à charge (parent, grand-parent, frère ou soeur). Chaque dépendant constitue son propre volet de dossier : passeport, photographies, affidavit pour les majeurs, certificat médical mauricien, actes d'état civil de préférence apostillés.
La limite est la même que pour les permis courants : le statut de dépendant ne vaut pas permis de travail. Un dépendant qui souhaite exercer une activité salariée à Maurice doit obtenir son propre occupation permit ou work permit. Le titulaire principal doit par ailleurs notifier aux autorités tout changement de situation de ses dépendants, un enfant qui cesse d'être à charge par exemple.
Stable, mais pas inconditionnel.
Le PRP est le statut le plus stable qu'un non-citoyen puisse détenir à Maurice, mais il n'est pas irrévocable. Les lignes directrices sont explicites : le permis peut être annulé à tout moment si le titulaire ne satisfait plus aux critères et conditions de sa délivrance, s'il contrevient à une loi mauricienne, ou s'il a fourni une information fausse ou trompeuse lors de la demande. Le renouvellement au terme des vingt ans suppose de son côté que les conditions de résidence aient été respectées.
Concrètement, la vie du statut se joue sur deux points. La cohérence économique d'abord : céder la société qui a fondé le PRP, ou cesser l'activité qualifiante, expose à l'annulation et se prépare donc avant la signature, pas après. Ceux qui décident au contraire de partir découvrent l'inverse, et le constat surprend : la loi ne connaît que la déchéance et la cessation, aucune disposition n'organisant la restitution volontaire d'un titre. Il n'existe donc ni formulaire de clôture ni quitus de sortie, et quitter Maurice proprement consiste à éteindre un à un ce qui continue de courir à votre nom. La résidence fiscale ensuite, car le PRP n'en dispense pas : vingt ans de droit au séjour ne font pas de vous un résident fiscal mauricien, qui se détermine notamment par la règle des 183 jours et votre situation d'ensemble. Les deux calendriers, immigration et fiscal, s'articulent, ils ne se confondent pas.
Le PRP n'est pas un passeport.
Dernière marche, souvent fantasmée : la nationalité. Le PRP n'y donne pas droit par lui-même. La naturalisation relève du Mauritius Citizenship Act de 1968, qui exige en substance une résidence continue de douze mois précédant la demande et au moins cinq années de résidence au total sur les sept années antérieures, auxquelles s'ajoutent des conditions de moralité, de connaissance du pays et d'intention de s'y établir. Les années passées sous permis, PRP compris, comptent comme résidence.
Deux réalités tempèrent les projets de passeport. La décision est discrétionnaire : remplir les conditions ouvre le droit de demander, pas celui d'obtenir. Et le traitement de la double nationalité diffère selon le mode d'acquisition de la citoyenneté mauricienne ; pour un Français qui entend conserver sa nationalité, ce point précis se vérifie avant toute démarche. Pour l'essentiel des expatriés, le PRP offre déjà ce qui compte : la durée, sans engager la question de la nationalité.
Viser le PRP, ou rester en occupation permit.
Faut-il faire de la résidence permanente un objectif ? Notre lecture, catégorie par catégorie.
Pour l'investisseur, le PRP est un horizon naturel, à condition d'être intégré au prévisionnel dès l'origine : 75 millions de roupies cumulés sur cinq ans ne s'improvisent pas en fin de parcours. Si la trajectoire de la société le permet, le jeu en vaut la chandelle, car il découple votre droit au séjour des aléas de l'entreprise et des renouvellements.
Pour le professional, le seuil de 400 000 roupies mensuelles réserve de fait le PRP aux cadres dirigeants les mieux rémunérés. Pour les autres, l'occupation permit renouvelé reste la voie normale, et il n'y a aucune urgence à forcer le passage : un permis de dix ans bien géré offre déjà une visibilité confortable.
Pour le retraité, tout est affaire de rythme : porter les transferts de 24 000 à 40 000 USD par an environ suffit à atteindre les 200 000 USD en cinq ans. Si vos revenus le permettent et que Maurice est un projet définitif, calibrez les rapatriements dès la première année, en gardant à l'esprit que les sommes rapatriées entrent dans le champ fiscal mauricien.
Reste l'arbitrage de fond : le PRP récompense une installation réussie, il ne la crée pas. Le bon ordre est de choisir d'abord le permis qui correspond à votre situation présente, puis de construire, année après année, le dossier de performance qui ouvrira la résidence permanente. C'est exactement ce que cadre la note écrite remise après le premier échange, offert : votre permis d'aujourd'hui, votre trajectoire vers le PRP, et la fiscalité qui va avec.
La résidence permanente à Maurice, vos questions.
Au bout de combien d'années peut-on demander la résidence permanente à Maurice ?
Après cinq années consécutives de permis (occupation permit ou permis retraité) précédant immédiatement la demande, en ayant atteint les critères de performance de votre catégorie. La loi de finances 2025 a porté cette durée de trois à cinq ans ; l'ancienne règle circule encore sur plusieurs sites, y compris officiels. Une voie directe existe sans attendre : un investissement de 375 000 USD dans une activité qualifiante.
Quels critères de performance faut-il atteindre pour le PRP ?
Au relevé d'août 2026 sur le portail de l'EDB : un chiffre d'affaires annuel de 15 millions de roupies sur cinq ans, ou 75 millions cumulés, pour l'investisseur ; un revenu d'activité de 3 millions de roupies par an, ou 15 millions cumulés, pour le self-employed ; un salaire de base de 400 000 roupies par mois pendant cinq ans pour le professional ; 200 000 USD transférés sur les cinq années précédant la demande pour le retraité.
L'achat d'un bien immobilier donne-t-il la résidence permanente ?
Non, pas le PRP de vingt ans. L'achat d'un bien d'au moins 375 000 USD dans un programme agréé donne un permis de résidence attaché au bien, valable tant que vous le détenez. La voie directe vers le PRP est différente : 375 000 USD investis dans une activité économique qualifiante, enregistrée auprès de l'EDB. Les deux dispositifs partagent le même montant, d'où une confusion fréquente.
Que se passe-t-il si je vends ma société ou mon bien après l'obtention ?
Le permis de résidence permanente peut être annulé à tout moment si son titulaire ne satisfait plus aux critères et conditions de sa délivrance, selon les lignes directrices officielles. Une cession de la société ou du bien qui fonde le statut doit donc être préparée en amont, en articulant le calendrier de la vente avec votre situation de résidence.
La résidence permanente donne-t-elle un passeport mauricien ?
Non. Le PRP est un titre d'immigration, pas une nationalité : il ne donne ni passeport ni droit de vote. La naturalisation relève d'une procédure distincte du Mauritius Citizenship Act, exigeant en substance douze mois de résidence continue avant la demande et cinq années de résidence sur les sept précédentes, avec une décision discrétionnaire des autorités.
La suite, naturellement.
Le permis de résidence à l'île Maurice
Investisseur, retraité, premium visa, famille, le panorama de toutes les voies d'entrée.
Découvrir →Le permis investisseur
Seuils 2026 vérifiés et trajectoire de chiffre d'affaires, la voie la plus fréquentée vers le PRP.
Découvrir →Le permis retraité
Dès 50 ans, dix ans de résidence contre des transferts réguliers, puis la résidence permanente.
Découvrir →Votre trajectoire vers la résidence permanente.
Un premier échange offert, puis une note écrite sur votre situation : le bon permis aujourd'hui, le chemin vers le PRP demain, selon votre cas.
Sans engagementFeuille de route offerteRéponse sous 24 h