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Le permis retraité à l'île Maurice : les conditions, vérifiées.

À partir de 50 ans, le permis retraité (retired residence permit) ouvre dix ans de résidence à l'île Maurice, contre un transfert de 2 000 USD par mois. Les montants ont changé récemment et les sites francophones se contredisent. Voici les conditions publiées par l'EDB, vérifiées en août 2026, et ce que la convention fiscale de 1980 fait de votre pension française.

Les conditions

Retraite à l'île Maurice : les conditions en vigueur.

Le permis retraité tient en deux exigences : un âge et un flux financier. Tout le reste, durée, famille, fiscalité, en découle. Voici le récapitulatif des conditions publiées par l'Economic Development Board (EDB), vérifiées en août 2026.

ConditionRègle en vigueur (EDB, août 2026)
Âge minimum50 ans
Transfert requis2 000 USD par mois ou 24 000 USD par an
Validité du permis10 ans, renouvelable
Séjour minimumAucun dans les conditions publiées
Emploi salariéInterdit (investissement permis, sous conditions)
FamilleConjoint, enfants et parents en dépendants
Résidence permanenteAprès 5 ans et 200 000 USD transférés
Frais officielsDépôt gratuit en ligne, droit de délivrance dû si le permis est accordé

Un point d'attention avant tout. Le Finance Act 2025, adopté à l'été 2025, a relevé les montants : le transfert mensuel est passé de 1 500 à 2 000 USD, l'annuel de 18 000 à 24 000 USD. Or certaines pages du site de l'EDB affichent encore les anciens chiffres, et les sites francophones qui les recopient se contredisent. Les seuils ci-dessus proviennent de la page de l'EDB dédiée au permis retraité, consultée en août 2026. Le budget 2026-2027, présenté en juin 2026, a de nouveau remanié plusieurs permis (investisseur, golden visa) sans modifier, dans les conditions publiées à ce jour, celles du permis retraité. Nous confirmons les chiffres applicables au jour de votre demande lors de la consultation.

Concrètement, vous devez démontrer votre capacité à transférer ces sommes, par un relevé bancaire certifié de votre pays d'origine, puis effectuer les transferts sur un compte ouvert dans une banque mauricienne. Le versement peut être mensuel ou regroupé : un rapatriement unique de 24 000 USD dans l'année remplit la condition. La nature des revenus importe peu : pension, revenus locatifs, retrait d'épargne. C'est le flux qui est contrôlé, chaque année.

Le permis retraité n'est qu'une porte d'entrée parmi d'autres : l'ensemble des statuts est comparé dans notre page permis de résidence à l'île Maurice.

Le séjour

Faut-il vivre à Maurice une partie de l'année ?

C'est la question où les sources divergent le plus, et elle mérite une réponse précise. Le discours du budget mauricien de juin 2025 annonçait deux durcissements : une validité ramenée de 10 à 5 ans et une obligation de séjour de 180 jours par an pour les retraités. Or les conditions publiées par l'EDB en août 2026 n'en portent pas trace : le permis y reste affiché pour 10 ans, sans durée de présence minimale. En l'état des textes publiés, aucune obligation de séjour ne conditionne donc le permis retraité ; si votre projet repose sur une présence partielle, faites verrouiller ce point au moment du dépôt, car une annonce budgétaire peut resurgir dans un texte d'application.

Il faut surtout distinguer deux notions que les sites de promoteurs confondent : le permis et la résidence fiscale. Le permis vous autorise à vivre à Maurice ; il ne fait pas de vous un résident fiscal mauricien. C'est la présence effective qui compte, notamment à partir de 183 jours passés sur l'île pendant l'année fiscale. Cette distinction commande toute la fiscalité de vos pensions, on y revient plus bas.

La durée

Dix ans, renouvelables, puis la résidence permanente.

Le permis retraité est délivré pour 10 ans (EDB, août 2026). Son renouvellement n'est pas automatique : il faut justifier, relevés à l'appui, que les transferts de 24 000 USD par an ont bien été effectués chaque année de la période écoulée. Tenez cette comptabilité dès la première année ; un dossier de renouvellement se construit sur dix ans de justificatifs, pas dans les semaines qui précèdent l'échéance.

Le passage en résidence permanente suit une règle rénovée en 2025. Après 5 années consécutives sous permis retraité, vous pouvez demander le permis de résidence permanente (permanent residence permit), valable 20 ans, à condition d'avoir transféré au moins 200 000 USD, ou l'équivalent en devise convertible, au cours des 5 années précédant immédiatement la demande (EDB, août 2026). L'ancienne règle, 3 ans et 54 000 USD, figure encore sur le site du Passport and Immigration Office : un signe de plus que la réforme est récente et que seule la vérification à la source, datée, protège votre calendrier.

À raison de 24 000 USD par an, cinq années de transferts réguliers totalisent 120 000 USD : le seuil des 200 000 USD suppose donc un effort supérieur au minimum du permis. Si la résidence permanente est votre objectif, le rythme des rapatriements se planifie dès le départ.

Les démarches

Un dossier en ligne, des pièces à préparer.

La demande se dépose en ligne, sur la plateforme nationale NELS. Le dépôt est gratuit ; un droit officiel de délivrance est dû si le permis est accordé (EDB, août 2026). Méfiez-vous des intermédiaires qui facturent la simple soumission d'un formulaire public.

Les pièces à réunir, pour l'essentiel :

  • passeport en cours de validité (page d'identité) ;
  • acte de naissance ;
  • extrait de casier judiciaire de moins de 6 mois ;
  • certificat médical et photographies d'identité ;
  • relevé bancaire certifié attestant la capacité de transfert ;
  • acte de mariage ou de divorce, le cas échéant, pour les demandes familiales.

Les documents français sont généralement demandés avec traduction, et une légalisation peut être exigée selon la pièce : ce point se vérifie dossier par dossier. Une fois le permis délivré, le premier transfert doit intervenir rapidement, puis les justificatifs bancaires sont produits chaque année. Comptez plusieurs semaines entre la préparation des pièces et la délivrance, l'essentiel du délai se jouant dans la qualité du dossier initial.

Un « visa retraité » ? Le bon terme est permis de résidence.

Beaucoup de candidats cherchent un visa retraité pour l'île Maurice : ce visa n'existe pas en tant que tel. Le dispositif officiel est un permis de résidence, le retired residence permit, délivré par l'EDB. Si vous souhaitez tester la vie mauricienne avant 50 ans, ou avant de vous engager sur dix ans, le premium visa permet de séjourner jusqu'à un an sur place avec des revenus étrangers : c'est souvent la bonne première étape.

La famille

Votre conjoint vous accompagne.

Le titulaire du permis retraité peut faire venir sa famille : le conjoint, marié ou en concubinage, les enfants et même les parents peuvent obtenir un permis de résidence en qualité de dépendants, instruit auprès du Passport and Immigration Office. La durée de leur permis est alignée sur celle du vôtre, sans pouvoir la dépasser.

Deux limites à connaître. Le conjoint dépendant ne peut pas occuper d'emploi à Maurice sans obtenir son propre statut, par exemple un occupation permit. Et chaque dépendant majeur suit ses propres conditions de dossier (casier, certificat médical). Pour un couple de retraités, une seule demande principale suffit : les transferts exigés ne se cumulent pas par personne, c'est le foyer du titulaire qui est apprécié.

La fiscalité

Votre pension française, relue par la convention de 1980.

C'est l'angle que les sites d'immigration ignorent, et c'est pourtant lui qui décide du revenu net de votre retraite mauricienne. La convention fiscale France-Maurice, signée en 1980, répartit le droit d'imposer les pensions selon leur nature, et la distinction est nette.

La ligne de partage n'est pas celle que l'on croit. Elle ne sépare pas les carrières du privé et celles du public, mais les pensions selon leur origine. Celles qui sont versées en application de la législation sur la sécurité sociale, retraite de base et complémentaires obligatoires comprises, ne sont imposables que dans l'Etat qui les verse (article 18, paragraphe 2) : pour un ancien salarié français, l'essentiel de la pension reste donc imposable en France, même installé à Maurice. Seules les pensions et rentes qui ne procèdent pas d'un régime légalement obligatoire relèvent de l'Etat de résidence, donc de Maurice.

Les pensions publiques, celles versées au titre de services rendus à l'Etat français ou à ses collectivités, typiquement les retraites de fonctionnaires, restent imposables en France (article 19), même si vous vivez à Maurice, sauf le cas particulier du bénéficiaire de nationalité mauricienne. Un retraité cumule souvent plusieurs pensions relevant de règles différentes : le classement se vérifie ligne par ligne, comme l'explique notre guide de l'imposition des pensions entre la France et Maurice.

Côté mauricien, la règle du jeu est celle de la remittance : le résident fiscal mauricien n'est imposé sur ses revenus étrangers que pour la part rapatriée à Maurice. Or le permis retraité vous oblige précisément à rapatrier 24 000 USD par an : cette part entre dans l'assiette mauricienne pour les seules pensions que la convention laisse à Maurice, selon le barème progressif local. Le Finance Act 2026 lui donne quatre tranches depuis l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026 : 0 % jusqu'à 500 000 roupies de revenu imposable, 10 % sur les 500 000 suivantes, 20 % sur les 11 millions suivants, puis 35 % au-delà de 12 millions de roupies. Pour l'année de revenu précédente, il en comptait trois et s'arrêtait à 20 %. Ce que la convention attribue à la France est, lui, exonéré à Maurice, mais compte pour le calcul du taux. Pas de prélèvements sociaux à la française sur ces sommes, ni d'impôt sur la fortune, ni de droits de succession à Maurice (état du droit en août 2026).

L'articulation précise, date du transfert de résidence fiscale, sort des prélèvements sociaux, traitement d'un PER ou d'une rente, année de départ à cheval sur deux régimes, dépend entièrement de votre situation. C'est exactement l'objet de la note écrite que nous remettons après le premier échange, avant tout engagement.

Sur place

Santé, banque : vos premiers repères.

Le compte bancaire mauricien n'est pas une option : c'est sur lui que transitent les transferts contrôlés chaque année. Son ouverture intervient au moment de l'installation, avec le permis et les justificatifs d'usage ; les banques mauriciennes sont habituées aux retraités européens, mais leurs exigences documentaires varient.

Pour la santé, Maurice s'appuie sur un secteur privé de bonne tenue, autour de cliniques qui concentrent les spécialités courantes. La prise en charge de l'assurance maladie française ne vous suit pas automatiquement hors d'Europe : une assurance santé internationale, souscrite avant le départ, fait partie du budget à prévoir, et son coût croît avec l'âge d'entrée. Les caisses de retraite françaises, elles, versent les pensions à l'étranger moyennant un certificat d'existence périodique.

Ces sujets d'installation, logement, déménagement, banque, couverture santé, scolarité pour les petits-enfants en visite longue, sont traités pas à pas dans notre guide s'installer à l'île Maurice, en carte ci-dessous.

Questions fréquentes

Le permis retraité, vos questions.

Quel est l'âge minimum pour obtenir le permis retraité à l'île Maurice ?

50 ans au moment de la demande, sans limite d'âge maximum (conditions EDB, août 2026). Le texte n'exige pas d'être retraité au sens administratif français : c'est la capacité à transférer les fonds requis qui est vérifiée, sur relevés bancaires certifiés.

Combien faut-il transférer chaque mois vers Maurice ?

Au moins 2 000 USD par mois, ou 24 000 USD par an en un ou plusieurs versements, sur votre compte bancaire mauricien (EDB, août 2026). Ces montants ont été relevés par le Finance Act 2025 ; certaines pages officielles affichent encore les anciens seuils de 1 500 USD et 18 000 USD. Le renouvellement exige la preuve des transferts de chaque année écoulée.

Ma pension française est-elle imposée à Maurice ?

Moins souvent qu'on ne le lit. Ce qui compte n'est pas que votre ancien employeur ait été privé ou public, mais l'origine de la pension : celles versées par un régime de sécurité sociale, retraite de base et complémentaires obligatoires comprises, ne sont imposables qu'en France (article 18, paragraphe 2 de la convention de 1980). Ne relèvent de l'impôt mauricien que les pensions et rentes qui ne procèdent pas d'un régime légalement obligatoire, et le classement se vérifie pension par pension : un même retraité peut en avoir dans les deux camps. Le détail figure dans notre guide de l'imposition des pensions entre la France et Maurice.

Puis-je travailler avec un permis retraité ?

Non pour un emploi salarié : le permis retraité l'exclut expressément. Vous pouvez en revanche investir dans une société mauricienne, à condition de ne pas y occuper d'emploi ni d'en tirer un salaire (EDB, août 2026). Pour exercer une activité, il faut basculer vers un statut adapté, comme l'occupation permit.

Comment passer du permis retraité à la résidence permanente ?

Après 5 années consécutives sous permis retraité, vous pouvez demander le permis de résidence permanente de 20 ans, à condition d'avoir transféré au moins 200 000 USD au total sur les 5 années précédant la demande (EDB, août 2026). Cette règle a changé en 2025 : l'ancien seuil de 3 ans figure encore sur certains sites officiels.

Premier échange sans engagement

Parlons de votre retraite mauricienne.

Un premier échange offert, puis une note écrite sur votre situation : le permis, le calendrier et la fiscalité de vos pensions, selon votre cas.

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