La transmission familiale d'une entreprise à Maurice se prépare autrement qu'en France.
Une transmission familiale d'entreprise à Maurice ne se raisonne pas comme en France. Maurice ne prélève ni droits de donation ni droits de succession, ce qui prive d'objet toute la mécanique française du pacte Dutreil. Le vrai sujet est ailleurs : la place de vos enfants dans le filet fiscal français, et la gouvernance de l'entreprise le jour où plusieurs héritiers en détiennent les parts.
Maurice ne taxe pas la transmission, la France peut le faire.
Une transmission familiale d'entreprise à Maurice part d'un constat sans équivalent français : Maurice ne prélève ni droits de succession, ni droits de donation, ni impôt sur les plus-values. Donner à ses enfants les parts d'une société mauricienne ne déclenche, sur place, aucun prélèvement assis sur la valeur transmise, comme nous le détaillons dans notre page sur la succession à l'île Maurice.
La conséquence est plus large qu'il n'y paraît. Toute l'ingénierie française de la transmission existe pour amortir un impôt ; là où l'impôt n'existe pas, l'outil n'a pas d'objet. Le dirigeant mauricien ne choisit pas entre transmettre et payer : il choisit comment, et à qui.
| La transmission des parts | A Maurice | En France, si le 750 ter s'applique |
|---|---|---|
| Droits de donation ou de succession | Aucun | Barème progressif, jusqu'à 45 % en ligne directe |
| Allègement de type pacte Dutreil | Sans objet, rien à exonérer | Exonération partielle de 75 % sous conditions |
| Société détenant un immeuble | Enregistrement et land transfer tax possibles | Selon la localisation de l'immeuble |
Situation constatée au mois d'août 2026 auprès de la Mauritius Revenue Authority et sur le Land (Duties and Taxes) Act%20Act.pdf).
L'immobilier de la société change la donne.
L'absence d'impôt sur la transmission ne vaut pas absence de fiscalité sur l'acte. Le Land (Duties and Taxes) Act assimile à un transfert de propriété la cession de parts d'une société détenant un immeuble, dès lors qu'elle entraîne un changement de contrôle. Des droits d'enregistrement et la land transfer tax, au taux de 5 % à la charge du cédant, peuvent alors s'appliquer sur la valeur des parts ou de l'immeuble, la plus faible étant retenue.
C'est le changement de contrôle qui est visé, non le simple mouvement de titres : une donation progressive de participations minoritaires ne se lit pas comme un transfert de majorité. L'annexe des exemptions vise par ailleurs les transferts d'un ascendant à un descendant, à titre onéreux comme à titre gratuit. Ces exemptions sont d'application stricte et se vérifient acte en main, avec le notaire mauricien.
Pourquoi il n'existe pas de pacte Dutreil mauricien.
En France, transmettre une entreprise familiale expose à un barème qui atteint 45 % en ligne directe. L'article 787 B du code général des impôts y répond par une exonération partielle de 75 % de la valeur des titres, en contrepartie d'engagements de conservation collectifs puis individuels et d'une fonction de direction dans l'entreprise.
Rien de tel n'existe à Maurice, et rien de tel n'y serait utile : un régime de faveur ne se conçoit que par rapport à un impôt. La question mauricienne n'est pas « comment alléger la note » mais « comment organiser le pouvoir », ce qui déplace le dossier vers le droit des sociétés et le droit de la famille.
Attention au raccourci inverse. Le dispositif n'est pas réservé aux sociétés françaises : la doctrine administrative admet que les sociétés étrangères en bénéficient, si les conditions de l'article 787 B sont réunies et si les droits de mutation sont dus en France. Le régime a de surcroît été resserré par la loi de finances pour 2026, qui a porté l'engagement individuel de conservation de quatre à six ans et exclu de l'assiette certains actifs non affectés à l'activité. Ce sujet se traite avec un notaire.
La résidence de vos enfants commande tout.
Voici le point découvert trop tard dans la plupart des dossiers : l'absence d'impôt mauricien ne protège pas un enfant resté en France. Le 3° de l'article 750 ter du CGI rend imposables en France les biens reçus par un donataire ou un héritier domicilié en France au jour de la mutation et qui l'a été au moins six années au cours des dix précédentes. La condition vise le bénéficiaire, non le donateur, et elle joue quelle que soit la localisation des biens transmis : les donations obéissent à la même territorialité que les successions.
Un parent résident mauricien depuis dix ans donne les parts de sa société à ses trois enfants. Celui qui vit à Maurice ne supporte rien ; celui installé en France depuis quinze ans est imposable sur la totalité de ce qu'il reçoit ; celui parti depuis huit mois l'est aussi.
Aucune convention ne corrige ce résultat, le texte franco-mauricien de 1980 ne couvrant pas les droits de mutation à titre gratuit. La résidence fiscale à l'île Maurice du donateur, et surtout l'historique de domicile de chaque enfant, sont donc la première donnée à établir. Le mécanisme et ses trois portes d'entrée sont détaillés dans notre page sur la succession à l'île Maurice.
Donation, démembrement, holding, pacte d'associés.
Aucun de ces outils ne vaut par lui-même : chacun règle une question et en laisse d'autres ouvertes.
La donation de parts en pleine propriété transmet la valeur et le pouvoir en un seul acte. Simple, définitive, elle suppose que le donateur accepte de ne plus décider.
La donation démembrée sépare la nue-propriété, transmise, de l'usufruit, conservé. Le dirigeant garde les dividendes et, selon la rédaction des statuts et de l'acte, une partie des droits de vote. C'est l'outil du passage de témoin progressif, à condition d'organiser par écrit, dès le premier jour, la cohabitation entre usufruitier et nu-propriétaire.
La cession à prix aménagé, vente des parts au repreneur selon un échelonnement négocié en famille, dégage des liquidités pour compenser les autres enfants. Elle appelle un prix construit et documenté, d'où l'importance d'une valorisation d'entreprise sérieuse : un écart trop marqué avec la valeur réelle s'analyse en libéralité.
La holding familiale regroupe la détention et sépare le capital du contrôle opérationnel, au prix d'une strate juridique et déclarative supplémentaire. Elle ne fait disparaître aucun rattachement fiscal français.
Le pacte d'associés, enfin, est le document le plus utile et le moins souvent rédigé. Il fixe ce que les statuts ne disent pas : qui dirige, comment se prennent les décisions importantes, quelle politique de distribution s'applique, comment un associé sort et à quel prix.
Nous ne publions pas de montage type : la combinaison pertinente dépend de votre patrimoine, du lieu de vie de vos enfants et de la place de chacun dans l'entreprise.
Quand tous les enfants ne reprennent pas.
C'est la difficulté centrale, et elle n'est pas fiscale. Une entreprise se dirige, un patrimoine se partage : les deux logiques s'opposent dès que plusieurs héritiers détiennent les parts d'une société qu'un seul fait tourner.
Le partage arithmétique paraît juste et se retourne contre tout le monde. L'enfant qui reprend porte le risque et la caution personnelle, mais partage le résultat. Les autres perçoivent des dividendes qu'ils ne décident pas, sur une valeur qu'ils ne peuvent pas mobiliser.
Trois voies existent, à combiner plutôt qu'à opposer : allotir les non-repreneurs sur d'autres actifs du patrimoine, prévoir une soulte dont le financement doit être validé juridiquement, ou maintenir tout le monde au capital avec un pacte d'associés traitant la rémunération du dirigeant, la distribution et la sortie. Dans tous les cas, la discussion familiale précède les actes.
Une quatrième issue mérite d'être ouverte tôt : aucun enfant ne reprend. Mieux vaut l'entendre trois ans avant que trois mois avant, car la vente à un tiers demande alors le même travail de préparation, mais aussi une recherche de candidats qui prend du temps sur un marché où les acteurs d'un secteur se connaissent tous. Notre page sur la façon de trouver un repreneur à l'île Maurice décrit les quatre familles d'acquéreurs et la manière de les approcher sans exposer l'entreprise.
Détenir les parts ne suffit pas à diriger.
Si l'enfant qui reprend ne réside pas à Maurice, la transmission ne se joue pas seulement dans l'acte de donation. Détenir des parts est une chose ; diriger une société mauricienne et s'y installer en est une autre, qui suppose un titre de séjour adapté et ses propres critères d'éligibilité, indépendants de la famille. Le sujet se traite avant l'acte : nous l'abordons dans notre page sur le permis investisseur par rachat d'entreprise.
La question symétrique se pose pour le parent qui se retire. Si votre permis repose sur cette société ou sur la fonction que vous y exercez, transmettre sans organiser la suite fragilise votre situation et celle de votre famille.
Qui hérite reste une question de notaire.
Tout ce qui précède concerne la fiscalité et l'organisation ; savoir qui a droit à quoi relève d'un autre corps de règles. Le code civil mauricien, hérité du code Napoléon, connaît la réserve héréditaire et limite la quotité disponible selon le nombre d'enfants. Une donation consentie du vivant n'échappe pas au règlement de la succession : elle peut être rapportée ou réduite si elle excède ce que la loi applicable autorise. Et la détermination de cette loi dépend de la résidence habituelle du défunt et de règles de conflit qui ne se répondent pas d'un pays à l'autre, sujet que nous traitons dans notre page sur la succession à l'île Maurice. Aucun acte ne se signe sans qu'un notaire ait validé sa compatibilité avec les droits des autres héritiers.
Trois à cinq ans, et pourquoi l'improvisation échoue.
Une transmission familiale réussie suit un ordre. Le voici, tel que nous instruisons ces dossiers.
- Etablir la carte des rattachements : résidence fiscale du donateur, lieu de vie et ancienneté de domicile de chaque enfant, localisation des actifs.
- Clarifier les intentions, individuellement puis ensemble : qui veut reprendre, qui veut être associé, qui préfère autre chose. Avant tout chiffre.
- Valoriser l'entreprise sur des comptes retraités. Sans valeur défendable, ni la soulte ni l'équité entre enfants ne se calculent.
- Préparer l'entreprise, comme pour une vente à un tiers : comptes fiables, contrats et licences à jour, dépendance au dirigeant réduite.
- Choisir les outils et rédiger : acte de donation, statuts, pacte d'associés, testament et régime matrimonial, formalités au registre des sociétés.
- Exécuter la transition sur plusieurs exercices : relations clients, mandats bancaires et signatures se transfèrent progressivement.
Les transmissions qui échouent partagent les mêmes causes : une décision prise dans l'urgence d'un événement de santé, une valeur jamais établie, des enfants consultés après coup, une gouvernance non écrite, une France oubliée.
Un seul dossier, deux systèmes.
Basalte Consulting est un cabinet franco-mauricien installé à Grand Baie, dont les deux associés pratiquent les deux systèmes. Sur une transmission familiale, nous instruisons l'analyse et la préparation : rattachements fiscaux, valorisation, mise en état des comptes et des contrats, scénarios de répartition entre repreneur et non-repreneurs. Les actes relèvent du notaire, en France comme à Maurice, et nous travaillons avec des partenaires agréés.
Cette page informe, elle ne conseille pas : une transmission dépend de dates, de lieux et de personnes. Le premier échange et la note écrite qui le suit sont offerts, avec une réponse sous 24 heures ouvrées.
Transmettre son entreprise à ses enfants, vos questions.
Existe-t-il des droits de donation à l'île Maurice ?
Non. Vérifié en août 2026, la loi mauricienne n'institue ni droits de donation, ni droits de succession, ni impôt sur les plus-values. Donner les parts de sa société à ses enfants ne déclenche donc aucun prélèvement assis sur la valeur transmise. Des droits d'enregistrement et la land transfer tax peuvent en revanche être dus si la société détient un immeuble et que le transfert emporte un changement de contrôle.
Le pacte Dutreil peut-il s'appliquer à une société mauricienne ?
Le dispositif de l'article 787 B du CGI n'est pas réservé aux sociétés françaises : la doctrine administrative admet expressément que les sociétés étrangères en bénéficient si toutes les conditions sont réunies. Il ne présente cependant d'intérêt que lorsque les droits de mutation français sont dus, donc dans les cas de l'article 750 ter. La loi de finances pour 2026 a resserré le régime, et sa mise en oeuvre relève du notaire.
Mon fils vit en France : ma donation de parts sera-t-elle imposée ?
C'est le cas le plus fréquent et le plus coûteux. Le 3° de l'article 750 ter du CGI rend imposables en France les biens reçus par un donataire domicilié en France au jour de la mutation et qui l'a été au moins six années au cours des dix précédentes, quelle que soit la localisation des biens donnés. Une donation de parts mauriciennes à un enfant installé en France de longue date entre donc dans l'assiette française. Seule l'étude de dates et de domiciles précis permet de le confirmer.
Comment rester équitable entre l'enfant qui reprend et les autres ?
En dissociant la propriété de l'entreprise et l'équilibre patrimonial global. Faire entrer tous les enfants au capital d'une société que l'un seul dirige crée une cohabitation durable entre un exploitant et des associés passifs, source de blocages sur les dividendes et les décisions. Les alternatives se construisent au cas par cas, avec le notaire : allotissement sur d'autres biens, soulte, ou pacte d'associés organisant précisément les droits de chacun.
Faut-il donner la pleine propriété ou seulement la nue-propriété ?
Les deux voies n'ont pas le même effet sur le pouvoir. La donation en pleine propriété transmet la valeur et le contrôle en une fois ; le démembrement transmet la nue-propriété tout en conservant l'usufruit, donc les dividendes et une partie des droits de vote selon la rédaction des statuts. A Maurice, l'arbitrage est de gouvernance avant d'être fiscal, puisqu'aucun droit n'est dû sur la transmission.
La suite, naturellement.
Succession à l'île Maurice
Ce que Maurice ne prélève pas, ce que la France continue de prélever, et la règle des six ans.
Découvrir →Vendre son entreprise à Maurice
Le parcours complet d'une cession à un tiers, de la préparation à la transition.
Découvrir →Céder ou reprendre une entreprise à Maurice
La page de référence du cabinet, des deux côtés de la table.
Découvrir →Une transmission familiale se décide plusieurs années avant d'être signée.
Un premier échange, puis une note écrite sur votre situation familiale, la place de chacun de vos enfants et le calendrier réaliste de la transmission. Sans engagement, sans frais.
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