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Vendre son entreprise en France et s'expatrier à l'ile Maurice.

Vendre son entreprise en France et s'expatrier à Maurice sont deux opérations distinctes, que rien n'oblige à mener dans le même mouvement. Une seule variable les relie, et elle commande tout le reste : votre résidence fiscale au jour où la cession devient effective. Vendre avant le départ, vendre après, ou vendre pendant que le départ se prépare ne produit pas les mêmes conséquences, ni les mêmes obligations de preuve.

La question

Vendre son entreprise en France et s'expatrier à Maurice : tout tient dans une date.

Vendre son entreprise en France et s'expatrier à Maurice sont deux projets qui se croisent rarement au bon moment. L'acquéreur impose son rythme, l'audit prend trois mois de plus que prévu, le permis suit son propre calendrier. Au milieu de ces contraintes, une seule date compte vraiment sur le plan fiscal : celle du transfert effectif de la propriété des titres, comparée à celle où votre domicile fiscal quitte la France.

De l'ordre de ces deux dates dépendent le régime applicable à votre plus-value, le sort des prélèvements sociaux, l'application ou non de l'exit tax, et le pays qui aura le droit d'imposer. Ce n'est pas un détail de séquencement : c'est la décision structurante du dossier, et elle ne se rejoue pas après coup.

Cette page décrit un cadre. Elle ne recommande aucun ordre, parce que l'arbitrage dépend de chiffres et de faits qui vous sont propres et qu'aucun résultat fiscal ne se promet à l'avance.

Le paramètre

Vendre avant ou après le départ : ce que change la résidence fiscale au jour de la cession.

Le tableau ci-dessous résume l'écart entre les deux situations. Chaque ligne suppose que la résidence invoquée est réelle et démontrable, condition sans laquelle rien de ce qui suit ne tient. Cadre vérifié au mois d'aout 2026.

Le point examinéCession en qualité de résident fiscal françaisCession en qualité de résident fiscal mauricien
Régime de la plus-valueImposition française des résidents, au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu, ou sur option au barème progressifRépartition par la convention de 1980, qui attribue les gains de cession de titres à l'Etat de résidence du cédant, sauf participation substantielle d'au moins 25 % des bénéfices et sauf sociétés à prépondérance immobilière, deux réserves posées par le protocole et qui laissent la France imposer
Prélèvements sociaux18,6 %, soit 31,4 % au total avec le prélèvement forfaitaire. La contribution sociale généralisée sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % avec la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, dès l'imposition des revenus de 2025 : le taux de 17,2 % que l'on lit encore partout ne vaut plus que pour les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l'assurance-vie et les plans d'épargne réglementés, jamais pour une plus-value de cession de titresNon applicables aux plus-values mobilières d'un non-résident, qui ne reste concerné que par ses revenus et plus-values immobiliers français
Contributions sur les hauts revenusContribution exceptionnelle, et contribution différentielle assurant une imposition minimale de 20 % au-delà des seuils de revenu fiscal de référenceRéservées aux contribuables domiciliés en France, sous réserve des règles introduites en cas de transfert de domicile
Exit taxHors du champ : la plus-value est réalisée avant le transfertApplicable au jour du départ si les seuils de l'article 167 bis étaient franchis, avec sursis puis dégrèvement à terme
Côté mauricienSans effet, vous n'êtes pas encore résidentMaurice ne connait pas d'imposition générale des plus-values de cession de titres, sous réserve de la qualification du gain
Ce qui doit être prouvéRien de particulier au titre de la résidenceLe transfert effectif du domicile, la présence, le certificat de résidence fiscale mauricien

L'écart de traitement grandit avec le montant de la cession, puisque les contributions sur les hauts revenus ne mordent qu'au-delà de certains seuils de revenu fiscal de référence. La contribution différentielle sur les hauts revenus, reconduite par la loi de finances pour 2026 et assortie de précisions en cas de transfert de domicile fiscal, se regarde à la date exacte de l'opération. Un écart aussi net crée mécaniquement une tentation de calendrier, et l'administration le sait : c'est pour cela que la solidité du départ compte ici davantage que l'ingéniosité d'un montage.

Un point technique complète le tableau. L'article 244 bis B du code général des impôts soumet à un prélèvement français les plus-values de cession de participations substantielles réalisées par des non-résidents, lorsque le cédant a détenu plus de 25 % des droits aux bénéfices sociaux à un moment quelconque au cours des cinq années précédentes. Ce prélèvement ne joue toutefois que si la convention applicable laisse à la France le droit d'imposer. Or la version consolidée de la convention franco-mauricienne, signée le 11 décembre 1980 et modifiée par l'avenant du 23 juin 2011, doit se lire avec le protocole qui lui est annexé. Son article 13 attribue certes à l'Etat de résidence du cédant les gains provenant de l'aliénation des biens autres que ceux visés à ses premiers paragraphes, mais le paragraphe 6 b) du protocole écarte cette règle pour les participations substantielles, c'est-à-dire celles qui ouvrent droit à 25 % ou plus des bénéfices de la société. Sur ce seuil précis, la convention rejoint le droit interne français au lieu de l'écarter. La réserve tenant aux sociétés à prépondérance immobilière, posée au paragraphe 6 a), se vérifie en outre société par société, actif par actif.

Le calendrier

L'exit tax est d'abord une contrainte de dates.

Si vous détenez des titres de sociétés au moment de votre départ, l'exit tax de l'article 167 bis du code général des impôts entre dans l'équation. Elle vise les plus-values latentes, les créances de complément de prix et les plus-values placées en report, dès lors que vous avez été résident fiscal français six des dix années précédentes et que vos titres atteignent les seuils prévus.

Ce n'est pas tant l'impôt qui pèse que le calendrier. L'exit tax est rarement payée : elle est mise en sursis, puis dégrevée au terme d'un délai de conservation des titres. Mais le régime du sursis dépend de l'Etat de destination, et il est acquis de plein droit pour un Etat lié à la France par une convention d'assistance administrative contre la fraude et par une convention d'assistance au recouvrement, qui ne soit pas non coopératif. Maurice remplit a priori ces critères au regard des annexes générales de la doctrine à jour, mais l'annexe propre à l'exit tax n'a pas été actualisée depuis 2012 et ne cite pas Maurice. Nous ne tranchons pas ce point dans une page : il se vérifie dossier par dossier, auprès du service compétent, avant le départ.

La conséquence pratique est une échéance ferme. La seule autre voie, le sursis sur demande, suppose une demande expresse, un représentant fiscal établi en France et des garanties, au plus tard quatre-vingt-dix jours avant le transfert du domicile. Passé le départ, cette porte est fermée. Seuils, délais de dégrèvement et formulaires figurent dans notre page sur l'exit tax en cas de départ à l'ile Maurice.

Retenez la règle d'articulation : une cession intervenant pendant le délai de dégrèvement met fin au sursis pour les titres cédés. Vendre après le départ n'est donc pas neutre au motif qu'on serait devenu mauricien, puisque l'opération rouvre un dossier français.

La prudence

Le départ « juste avant la vente » est examiné, jamais présumé.

Un transfert de domicile fiscal ne se décrète pas. Il se constate, à partir de faits, au regard des critères de l'article 4 B du code général des impôts : le foyer ou le lieu de séjour principal, l'exercice en France de l'activité professionnelle principale, le centre des intérêts économiques. Ces critères sont alternatifs, et non cumulatifs : un seul suffit à maintenir le domicile en France. Vient ensuite, le cas échéant, le départage prévu par la convention, qui raisonne en foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel puis nationalité.

Dans un dossier de cession, quatre éléments sont regardés en priorité. La date effective du transfert, celle où le centre de gravité de votre vie change d'hémisphère, et non celle du billet d'avion. Le sort du logement français, resté ou non à votre disposition. La situation du conjoint et des enfants scolarisés. Et la chronologie de l'opération elle-même : lettre d'intention, audit, protocole, levée des conditions, closing.

S'ajoute une dimension que personne n'aime aborder. Lorsqu'un départ n'a d'autre consistance qu'une adresse, l'administration dispose de la procédure d'abus de droit, et la jurisprudence admet de longue date qu'un domicile puisse être qualifié de fictif. Notre position tient en une phrase : nous n'accompagnons pas un départ de façade, et une expatriation qui n'est pas voulue pour elle-même est un mauvais point de départ. Lorsqu'un doute sérieux subsiste sur la qualification d'une opération, la voie légale existe : consulter par écrit l'administration centrale avant de conclure ses actes, dans le cadre de l'article L. 64 B du livre des procédures fiscales.

L'installation réelle se documente comme n'importe quel fait : jours de présence, logement, comptes, assurances, scolarité, activité sur place. C'est le sujet de notre page sur la résidence fiscale à l'ile Maurice, et le socle sans lequel aucune ligne du tableau plus haut ne tient devant un contrôle.

L'opération engagée

Quand la vente est déjà lancée au moment du départ.

Le cas est fréquent et rarement traité. Un protocole est signé, des conditions suspensives restent à lever, le prix est arrêté, le transfert de propriété interviendra dans quelques mois. Le dirigeant, lui, a prévu de partir entre-temps.

Sur le plan juridique, la propriété des titres n'est pas encore transférée : la cession se réalise à la levée des conditions et au closing. Sur le plan probatoire, un protocole signé avant le départ établit en revanche que l'opération était déjà engagée, et cet élément entre dans l'appréciation d'ensemble de la séquence.

Trois mécanismes méritent d'être vus avant de fixer la date de départ. Le complément de prix : une créance d'earn-out non encore versée entre dans l'assiette de l'exit tax au jour du transfert de domicile, alors même que le complément reste hypothétique. La garantie d'actif et de passif : elle vous engage plusieurs années, souvent adossée à une sureté, et devra être gérée depuis Maurice, avec les délais de notification que cela suppose. Le séquestre du prix, enfin, dont la libération échelonnée n'a pas le même effet selon votre statut à chaque échéance.

La préparation

Ce qui se prépare légitimement, et longtemps à l'avance.

La marge de manoeuvre réelle est en amont, pas au moment de signer. Quatre chantiers se mènent sereinement lorsqu'ils sont ouverts deux ou trois ans avant la vente.

L'organisation patrimoniale d'abord. Une holding créée par apport de titres, avec la plus-value placée en report, produit un effet particulier au départ, puisque ce report tombe au transfert de domicile. Ce n'est pas un argument contre la holding, c'est un paramètre de calendrier, et le point le plus souvent oublié dans les dossiers que nous reprenons.

La valorisation ensuite. Une entreprise se vend mieux quand ses comptes sont lisibles, ses contrats à jour et ses résultats normalisés : ce travail prend des exercices, pas des semaines, et ne relève d'aucune fiscalité.

Le calendrier, en troisième lieu. L'année civile française et l'année fiscale mauricienne, qui court du 1er juillet au 30 juin, ne se superposent pas. La date de départ commande la durée de la période encore imposée en France et la possibilité d'atteindre les seuils de présence mauriciens dès la première année : notre page quitter la France pour Maurice déroule cette chronologie.

La documentation du départ, enfin. Ce n'est pas une formalité de fin de parcours, mais un dossier de preuves constitué au fil de l'installation, produit des années plus tard devant une administration qui juge des faits passés.

Le réinvestissement

Après la vente, le produit arrive à Maurice.

Un cédant qui s'installe réinvestit presque toujours, et cette partie se prépare aussi tôt que la vente. Trois voies se combinent le plus souvent : la création d'une structure locale pour porter une activité ou des participations, avec les obligations comptables qui vont avec, sujet de notre page créer et gérer sa société à l'ile Maurice ; le permis investisseur, qui ouvre un droit de séjour en investissant dans une société mauricienne, sous conditions d'éligibilité à vérifier avant tout engagement ; l'immobilier enfin, sous les régimes ouverts aux étrangers, qui peut lui aussi ouvrir un droit de résidence.

Deux points de vigilance. La règle mauricienne du rapatriement des revenus de source étrangère, qui change la lecture de vos revenus futurs et parfois celle de la convention. Et la qualification du gain : Maurice n'impose pas les plus-values de cession de titres, mais une activité répétée d'achat et de revente peut relever du négoce, donc du revenu. Le régime complet figure sur notre page fiscalité de l'ile Maurice.

Beaucoup de cédants réinvestissent dans une entreprise déjà en activité plutôt que dans une création, et découvrent alors que le marché ne fonctionne pas comme celui qu'ils viennent de quitter : le crédit bancaire local est nettement plus difficile à obtenir, le prix se forme sans comparables publics, et il n'existe plus de bail commercial protégé depuis le 1er janvier 2022. Notre page reprendre une entreprise à Maurice ou en France compare les deux marchés à critères identiques, y compris les cas où reprendre ici serait une mauvaise décision.

La méthode

Ce dossier se pilote des deux côtés en même temps.

Un cédant qui s'expatrie est presque toujours suivi par deux équipes qui ne se parlent pas : un conseil français qui traite la vente, un prestataire mauricien qui traite l'installation. Chacun fait correctement son travail, et personne ne relit la séquence complète. C'est exactement là que naissent les redressements, entre deux dossiers bien tenus.

Basalte Consulting est un cabinet franco-mauricien installé à Grand Baie, dont les deux associés pratiquent chaque semaine les deux systèmes. Nous intervenons sur la partie qui manque : l'articulation. Chronologie des deux opérations, arbitrage sur l'ordre, régime de sursis à sécuriser, documentation du transfert de domicile, structuration du réinvestissement, puis la comptabilité et les déclarations mauriciennes, tenues en interne. Pour les actes réglementés, nous coordonnons des partenaires agréés.

Le premier échange et la note écrite qui le suit sont offerts, avec une réponse sous 24 heures ouvrées. Si votre projet de cession ou de reprise n'est pas encore arrêté, c'est le meilleur moment pour en parler : les décisions les plus utiles sont celles qui restent possibles. Cette page informe, elle ne remplace pas l'analyse de votre situation.

Questions fréquentes

Céder puis partir, vos questions.

Faut-il céder sa société avant ou après s'être expatrié à Maurice ?

Il n'existe pas de réponse générale, et méfiez-vous de celles qui circulent. Céder avant le départ place la plus-value sous le régime français des résidents, avec son prélèvement forfaitaire, ses prélèvements sociaux et ses contributions sur les hauts revenus. Céder après suppose une résidence fiscale mauricienne réelle et opposable, le respect des délais propres à l'exit tax si vos titres franchissaient les seuils au départ, et la lecture de la convention de 1980 pour les gains en cause. L'arbitrage dépend du montant, du calendrier de l'acquéreur et de la solidité de votre installation.

La convention France-Maurice exonère-t-elle la plus-value de cession de mes titres français ?

Elle n'exonère pas, elle répartit le droit d'imposer. Dans sa version consolidée, la convention du 11 décembre 1980 attribue les gains provenant de l'aliénation des biens autres que ceux visés aux paragraphes précédents de son article 13 au seul Etat de résidence du cédant. Mais le protocole qui lui est annexé ajoute deux réserves décisives : les sociétés à prépondérance immobilière, et surtout les participations substantielles, celles qui ouvrent droit à 25 % ou plus des bénéfices, qui restent imposables dans l'Etat de la société. Encore faut-il être réellement résident de Maurice au sens de la convention, et pouvoir le prouver. Et cette répartition ne remet pas en cause une exit tax établie au jour du départ, quand vous étiez encore résident français.

Puis-je partir quelques semaines avant la signature pour vendre en tant que résident mauricien ?

C'est la question la plus fréquente et la plus risquée. Un transfert de domicile ne se déclare pas, il se constate : l'administration examine des faits, au regard des critères alternatifs de l'article 4 B du code général des impôts, puis des règles de départage de la convention. Un départ concentré sur les semaines qui précèdent la signature, sans transfert réel du foyer, s'expose à une remise en cause, et le cas échéant à la procédure d'abus de droit. Un calendrier crédible se compte en mois, pas en jours.

Que se passe-t-il si la cession est déjà engagée au moment du départ ?

Tout dépend de ce qui a été signé et de ce qui reste à lever. Un protocole assorti de conditions suspensives ne transfère pas encore la propriété des titres, mais il démontre que l'opération était en cours avant le départ, ce qui est un élément d'appréciation en soi. Le complément de prix éventuel entre par ailleurs dans l'assiette de l'exit tax en tant que créance, et la garantie d'actif et de passif vous suivra à Maurice pendant des années. Ces points se traitent avant de fixer une date de départ.

Combien de temps avant la vente faut-il préparer son expatriation ?

Comptez douze à dix-huit mois entre la décision et le départ effectif, et davantage lorsque la structure patrimoniale doit être revue. Ce délai n'a rien d'administratif : il sert à trancher pendant que vous êtes encore résident français, à documenter le transfert du foyer, et à préserver la voie du sursis sur demande de l'exit tax, qui se ferme quatre-vingt-dix jours avant le transfert du domicile. Un dossier découvert après l'installation n'a plus d'options.

Premier échange sans engagement

Votre calendrier de cession, écrit noir sur blanc.

Un premier échange, puis une note écrite sur votre calendrier, vos arbitrages et vos points de vigilance. Avant tout engagement.

Sans engagementFeuille de route offerteRéponse sous 24 h