Guide · société

Créer une société de e-commerce à l'île Maurice.

Le e-commerce est le seul projet où deux sociétés mauriciennes voisines peuvent être imposées à 3 % et à 15 % pour des flux qui se ressemblent. Tout tient à une frontière : vendre des biens n'est pas vendre des services, et le droit mauricien n'accorde le taux réduit qu'aux marchandises. S'y ajoutent trois sujets que les pages généralistes ignorent, la TVA due dans l'Union européenne sur des ventes qui ne passent jamais par Maurice, la localisation du stock, et l'enregistrement obligatoire au Data Protection Office avant le premier client. Cette page traite ce qui change pour un vendeur en ligne, pas la procédure d'immatriculation.

Le point de départ

Trois activités très différentes derrière un même mot.

Le mot e-commerce recouvre au moins trois métiers que le droit mauricien traite séparément, et la plupart des erreurs de structuration viennent de là. Le premier vend des marchandises physiques : la commande déclenche une expédition, depuis un stock ou depuis un fournisseur. Le deuxième vend des produits numériques : logiciel, abonnement, formation enregistrée, licence, contenu téléchargeable. Le troisième vend le service des autres : place de marché, plateforme de mise en relation, apport d'affaires rémunéré à la commission.

Ces trois modèles ont un site, un panier et un moyen de paiement en commun. Ils n'ont ni le même taux d'impôt, ni le même régime de TVA, ni les mêmes obligations d'enregistrement. Le premier peut relever d'un taux réduit ; les deux autres n'y ont pas accès. Le troisième peut basculer dans le champ du licensing des paiements. Avant toute question de structure, la question utile est donc : que vend exactement la société, et à qui.

Sur la forme juridique elle-même, il n'y a pas de véhicule dédié au commerce en ligne à Maurice. Dans l'immense majorité des projets, c'est la société domestique de droit commun, sous le Companies Act 2001, éventuellement complétée d'une licence sectorielle si le produit vendu en appelle une, ce que nous cartographions dans notre fiche sur les licences et autorisations sectorielles. Le Freeport, souvent évoqué à tort, est un régime douanier de zone : il n'a d'intérêt que si des marchandises entrent réellement sur l'île, comme l'explique notre page sur le Freeport mauricien.

Biens ou services

La frontière fiscale qui décide de tout.

Le droit fiscal mauricien connaît un taux de droit commun, 15 %, et un taux réduit de 3 % pour l'exportation de biens. Il n'existe pas d'équivalent pour l'exportation de services. Cette asymétrie est la donnée centrale d'un projet de vente en ligne.

Ce que vend la sociétéRégime d'impôt sur les sociétésRégime de TVA mauricienne
Marchandises expédiées hors de Maurice3 % sur la part attribuable à l'export, art. 44Btaux zéro, biens exportés sous contrôle douanier
Marchandises achetées et revendues sans passer par Maurice3 % sur cette part, art. 44B et définition de l'art. 2hors champ, la vente n'a pas lieu à Maurice
Marchandises vendues à des clients mauriciens15 %15 %
Produits numériques et abonnements15 %taux zéro si le client est hors de Maurice
Prestations et services de plateforme15 %taux zéro si le client est hors de Maurice
Commissions d'apporteur ou de place de marché15 %taux zéro si le donneur d'ordre est hors de Maurice

La lecture de ce tableau appelle deux avertissements. D'abord, une société mixte n'a pas le choix de sa répartition : l'article 44B impose une formule, le bénéfice fiscal total multiplié par le chiffre d'affaires export et divisé par le chiffre d'affaires de toutes les activités. Le taux effectif est donc mécanique, et la comptabilité doit isoler le chiffre d'affaires export dès la saisie pour que le prorata soit vérifiable plutôt qu'estimé. Le détail du calcul figure dans notre fiche sur l'impôt sur les sociétés à l'île Maurice.

Ensuite, le taux zéro de TVA et le taux de 3 % d'impôt sont deux questions distinctes, et confondre les deux est l'erreur la plus fréquente. Un vendeur de formations en ligne facture à taux zéro et paie 15 % d'impôt. Un vendeur de sacs à main expédiés en France facture à taux zéro et paie 3 % sur la part export. Le taux zéro ne dit rien du taux d'impôt. Vu du côté du dirigeant plutôt que de la société, ce parcours est repris dans notre page sur l'e-commerçant français et la société mauricienne, résidence fiscale et flux de trésorerie compris.

L'article 44B

Ce que le taux de 3 % exige, et ce qu'il n'exige pas.

L'article 44B(1) de l'Income Tax Act, dans la version consolidée à mai 2026 publiée par la MRA, est court : la société engagée dans l'export de biens est imposée au taux de la partie II de la première annexe sur le bénéfice attribuable à cet export, selon la formule de prorata. Trois précisions comptent pour un e-commerçant.

La définition de l'export de biens est plus large que l'expédition depuis Maurice. L'article 2 dispose que l'expression inclut l'achat et la vente internationale de marchandises par une entité en son propre nom, l'expédition étant faite directement par l'expéditeur du pays d'origine vers l'importateur final du pays de destination, sans que les biens soient physiquement débarqués à Maurice. Un modèle de dropshipping bien contracté entre donc dans le champ, ce qui surprend souvent.

La condition tient dans les mots « en son propre nom ». La société doit acheter la marchandise, en supporter le risque et la revendre. Si elle se contente de mettre en relation un fournisseur et un acheteur contre une commission, elle rend un service d'intermédiation, imposé à 15 %. La différence ne se joue pas sur la description du site mais sur les contrats fournisseurs, la facturation, la propriété juridique des marchandises et la charge du risque de non-conformité. C'est le point que la MRA regarde en premier.

L'article 44B(1) ne subordonne pas le taux réduit à des conditions de substance prescrites. Cette condition figure au paragraphe (3), qui vise l'opérateur du Freeport fabriquant pour le marché local, pas l'exportateur ordinaire. Il serait pourtant imprudent d'en conclure qu'une coquille suffit : l'article 75 du même code permet à la MRA de reconstituer le résultat quand une activité conduite depuis Maurice est contrôlée par un non-résident et ne dégage pas le résultat attendu, et l'article 90 sur les montages sans objet économique reste disponible. Le taux de 3 % ne se défend pas sans dossier.

La TVA mauricienne

Taux zéro à l'export, et le vrai champ du régime numérique.

Le seuil général d'immatriculation est de 3 millions de roupies de ventes taxables annuelles depuis le 1er octobre 2025, fixé par la sixième annexe du VAT Act. Un e-commerçant doit néanmoins vérifier deux dispositions particulières avant de conclure qu'il est en dessous.

La première est la partie III de la dixième annexe, ajoutée pour encadrer les services numériques. Elle énumère sept catégories : fournitures d'images ou de textes, dont photographies, fonds d'écran et livres électroniques ; musique, films, émissions, jeux et programmes à la demande ; applications, logiciels et maintenance de logiciels ; fourniture de site ou hébergement web ; espace publicitaire sur un site ; magazines en ligne ; maintenance à distance de programmes et d'équipements. La section 15(2)(a)(iii) impose l'immatriculation à qui fournit ces services quel que soit son chiffre d'affaires, et l'on s'arrête généralement là. C'est une lecture incomplète, qui conduit un éditeur mauricien à s'immatriculer sans y être tenu. La définition des digital or electronic services, à la section 2, ne retient en effet que les services fournis par un foreign supplier, défini comme celui qui n'a pas d'établissement stable à Maurice. Le régime a été construit pour atteindre les plateformes étrangères qui vendent à des consommateurs mauriciens, et la section 14A le confirme en intitulant l'obligation « Foreign supplier to charge VAT ». Un éditeur de logiciel ou un vendeur de contenus établi à Maurice reste donc sous le seuil général de 3 millions de roupies.

La seconde est la section 15(3), qui joue en sens inverse : la personne dont le chiffre d'affaires est composé exclusivement d'opérations à taux zéro, ou à taux zéro et exonérées, n'est pas tenue de demander son immatriculation. Or la cinquième annexe place à taux zéro les biens exportés sous contrôle douanier, et les services rendus à une personne qui appartient à un pays autre que Maurice et qui se trouve hors de Maurice au moment de la prestation, à condition que le service ne soit pas consommé à Maurice.

En pratique, un e-commerçant intégralement tourné vers l'étranger a presque toujours intérêt à s'immatriculer volontairement : l'immatriculation conditionne la déduction de la TVA supportée sur l'hébergement, la publicité, la logistique et les prestataires locaux, et elle ouvre le remboursement des crédits pour une activité principalement à taux zéro. La procédure est décrite dans notre fiche sur l'immatriculation à la TVA à Maurice et le régime complet dans notre guide de la TVA à l'île Maurice.

La TVA européenne

Ce que l'Union réclame sur des ventes qui ne touchent jamais Maurice.

C'est le sujet que les pages mauriciennes ne traitent jamais, et c'est celui qui coûte le plus cher. Vendre depuis Maurice ne fait pas sortir du champ de la TVA européenne : l'Union taxe à destination, c'est-à-dire là où se trouve le consommateur.

Ce que vous vendez à un client de l'UnionQui doit la TVALe dispositif
Biens importés, envoi de faible valeurle vendeur ou l'importateurguichet unique à l'importation (IOSS) ou perception par le transporteur
Biens importés au-delà de la limite de l'IOSSl'importateur déclarédéclaration d'importation de droit commun
Biens déjà stockés dans un Etat membrele vendeurimmatriculation locale, puis guichet unique de l'Union
Services et produits numériques à un particulierle vendeurguichet unique hors Union, sans seuil
Services à une entreprise assujettiele clientautoliquidation, pas de TVA facturée

Quatre points de vigilance, vérifiés sur les publications de la Commission européenne et du Conseil.

  • Il n'y a pas de franchise pour un vendeur établi hors de l'Union. Le seuil de tolérance qui existe pour les vendeurs européens ne s'applique pas à eux : la TVA est due dès la première vente à un consommateur européen. Le guichet unique dit non-Union permet de tout déclarer dans un seul Etat membre, mais il ne dispense de rien.
  • Le régime des petits envois change. La franchise douanière de 150 euros disparaît. La Commission a annoncé le 13 novembre 2025 son retrait anticipé, le Conseil a acté une application à compter du 1er juillet 2026, avec une solution transitoire de calcul jusqu'au milieu de 2028, dans l'attente du hub de données douanières. Un modèle bâti sur des envois unitaires bon marché doit être rechiffré.
  • La TVA à l'importation, elle, est due depuis 2021 dès le premier euro. L'ancienne exonération des petits envois a disparu le 1er juillet 2021 ; ce qui disparaît en 2026 est la franchise de droits de douane, ce qui n'est pas la même chose.
  • Un envoi mal déclaré revient au vendeur. Un client qui découvre une taxe et des frais de dossier à la livraison annule, et le coût du retour depuis l'Europe efface la marge d'une commande.
Le stock

Où se trouve la marchandise commande presque tout le reste.

La localisation du stock est la décision structurante d'un e-commerce de biens, davantage que le pays d'immatriculation. Trois configurations, trois conséquences.

Sans stock, en expédition directe depuis le fournisseur. C'est la configuration la plus favorable au regard du droit mauricien, puisqu'elle correspond mot pour mot à la définition de l'export de biens sans débarquement à Maurice. Elle suppose en revanche des contrats fournisseurs qui font de la société mauricienne l'acheteur, et non l'agent, et une gestion sérieuse de l'importateur déclaré dans le pays de destination.

Avec un stock à Maurice. La marchandise entre sur l'île, supporte les taxes à l'entrée, puis ressort. C'est le seul cas où le régime douanier du Freeport mérite d'être examiné, parce qu'il permet précisément d'entreposer, de dégrouper, de réétiqueter et de réexpédier sans acquitter la fiscalité d'entrée. Sa liste d'activités éligibles a été fortement réduite depuis 2018 et son exonération d'impôt a disparu : à lire dans notre page dédiée avant d'en faire un argument.

Avec un stock dans l'Union européenne. C'est la configuration la plus lourde, et la plus fréquente chez ceux qui utilisent la logistique d'une place de marché. Détenir du stock dans un Etat membre y crée une obligation d'immatriculation à la TVA, indépendamment de tout guichet unique. Cela pose de surcroît la question d'un établissement stable dans ce pays, avec les conséquences en impôt sur les sociétés que cela emporte, sujet que nous traitons dans notre guide sur la substance et l'établissement stable. Une société mauricienne qui stocke, expédie et service ses clients depuis l'Europe n'a plus grand-chose de mauricien aux yeux de l'administration du pays concerné.

L'encaissement

Comptes, plateformes et ce que la Bank of Mauritius encadre.

Commençons par ce qui n'est pas un obstacle. Maurice n'applique pas de contrôle des changes : le Foreign Exchange Control Act est suspendu depuis 1994, et aucune autorisation n'est requise pour rapatrier des bénéfices, des dividendes ou du capital. Une société mauricienne peut détenir des comptes en devises et encaisser en euros ou en dollars sans formalité de change.

Ce qui est encadré, ce sont les services de paiement. Le National Payment Systems Act 2018, proclamé le 31 janvier 2019, organise en sa partie III l'autorisation des opérateurs de systèmes de paiement et la licence des prestataires de services de paiement, délivrées par la banque centrale. La ligne de partage est simple à énoncer : un marchand qui encaisse le prix de ses propres ventes n'est pas prestataire de services de paiement ; celui qui encaisse pour le compte de tiers et reverse ensuite, cas typique d'une place de marché ou d'une cagnotte, exerce une activité qui appelle un examen avant lancement. La même loi impose par ailleurs aux acteurs licenciés le respect de la législation anti-blanchiment et la transparence des conditions vis-à-vis du consommateur.

Reste le sujet le plus concret, et le plus long : la banque. Un e-commerce cumule les signaux que les services de conformité examinent de près, à savoir des flux fractionnés, des contreparties nombreuses, des pays multiples et des plateformes intermédiaires. Trois conséquences pratiques. La passerelle de paiement doit être choisie avant l'ouverture du compte, parce que la banque veut savoir qui verse. Le contrat d'acceptation de cartes se négocie avec un établissement licencié à Maurice, ou se contourne par un prestataire étranger, ce qui déplace la discussion sans la supprimer. Et l'origine des fonds doit être documentée dès le premier virement. Notre page sur le compte bancaire professionnel à l'île Maurice détaille ce que les banques demandent réellement.

Les données

L'enregistrement au Data Protection Office est un préalable, pas une option.

C'est la formalité la plus souvent oubliée d'un projet de vente en ligne à Maurice, et elle n'a rien de facultatif. La section 14 du Data Protection Act 2017 interdit à quiconque d'agir comme responsable de traitement ou comme sous-traitant sans être enregistré auprès du Commissioner à la protection des données. Un site marchand collecte des noms, des adresses de livraison, des adresses électroniques, des historiques d'achat et souvent des données de navigation : il est responsable de traitement dès sa première commande, et parfois avant, dès la première inscription à une lettre d'information. Le certificat délivré est valable trois ans, et son renouvellement se demande dans les trois mois qui précèdent l'expiration.

Une seconde couche s'ajoute dès qu'il y a des clients européens. Le règlement général sur la protection des données s'applique par extraterritorialité au responsable de traitement établi hors de l'Union qui offre des biens ou des services à des personnes situées dans l'Union, et il impose alors la désignation d'un représentant dans l'Union. Maurice ne bénéficie par ailleurs d'aucune décision d'adéquation de la Commission européenne : les transferts de données depuis l'Union vers l'île supposent un encadrement contractuel adéquat. Le sujet est traité en détail dans notre guide sur le RGPD et l'externalisation à l'île Maurice, qui vaut aussi bien pour un fichier clients que pour une équipe support.

Trois obligations concrètes en découlent pour la mise en ligne : une politique de confidentialité qui identifie le responsable de traitement mauricien et son représentant européen, une gestion du consentement sur les traceurs, et un registre des traitements tenu à jour. Ce sont des livrables de lancement, pas des chantiers de deuxième année.

Le régime périmé

Le certificat e-commerce de l'EDB n'est plus ouvert.

Beaucoup de pages francophones vantent encore un régime d'exonération réservé au commerce en ligne mauricien. Il a existé, il est fermé, et la lecture du texte suffit à le montrer. L'item 49 de la sous-partie C de la partie II de la deuxième annexe de l'Income Tax Act exonère le revenu tiré de l'exploitation d'une plateforme de commerce électronique par une société constituée au plus tard le 30 juin 2025 et titulaire d'un certificat e-commerce délivré par l'Economic Development Board, pour cinq années successives, sous réserve de conditions de substance prescrites. Une société créée aujourd'hui ne remplit pas la première condition, et aucune diligence ne rattrape une date de constitution.

Ce qui reste ouvert relève d'une autre logique. L'Investment Certificate délivré par l'Economic Development Board ouvre une exonération de huit années aux sociétés constituées à compter du 1er juillet 2021, mais son éligibilité tient au secteur d'activité et à la nature de l'investissement, pas au canal de vente : vendre en ligne ne rend éligible à rien par soi-même. Quant au Freeport, son exonération d'impôt a pris fin au 30 juin 2021 et son intérêt est aujourd'hui strictement douanier.

Autrement dit, la fiscalité d'un e-commerce mauricien se résume aux règles générales : 15 % sur les services, 3 % sur la part attribuable à l'export de marchandises, contribution de responsabilité sociale de 2 % du résultat, dividende exonéré à la sortie. C'est déjà un cadre compétitif, et il présente l'avantage d'exister. Un business plan qui repose sur un régime fermé se casse au premier contrôle, alors que le même projet, correctement qualifié, tient sans artifice. Décrivez-nous vos flux : nous les qualifions ligne par ligne, du contrat fournisseur au guichet de TVA européen.

Questions fréquentes

Le e-commerce depuis Maurice, vos questions.

Une boutique en ligne mauricienne est-elle imposée à 3 % ou à 15 % ?

Cela dépend de ce qu'elle vend. L'article 44B de l'Income Tax Act applique le taux de 3 % à la part du bénéfice attribuable à l'exportation de biens, calculée par un prorata de chiffre d'affaires. Vendre des marchandises à des clients étrangers ouvre donc le taux réduit sur cette part. Vendre un abonnement, une formation, un logiciel, une prestation ou un produit numérique reste au taux de 15 %, parce que la définition légale de l'export de marchandises ne couvre pas les services. Une boutique mixte est imposée aux deux taux sur un seul résultat.

Le dropshipping entre-t-il dans la définition mauricienne de l'export de biens ?

Il peut y entrer. L'article 2 de l'Income Tax Act définit l'export de biens comme incluant l'achat et la vente internationale de marchandises par une entité en son propre nom, avec expédition directe du fournisseur du pays d'origine vers l'importateur final, sans que les biens soient physiquement débarqués à Maurice. C'est exactement la mécanique du dropshipping. La condition est dans les mots en son propre nom : celui qui n'achète jamais la marchandise et perçoit une commission d'apporteur rend un service, imposé à 15 %.

Faut-il facturer la TVA à des clients européens depuis Maurice ?

Pas de TVA mauricienne dans la plupart des cas, mais souvent de la TVA européenne. Les biens exportés sous contrôle douanier et les services rendus à une personne établie hors de Maurice sont à taux zéro au titre de la cinquième annexe du VAT Act. En face, l'Union européenne taxe à destination : une vente de biens importés fait naître une TVA à l'importation, et une vente de services ou de produits numériques à un consommateur européen est due dans son Etat membre, sans seuil pour un vendeur établi hors de l'Union.

Une société mauricienne qui vend en ligne doit-elle s'immatriculer à la TVA à Maurice ?

Pas au titre du régime numérique, et c'est une confusion fréquente. La section 15(2)(a)(iii) impose bien l'immatriculation sans seuil à qui fournit les services de la partie III de la dixième annexe, mais la définition légale des digital or electronic services, à la section 2 du VAT Act, ne vise que ceux fournis par un foreign supplier, c'est-à-dire un fournisseur sans établissement stable à Maurice. Ce régime a été conçu pour attraper les plateformes étrangères, pas les éditeurs locaux. Une société mauricienne relève donc du seuil général de 3 millions de roupies, et la section 15(3) la dispense même de s'immatriculer si toutes ses ventes sont à taux zéro.

Faut-il s'enregistrer auprès du Data Protection Office mauricien ?

Oui, et avant de traiter la moindre donnée. La section 14 du Data Protection Act 2017 interdit d'agir comme responsable de traitement ou comme sous-traitant sans être enregistré auprès du Commissioner. Un site marchand collecte des noms, des adresses, des historiques d'achat : il est responsable de traitement par construction. Le certificat est valable trois ans et se renouvelle dans les trois mois qui précèdent son expiration. C'est une des rares formalités mauriciennes réellement bloquantes pour un e-commerçant, et une des plus oubliées.

Le régime fiscal e-commerce de l'EDB existe-t-il encore ?

Plus pour une société nouvelle. La deuxième annexe de l'Income Tax Act réserve l'exonération de cinq ans attachée au certificat e-commerce de l'Economic Development Board aux sociétés constituées au plus tard le 30 juin 2025, et la subordonne à des conditions de substance. Les pages qui présentent encore ce régime comme une raison de créer aujourd'hui une société de e-commerce à Maurice décrivent une porte fermée. Le dispositif encore ouvert est l'Investment Certificate, dont l'éligibilité dépend du secteur et non du canal de vente.

Faut-il une licence pour encaisser les paiements de ses clients ?

Pas pour encaisser ses propres ventes. Un marchand qui vend pour son compte n'est pas un prestataire de services de paiement : il lui faut un compte bancaire professionnel et un contrat d'acceptation avec un établissement licencié. La question change quand vous encaissez pour le compte de tiers, cas d'une place de marché qui reverse à des vendeurs : la partie III du National Payment Systems Act 2018 soumet alors l'activité à autorisation ou à licence de la Bank of Mauritius. Cela se tranche avant le lancement.

Premier échange sans engagement

Votre modèle de vente en ligne, qualifié avant le lancement.

Premier échange offert, suivi d'une note écrite sur votre situation. Nous qualifions vos flux au regard des textes mauriciens et européens, sans engagement.

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