La société domestique à l'île Maurice, la structure de droit commun.
La société domestique à l'île Maurice est la société ordinaire du Companies Act 2001, celle que le droit mauricien prévoit par défaut, sans licence particulière. Son nom induit en erreur : « domestique » ne veut pas dire petite. C'est la bonne structure de la plupart des projets réels, du commerce de Grand Baie au consultant installé sur l'île qui facture le monde entier.
Une domestic company est la société de droit commun, pas une petite société.
Le droit mauricien des sociétés tient dans un texte principal, le Companies Act 2001. La société qu'il organise par défaut, sans licence ni autorisation particulière, est la domestic company, la société domestique. C'est elle que vise le Registrar of Companies quand il parle d'une société « dont l'activité principale est conduite à Maurice » (définition du portail officiel companies.govmu.org, consulté en août 2026). Dans l'immense majorité des cas, elle prend la forme d'une private limited company, l'équivalent fonctionnel d'une SARL ou d'une SAS française : responsabilité limitée aux apports, parts non offertes au public, gouvernance légère.
La confusion vient du vocabulaire. Face à elle existent deux véhicules définis par la Financial Services Act et placés sous licence de la Financial Services Commission : la Global Business Company (GBC) et l'Authorised Company (AC). Par contraste, tout ce qui n'est ni l'une ni l'autre est dit « domestique ». Le mot décrit un régime juridique, pas une envergure. Une société domestique peut employer cinquante personnes, détenir des filiales, importer, exporter et facturer des clients sur trois continents. A l'inverse, une GBC peut n'être qu'une coquille de détention. « Domestique = petit » est simplement faux.
Autre appellation croisée en ligne : l'« entreprise locale ». Même réalité, même sous-entendu trompeur. La société domestique n'est pas le lot de consolation de ceux qui n'auraient pas les moyens d'une structure « internationale » : c'est la forme normale, la moins chère en frais officiels et souvent la plus solide fiscalement, parce qu'elle est résidente fiscale mauricienne de plein droit.
Pour qui la société domestique est le bon choix.
Premier cas, le plus évident : l'activité se déroule à Maurice. Commerce, restauration, construction, services aux entreprises ou aux particuliers de l'île, location, agence, atelier. Dès que les clients, les locaux ou les équipes sont sur place, la question ne se pose pas : c'est une société domestique, quelle que soit la nationalité des actionnaires.
Deuxième cas, moins connu : le résident de Maurice qui sert des clients étrangers depuis l'île. Un développeur, un consultant, un architecte ou une agence installés à Maurice et qui travaillent pour des clients français ou européens conduisent leur activité à Maurice : le travail est exécuté sur l'île, la société y est dirigée, elle exporte des services. Ce profil, celui de beaucoup d'indépendants qui s'installent avec un Occupation Permit, relève de la société domestique, avec au passage un régime de TVA favorable sur les services exportés. C'est le montage le plus simple et le plus lisible pour un dirigeant qui vit réellement à Maurice.
Troisième cas : la société détenue majoritairement par des citoyens mauriciens, quel que soit son terrain de jeu. Les régimes GBC et AC ne concernent que les structures à majorité non-citoyenne ; une société à majorité mauricienne reste domestique même si ses clients sont ailleurs.
D'où la ligne de partage, qui sépare la société domestique des véhicules sous licence. La Financial Services Act soumet à la Global Business Licence la société résidente qui cumule deux conditions : une majorité du capital détenue par des non-citoyens, et une activité conduite principalement hors de Maurice. S'y ajoute une direction effective située hors de Maurice, et l'on bascule vers l'Authorised Company. Les cas limites, quand l'activité se partage entre l'île et l'étranger, se vérifient au cas par cas ; mieux vaut les trancher avant l'immatriculation qu'après un courrier de la FSC.
Créer une société domestique à l'île Maurice, pas à pas.
Créer une société locale à Maurice est une procédure entièrement dématérialisée, auprès du Registrar of Companies (au sein du Corporate and Business Registration Department, CBRD), via la plateforme en ligne CBRIS. Le déroulé, vérifié sur companies.govmu.org en août 2026 :
- Vérifier et, au besoin, réserver le nom. Le Registrar refuse tout nom identique à un nom existant ; la réservation préalable est facultative mais évite un rejet de dossier.
- Réunir les consentements et les pièces. Formulaire de demande d'incorporation (F1), consentement de chaque administrateur (F7) et de chaque actionnaire (F9), consentement du secrétaire s'il y en a un (F8), justificatif d'adresse de l'administrateur résident, passeport pour les non-citoyens. Les statuts sur mesure (constitution) sont facultatifs : à défaut, le régime supplétif du Companies Act s'applique.
- Déposer le dossier sur CBRIS, après création d'un compte auprès de Mauritius Network Services.
- Recevoir le certificat d'incorporation électronique, accompagné de la Business Registration Card portant le BRN (Business Registration Number), l'identifiant unique de la société pour toutes les administrations.
- Enchaîner sur l'opérationnel. L'enregistrement comme employeur auprès de la MRA est automatique, l'assujettissement à la TVA se déclare dans la foulée le cas échéant, et l'ouverture du compte bancaire peut commencer.
Côté délais, le traitement du Registrar est rapide : quelques heures à deux jours ouvrés pour un dossier complet, la Chambre de commerce mauricienne annonçant même une émission dans la demi-journée pour les cas simples (consulté en août 2026). Comptez deux à trois jours ouvrés de bout en bout. Le chemin critique d'une création réelle est ailleurs : dans le KYC bancaire, qui se compte en semaines.
Côté frais officiels, la société domestique est la structure la plus économique du droit mauricien. L'immatriculation elle-même est peu coûteuse, et la vie de la société n'appelle qu'une registration fee annuelle due au Registrar, dont le barème, fixé par la Twelfth Schedule du Companies Act, progresse par tranches de chiffre d'affaires et est majoré en cas de paiement tardif. Aucun intermédiaire agréé n'est imposé, contrairement aux véhicules sous licence FSC, et aucun capital minimum n'est exigé : une action suffit. Les barèmes bougent d'une année sur l'autre, ce qui explique le nombre de montants périmés en circulation en ligne : nous vérifions celui en vigueur au moment de votre dossier. Pour comprendre ce qui compose réellement le budget d'une société mauricienne, et ce qui le fait varier d'un dossier à l'autre, voyez notre analyse du coût de création d'une société à Maurice.
Un administrateur résident obligatoire, un secrétaire selon la taille.
La règle la plus structurante est celle de l'article 132 du Companies Act 2001, dans sa version consolidée (consultée en août 2026) : toute société doit avoir au moins un administrateur ordinairement résident à Maurice, nécessairement une personne physique (article 133). Ce n'est pas une exigence réservée aux GBC : elle vaut pour la société domestique aussi, et elle est bloquante dès l'immatriculation. Le dirigeant installé sur l'île coche la case lui-même ; celui qui crée depuis l'étranger doit désigner un résident, ce qui se fait, mais engage la responsabilité de l'intéressé et mérite un cadre écrit.
Côté actionnariat, un seul actionnaire suffit, personne physique ou morale, mauricienne ou étrangère, dans les limites vues plus haut sur le déclenchement des régimes GBC et AC.
Le secrétaire de société n'est pas toujours requis, et c'est une vraie économie de structure. L'article 163 impose un secrétaire résident à toute société, sauf deux exceptions : l'Authorised Company et la small private company, définie à l'article 2 comme la société privée dont le chiffre d'affaires du dernier exercice est inférieur à Rs 100 millions (seuil relevé de 50 à 100 millions en août 2022), hors GBC et entités d'intérêt public. Une société nouvellement constituée bénéficie automatiquement de ce statut pour son premier exercice. La plupart des sociétés domestiques de dirigeants indépendants démarrent donc sans secrétaire statutaire obligatoire.
Reste le siège social : obligatoire en permanence à Maurice dès l'immatriculation, c'est l'adresse où arrivent les courriers du Registrar et de la MRA et où se gardent les registres légaux. Le sujet, ses pièges et le bon niveau de service sont détaillés dans notre page sur la domiciliation de société à l'île Maurice.
15 % d'impôt, des dividendes exonérés, l'accès aux conventions.
La société domestique est résidente fiscale mauricienne de plein droit : constituée à Maurice, dirigée depuis Maurice, elle y paie l'impôt sur ses bénéfices mondiaux au taux de 15 % (un taux réduit de 3 % existe pour l'exportation de biens ; état du droit en août 2026). Maurice n'impose pas les plus-values en capital, et les sociétés résidentes contribuent par ailleurs au titre de la CSR, à hauteur de 2 % du bénéfice imposable.
Le point fort du régime est la distribution : les dividendes versés par une société résidente sont exonérés d'impôt mauricien entre les mains de l'actionnaire, sans retenue à la source. Un bénéfice taxé à 15 % peut donc être distribué sans second étage d'imposition à Maurice. Nuance récente pour les très hauts revenus : la loi de finances mauricienne de 2025 avait fait entrer les dividendes dans l'assiette d'une contribution spécifique, que le budget 2026-2027 prévoit de remplacer par une tranche d'imposition dédiée ; au-delà de quelques millions de roupies de revenus annuels, le traitement exact mérite d'être confirmé sur votre cas.
La résidence fiscale ouvre enfin l'accès au réseau de conventions fiscales de Maurice, sur présentation d'un Tax Residence Certificate délivré par la MRA. Pour un entrepreneur français, cela inclut la convention de 1980 avec la France et son mécanisme favorable sur les dividendes de source mauricienne, détaillé dans notre guide de la convention fiscale France-Maurice. Deux conditions à ne jamais perdre de vue : une direction effective réellement située à Maurice, et une substance cohérente avec l'activité. Une société domestique pilotée en réalité depuis la France s'expose à être imposée en France, convention ou pas.
Ce qui rythme l'année d'une société domestique.
Une société domestique vit entre deux administrations : le Registrar of Companies pour la vie sociale, la MRA pour l'impôt. L'année type comprend l'assemblée annuelle dans les six mois de la clôture, l'annual return déposé au Registrar dans les 28 jours de cette assemblée, le dépôt des états financiers, le paiement du frais annuel d'enregistrement, la déclaration d'impôt sur les sociétés et, le cas échéant, les déclarations de TVA (l'immatriculation est obligatoire au-delà de Rs 3 millions de chiffre d'affaires taxable depuis le 1er octobre 2025) et les obligations d'employeur.
Le régime s'allège nettement sous les seuils : la small private company est dispensée d'audit et de normes IFRS, peut déposer un simple résumé financier, et n'a pas à produire d'annual return tant que ni son actionnariat, ni son conseil, ni ses autres mentions n'ont changé. Le détail, articles et calendrier à l'appui, est dans notre page sur les obligations comptables d'une société mauricienne.
Société domestique, GBC ou Authorised Company.
Le choix entre les trois formes se ramène à deux questions : où l'activité est-elle réellement conduite, et où vit celui qui dirige. Le tableau fixe les ordres de grandeur ; chaque véhicule a sa page dédiée. Le paysage mauricien ne s'arrête d'ailleurs pas à ces trois formes : l'exercice en nom propre, les sociétés de personnes, la société civile et la holding répondent à d'autres besoins. L'ensemble est arbitré dans choisir la structure de sa société.
| Critère | Société domestique | GBC | Authorised Company |
|---|---|---|---|
| Résidence fiscale à Maurice | Oui | Oui | Non |
| Accès aux conventions fiscales | Oui, avec certificat de résidence | Oui, substance exigée | Non |
| Impôt mauricien | 15 % | 15 %, exonération partielle de 80 % sur certains revenus | Revenus de source mauricienne seulement |
| Actionnariat | Ouvert, 100 % étranger possible | Majorité de non-citoyens | Majorité de non-citoyens |
| Lieu de l'activité | A Maurice ou depuis Maurice | Principalement hors de Maurice | Hors de Maurice, direction comprise |
| Encadrement | Registrar of Companies seul | Licence FSC, management company, administrateurs résidents | Autorisation FSC, registered agent |
| Frais officiels annuels | Les plus légers : registration fee au Registrar | Les plus lourds : redevance annuelle FSC | Intermédiaires : redevance annuelle FSC |
En pratique : l'activité est sur l'île ou vous y vivez, la société domestique s'impose presque toujours. L'activité et la direction sont à l'étranger avec un actionnariat non-citoyen, le comparatif se joue entre la GBC et l'Authorised Company, et il se joue surtout sur la fiscalité du pays où vous vivez. Changer de forme en cours de route est possible, mais coûteux en temps et en dossiers : la structure se choisit avant l'immatriculation, pas après.
Une structure choisie sur pièces, pas sur plaquette.
Chez Basalte, cabinet franco-mauricien installé à Grand Baie, la création d'une société domestique n'est pas une fin en soi : c'est le premier acte d'une gestion qui dure. Nous vérifions d'abord que la forme est la bonne au regard de votre situation, des deux côtés, mauricien et français, puis nous menons immatriculation, domiciliation, ouverture bancaire et mise en place comptable comme un seul chantier, tenu par l'équipe qui suivra le dossier ensuite. Pour les actes réglementés, nous coordonnons des partenaires agréés, périmètre écrit noir sur blanc.
Si vous hésitez entre domestique, GBC et Authorised Company, c'est précisément la question du premier échange. Parlez-nous de votre projet : la conversation est offerte, et vous recevez une note écrite sur votre situation avant tout engagement.
La société domestique, vos questions.
Qu'est-ce qu'une domestic company à l'île Maurice ?
C'est la société de droit commun, constituée sous le Companies Act 2001 et dont l'activité principale est conduite à Maurice. Elle s'oppose aux véhicules sous licence de la Financial Services Commission, la GBC et l'Authorised Company, réservés aux structures détenues majoritairement par des non-citoyens et tournées principalement vers l'étranger. « Domestique » désigne donc un régime juridique, pas une taille : une domestic company peut employer, investir et exporter sans plafond.
Faut-il un administrateur résident à Maurice ?
Oui. L'article 132 du Companies Act 2001 impose à toute société au moins un administrateur, personne physique, ordinairement résident à Maurice. Ce n'est pas une option : sans administrateur résident, la société n'est pas immatriculable. Le dirigeant qui s'installe sur l'île remplit lui-même cette condition ; à défaut, il faut désigner un résident de confiance, avec les précautions que cela suppose.
Quel est le capital minimum d'une société domestique ?
Il n'y en a pas. Le Companies Act 2001 n'exige aucun capital minimum : une société domestique peut se constituer avec une seule action, et les actions peuvent être émises sans valeur nominale. Le bon niveau de capital se raisonne autrement, par les besoins réels de l'activité et la crédibilité du dossier bancaire.
Un étranger peut-il détenir 100 % d'une société domestique ?
Oui, la détention étrangère à 100 % est permise et courante. Deux nuances. Si la majorité du capital est détenue par des non-citoyens et que l'activité est conduite principalement hors de Maurice, la loi bascule la structure vers une Global Business Licence ou une Authorised Company. Et travailler soi-même dans sa société depuis Maurice suppose un permis adapté, Occupation Permit le plus souvent.
Combien de temps prend la création d'une société domestique ?
Le dépôt se fait en ligne sur la plateforme CBRIS du Registrar of Companies. Un dossier complet, consentements signés et pièces d'identité à l'appui, est traité en quelques heures à deux jours ouvrés ; comptez deux à trois jours ouvrés de bout en bout avec la réservation du nom. La vraie file d'attente est ailleurs : l'ouverture du compte bancaire et son KYC se comptent en semaines.
La suite, naturellement.
Créer & gérer sa société
Le guide de référence, de l'immatriculation à la gestion courante.
Découvrir →La GBC à l'île Maurice
La société résidente sous licence FSC, pour les activités tournées vers l'étranger.
Découvrir →Comptabilité à l'île Maurice
La tenue comptable qui fait vivre la société, au même endroit.
Découvrir →Votre projet mérite la bonne structure, pas la plus vendue.
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