Guide · société

Les licences et autorisations sectorielles à l'île Maurice, secteur par secteur.

A Maurice, la très grande majorité des activités se lancent sans autorisation préalable : on immatricule, on ouvre, on paie la redevance de commerce classé. Mais une dizaine de secteurs échappent à cette règle et exigent une licence délivrée par un régulateur dédié, souvent avant toute exploitation, parfois avant même l'immatriculation. Cette page dresse la carte de ces autorisations, nomme l'autorité compétente pour chacune, indique ce qui déclenche l'obligation et donne l'ordre réel dans lequel les démarches s'enchaînent.

Le principe

Trois étages, et un seul concerne les secteurs réglementés.

Le droit mauricien des affaires s'organise en trois étages qu'il faut distinguer avant toute chose, parce que les confondre est la cause de presque tous les retards de dossier.

Le premier étage est la société. Elle se constitue auprès du Registrar of Companies, sans autorisation préalable et sans examen d'opportunité. Le second est le local et l'activité, du ressort de la collectivité locale : Building and Land Use Permit et redevance de commerce classé, traités dans notre page sur la trade licence à l'île Maurice. Ces deux étages concernent tout le monde.

Le troisième étage ne concerne qu'une minorité : la licence sectorielle, délivrée par un régulateur spécialisé sur le fondement d'un texte propre. C'est le seul étage où l'administration exerce un vrai pouvoir d'appréciation, où le dossier peut être refusé, et où le calendrier échappe au demandeur.

Rappelons pourquoi cette architecture surprend les dirigeants français. La réforme de facilitation des affaires de 2006 a supprimé les licences de commerce générales : depuis, l'autorisation préalable est l'exception, non la règle. L'erreur symétrique est tout aussi courante : croire que Maurice ne réglemente rien. Les secteurs listés ci-dessous sont, eux, encadrés avec une rigueur qui n'a rien à envier à l'Europe, et souvent avec des sanctions pénales là où la France se contenterait d'une amende administrative.

La carte

Le tableau maître des autorisations par secteur.

Une colonne mérite une lecture attentive : le moment de la démarche par rapport à l'immatriculation de la société. C'est là que se jouent les mois perdus.

SecteurAutorité compétenteTexte de référenceFait générateurMoment
Services financiers et global businessFinancial Services CommissionFinancial Services Act 2007Exercer une activité financière non bancaire, y compris la détention d'une Global Business LicenceAprès constitution, avant toute activité
Banque, change, systèmes de paiementBank of MauritiusBanking Act 2004, National Payment Systems ActRecevoir des dépôts, changer des devises, opérer un système de paiementAprès constitution, avant toute activité
Actifs virtuels et jetonsFinancial Services CommissionVirtual Asset and Initial Token Offering Services Act 2021Fournir un service sur actifs virtuels, ou solliciter des investisseurs à MauriceAprès constitution, avant toute sollicitation
Hébergement touristiqueTourism AuthorityTourism Authority Act 2006, art. 25AExploiter un hôtel, une pension, une résidence touristique, un hébergement de plein airAvant ouverture
Restauration, bar, discothèqueTourism AuthorityTourism Authority Act 2006, art. 26Exploiter un établissement du First Schedule, restaurant et table d'hôte comprisAvant ouverture
AlcoolMauritius Revenue AuthorityExcise Act 1994, partie IIIVendre en gros ou au détail bière, rhum, spiritueux et boissons alcooliséesAvant ouverture, après avis de la police
Jeux et parisGambling Regulatory AuthorityGambling Regulatory Authority ActExploiter un jeu, un pari, ou un service de jeu interactifSociété mauricienne exigée pour le jeu interactif
Santé privéeMinistère de la santé, Permanent SecretaryPrivate Health Institutions ActCréer, développer, exploiter ou étendre un établissement de santé privéAccord de principe possible en amont
Enseignement secondaire privéPrivate Secondary Education AuthorityPrivate Secondary Education Authority Act 2016Ouvrir ou exploiter un établissement secondaire privéAvant toute rentrée
Enseignement supérieurHigher Education CommissionHigher Education ActDispenser une formation conférant un diplôme d'enseignement supérieurAvant toute rentrée
ConstructionConstruction Industry AuthorityConstruction Industry Authority Act 2023, art. 19Réaliser des travaux ou fournir des prestations d'ingénierie et d'architectureAvant tout chantier ou appel d'offres
Transport de personnes et de marchandisesNational Land Transport Authority, Licensing BoardNational Land Transport Authority Act 2019, Road Traffic ActTransporter des personnes ou des marchandises contre rémunérationAvant exploitation
Télécommunications et services ICTInformation and Communication Technologies AuthorityInformation and Communication Technologies Act 2001, art. 24Fournir un service de communication ou exploiter un réseauAvant exploitation
Données personnellesData Protection Office, CommissionerData Protection Act 2017, art. 14Agir comme responsable de traitement ou comme sous-traitantAvant tout traitement
Permis de résidence et d'occupationEconomic Development BoardEconomic Development Board Act 2017Diriger, investir ou travailler à Maurice en qualité de non-citoyenEn parallèle, canal NELS obligatoire
L'ordre

Dans quel ordre s'enchaînent réellement les démarches.

L'ordre théorique et l'ordre efficace ne coïncident pas. Voici celui que nous appliquons.

  1. Qualifier l'activité avant toute chose. La question n'est pas « quelle société créer » mais « quel régulateur me regarde ». Un projet de conseil en investissement et un projet de conseil en organisation portent le même intitulé commercial et ne relèvent pas du même monde : le premier passe par la Financial Services Commission, le second par personne.
  2. Constituer la société. Presque tous les régulateurs exigent un demandeur constitué, ou au moins en cours de constitution. Le choix de la forme se fait en fonction de la licence visée, et non l'inverse : certains agréments imposent une catégorie précise, ce que nous détaillons dans choisir la structure de sa société.
  3. Déposer la demande de licence. C'est le chemin critique. Le régulateur peut demander des compléments, exiger des dirigeants supplémentaires, imposer une substance locale ou refuser.
  4. Traiter le local en parallèle, et non après. Le Building and Land Use Permit et la redevance de commerce classé sont indépendants de la licence sectorielle, et ils se plantent pour d'autres raisons. Les mener en parallèle fait gagner des semaines.
  5. Déposer les demandes de permis de résidence, si des non-citoyens dirigent ou travaillent dans la structure. Elles passent obligatoirement par le National Electronic Licensing System de l'Economic Development Board et ne dépendent pas de la licence sectorielle, sauf lorsque celle-ci conditionne la réalité de l'activité déclarée.
  6. Ouvrir le compte bancaire. Les banques mauriciennes demandent la licence quand elle existe : ouvrir avant de l'avoir obtenue expose à un refus ou à un compte bloqué.
Finance

La Financial Services Commission, et ce qui lui échappe.

La Financial Services Commission est le régulateur des services financiers non bancaires, sur le fondement du Financial Services Act 2007. Son périmètre couvre les sociétés de gestion, les intermédiaires en investissement, les conseillers en investissement, l'assurance, les fonds, ainsi que les véhicules de global business : c'est elle qui délivre la Global Business Licence de la GBC et l'autorisation de l'Authorised Company.

Deux évolutions récentes méritent d'être connues. Le Virtual Asset and Initial Token Offering Services Act 2021 place les prestataires sur actifs virtuels sous licence de la Commission, et l'Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Act 2026 y a ajouté, en août 2026, une interdiction expresse de solliciter ou de démarcher des investisseurs à Maurice sans être licencié ou enregistré. La formule vise directement les acteurs offshore qui prospectaient sans agrément local. Le même texte a créé un National Fintech Governance Committee au sein du Financial Services Act, signe que le secteur va continuer de bouger.

Ce qui échappe à la Commission relève de la Bank of Mauritius : recevoir des dépôts du public, exercer comme changeur de devises, opérer un système de paiement. La frontière est nette dans les textes, floue dans les projets réels, notamment en fintech où un même produit peut relever des deux. Elle se tranche avant, sur avis, jamais après le lancement.

Tourisme et alcool

La licence d'entreprise touristique, et le piège de la reprise.

Le Tourism Authority Act 2006 est le texte le plus mal compris du paysage. Son First Schedule liste les entreprises touristiques, et ce périmètre est bien plus large que l'hôtellerie. La partie A, consacrée aux établissements, distingue l'hébergement touristique (pension, hôtel, résidence touristique, auquel s'ajoute depuis août 2026 l'hébergement de plein air : resort de plein air, parc de caravanes, écolodge) et les lieux où sont servis nourriture, boissons et animations : discothèque, club privé, pub, table d'hôte et restaurant, décliné en quatre lignes selon qu'il sert ou non de l'alcool et propose ou non une animation. La partie B liste les activités : plongée, sortie en mer, location de véhicules, agence de voyages, tour-opérateur, guide, karting, golf, spa d'hôtel.

Exploiter l'un de ces établissements ou activités sans tourist enterprise licence est une infraction (article 26). Trois obligations suivent la licence et sont régulièrement ignorées : l'afficher bien en vue dans les locaux fixes, ou la produire sur demande hors les murs (articles 31 et 31A) ; tenir un registre écrit de chaque transaction, en anglais ou en français, et le conserver au moins cinq ans (article 33) ; et, surtout, ne jamais la céder ni la transférer sans l'autorisation écrite de la Tourism Authority (article 34).

Ce dernier point est décisif à la reprise. Racheter les parts d'une société titulaire ne pose pas le même problème que racheter le fonds : dans le second cas, la licence ne suit pas toute seule. C'est un des points que nous traitons dans notre guide sur la reprise d'un restaurant à l'île Maurice, et l'un des premiers à vérifier lors d'une due diligence.

L'alcool relève d'une autorité distincte, et c'est une surprise pour beaucoup : ce n'est ni la mairie ni la Tourism Authority, mais la Mauritius Revenue Authority, sur le fondement de la partie III du Excise Act 1994 et des Excise Regulations 1994. La demande se fait dans la forme prescrite, l'autorité statue après consultation du Commissioner of Police, et un comité de licence présidé par le directeur général de la MRA fixe la doctrine. Le renouvellement se fait en ligne. Une licence occasionnelle existe pour les événements, limitée à quelques heures.

Santé, éducation, construction, transport

Les autorisations préalables lourdes.

Ces quatre familles partagent un trait : l'autorisation conditionne l'investissement, et l'obtenir après avoir engagé les travaux revient à parier. Le praticien qui vient exercer seul se heurte au même préalable, sous une autre forme, celle de l'inscription auprès de son conseil professionnel : notre page sur la profession libérale française qui s'installe à Maurice en donne l'enchaînement.

Santé. Le Private Health Institutions Act soumet à licence la création, le développement, l'exploitation et l'extension d'un établissement de santé privé, sur demande adressée au Permanent Secretary du ministère de la santé. L'Act n° 13 de 2026 y a introduit, en août 2026, une nouveauté qui change la conduite des dossiers : une demande d'accord de principe préalable, adressée avant la demande de licence, avec plans, études de faisabilité et informations préliminaires. Autrement dit, il devient possible de faire valider l'économie du projet avant d'immobiliser des fonds. Peu de conseils en ont encore tiré les conséquences.

Education. Le secondaire privé relève de la Private Secondary Education Authority, créée par sa loi propre de 2016. L'enseignement supérieur relève de la Higher Education Commission, sous le Higher Education Act, dont l'Act n° 13 de 2026 a redéfini les notions d'équivalence et d'enseignement supérieur en les alignant sur le cadre national de certification et la classification internationale de l'UNESCO. Un projet d'école ou de campus se cale sur l'année scolaire : le calendrier réglementaire n'est pas négociable.

Construction. Attention, l'information la plus répandue en français est périmée. Le Construction Industry Development Board n'existe plus : le Construction Industry Authority Act 2023 l'a remplacé par la Construction Industry Authority, opérationnelle depuis juin 2024, née de la fusion avec le Building Control Advisory Council. Son article 19 est sans ambiguïté : aucun entrepreneur local ne peut réaliser des travaux de construction à Maurice sans être enregistré et sans que, le cas échéant, un Building and Land Use Permit valide couvre ces travaux. Les prestataires de conseil, ingénierie et architecture sont soumis au même enregistrement. Une exemption existe pour les micro-entrepreneurs en dessous d'un seuil de valeur par contrat.

Transport. Le transport de personnes et de marchandises contre rémunération relève du Licensing Board de la National Land Transport Authority, sous le National Land Transport Authority Act 2019 et le Road Traffic Act. L'Act n° 13 de 2026 a recomposé ce Licensing Board, désormais présidé et vice-présidé par des avocats justifiant d'au moins cinq années de barreau, entourés de cinq membres qualifiés en transport. Une gouvernance juridictionnalisée annonce une instruction plus formelle, donc plus longue.

Numérique et données

L'ICTA, et l'enregistrement que tout le monde oublie.

L'Information and Communication Technologies Authority régule le secteur sur le fondement du Information and Communication Technologies Act 2001. L'article 24 est rédigé très largement : il vise tout service faisant appel aux technologies de l'information et de la communication, télécommunications comprises, et l'exploitation sans licence est une infraction. Les catégories effectivement délivrées, définies par les Information and Communication Technologies (Licensing and Fees) Regulations 2003, sont beaucoup plus étroites : opérateurs de réseau, fournisseurs d'accès, services à valeur ajoutée, opérateurs internationaux.

D'où une réponse nette pour la plupart de nos clients : une société de développement logiciel, une agence web, un studio de design ou un éditeur de logiciel vendu en licence n'entrent dans aucune catégorie de licence ICTA. Le bon test n'est pas « je fais du numérique » mais « j'exploite un réseau ou je fournis à des tiers un service de communication ». Messagerie de masse, voix sur IP, revente d'accès, hébergement commercialisé comme service de communication : vérifiez. Prestation de projet : non.

La protection des données est un tout autre sujet, et c'est celui qui expose le plus grand nombre d'entreprises. L'article 14 du Data Protection Act 2017 interdit d'agir comme responsable de traitement ou comme sous-traitant sans être enregistré auprès du Commissioner. Ce n'est pas une déclaration facultative, ce n'est pas réservé aux grandes structures, et cela s'applique à toute société qui traite des données de clients, de salariés ou de prospects, donc à la quasi-totalité d'entre elles. Le certificat est valable trois ans et se renouvelle dans les trois mois précédant l'expiration ; à défaut, l'inscription est radiée. Le manquement est une infraction pénale. Pour les structures qui traitent des données venues d'Europe, la question se double de celle du transfert international, traitée dans notre page sur le RGPD et l'externalisation à l'île Maurice.

Les délais

Ce qu'il faut anticiper, et le silence qui vaut acceptation.

Une règle empirique d'abord : ce qui relève de la collectivité locale se compte en jours ouvrables, ce qui relève d'un régulateur sectoriel se compte en semaines ou en mois. Le Local Government Act 2011 enferme la collectivité dans des délais brefs et va jusqu'à réputer un permis accordé passé un certain silence. Aucun des régulateurs sectoriels ne fonctionne ainsi : le silence d'une commission n'y vaut jamais acceptation, et l'instruction reprend à zéro à chaque pièce manquante.

Le National Electronic Licensing System, porté par l'Economic Development Board, est réel et fonctionne. Il est le canal obligatoire des demandes de permis d'occupation et de résidence, et il absorbe progressivement d'autres autorisations, comme le permis de morcellement. Mais parler d'un guichet unique achevé serait inexact en 2026 : la Financial Services Commission, la Tourism Authority, la Mauritius Revenue Authority, la Construction Industry Authority et les collectivités locales conservent chacune leur circuit et leurs formulaires. Un dossier réel se pilote sur plusieurs canaux à la fois.

Notez enfin que le paysage bouge vite. L'Act n° 13 de 2026, promulgué le 12 août 2026, a modifié en une seule fois le Financial Services Act, le Tourism Authority Act, le Private Health Institutions Act, le Higher Education Act, le National Land Transport Authority Act 2019 et le Virtual Asset and Initial Token Offering Services Act 2021, et la Finance Act 2026 a refondu les licences de jeu interactif. Les guides publiés en français sur ces sujets ont, pour la plupart, plusieurs réformes de retard.

Notre approche

Qualifier l'activité avant de constituer quoi que ce soit.

Chez Basalte, cabinet franco-mauricien installé à Grand Baie, la première séance de travail sur un projet réglementé ne porte jamais sur la forme sociale. Elle porte sur une seule question : quel régulateur va vous regarder, et sur quel fondement. La réponse commande tout le reste, la structure, le capital, les dirigeants, le calendrier, et jusqu'à la banque qui acceptera d'ouvrir le compte.

Nous cartographions ensuite les obligations qui se cumulent, parce qu'elles se cumulent presque toujours : une licence sectorielle ne dispense jamais du permis du local ni de la redevance de commerce classé, et l'enregistrement au Data Protection Office s'ajoute à tout le reste. Pour les demandes qui relèvent d'un intermédiaire agréé, nous coordonnons des partenaires licenciés, périmètre écrit noir sur blanc, et nous tenons le calendrier d'ensemble. Le fil conducteur de la vie d'une société mauricienne est repris dans notre guide créer et gérer sa société.

Parlez-nous de votre projet : le premier échange est offert, et vous recevez une note écrite sur votre situation avant tout engagement.

Questions fréquentes

Les licences sectorielles, vos questions.

Mon activité a-t-elle besoin d'une licence à Maurice ?

Dans la plupart des cas, non. La règle mauricienne depuis la réforme de facilitation de 2006 est l'absence d'autorisation préalable : on immatricule la société, on paie la redevance de commerce classé et on ouvre. Les exceptions sont limitées mais nettes : services financiers, tourisme et restauration, alcool, jeux, santé, éducation, construction, transport, télécommunications, et quelques activités techniques. Le test utile n'est pas la taille de l'entreprise mais la nature de l'activité et le public qu'elle sert.

Faut-il obtenir la licence avant ou après avoir créé la société ?

Presque toujours après, parce que la plupart des régulateurs exigent un demandeur constitué. La Financial Services Commission instruit une demande présentée par une société existante ou en cours de constitution, et la Finance Act 2026 réserve désormais les licences de jeu interactif aux sociétés constituées à Maurice. L'exception tient aux activités où le régulateur se prononce sur un projet avant l'investissement : le Private Health Institutions Act permet depuis août 2026 une demande d'accord de principe préalable, déposée avant la demande de licence elle-même.

Un restaurant relève-t-il de la Tourism Authority ou de la collectivité locale ?

Des deux, et cette confusion coûte cher. Le restaurant figure au First Schedule du Tourism Authority Act 2006 parmi les entreprises touristiques : il lui faut une tourist enterprise licence délivrée par la Tourism Authority en application de l'article 26. Il lui faut par ailleurs, comme tout commerce classé, le Building and Land Use Permit de la collectivité locale et le paiement de la redevance annuelle. Et s'il sert de l'alcool, une licence de la Mauritius Revenue Authority sous le Excise Act 1994. Trois autorités, trois procédures.

Une licence sectorielle se transmet-elle avec le fonds de commerce ?

Pas automatiquement, et c'est le piège le plus fréquent des reprises. L'article 34 du Tourism Authority Act 2006 interdit de céder ou de transférer une tourist enterprise licence sans l'autorisation écrite de la Tourism Authority, et le manquement est sanctionné. La même logique vaut chez les autres régulateurs : une licence est personnelle au titulaire et attachée à des locaux. Une reprise se structure donc autour du transfert d'autorisation, pas l'inverse.

Une société de développement logiciel a-t-elle besoin d'une licence ICTA ?

En pratique, non, mais le texte est plus large que l'usage. L'article 24 du Information and Communication Technologies Act 2001 soumet à licence tout service faisant appel aux technologies de l'information et de la communication, formule très englobante. Les catégories réellement délivrées par l'ICT Authority visent les opérateurs de réseau, les fournisseurs d'accès et les services à valeur ajoutée. Le bon test : exploitez-vous un réseau ou fournissez-vous à des tiers un service de communication ? Si oui, vérifiez ; si vous vendez des projets, non.

L'enregistrement au Data Protection Office est-il obligatoire ?

Oui, et il est très largement ignoré. L'article 14 du Data Protection Act 2017 interdit d'agir comme responsable de traitement ou comme sous-traitant sans être enregistré auprès du Commissioner. L'enregistrement n'est pas réservé aux grandes structures : toute société qui traite des données de clients, de salariés ou de prospects est concernée. Le certificat est valable trois ans et se renouvelle dans les trois mois précédant son expiration. Le défaut d'enregistrement est une infraction pénale, pas une simple irrégularité administrative.

Le guichet unique électronique couvre-t-il toutes les licences ?

Non, pas encore. Le National Electronic Licensing System, porté par l'Economic Development Board, est bien réel : il est le canal obligatoire des demandes de permis de résidence et d'occupation, et il absorbe progressivement d'autres autorisations, comme le permis de morcellement. Mais la Financial Services Commission, la Tourism Authority, la Mauritius Revenue Authority et les collectivités locales conservent chacune leur propre circuit. Parler d'un guichet unique achevé serait inexact en 2026.

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La licence conditionne la structure, pas l'inverse.

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