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Profession libérale française qui s'installe à Maurice, le parcours.

Un diplôme français et une inscription à un ordre français ne donnent aucun droit d'exercer à Maurice. Chaque profession réglementée y est régie par sa propre loi, qui interdit l'exercice sans inscription auprès d'un conseil mauricien et fixe ses propres conditions, parfois une condition de citoyenneté, parfois une simple condition de résidence, parfois aucune. Cette page suit le parcours dans le temps, du moment où la question se pose au premier renouvellement, et elle dit surtout comment établir le régime de votre profession sans se tromper de texte. Les références sont vérifiées le 17 août 2026 sur les consolidations officielles des Revised Laws of Mauritius.

L'essentiel

Le parcours d'une profession réglementée, étape par étape.

MomentLa décision qui se prendLa pièce à produireLe risque si l'on saute l'étape
12 à 9 mois avantIdentifier la loi mauricienne qui régit votre profession, et lire la section qui interdit l'exercice sans inscriptionLa consolidation officielle du texte, avec sa ligne d'amendementsRaisonner sur une profession voisine ou sur une version périmée
9 à 6 mois avantEtablir si vous remplissez les conditions d'inscription, nationalité, résidence, diplôme, expérience, examenLe dossier de qualification et la réponse écrite du conseilDécouvrir une condition de citoyenneté après le déménagement
9 à 6 mois avantTrancher entre exercer auprès d'une clientèle mauricienne et servir une clientèle française depuis MauriceUne note de qualification de l'activité réelleChoisir un permis inadapté à ce que vous ferez vraiment
6 à 4 mois avantChoisir le titre de séjour, qui dépend de la structure et non l'inverseLe dossier déposé auprès de l'Economic Development BoardCroire que le permis vaut autorisation d'exercer
4 à 2 mois avantConstituer la structure, une fois l'exercice autorisé et le permis instruitStatuts, immatriculation, autorisations sectoriellesConstituer sur une hypothèse et devoir défaire
Le départRégler la sortie française, ordre professionnel, caisses, activité, taxe sur la valeur ajoutéeLes accusés de réception datés de chaque organismeConserver un rattachement qui nourrit la résidence française
Mois 1 à 12Compter les jours, ouvrir le dossier fiscal mauricien, déposer la première déclarationLe décompte de présence et le certificat de résidenceUne première année à cheval, mal déclarée des deux côtés
Chaque annéeRenouveler l'inscription au conseil, le permis et les déclarationsLes attestations annuellesUne radiation administrative pour une formalité oubliée
La ligne

Ce que cette page traite, et ce qu'elle ne traite pas.

Cette page s'adresse à celui dont l'activité est réglementée en France, c'est-à-dire réservée par la loi à un professionnel inscrit, et qui envisage de s'installer à Maurice. Le point dur de son dossier n'est ni le permis ni l'impôt : c'est l'autorisation d'exercer.

Si votre activité n'est pas réglementée, conseil en organisation, développement, formation, communication, vous êtes sur la mauvaise page : le parcours de l'indépendant non réglementé est traité par notre guide du consultant freelance français installé à Maurice, et le choix de la structure par celui sur la création de société pour un consultant. Si vous restez salarié d'un employeur français, la question est celle du télétravail depuis Maurice. Et si vous conservez une société française que vous piloterez à distance, c'est le parcours du dirigeant de petite entreprise française qui s'expatrie.

Le verrou

Le diplôme et l'ordre français ne donnent aucun droit d'exercer.

C'est la phrase que ce parcours doit retenir, et elle n'a rien d'une nuance. Maurice est un Etat souverain dont les professions réglementées sont régies par ses propres lois. Une inscription à un ordre français produit ses effets en France ; elle n'en produit aucun à Maurice, où elle ne constitue au mieux qu'un élément d'un dossier examiné par un conseil mauricien.

Deux verrous se superposent, et ils sont indépendants l'un de l'autre.

Le premier est général et il ne dépend pas de la profession. La section 3(1) de la Non-Citizens (Employment Restriction) Act, dans sa rédaction en vigueur, interdit à un non-citoyen d'exercer une occupation à Maurice contre rémunération ou profit, ou d'y être employé, sans qu'un permis valide soit en vigueur à son égard et sans qu'il respecte les conditions que ce permis énonce. La prohibition vise bien l'occupation indépendante, et pas seulement l'emploi salarié. Sa section 3(6) dispense de ce permis certaines catégories, dont les titulaires d'un occupation permit délivré au titre de l'Immigration Act, et sa section 3(4) fait de la contravention une infraction pénale, punie d'une amende et d'un emprisonnement pouvant atteindre 5 ans.

Le second est propre à chaque profession. Il tient dans une section, presque toujours rédigée de la même façon, qui interdit d'exercer sans être inscrit. La section 37(1) de la Medical Council Act dispose que nul ne peut pratiquer la médecine à Maurice s'il n'est pas une personne enregistrée ou dispensée d'enregistrement. La section 17(1) de la Pharmacy Council Act 2015, la section 19(1) de la Veterinary Council Act 2020, la section 18(1) de la Professional Architects' Council Act et la section 3(1) de la Law Practitioners Act disent la même chose pour leur profession.

Ces deux verrous ne se remplacent pas. Plusieurs lois professionnelles font même du permis une condition de l'inscription : la section 26(1)(a) de la Medical Council Act subordonne l'inscription temporaire d'un non-citoyen comme généraliste au fait qu'il détienne un work permit, en soit dispensé, ou détienne un occupation permit.

Les textes

Ce que disent réellement les lois, profession par profession.

Le tableau ci-dessous ne porte que sur des lois que nous avons lues dans leur consolidation officielle publiée par les Revised Laws of Mauritius, le 17 août 2026. Il n'est pas exhaustif et il n'a pas vocation à l'être : aucune profession absente de ce tableau ne doit être présumée libre ou fermée.

ProfessionLoi et section d'interdictionCondition de nationalité ou de résidence
Avocat, avoué, notaireLaw Practitioners Act, section 3(1)Citoyenneté mauricienne exigée, section 4(1)
MédecinMedical Council Act, section 37(1)Citoyenneté exigée, section 22(1)(a) ; exception pour le titulaire d'un diplôme de médecine obtenu à Maurice, section 22(1A) ; inscription temporaire du non-citoyen, section 26
DentisteDental Council Act, section 36(1)Citoyenneté exigée, section 22(1)(a)
Infirmier, sage-femmeNursing Council Act, conditions aux sections 22 à 25Citoyenneté exigée, sections 22, 22A, 23 et 24
GéomètreLand Surveyors Act, section 3Citoyenneté exigée, section 5(1)(a)
PharmacienPharmacy Council Act 2015, section 17(1)Citoyen ou résident, section 18(1)(a)(i)
VétérinaireVeterinary Council Act 2020, section 19(1)Citoyen ou résident, section 20(1)(a)(i)
ArchitecteProfessional Architects' Council Act, section 18(1)Aucune, la condition de la section 19(1)(a)(i) ayant été abrogée avec effet au 1er octobre 2021
IngénieurRegistered Professional Engineers Council Act, section 19Aucune, la section 13(2) n'en pose pas

Trois lectures s'imposent devant ce tableau.

La première est que l'écart entre professions est considérable, et qu'il n'existe aucune règle générale dont on pourrait déduire le sort d'une profession non listée. Le droit et la santé publique se ferment par la citoyenneté ; la pharmacie et l'art vétérinaire s'ouvrent à la résidence ; l'ingénierie et l'architecture ne posent, aujourd'hui, aucune condition de statut.

La deuxième est que l'absence de condition de nationalité ne signifie jamais absence de conditions. La section 13(2) de la Registered Professional Engineers Council Act exige, pour l'ingénieur, soit l'appartenance corporative à l'une des institutions britanniques qu'elle nomme ou à toute autre institution approuvée par le conseil, soit un diplôme d'ingénierie d'une université du Royaume-Uni ou d'une autre institution reconnue par le conseil comme d'un niveau satisfaisant, assorti d'au moins deux années d'expérience. La section 19(1)(b) de la Professional Architects' Council Act exige un diplôme obtenu après cinq années d'études à temps plein, dans une institution reconnue par l'Union internationale des architectes selon la charte UNESCO, ou reconnue par l'autorité compétente du pays du diplôme, et dans les deux cas approuvée par le conseil, ainsi que deux années d'expérience approuvée après le diplôme. Le mot décisif est « approuvée » : la reconnaissance reste une décision du conseil.

La troisième est qu'une porte peut exister sans être celle que l'on croit. La section 23(3) de la Medical Council Act, ajoutée avec effet au 5 août 2021, dispense de l'examen prévu à la section 22(1)(ca) la personne inscrite comme spécialiste en France, et la rend éligible à l'inscription comme spécialiste, à deux conditions cumulatives : une évaluation réussie devant le Postgraduate Medical Education Board, et l'accord du conseil sur la recommandation de ce dernier. C'est la seule disposition explicitement française que nous ayons trouvée dans ce corpus. Elle ne dispense ni du permis, ni de la condition posée par ailleurs pour l'inscription pleine.

Le piège de méthode

Lire la bonne version, sinon la réponse est fausse.

C'est le point sur lequel nous voyons le plus d'erreurs, y compris dans des dossiers déjà instruits. Trois exemples, tous vérifiés.

Le Pharmacy Act 1983 ne régit plus l'enregistrement du pharmacien. Ses sections 14 à 16 ont été abrogées avec effet au 1er novembre 2017 et sa section 12 ne traite plus que du pharmacy technician. Qui lit ce texte pour connaître les conditions d'inscription d'un pharmacien lit un texte vidé de la question posée : la réponse se trouve dans la Pharmacy Council Act 2015.

La Veterinary Council Act de 1991 a été abrogée avec effet au 29 janvier 2021 et remplacée par la Veterinary Council Act 2020. L'ancienne réservait l'inscription pleine aux citoyens ; la nouvelle l'ouvre au résident. Une réponse fondée sur l'ancien texte est aujourd'hui exactement inversée.

La Professional Architects' Council Act a connu deux changements le même jour, avec effet au 1er octobre 2021 : la condition de statut de sa section 19(1)(a)(i) a été abrogée, et toute sa partie V, qui organisait l'autorisation du « foreign architect » et l'obligeait à passer par une coentreprise avec un architecte mauricien, l'a été également, de même que la partie VA. Un dossier construit sur le régime du foreign architect est aujourd'hui sans objet. Notons au passage que sa section 18(2)(b) ne considère pas comme un exercice de l'architecture le fait de dresser des plans pour un bâtiment dont la surface de plancher n'excède pas 150 mètres carrés, seuil dans sa rédaction en vigueur depuis le 1er avril 2024.

La règle de méthode qui en découle est simple. On lit la consolidation officielle et on relève sa ligne d'historique des amendements, qui est le seul indicateur réel de fraîcheur. On se méfie des bases juridiques gratuites qui servent des consolidations anciennes, et parfois des lois abrogées sans le signaler. Et l'on termine par une demande écrite au conseil de la profession, parce qu'aucune lecture, même exacte, ne remplace la position de l'organisme qui décidera.

Les deux guichets

Le permis d'un côté, l'inscription de l'autre.

GuichetCe qu'il délivreCe qu'il ne délivre pas
Economic Development Board et immigrationLe droit de séjourner et d'exercer une occupation, par un occupation permit ou un permis de résidenceLe droit de porter un titre professionnel réglementé et d'accomplir les actes réservés
Registrar of Businesses, licences sectoriellesL'existence administrative de l'activité et les autorisations de secteurL'autorisation personnelle d'exercer la profession
Conseil de la professionL'inscription, seule autorisation d'exercer, pleine ou temporaire selon la loiLe titre de séjour, qui reste à obtenir séparément

Deux conséquences pratiques. La première tient à l'ordre : plusieurs lois professionnelles exigeant un permis pour l'inscription temporaire, on ne peut pas obtenir l'inscription avant d'avoir engagé le titre de séjour, mais on ne doit pas engager le titre de séjour sans avoir la certitude que l'inscription est possible. La sortie de ce cercle est l'écrit préalable du conseil, obtenu sur dossier et non sur principe. La seconde tient au périmètre : le permis se délivre au vu d'une activité déclarée, et une activité déclarée qui ne correspond pas à ce que vous ferez réellement fragilise l'ensemble. Les autorisations de secteur, distinctes encore, sont traitées par notre guide des licences et autorisations sectorielles à Maurice, et le choix du titre par nos pages sur le permis self-employed et le permis professional.

Deux exercices

Clientèle mauricienne, ou clientèle française depuis Maurice.

Ces deux situations n'ont pas le même point dur, et les confondre est l'erreur la plus fréquente.

Exercer auprès d'une clientèle mauricienne, c'est accomplir à Maurice des actes réservés par la loi mauricienne. Il n'y a pas d'échappatoire : l'inscription auprès du conseil est la condition de l'exercice, et le reste, structure, permis, licence, taxe sur la valeur ajoutée, vient après. Plusieurs professions figurent d'ailleurs à la dixième annexe du Value Added Tax Act, qui les oblige à s'immatriculer sans considération de seuil, comme l'expose notre guide de la création de société pour un consultant.

Servir une clientèle française depuis Maurice pose deux questions entièrement distinctes.

La première est celle du titre français. Un acte que la loi française réserve à un professionnel inscrit reste soumis à cette inscription, quel que soit l'endroit d'où il est produit. La position de votre ordre sur le maintien de l'inscription lorsque la résidence professionnelle quitte la France se vérifie auprès de lui, avant le départ et par écrit. C'est une question que nous ne tranchons pas sur une page web, parce que la réponse dépend de l'ordre et de la nature de l'activité conservée. Ce que l'on peut dire en revanche, c'est que renoncer au titre transforme la nature de la prestation : ce qui devient du conseil non réglementé n'a ni le même périmètre, ni la même responsabilité, ni la même couverture d'assurance, et le contrat doit le refléter.

Le droit mauricien offre une illustration exemplaire de cette frontière. La section 3(2) de la Law Practitioners Act réserve expressément la possibilité, pour un legal consultant, de donner un avis juridique contre rémunération sans figurer au Roll. Mais sa section 16(3) ferme aussitôt la porte que l'on croit ouverte : nul ne peut se présenter comme legal consultant s'il n'a pas quitté des fonctions de juge ou s'il n'y a pas été autorisé par le Chief Justice. Et sa section 10M borne le périmètre du foreign lawyer enregistré à l'arbitrage, aux procédures non juridictionnelles, aux modes amiables et à l'avis sur le droit étranger ou international. Une dénomination qui semble contourner un monopole est presque toujours, elle aussi, réglementée.

La seconde question est fiscale, et elle ne dépend pas du titre. Si les missions continuent d'être exécutées en France, l'imposition française suit l'exploitation et non la résidence, ce qu'exposent nos guides sur le risque d'établissement stable en France et sur la facturation de clients français depuis Maurice. Le régime de la taxe sur la valeur ajoutée, lui, est traité par notre guide de la TVA et de l'exportation de services depuis Maurice.

La sortie française

Ce qui se ferme, et dans quel ordre.

La sortie se prépare une fois l'exercice mauricien sécurisé, jamais avant. Elle comporte un étage que les autres profils n'ont pas : l'ordre professionnel et la caisse de retraite propre à la profession, dont les démarches de radiation, d'omission ou de transfert ont leurs propres délais et se demandent par écrit.

Le reste suit le calendrier commun de tout indépendant qui quitte la France : la cessation de l'activité et ses obligations déclaratives, le sort de la taxe sur la valeur ajoutée française, puis les formalités de l'année du départ, exposées par notre guide des formalités fiscales de l'année du départ et par la page d'ensemble sur le fait de quitter la France pour Maurice. Le détail de la cessation d'une activité indépendante est traité par notre guide du consultant freelance : nous ne le reprenons pas.

Un point mérite d'être signalé à ce stade parce qu'il est propre aux professions libérales. Conserver une inscription ordinale française active, une patientèle ou une clientèle suivie, un local professionnel et des mandats en cours constitue un faisceau de rattachements dont l'administration française tire volontiers des conséquences. La résidence se joue sur ces faits, selon les critères que détaillent nos guides de la règle des 183 jours et du centre des intérêts économiques.

Ce qui casse

Cinq configurations que nous voyons échouer.

  • La structure constituée avant la réponse du conseil. Le dossier se retrouve engagé sur une hypothèse, et il faut défaire une société, un bail et parfois un permis.
  • La consolidation périmée. Un régime lu dans un texte abrogé, ou dans une partie abrogée d'un texte en vigueur, produit une réponse qui peut être exactement inverse de la bonne.
  • Le raisonnement par analogie. Le fait que l'ingénierie n'impose aucune condition de statut ne dit rien de la profession voisine, et le fait que le droit soit réservé aux citoyens ne dit rien de l'art vétérinaire.
  • L'activité déclarée qui n'est pas l'activité réelle. Un permis instruit sur une activité de conseil alors que l'exercice sera réglementé fragilise le titre lui-même.
  • Le titre français conservé sans l'inscription. Continuer à se présenter sous un titre réglementé sans en remplir les conditions expose des deux côtés, et l'assurance de responsabilité professionnelle ne suit pas.
La vitesse de croisière

Ce qui revient chaque année, et ce qui se surveille.

Une fois le dossier stabilisé, quatre échéances se répètent et elles ne tombent pas au même moment. Le maintien au registre du conseil professionnel suppose une démarche annuelle, dont l'omission entraîne un retrait du registre et donc l'interdiction d'exercer, indépendamment de toute faute. Le titre de séjour a son propre calendrier de renouvellement. Les obligations déclaratives mauriciennes suivent l'année de revenu ouverte le 1er juillet, décrite par notre guide de la déclaration de revenus à Maurice. Et une déclaration française reste due tant que subsistent des revenus de source française.

Reste une vigilance qui n'a pas d'échéance : la loi de votre profession change. Les trois exemples de la section consacrée à la méthode sont tous postérieurs à 2015, et deux d'entre eux ont inversé la réponse en une seule modification. Un dossier de profession réglementée se relit à chaque renouvellement, en repartant du texte et de sa ligne d'amendements, et non de la note rédigée l'année de l'installation.

Questions fréquentes

La profession réglementée à Maurice, vos questions.

Mon diplôme français est-il reconnu à Maurice ?

La question est mal posée. Aucune profession réglementée mauricienne ne reconnaît un diplôme par lui-même : c'est le conseil de la profession qui décide, sur le fondement de la loi qui le crée. Certaines lois renvoient à des institutions ou à des organismes nommés, d'autres à une approbation discrétionnaire du conseil, d'autres encore imposent un examen local ou un stage sur place. La seule démarche utile consiste à lire la loi de votre profession, puis à obtenir du conseil une réponse écrite sur votre dossier avant d'engager quoi que ce soit.

Le permis d'occupation vaut-il autorisation d'exercer ?

Non. Ce sont deux verrous distincts et cumulatifs. Le permis règle le droit de séjourner et d'exercer une occupation à Maurice : la section 3 de la Non-Citizens (Employment Restriction) Act interdit à un non-citoyen d'exercer une occupation contre rémunération sans permis en cours de validité, la section 3(6) dispensant notamment les titulaires d'un occupation permit. L'autorisation professionnelle, elle, vient du conseil de la profession. Plusieurs lois font même du permis une condition de l'inscription, et non l'inverse.

Une profession libérale française peut-elle être exercée à Maurice par un non-citoyen ?

Cela dépend entièrement de la profession, et l'écart entre elles est considérable. La Law Practitioners Act réserve l'admission aux citoyens mauriciens, à sa section 4(1). La Medical Council Act pose la même condition à sa section 22(1)(a), tempérée par une inscription temporaire ouverte au non-citoyen titulaire d'un permis, à sa section 26. La Pharmacy Council Act 2015 se contente, à sa section 18(1)(a)(i), d'un citoyen ou d'un résident. La Registered Professional Engineers Council Act ne pose, elle, aucune condition de nationalité ni de résidence.

Peut-on garder ses clients français en travaillant depuis Maurice ?

Rien ne l'interdit en soi, mais deux questions se posent séparément. La première est celle du titre : un acte réservé par la loi française à un professionnel inscrit reste soumis à cette inscription, quel que soit le lieu depuis lequel il est produit, et la position de votre ordre sur une résidence hors de France se vérifie auprès de lui. La seconde est fiscale : si les missions continuent d'être exécutées en France, l'imposition française suit l'exploitation et non la résidence. Nos guides sur l'établissement stable et la facturation de clients français traitent ce point.

Existe-t-il un accord France-Maurice de reconnaissance des qualifications ?

Nous n'avons trouvé aucun accord bilatéral de reconnaissance automatique des qualifications professionnelles entre les deux Etats, et nous ne concluons pas pour autant à son inexistence. Ce que nous avons lu en revanche, ce sont des dispositions mauriciennes unilatérales qui visent la France nommément. La Medical Council Act, à sa section 23(3) ajoutée en 2021, dispense de l'examen prévu à la section 22(1)(ca) la personne inscrite comme spécialiste en France, sous réserve d'une évaluation favorable et de l'accord du conseil. Ce n'est pas un accord, c'est une ouverture unilatérale.

Que se passe-t-il si j'exerce sans être inscrit ?

Deux infractions distinctes peuvent se cumuler. La loi de la profession sanctionne l'exercice illégal : la Medical Council Act le fait à sa section 37, la Pharmacy Council Act 2015 à sa section 17, la Veterinary Council Act 2020 à sa section 19, la Professional Architects' Council Act à sa section 18. Et la Non-Citizens (Employment Restriction) Act réprime, à sa section 3(4), le fait pour un non-citoyen d'exercer une occupation sans permis, par une amende et une peine d'emprisonnement pouvant atteindre 5 ans.

Faut-il créer une société avant ou après avoir la réponse du conseil ?

Après, toujours. La structure se choisit une fois connue la forme sous laquelle l'exercice est autorisé, parce que certaines professions imposent des règles de détention du capital ou des formes d'exercice particulières. Constituer d'abord revient à s'engager sur une hypothèse, et à devoir défaire ensuite. Notre guide sur la création de société pour un consultant expose le choix de structure lui-même : cette page s'arrête au moment où la question se pose.

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