Fiche pratique · fiscalité des personnes

La déclaration de revenus à l'île Maurice, année par année.

L'expatrié installé à Maurice découvre vite que l'impôt personnel s'y déclare une fois l'an, sur une année fiscale qui court du 1er juillet au 30 juin. Cette fiche déroule la déclaration de revenus à l'île Maurice de bout en bout : qui la dépose, à quelle date, sur quel barème, avec quelles déductions, et ce qu'il advient des revenus restés à l'étranger. Chiffres vérifiés au 14 août 2026.

L'essentiel

La déclaration de revenus à Maurice en un tableau.

Chaque ligne a été vérifiée le 14 août 2026 sur les publications de la Mauritius Revenue Authority (MRA) et sur la version consolidée de l'Income Tax Act 1995.

QuestionRéponse au 14 août 2026
Période déclaréel'année de revenus, du 1er juillet au 30 juin
Echéancele 15 octobre suivant, dépôt et paiement électroniques
Seuil de dépôtrevenu net total au-delà de 500 000 roupies
Barème, revenus de l'année close le 30 juin 20260 %, puis 10 %, puis 20 %, plus 15 % de Fair Share Contribution au-delà de 12 millions
Barème, revenus à partir du 1er juillet 20260 %, puis 10 %, puis 20 %, puis 35 % au-delà de 12 millions, sans contribution additionnelle
Revenus étrangersimposables quand ils sont reçus à Maurice
Retard de dépôt2 000 roupies par mois entamé

Savoir si vous êtes résident fiscal mauricien est une question distincte, traitée dans notre page résidence fiscale à l'île Maurice. Cette fiche part de la réponse et traite la suite : que devez-vous déposer, et quand.

Qui déclare

Les cinq portes d'entrée dans l'obligation déclarative.

La section 112 raisonne par situation, non par statut. Une seule condition suffit : un revenu net total supérieur à 500 000 roupies, seuil porté à ce niveau par le Finance Act 2025 contre 390 000 auparavant ; un revenu brut d'activité supérieur à 2 millions de roupies ; des émoluments sur lesquels un employeur a retenu le PAYE, quel qu'en soit le montant ; des revenus ayant supporté une retenue à la source, le TDS ; ou un revenu imposable après déductions.

La qualité de résident n'est d'ailleurs pas une condition de dépôt : un non-résident imposable à Maurice sur un salaire, un loyer ou une redevance de source locale entre dans les mêmes portes, sur une assiette plus étroite.

La MRA ajoute une porte pratique : toute personne déjà titulaire d'un Tax Account Number est attendue. L'obligation est ensuite collante, puisqu'une fois entré dans le système vous déposez chaque année tant que la MRA ne vous en dispense pas par écrit. Le travailleur indépendant qui échappe à ces cinq portes relève de la déclaration simplifiée de la section 112A, à la même date, sur la base des livres que la loi fiscale lui impose de tenir : notre fiche sur la comptabilité d'un self-employed à l'île Maurice en donne le contenu exact.

Le calendrier

Une année du 1er juillet au 30 juin, un dépôt au 15 octobre.

Les revenus de l'année fiscale close le 30 juin 2026 se déclarent à l'automne : le calendrier officiel de la MRA fixe l'échéance au jeudi 15 octobre 2026, dépôt et paiement électroniques compris.

Les sources divergent ici. La section 112 consolidée impose un dépôt électronique au plus tard le 15 octobre, date unique et sans variante ; plusieurs pages de la MRA affichent encore une échéance de principe au 30 septembre, assortie d'un report au 15 octobre pour qui télédéclare et paie électroniquement. C'est l'héritage du dépôt papier, aujourd'hui résiduel : l'échéance à retenir est le 15 octobre.

Deux cas particuliers complètent le calendrier. Celui qui quitte Maurice sans intention d'y revenir dépose une déclaration avant son départ et paie ou garantit l'impôt, selon la section 115. Et une déclaration déposée peut être rectifiée, mais la section 116B la répute alors déposée à la date de la seconde, ce qui fait courir la pénalité de retard.

Le barème

Trois tranches pour 2025-2026, quatre à partir du 1er juillet 2026.

Deux barèmes se succèdent, et la première chose à faire est de savoir lequel vous concerne. La déclaration à déposer au 15 octobre 2026 porte sur l'année de revenu close le 30 juin 2026 : elle relève encore de trois tranches.

Revenu imposable annuelTaux
jusqu'à 500 000 roupies0 %
de 500 001 à 1 000 000 roupies10 %
au-delà de 1 000 000 roupies20 %

S'y ajoute la Fair Share Contribution, insérée aux sections 16B et 16C par le Finance Act 2025 : 15 % de la fraction de revenu dépassant 12 millions de roupies, en sus de l'impôt ordinaire, payés au dépôt de la déclaration. Pour un salarié concerné, elle a déjà été prélevée en cours d'année par l'employeur, au fil des déclarations mensuelles de cotisations à la MRA.

Le barème change à partir de l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026, celle qui se déclarera à l'automne 2027. Le Finance Act 2026 (Act n° 14 de 2026), promulgué le 12 août 2026 et publié au Journal officiel le 13 août, remplace la partie I de la First Schedule par quatre tranches.

Revenu imposable annuelTaux
jusqu'à 500 000 roupies0 %
les 500 000 roupies suivantes10 %
les 11 millions de roupies suivants20 %
au-delà de 12 millions de roupies35 %

Au même moment, la Fair Share Contribution des personnes physiques s'éteint. Elle n'est pas abrogée : l'article 7(b) supprime six mots de la section 16C(3), et la contribution ne vise plus que la seule année de revenu 2025-2026. Elle reste donc à payer avec la déclaration d'octobre 2026, et rien au-delà. La contribution due par les sociétés est un autre texte, la partie XC du Value Added Tax Act : elle n'est pas concernée et court jusqu'au 30 juin 2028.

La substitution n'est pas neutre, et c'est le point qu'un dirigeant a intérêt à regarder de près. La contribution frappait le leviable income, c'est-à-dire le revenu imposable augmenté des dividendes versés par les sociétés résidentes. La tranche à 35 % frappe le chargeable income, dont ces mêmes dividendes sont exclus puisqu'ils constituent un revenu exonéré. Pour un salarié ou un professionnel, 20 % plus 15 % de contribution devient 35 % et la charge reste comparable. Pour une personne dont les revenus au-delà de 12 millions de roupies viennent surtout de dividendes d'une société mauricienne, la fin de la contribution est une baisse d'impôt : ces dividendes sortent entièrement de la surcharge. Ce que cela donne dans votre cas dépend de la composition exacte de vos revenus et se vérifie poste par poste.

Une réserve pour finir. Au 14 août 2026, la MRA n'avait pas actualisé ses publications : son guide PAYE reste dans sa version de décembre 2025, où le taux de 35 % n'apparaît pas, et sa page consacrée à la Fair Share Contribution annonce toujours une application jusqu'au 30 juin 2028. C'est la loi publiée qui fait foi, mais l'écart doit être connu de qui prépare une simulation ou conteste un décompte.

Les déductions

L'IET est mort, les déductions pour personnes à charge l'ont remplacé.

C'est l'erreur la plus répandue des contenus francophones sur l'impôt sur le revenu à Maurice. La déclaration ne comporte plus d'Income Exemption Threshold, cet abattement modulé par catégories A à E selon le nombre de personnes à charge : le mécanisme est abrogé pour les années ouvertes depuis le 1er juillet 2023. Les grilles « IET Maurice » encore en ligne décrivent un droit mort.

Deux dispositifs l'ont remplacé. La tranche à 0 % d'abord : les premiers 500 000 roupies de revenu imposable échappent à l'impôt, quelle que soit la composition du foyer. Une déduction pour personnes à charge ensuite, portée par la Third Schedule et confirmée par la MRA pour 2026-2027 : 110 000 roupies pour une personne à charge, 190 000 pour deux, 275 000 pour trois, 355 000 à partir de quatre. Ces montants ne sont pas les seuls à retrancher du revenu : notre page sur les abattements et déductions fiscales à Maurice recense les autres, des primes d'assurance santé aux intérêts d'emprunt du logement.

Les autres déductions se cumulent dans la limite de leurs plafonds : 500 000 roupies par enfant en études supérieures non sponsorisées, six années au plus ; 60 000 roupies au titre d'un enfant scolarisé dans le privé ; la prime d'assurance santé, 25 000 roupies pour vous-même et pour la première personne à charge, 20 000 pour chacune des suivantes ; les intérêts d'un prêt immobilier affecté à votre résidence ; une installation solaire, un récupérateur d'eau de pluie ou une borne de recharge rapide ; les dons aux institutions caritatives, jusqu'à 100 000 roupies ; un régime de retraite personnel agréé, jusqu'à 50 000 roupies ; l'emploi d'un aidant, jusqu'à 30 000 roupies. La section 27 réserve l'ensemble aux résidents. Le barème, ces plafonds et les seuils qui déclenchent l'obligation déclarative tiennent sur une seule page, les chiffres clés du particulier à Maurice.

Les cas particuliers

Non-résident, année d'arrivée, patrimoine.

Le non-résident n'est imposable qu'à raison de ses revenus de source mauricienne, salaire d'un emploi exercé sur l'île, loyers d'un bien local, jetons d'une société mauricienne, et n'a droit à aucune déduction personnelle. Un salarié ou un dirigeant non-résident sans autre revenu à Maurice peut, sur option, tenir la retenue opérée par le payeur pour définitive et s'épargner une déclaration.

L'année d'arrivée est le cas le plus mal traité en ligne. La résidence s'apprécie par année fiscale entière : il n'existe pas à Maurice d'année scindée. Arriver en février, c'est ne pas atteindre 183 jours avant le 30 juin suivant, donc n'être résident qu'à compter de l'année d'après, sauf domicile mauricien. La première déclaration peut ainsi n'être due qu'un an après l'installation.

Les revenus de source étrangère obéissent à une règle propre aux personnes physiques : la section 5(3) ne les répute acquis qu'au moment où ils sont reçus à Maurice ou y sont utilisés pour le compte de l'intéressé. Ce qui reste sur un compte étranger n'entre pas dans la déclaration ; ce qui est rapatrié y entre, et l'impôt déjà acquitté à l'étranger s'impute en crédit, plafonné à l'impôt mauricien correspondant, selon la section 77. Le crédit se prouve : conservez l'avis étranger et la trace du virement.

Le patrimoine, enfin. La section 123C impose de joindre une Statement of Assets and Liabilities lorsque le revenu net et le revenu exonéré dépassent ensemble 15 millions de roupies, ou lorsque le coût des actifs détenus avec le conjoint et les enfants à charge dépasse 50 millions. Elle ne vise ni le non-citoyen ni le citoyen non résident fiscal, tombe pour qui a déclaré lors de chacune des cinq années précédentes, et son omission coûte 2 000 roupies par mois entamé, plafonnées à 20 000.

Les pénalités

Les montants exacts, révisés au 1er juillet 2025.

  • Dépôt tardif : 2 000 roupies par mois ou fraction, plafond 20 000 roupies, ramené à 5 000 roupies pour un particulier hors activité.
  • Paiement tardif : 2,5 % de l'impôt dû, ramenés à 1 % dans le même cas. Le Finance Act 2025 a abaissé ces taux au 1er juillet 2025 ; les tableaux affichant 5 % et 2 % sont périmés.
  • Intérêts : 0,25 % par mois ou fraction sur l'impôt impayé, contre 0,5 % avant la même réforme.
  • Absence de déclaration : la MRA peut émettre d'office une réclamation, payable sous 28 jours.

La section 116A offre une soupape utile : déposer selon votre propre lecture du texte en signalant le point de doute fait présumer la bonne foi et écarte la pénalité de redressement.

L'obligation étant collante, elle se referme aussi de manière formelle : celui qui quitte l'île ou cesse ses activités doit solder ses déclarations et faire clore son dossier, une démarche que nous décrivons dans notre page sur le quitus fiscal et la clôture d'un dossier MRA.

Notre méthode

Une déclaration qui découle des comptes.

Basalte Consulting est un cabinet franco-mauricien installé à Grand Baie, dont les deux associés pratiquent au quotidien les deux systèmes fiscaux. Notre travail commence en amont : vérifier votre qualité de résident sur l'année, identifier ce qui a été effectivement rapatrié, réunir les Statement of Emoluments et les justificatifs d'impôt étranger, puis appliquer vos déductions sans les surestimer.

Pour un dirigeant, la déclaration personnelle se prépare avec celle de la société ; notre comptabilité tenue en interne fournit les montants sans ressaisie. Le premier échange est offert et se conclut par une note écrite sur votre situation.

Questions fréquentes

Déclarer ses revenus à Maurice, vos questions.

Qui doit déposer une déclaration de revenus à l'île Maurice ?

La section 112 de l'Income Tax Act vise cinq situations alternatives : un revenu net total supérieur à 500 000 roupies, un revenu brut d'activité supérieur à 2 millions de roupies, des émoluments dont l'employeur a retenu le PAYE, des revenus ayant supporté une retenue à la source TDS, ou un revenu imposable après déductions. La MRA y ajoute toute personne déjà titulaire d'un Tax Account Number. Un travailleur indépendant hors de ces cas dépose une déclaration simplifiée au titre de la section 112A.

Quelle est la date limite de la déclaration de revenus mauricienne ?

Le calendrier publié par la MRA fixe au jeudi 15 octobre 2026 le dépôt électronique et le paiement de l'impôt pour l'année de revenus close le 30 juin 2026. La section 112, dans sa rédaction consolidée, impose ce même 15 octobre et le dépôt par voie électronique. Certaines pages de la MRA affichent encore un 30 septembre assorti d'un report au 15 octobre pour les télédéclarants : c'est la trace de l'ancien dépôt papier.

Quel est le barème de l'impôt sur le revenu à Maurice ?

Deux barèmes se succèdent. Les revenus de l'année close le 30 juin 2026, à déclarer au 15 octobre 2026, relèvent de trois tranches, 0 % sur les premiers 500 000 roupies, 10 % sur les 500 000 suivantes et 20 % au-delà, augmentées de la Fair Share Contribution de 15 % sur la fraction qui dépasse 12 millions de roupies. A partir de l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026, le Finance Act 2026 substitue à cette contribution une quatrième tranche à 35 % au-delà de 12 millions de roupies.

Mes revenus de source étrangère sont-ils imposables à Maurice ?

Pour une personne physique, la section 5(3) de l'Income Tax Act ne répute le revenu de source étrangère acquis qu'au moment où il est reçu à Maurice ou utilisé à Maurice pour son compte. Un revenu laissé à l'étranger n'entre donc pas dans la déclaration mauricienne de l'année. Ce qui est rapatrié s'y déclare, et l'impôt déjà payé à l'étranger sur ce revenu ouvre droit à un crédit, dans la limite de l'impôt mauricien correspondant, selon la section 77.

L'income exemption threshold existe-t-il encore à Maurice ?

Non. L'IET et ses catégories A à E, qui modulaient un abattement selon le nombre de personnes à charge, ont été abrogés pour les années de revenus ouvertes à compter du 1er juillet 2023. Deux dispositifs les ont remplacés : la tranche à 0 % sur les premiers 500 000 roupies de revenu imposable, et une déduction pour personnes à charge de 110 000 à 355 000 roupies selon leur nombre. Les grilles IET encore en ligne décrivent un droit abrogé.

Que risque-t-on à déposer sa déclaration en retard ?

La pénalité de dépôt tardif est de 2 000 roupies par mois ou fraction de mois, plafonnée à 20 000 roupies, ramenée à 5 000 roupies pour un particulier qui n'exerce pas d'activité. Le paiement tardif coûte en plus 2,5 % de l'impôt dû, ramenés à 1 % dans le même cas, et des intérêts de 0,25 % par mois. Ces taux réduits sont ceux du Finance Act 2025, applicables depuis le 1er juillet 2025.

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Votre première déclaration mauricienne, préparée avec vous.

Premier échange offert : nous examinons votre situation de résident, vos revenus rapatriés et vos déductions, et vous recevez une note écrite avant tout engagement.

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