Le barème mauricien compte quatre tranches depuis le 1er juillet 2026.
Le barème applicable aux personnes physiques à Maurice a été remplacé par le Finance Act 2026, promulgué le 12 août 2026. Il compte désormais quatre tranches, 0, 10, 20 et 35 %, la dernière s'ouvrant au-delà de 12 millions de roupies de revenu imposable. Cette grille vaut pour l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026 et close le 30 juin 2027, puis pour chaque année suivante. Le barème à trois tranches plafonné à 20 %, qui reste affiché à peu près partout, décrit l'année précédente et rien d'autre. Cette page donne les bornes exactes, leur base légale, leur date d'effet et ce que le barème antérieur avait de différent.
Quatre tranches, une seule date d'effet.
Le barème des personnes physiques figure à la partie I de la première annexe de l'Income Tax Act 1995. Cette partie a été abrogée et remplacée par l'article 7 (v) du Finance Act 2026, loi promulguée le 12 août 2026 et publiée au supplément juridique de la Gazette du 13 août 2026 sous le numéro d'Act 14 de 2026. L'article 28, paragraphe 12, de la même loi en fixe la portée dans le temps : la nouvelle partie I joue pour l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026 et pour chaque année de revenu suivante.
| Revenu imposable | Taux | Impôt en haut de tranche |
|---|---|---|
| Les 500 000 premières roupies | 0 % | 0 |
| Les 500 000 roupies suivantes | 10 % | 50 000 |
| Les 11 millions de roupies suivants | 20 % | 2 250 000 |
| La fraction au-delà de 12 millions de roupies | 35 % | non plafonné |
Le barème est progressif par tranches. Chaque taux ne frappe que la fraction du revenu imposable comprise dans sa tranche, et non la totalité du revenu. Un revenu imposable de 12 millions de roupies supporte 2 250 000 roupies d'impôt, soit un taux moyen de 18,75 % ; un revenu imposable de 15 millions supporte 2 250 000 roupies au titre des tranches basses puis 35 % sur les 3 millions excédentaires.
Une précision qui vaut d'être posée d'emblée : le Finance Act 2026 n'est pas la seule loi promulguée le 12 août 2026. L'Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Act 2026, Act 13 de 2026, porte les autres mesures du même budget et ne figure pas parmi les textes qui modifient l'Income Tax Act. Le barème vient de l'Act 14, et de lui seul.
Ce que le barème précédent avait de différent.
La grille qui s'arrête à 20 % n'est pas fausse, elle est datée. Elle a été introduite par l'article 26 (y) du Finance Act 2025, Act 18 de 2025, promulgué le 8 août 2025, avec effet pour l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2025 en vertu de l'article 66, paragraphe 12, de cette loi. Elle a donc régi une seule année de revenu, close le 30 juin 2026, et c'est celle que déclarent les contribuables à l'automne 2026.
| Année de revenu ouverte le | Barème applicable | Texte |
|---|---|---|
| 1er juillet 2018 | 10 % jusqu'à 650 000 roupies de revenu net, 15 % au-delà | Finance Act 2018 |
| 1er juillet 2022 | 10 %, 12,5 % puis 15 % selon trois paliers de revenu net | Finance Act 2022 |
| 1er juillet 2023 | onze tranches de 0 % à 20 %, la première jusqu'à 390 000 roupies | Finance Act 2023 |
| 1er juillet 2025 | trois tranches, 0 %, 10 % puis 20 % | Finance Act 2025, art. 26 (y) |
| 1er juillet 2026 | quatre tranches, 0 %, 10 %, 20 % puis 35 % | Finance Act 2026, art. 7 (v) |
Trois différences méritent d'être retenues. La première tient à la mécanique : jusqu'à l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2022, le texte raisonnait par paliers de revenu net, un seul taux frappant l'ensemble du revenu ; depuis la réforme de 2023, il raisonne par tranches successives de revenu imposable. La deuxième tient au nombre de lignes : les onze tranches de 2023, difficiles à retenir et plus difficiles encore à programmer dans une paie, ont été ramenées à trois en 2025. La troisième est celle de 2026 : les trois tranches subsistent à l'identique et une quatrième est ajoutée au sommet. Cette réforme n'est pas isolée, et notre page sur ce qui change à l'île Maurice en 2026 la replace parmi les autres mesures de l'année, chacune avec sa date d'effet.
Il faut y ajouter un point que les commentaires oublient. La consolidation de l'Income Tax Act publiée par la Mauritius Revenue Authority est arrêtée à mai 2026. Elle porte donc encore, en toutes lettres, le barème à trois tranches plafonné à 20 %. Consulter cette consolidation et s'y fier sans regarder la loi de finances postérieure conduit mécaniquement à une réponse fausse : c'est la principale cause de la persistance de l'ancienne grille en ligne. Le même piège de datation vaut pour la plupart des grilles officielles mauriciennes, comme le rappelle notre guide sur les idées reçues autour de la fiscalité mauricienne.
Ce que le barème mord réellement.
Le barème s'applique au chargeable income, que la section 2 de l'Income Tax Act définit, pour un particulier, comme le montant restant après déduction du revenu net des déductions et abattements personnels auxquels il a droit. Le revenu net est lui-même défini comme le revenu brut diminué de l'ensemble des dépenses admises. La chaîne se lit donc dans cet ordre, et le sauter revient à appliquer un taux à la mauvaise assiette.
- Le revenu brut, énuméré par la section 10 : rémunérations et pensions, revenus d'activité, loyers et redevances, dividendes, intérêts, rentes, et tout autre revenu.
- Le revenu net, une fois retranchées les dépenses admises des sections 17 et suivantes.
- Le revenu imposable, une fois retranchées les déductions personnelles de la section 27 et des sections 27A à 27F, que détaille notre guide des abattements et déductions à Maurice.
- L'impôt, obtenu en appliquant le barème tranche par tranche.
Deux mises en garde à ce stade. La première tranche à 0 % n'est pas un abattement : c'est un taux nul appliqué à une tranche de revenu imposable, et non une somme retranchée de la base. La distinction n'est pas verbale, puisqu'un abattement se déduit avant le barème et se combine avec lui, tandis qu'une tranche à taux nul se consomme une seule fois. Par ailleurs, tous les revenus n'entrent pas dans la base : les revenus exonérés de la deuxième annexe en sont exclus, au premier rang desquels les dividendes payés par une société résidente de Maurice et les intérêts d'un compte d'épargne ou de dépôt à terme détenu par un particulier auprès d'une banque.
Enfin, pour un résident, le revenu de source étrangère n'est réputé acquis que lorsqu'il est reçu à Maurice ou qu'il y est utilisé pour son compte, en application de la section 5, paragraphe 3. Le barème ne mord donc pas sur un revenu étranger laissé hors de Maurice, mécanisme détaillé par notre guide du régime de la remittance basis.
Ce qui n'est pas le barème et qu'on lui attribue.
Plusieurs taux mauriciens circulent sous l'étiquette de barème alors qu'ils obéissent à d'autres règles. Les distinguer évite des calculs faux dans les deux sens.
| Situation | Taux applicable | Base légale |
|---|---|---|
| Salarié résident ayant remis sa déclaration d'employé | barème, retenue calculée en cumulé | Income Tax Act, section 96 (1) |
| Salarié n'ayant pas remis de déclaration d'employé | 15 %, ou 20 % sur option du salarié | Income Tax Act, section 96 (2) |
| Jetons et honoraires de dirigeant ou de membre de conseil | 15 %, ou 20 % sur option de l'intéressé | Income Tax Act, section 96 (3) |
| Particulier non résident percevant des revenus de biens | taux de la partie IV de la première annexe, 15 % | Income Tax Act, section 4 (2) |
| Société de droit commun | 15 % | première annexe, partie IV |
| Société exportatrice de biens | 3 % | première annexe, partie II |
| Banque | 5 % jusqu'à 1,5 milliard de roupies de revenu imposable, 15 % au-delà | première annexe, partie III |
La ligne la plus utile en pratique est la quatrième. Un propriétaire non résident qui perçoit un loyer mauricien n'est pas imposé selon le barème progressif mais au taux fixe de la partie IV, ce que traitent nos guides sur l'imposition des loyers à Maurice et sur ce qui reste imposable à Maurice sans y résider. La deuxième et la troisième expliquent, elles, la plupart des écarts constatés en fin d'année entre la retenue subie et l'impôt réellement dû, sujet développé par notre guide du système PAYE mauricien.
Ce que le passage à 35 % change vraiment.
Le seuil de 12 millions de roupies n'est pas nouveau. Il était déjà celui de la Fair Share Contribution des personnes physiques, instituée par le Finance Act 2025 à la section 16C de l'Income Tax Act, au taux de 15 % de la fraction du revenu excédant 12 millions. Le Finance Act 2026 a fait deux choses en même temps : il a limité cette contribution à la seule année de revenu ouverte le 1er juillet 2025, et il a ajouté au barème une tranche à 35 % au-delà du même seuil.
| Année de revenu | Traitement de la fraction au-delà de 12 millions de roupies |
|---|---|
| Ouverte le 1er juillet 2025 | 20 % d'impôt sur le revenu, plus 15 % de Fair Share Contribution sur le revenu leviable |
| Ouverte le 1er juillet 2026 | 35 % d'impôt sur le revenu, sans contribution additionnelle |
Le taux marginal apparent est le même. Ce qui change tient à l'assiette, et le point est décisif pour un actionnaire résident. La Fair Share Contribution ne frappait pas le revenu imposable mais le revenu leviable, défini par la section 16B comme la somme du revenu imposable et des dividendes reçus d'une société résidente ou d'une société coopérative. Elle atteignait donc des dividendes que l'impôt sur le revenu, lui, n'atteint pas, puisqu'ils sont expressément exonérés. La nouvelle tranche à 35 %, au contraire, ne s'applique qu'au revenu imposable et laisse ces dividendes intacts. Un résident dont l'essentiel du revenu vient de distributions mauriciennes est donc dans une situation sensiblement différente d'une année sur l'autre, ce que reprend en détail notre guide de la Fair Share Contribution.
Second effet, plus discret : au-delà de 15 millions de roupies de revenu net et exonéré cumulés, la section 123C impose de joindre à la déclaration un état des actifs et des passifs. Ce seuil, lui, n'a pas changé, mais il concerne désormais un contribuable qui a de bonnes raisons de refaire ses calculs.
Les prélèvements qui s'ajoutent, et la date qui fait foi.
Le barème n'épuise pas la charge d'un revenu mauricien. Trois prélèvements distincts coexistent avec lui et obéissent à leurs propres textes.
La contribution sociale généralisée, régie par le Social Contribution and Social Benefits Act 2021, est due sur les rémunérations et suit ses propres taux et plafonds ; notre guide de la CSG à Maurice en donne le détail du côté de l'employeur. Le National Savings Fund et la Training Levy s'ajoutent pour les employeurs, sans entrer dans le calcul de l'impôt du salarié. Enfin, la retenue à la source de la sous-partie BA de la partie VIII de l'Income Tax Act frappe certains paiements avant même le barème : elle n'est pas un impôt distinct mais un acompte, imputable sur l'impôt final, comme l'expose notre guide de la retenue à la source mauricienne.
Reste la question de méthode, celle qui fait la différence entre une réponse juste et une réponse périmée. Un barème mauricien se cite toujours avec deux éléments : la référence de la partie et de l'annexe qui le portent, et l'année de revenu à laquelle il se rapporte. Les grilles publiées sans date sont inexploitables, parce que le texte a changé quatre fois en huit ans et que le décalage entre le vote d'août et l'ouverture de l'année de revenu en juillet crée à chaque fois une période où deux barèmes circulent simultanément. La règle pratique est simple : identifier d'abord l'année de revenu concernée, calée du 1er juillet au 30 juin comme l'expose notre guide de l'année fiscale des particuliers, puis remonter à la loi de finances qui a modifié la première annexe pour cette année-là. Toute autre méthode revient à parier sur la fraîcheur de la source consultée. Le barème en vigueur et les autres montants qui commandent l'impôt d'un particulier, déductions plafonnées et seuils déclaratifs compris, sont réunis avec leur date d'effet dans les chiffres clés du particulier à Maurice.
Le barème mauricien, vos questions.
Quel est le barème mauricien applicable aujourd'hui ?
Quatre tranches, fixées par la partie I de la première annexe de l'Income Tax Act 1995 dans sa rédaction issue de l'article 7 (v) du Finance Act 2026 : 0 % sur les 500 000 premières roupies de revenu imposable, 10 % sur les 500 000 suivantes, 20 % sur les 11 millions suivants, 35 % au-delà de 12 millions. L'article 28, paragraphe 12, de cette loi fixe la prise d'effet à l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026 et à chacune des suivantes. Aucune tranche n'a bougé en dehors de l'ajout de la quatrième.
Le barème à trois tranches plafonné à 20 % est-il encore valable ?
Il ne l'est plus que pour l'année de revenu close le 30 juin 2026. Cette grille de 0, 10 et 20 % avait été introduite par l'article 26 (y) du Finance Act 2025 pour l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2025. Elle figure encore dans la consolidation de l'Income Tax Act publiée par la Mauritius Revenue Authority, parce que celle-ci est arrêtée à mai 2026 et antérieure au vote de la loi de finances suivante. Toute grille qui s'arrête à 20 % décrit donc l'année passée.
A partir de quel revenu paie-t-on 35 % à Maurice ?
Le taux de 35 % ne s'applique qu'à la fraction du revenu imposable qui excède 12 millions de roupies. En dessous de ce seuil, l'impôt est strictement identique à celui de l'année précédente. Le barème est progressif par tranches et non par paliers : un revenu imposable de 12 millions de roupies supporte 2 250 000 roupies d'impôt, soit un taux moyen de 18,75 %, et seul le premier franc au-delà est frappé à 35 %.
Le seuil de 12 millions concerne-t-il le revenu brut ou le revenu imposable ?
Le revenu imposable, le chargeable income au sens de la section 2 de l'Income Tax Act, c'est-à-dire le revenu net diminué des déductions personnelles auxquelles le contribuable a droit. Le revenu net est lui-même le revenu brut de la section 10 diminué des dépenses admises. Entre le revenu perçu et la base du barème, il y a donc deux étages de retranchements, ce qui écarte du taux supérieur des situations qui paraissaient le toucher.
Les non-résidents suivent-ils le même barème ?
Pas toujours. La section 4, paragraphe 2, de l'Income Tax Act prévoit qu'un particulier non résident qui perçoit un revenu de source mauricienne relevant de la section 10 (1)(c), soit les loyers, redevances et autres revenus de biens, est imposé au taux de la partie IV de la première annexe, aujourd'hui 15 %, et non selon le barème progressif. La section 96, paragraphe 4, permet en outre au salarié ou dirigeant non résident sans autre revenu de traiter la retenue opérée comme un impôt définitif.
Les dividendes mauriciens entrent-ils dans le barème ?
Non. La partie II, sous-partie B, point 1 de la deuxième annexe de l'Income Tax Act range parmi les revenus exonérés les dividendes payés par une société résidente de Maurice et par une société coopérative enregistrée. Ils n'entrent donc dans aucune tranche. Ils entraient en revanche dans l'assiette de la Fair Share Contribution des personnes physiques, ce qui explique qu'un actionnaire résident soit traité différemment selon l'année de revenu considérée.
Le barème s'applique-t-il à l'année civile ?
Non, et c'est la première source d'erreur. La section 2 de l'Income Tax Act définit l'année comme une période de 12 mois commençant le 1er juillet. Le barème issu du Finance Act 2026 vaut pour l'année de revenu du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, laquelle se déclare au plus tard le 15 octobre 2027 en application de la section 112. Les revenus de l'année civile 2026 sont donc coupés en deux et relèvent de deux barèmes différents.
La suite, naturellement.
Abattements et déductions
Ce qui se retranche avant le barème, poste par poste, avec les conditions de chacun.
Découvrir →La Fair Share Contribution
L'autre prélèvement au-delà de 12 millions de roupies, et pourquoi il ne joue plus.
Découvrir →L'année fiscale des particuliers
Les bornes de l'année de revenu et le calendrier qui commande l'application du barème.
Découvrir →Votre impôt mauricien, recalculé sur le barème en vigueur.
Un premier échange, puis une note écrite qui applique le barème et les déductions à votre situation, année de revenu par année de revenu. Sans engagement, sans frais.
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