Guide · comptabilité

La comptabilité d'un self-employed à l'île Maurice.

L'indépendant qui exerce en nom propre à Maurice n'a ni états financiers, ni auditeur, ni dépôt au registre des sociétés : le Companies Act ne lui est tout simplement pas applicable, faute de personne morale. Son obligation comptable existe pourtant, et elle est précise : elle vient de l'article 153 de l'Income Tax Act et de l'article 19 du Value Added Tax Act, avec cinq ans de conservation et une infraction pénale à la clé. C'est ce fondement fiscal, et non sociétaire, qui le sépare de nos trois autres pages par structure, où la comptabilité est d'abord une obligation du droit des sociétés. Il n'existe par ailleurs aucun équivalent mauricien du régime micro français : ni abattement forfaitaire, ni franchise générale. Textes consolidés consultés le 16 août 2026.

L'essentiel

Ce qu'un indépendant tient, dépose et conserve.

Le tableau ci-dessous a été vérifié le 16 août 2026 sur le texte consolidé de l'Income Tax Act 1995 et du Value Added Tax Act publiés par la MRA, et sur le Business Registration Act 2002.

ObligationQui la porteDélaiPièceSanction du manquement
Livres et pièces de l'activitél'indépendant, art. 153(1) ITAen continu, conservation 5 anslivres, reçus, factures, vouchers, contratsinfraction, art. 148(1)(c) ITA
Enregistrements des opérations pour la TVAl'indépendant, art. 19 VAT Acten continu, conservation 5 ansfactures et reçus en ordre chronologiquepénalité et redressement
Déclaration simplifiée de revenusle self-employed non tenu par l'art. 112au plus tard le 15 octobre, art. 112Arevenu net d'activité et autres revenuspénalité de dépôt tardif
Déclaration ordinaire de revenusau-delà des seuils de l'art. 112(1)au plus tard le 15 octobredéclaration électroniquepénalité de dépôt tardif
Acomptes trimestriels CPSau-delà de 4 millions de revenu brut, art. 106(2)3 échéances par anCPS Statement2,5 % du solde impayé, art. 110
Déclaration d'actifs et de passifscitoyen résident au-delà des seuils, art. 123Cavec la déclaration annuelleétat de la douzième annexe2 000 roupies par mois, art. 123C(3)
Immatriculation à la TVAdès le seuil ou par profession, art. 15dès que le seuil est susceptible d'être franchidemande au directeur général5 000 roupies par mois, plafond 50 000, art. 15B
Etats financiers, audit, dépôt au registresans objet, pas de personne moralesans objetsans objetsans objet

La dernière ligne est celle qui trompe. L'absence d'obligation sociétaire fait croire à une absence d'obligation comptable, alors qu'elle déplace simplement la source de l'obligation vers la loi fiscale, où elle est au moins aussi précise et bien plus difficile à rattraper après coup.

Le fondement

Une obligation fiscale, pas une obligation du droit des sociétés.

Un indépendant à Maurice est une personne enregistrée, pas une entité. Le Business Registration Act 2002 n'institue aucune personne morale : sa section 6(1) interdit d'exercer une activité sans être enregistré, sa section 8 attribue un business registration number, et rien de plus. Le régime complet de cet enregistrement figure dans notre guide sur l'entreprise individuelle à l'île Maurice.

Il en résulte que le corpus comptable du Companies Act, articles 193 à 217, ne s'applique pas : ni registres comptables au sens de l'article 193, ni états financiers de l'article 210, ni normes internationales de l'article 211, ni auditeur de l'article 195, ni dépôt de l'article 215. Aucune de ces obligations n'a de titulaire, faute de société.

Ce que la loi fiscale impose, en revanche, est d'une netteté remarquable. L'article 153(1) de l'Income Tax Act vise toute personne exerçant une activité ou tirant un revenu autre que des rémunérations salariales, sans le moindre seuil de chiffre d'affaires, et lui impose de tenir, sur ordinateur ou autrement, en anglais ou en français :

  • des livres, registres et comptes convenables ;
  • des pièces telles que reçus, factures et vouchers ;
  • des documents tels que contrats et accords ;
  • un enregistrement complet et fidèle de toutes les opérations et de tous les actes accomplis.

Et le texte donne la finalité, qui est le vrai standard à atteindre : permettre au directeur général d'établir facilement le revenu brut et les déductions admissibles. Un dossier qui oblige l'administration à reconstituer ne satisfait pas cet article, même s'il contient toutes les pièces.

Deux compléments ferment le dispositif. L'article 153(3) impose une conservation d'au moins cinq ans après l'achèvement de l'opération, de l'acte ou de l'événement concerné, et non cinq ans après l'exercice. L'article 153(4) ajoute que certains livres et registres doivent être conservés en permanence sur les lieux d'exercice, dans les conditions prescrites. Enfin, l'article 148(1)(c) range le défaut de tenue de livres et registres parmi les infractions, au même titre que le défaut de production de ces livres à l'examen prévu au (d).

Le contresens

Il n'existe pas de micro-entrepreneur mauricien.

C'est la première correction que nous apportons à presque tous les indépendants français installés à Maurice, et elle a des conséquences directes sur la tenue des comptes.

Le droit mauricien ne connaît aucun abattement forfaitaire représentatif de charges. Le bénéfice d'une activité indépendante est un résultat réel : recettes de l'exercice, moins les charges effectivement engagées pour les produire et justifiées par une pièce. Il n'existe pas non plus de franchise générale d'imposition liée à un petit chiffre d'affaires, ni de régime déclaratif ultrasimplifié fondé sur le seul encaissement.

Le seul régime réellement forfaitaire est l'impôt présomptif de l'article 111V : une petite entreprise peut, par notification irrévocable déposée au plus tard à la date limite de sa déclaration, opter pour un impôt égal à 1 % de son revenu brut, en renonçant par l'article 111V(3) à toute déduction, allègement ou abattement. Encore faut-il en relever : la treizième annexe réserve cette option à l'agriculture, la sylviculture et la pêche, à l'industrie hors restauration, au commerce de détail et au commerce de gros. Un consultant, un développeur, un designer, un architecte n'y ont pas accès, quel que soit leur volume d'affaires. Le barème progressif applicable au résultat est traité dans notre fiche sur la déclaration de revenus à l'île Maurice.

Une dernière précision utile : le permis n'ouvre aucun régime fiscal particulier. Le self-employed occupation permit est un titre de séjour et de travail délivré par l'Economic Development Board, réservé au secteur des services, avec ses propres conditions financières décrites sur notre page dédiée au permis self-employed. Il ne crée ni statut fiscal, ni allègement comptable, ni plafond de recettes.

Les seuils

Ce qui devient obligatoire, et à partir de quand.

L'indépendant mauricien franchit successivement plusieurs paliers, et chacun ajoute une obligation qui suppose une comptabilité plus fine que la précédente.

PalierSeuilCe qui devient obligatoire
Dès la première recetteaucunlivres et pièces de l'article 153, conservation 5 ans
Dès la première recette, pour certaines professionsaucunimmatriculation à la TVA, dixième annexe du VAT Act
Revenu net total supérieur à 500 000 roupies, ou revenu brut d'activité supérieur à 2 millionsart. 112(1)déclaration annuelle ordinaire au 15 octobre
En deçà de ces seuilsart. 112Adéclaration simplifiée du self-employed au 15 octobre
Ventes taxables de 3 millions de roupiessixième annexe du VAT Actimmatriculation à la TVA et déclarations périodiques
Revenu brut d'activité de l'année précédente supérieur à 4 millionsart. 106(2)(a)acomptes trimestriels CPS
Chiffre d'affaires jusqu'à 10 millionsart. 122E ITA et art. 27D VAT Actaccès aux régimes de caisse et au système annuel de TVA
Revenu net et exonéré supérieur à 15 millions, ou actifs supérieurs à 50 millionsart. 123Cdéclaration d'actifs et de passifs, sauf non-citoyen

Trois de ces paliers méritent d'être détaillés, parce qu'ils changent la nature du travail comptable.

La déclaration simplifiée de l'article 112A ne dispense de rien sur le fond. Elle vise le self-employed qui n'entre pas dans les cas de l'article 112, et lui impose de déposer, par voie électronique et au plus tard le 15 octobre, un état indiquant le revenu net tiré de son activité, ses autres revenus, et les éléments demandés. L'article 112A(5) définit le self-employed par renvoi à l'article 10(1)(b), c'est-à-dire par le seul fait de tirer un revenu brut d'une activité. Il faut donc déjà un résultat net, donc déjà une comptabilité, pour remplir la déclaration présentée comme allégée. L'article 112A(2) ajoute que l'obligation se reconduit d'année en année, et les articles 112A(3) et (4) ouvrent une demande de dispense au directeur général lorsque la personne n'est plus susceptible d'y être tenue à l'avenir.

Les acomptes trimestriels transforment l'exercice annuel en exercice trimestriel. L'article 105 soumet au Current Payment System le revenu brut d'activité et les loyers perçus par une personne physique, hors culture de la canne et du tabac. L'article 106(1) impose alors le dépôt électronique d'un CPS Statement et le paiement, pour le trimestre juillet-septembre deux jours ouvrables avant la fin décembre, pour le trimestre octobre-décembre le 31 mars, pour le trimestre janvier-mars deux jours ouvrables avant la fin juin. L'article 106(2) exonère de ce dépôt celui dont le revenu brut d'activité de l'année précédente n'a pas dépassé 4 millions de roupies, celui dont l'impôt du trimestre ne dépasse pas 500 roupies, et celui qui reste sous 10 millions en relevant des activités de la treizième annexe.

Le point décisif est ailleurs, à l'article 111(3) : lorsque l'impôt finalement dû sur ces revenus dépasse le total payé au titre des acomptes de plus de 35 % de cet impôt dû, une pénalité égale à 25 % de la fraction qui excède ces 35 % s'ajoute au solde, sous réserve des cas écartés par l'article 111(4). Comme l'article 107(2) autorise à calculer le trimestre sur les chiffres réels de la période plutôt que par la formule forfaitaire de l'article 107(1), la conclusion est directe : une comptabilité arrêtée chaque trimestre coûte moins cher qu'une comptabilité annuelle. L'article 110 ajoute une pénalité de 2,5 % de l'impôt restant impayé en cas de retard de paiement.

La TVA ne raisonne ni par statut ni par permis. L'article 15(1) du Value Added Tax Act impose la demande d'immatriculation dès que le chiffre d'affaires taxable dépasse ou est susceptible de dépasser le seuil de la sixième annexe, fixé à 3 millions de roupies depuis le 1er octobre 2025 : la formulation est prospective, elle n'attend pas le constat comptable. L'article 15(2)(a) impose l'immatriculation sans condition de seuil aux professions de la dixième annexe, dont les conseils et consultants, les architectes, les ingénieurs, les agents immobiliers, les comptables et les géomètres. L'article 15(3) dispense en revanche celui dont le chiffre d'affaires est exclusivement composé d'opérations au taux zéro, ou au taux zéro et exonérées, ce qui concerne beaucoup d'indépendants exportant leurs services : la distinction est traitée dans notre page sur les opérations au taux zéro et exonérées, et le mécanisme d'entrée dans notre fiche sur l'immatriculation à la TVA. L'article 15B sanctionne l'assujetti qui ne se manifeste pas : 5 000 roupies par mois ou fraction de mois, dans la limite de 50 000.

Les allègements

Le régime de caisse, et le système annuel de TVA.

Deux dispositifs peu connus allègent réellement la charge de tenue d'un indépendant, et ils sont liés l'un à l'autre.

Le calcul du résultat sur une base de caisse. L'article 122E de l'Income Tax Act permet à une petite entreprise de demander au directeur général que le revenu net de son activité soit calculé sur une base d'encaissement plutôt que sur les créances acquises. La petite entreprise est définie à l'article 122E(4) comme une personne dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 10 millions de roupies, à l'exclusion des sociétés titulaires d'une Global Business Licence et des sociétés non résidentes. L'application démarre à la date approuvée par le directeur général, aux conditions prescrites.

Le système annuel de TVA. Les articles 27D à 27G du Value Added Tax Act ouvrent à une petite entreprise, définie à l'article 2 comme une personne dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 10 millions de roupies, la possibilité de demander à opérer un VAT annual accounting system, sur une base de créances ou sur une base de caisse. L'article 27E(3) organise alors le rythme : un état simplifié de TVA après chacun des trois premiers trimestres de l'année comptable, puis la régularisation annuelle. L'article 27E(4) fixe l'acompte à 25 % de la TVA due au titre de l'année précédente, après réintégration de la taxe déductible sur les biens d'investissement, et l'article 27E(5) permet de déduire de cet acompte la taxe déductible sur les biens d'investissement de la période lorsqu'elle dépasse 50 000 roupies. L'article 27F précise que les enregistrements se tiennent dans la forme approuvée par le directeur général, et l'article 27G impose de notifier tout changement de système.

Les deux dispositifs se répondent. L'article 27E(2) du Value Added Tax Act dispose que l'assujetti ayant demandé le calcul de son revenu net selon la sous-partie D de la partie VIII de l'Income Tax Act est réputé avoir demandé le système annuel sur base de caisse ; l'article 122E(2) de l'Income Tax Act pose la règle symétrique. Une seule demande, deux effets : c'est l'une des rares simplifications réelles du dispositif mauricien, et elle est presque jamais utilisée.

Pour l'année comptable, l'article 27D précise que, pour une personne physique, elle court sur douze mois s'achevant le 30 juin, alignée sur l'année de revenu.

Le permis

Vos comptes sont la preuve du revenu exigé.

Voilà l'usage de la comptabilité que les indépendants étrangers découvrent au pire moment, deux mois avant l'échéance de leur permis.

Le self-employed occupation permit n'est pas seulement conditionné à un transfert de fonds initial : il est assorti d'exigences de revenu d'activité, appréciées dans le temps et vérifiées au renouvellement, dont les niveaux ont été revus par le Finance Act 2025 puis par la loi promulguée le 12 août 2026. Le détail figure sur notre page dédiée au permis self-employed à l'île Maurice, et la comparaison avec la voie sociétaire dans notre guide investisseur ou self-employed.

Ce que ces exigences supposent, en pratique, tient en quatre points de méthode.

  1. Un compte bancaire dédié à l'activité. Il ne s'agit pas d'une obligation légale mais d'une nécessité probatoire : un revenu d'activité qui transite par un compte personnel mêlé aux dépenses du foyer ne se démontre pas, et il fragilise en outre la déduction des charges au regard de l'article 26(1)(h) de l'Income Tax Act, qui exclut toute dépense de nature privée ou domestique.
  2. Une facturation continue et numérotée, conservée en ordre chronologique comme l'exige l'article 19(2) du Value Added Tax Act, et portant le business registration number imposé par la section 14(1) du Business Registration Act. Les mentions applicables sont détaillées dans notre page sur la facture conforme à l'île Maurice.
  3. Un résultat arrêté par exercice, cohérent avec la déclaration déposée à la MRA : c'est la déclaration, et non un tableau, qui fait foi devant l'administration comme devant l'organisme instructeur.
  4. Une cohérence entre le revenu déclaré et les cotisations versées. L'indépendant cotise seul à la CSG, sur son revenu net, selon les modalités décrites dans notre fiche CSG Maurice ; il ne relève ni du NSF, assis sur un salaire de base, ni du levy de formation, qui pèse sur les employeurs.
Le contrôle

Ce qui fait perdre un dossier d'indépendant.

Un contrôle d'indépendant ne se perd presque jamais sur une question de droit. Il se perd sur la piste d'audit, et toujours sur les mêmes points.

  • La confusion des comptes. Dès lors que le compte professionnel et le compte personnel se mélangent, l'administration n'a plus à démontrer que telle dépense est privée : c'est au contribuable de prouver l'inverse, pièce à l'appui, alors que l'article 153(1) lui imposait précisément de rendre l'exercice facile.
  • Les charges sans pièce. L'article 26(1) écarte les dépenses de nature capitale, celles engagées pour produire un revenu exonéré, les provisions, les dépenses de représentation et les cadeaux, et les dépenses privées. Une charge admise dans son principe reste rejetée si la pièce manque.
  • Les recettes en espèces non enregistrées. L'article 19(1) du Value Added Tax Act impose un enregistrement écrit complet et fidèle de chaque opération, indépendamment de l'immatriculation à la TVA. C'est le texte qui permet une reconstitution.
  • La rupture entre les déclarations. Un revenu d'activité déclaré à la MRA qui ne coïncide ni avec le chiffre d'affaires TVA, ni avec le revenu servant d'assiette à la CSG, ni avec les mouvements bancaires, ouvre à lui seul un examen.
  • Le silence après le franchissement d'un seuil. L'assujettissement à la TVA naît de la prévision, pas du constat, et l'article 15B fait courir la pénalité à compter de la période où l'immatriculation était due.

Sur le déroulement d'un examen et sur ce qu'il faut produire, notre page sur le contrôle fiscal de la MRA détaille la marche à suivre, et celle sur les pénalités fiscales donne les barèmes applicables. Une précision utile : l'article 28A du Value Added Tax Act limite en principe les demandes et les taxations aux quatre années précédant la dernière période déclarée, sauf conduite frauduleuse, négligence volontaire ou absence de déclaration.

La frontière

Quand l'exercice en nom propre cesse de tenir.

La question ne se pose pas en termes de chiffre d'affaires, contrairement à ce qu'on lit. Elle se pose en termes de destinataire des comptes.

Tant que la comptabilité ne sert qu'à remplir une déclaration, la forme individuelle suffit, et elle reste la plus légère du droit mauricien. Elle cesse de tenir dès que les comptes doivent convaincre un tiers : un associé qui entre, une banque qui étudie un financement, un client grand compte qui demande des états financiers, un acquéreur qui valorise une clientèle, un assureur qui apprécie un risque. Aucun de ces interlocuteurs ne se satisfait d'une déclaration personnelle, et aucun d'eux n'accepte que le patrimoine privé du dirigeant réponde des dettes de l'activité.

Trois éléments basculent alors d'un coup, et ils sont comptables autant que juridiques : l'apparition d'états financiers en bonne et due forme, l'entrée dans le régime de l'impôt sur les sociétés au lieu du barème progressif des personnes physiques, et l'obligation de séparer le patrimoine professionnel du patrimoine privé. Le droit mauricien ne connaissant aucune transformation d'une entreprise individuelle en société, l'opération est un transfert : constitution de la société, cession ou apport des éléments d'exploitation, reprise des contrats, puis notification de la cessation au Registrar. Nous détaillons cette séquence, et le fait que l'ancien numéro d'enregistrement n'est pas repris, dans notre guide société ou entreprise individuelle à Maurice.

Un dernier point, souvent décisif : passer en société impose immédiatement le corpus comptable du Companies Act, articles 193 et suivants, avec des registres à tenir sept exercices et des états financiers à signer dans les six mois. Une comptabilité d'indépendant tenue proprement rend cette bascule simple ; une comptabilité tenue de mémoire la rend coûteuse, parce que le bilan d'ouverture de la société se construit sur les comptes de clôture de l'activité individuelle.

Notre méthode

Une tenue légère, mais réellement tenue.

Basalte Consulting est un cabinet franco-mauricien établi à Grand Baie, qui tient la comptabilité de ses clients en interne. Sur un dossier d'indépendant, notre parti pris est constant : peu d'outils, peu de comptes, mais une régularité mensuelle. Un compte bancaire dédié, une facturation numérotée depuis le premier client, un rapprochement bancaire chaque mois, et des pièces classées à mesure suffisent à satisfaire l'article 153 sans transformer l'activité en administration.

Nous vérifions ensuite, une fois par an, quatre points qui décident du reste : la position exacte au regard des seuils de la TVA, l'entrée éventuelle dans le Current Payment System, l'intérêt d'une demande de calcul sur base de caisse au titre de l'article 122E, et la cohérence entre le revenu déclaré, la CSG et, le cas échéant, le revenu exigé pour le permis. Ces quatre vérifications tiennent en une réunion, à condition que les comptes existent.

Si votre projet n'est pas encore lancé, le choix de la forme précède tout : nos pages sur l'entreprise individuelle et sur la comptabilité à l'île Maurice posent le cadre, et le premier échange est offert, avec une note écrite à la clé.

Questions fréquentes

La comptabilité de l'indépendant à Maurice, vos questions.

Un indépendant est-il vraiment obligé de tenir une comptabilité à Maurice ?

Oui, et l'obligation est plus large qu'on ne le croit. L'article 153(1) de l'Income Tax Act vise toute personne exerçant une activité ou tirant un revenu autre que des rémunérations salariales, sans aucun seuil : elle doit tenir, sur ordinateur ou non, en anglais ou en français, des livres, registres, comptes et pièces convenables, reçus, factures et vouchers compris, ainsi que les contrats, et un enregistrement complet et fidèle de toutes ses opérations. L'article 148(1)(c) fait du défaut de tenue une infraction.

Existe-t-il un régime micro, avec un abattement forfaitaire ?

Non, et c'est le contresens le plus fréquent chez les Français. Le droit mauricien ne connaît aucun abattement forfaitaire sur les recettes : le revenu imposable est le résultat réel, produits moins charges justifiées. Le seul régime simplifié est l'impôt présomptif de 1 % du revenu brut de l'article 111V, réservé par la treizième annexe à l'agriculture, la sylviculture et la pêche, à l'industrie hors restauration, au commerce de détail et au commerce de gros. Les services en sont absents.

Combien de temps faut-il conserver les pièces ?

Cinq ans au moins, et à compter de l'opération, pas de l'exercice. L'article 153(3) de l'Income Tax Act impose de conserver tout livre, enregistrement ou document exigé pendant au moins 5 ans après l'achèvement de l'opération, de l'acte ou de l'événement auquel il se rapporte. L'article 19(4) du Value Added Tax Act pose la même durée pour les enregistrements de TVA. L'article 153(4) ajoute que certains livres doivent être conservés en permanence sur les lieux d'exercice, dans les conditions prescrites.

A partir de quel moment faut-il payer des acomptes trimestriels ?

Le Current Payment System vise l'indépendant dont le revenu brut d'activité de l'année précédente a dépassé 4 millions de roupies et qui avait alors un revenu imposable, en application des articles 105 et 106(2) de l'Income Tax Act. Trois échéances suivent : deux jours ouvrables avant la fin décembre, le 31 mars, puis deux jours ouvrables avant la fin juin. Le retard de paiement coûte 2,5 % de l'impôt restant dû au titre de l'article 110.

Peut-on tenir sa comptabilité en encaissements et décaissements ?

Oui, sur autorisation. L'article 122E de l'Income Tax Act permet à une petite entreprise, définie comme une personne dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 10 millions de roupies, de demander au directeur général que le revenu net de son activité soit calculé sur une base de caisse plutôt que sur les créances acquises. Les sociétés sous Global Business Licence et les sociétés non résidentes en sont exclues. La demande formée au titre de l'article 27E du Value Added Tax Act vaut demande au titre de l'article 122E.

Un indépendant étranger doit-il déclarer son patrimoine à la MRA ?

Non, s'il n'est pas citoyen mauricien. L'article 123C impose une déclaration d'actifs et de passifs à toute personne dont le revenu net et le revenu exonéré dépassent 15 millions de roupies dans l'année, ou dont les actifs, cumulés avec ceux du conjoint et des enfants à charge, dépassent 50 millions de roupies. Mais l'article 123C(1C) en écarte expressément le non-citoyen, ainsi que le citoyen non résident fiscalement. La plupart des titulaires d'un permis self-employed ne sont donc pas concernés.

A quel moment la forme individuelle cesse-t-elle d'être tenable ?

Quand la comptabilité doit servir un tiers. Tant qu'elle ne sert que la MRA, la tenue en nom propre suffit. Dès qu'un associé entre, qu'un salarié est embauché, qu'un client exige des comptes ou qu'un financement bancaire se discute, l'absence de personne morale, de capital et d'états financiers devient un obstacle réel. La question n'est alors plus comptable mais juridique, et elle se traite avant le premier contrat, pas au moment du blocage.

Premier échange sans engagement

Une comptabilité d'indépendant qui tient devant la MRA et devant l'EDB.

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