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Permis investisseur ou self-employed : l'arbitrage posé à plat.

Permis investisseur ou self-employed, c'est l'arbitrage le plus fréquent chez l'entrepreneur français qui prépare son installation à Maurice. Il se décide mal, parce que les deux voies sont décrites séparément partout et jamais mises face à face. Et il vient de changer d'équilibre : la loi promulguée le 13 août 2026 double l'apport exigé de l'investisseur sans toucher à celui de l'indépendant. Voici la comparaison, chiffres relevés le 14 août 2026.

La ligne de partage

Permis investisseur ou self-employed : une société, ou une personne.

Les deux permis sont deux catégories du même titre, l'occupation permit, qui vaut autorisation de travail et de séjour pour dix ans au plus. Ce qui les sépare tient en une phrase : l'un repose sur une entreprise, l'autre sur une personne.

Le permis investisseur suppose une société mauricienne dont vous êtes actionnaire et dans la gestion de laquelle vous êtes impliqué. Les lignes directrices de l'Economic Development Board (EDB) précisent que, lorsque l'investisseur est une société, une demande doit être déposée pour chaque actionnaire qui est aussi administrateur. La société porte l'activité, les contrats et les salariés ; votre responsabilité s'arrête, en principe, à votre apport.

Le permis self-employed suppose l'inverse : une activité exercée pour votre propre compte, exclusivement dans le secteur des services. Une nuance ignorée par la plupart des pages en français mérite d'être connue : la définition retenue par l'EDB vise le non-citoyen enregistré auprès du Registrar of Businesses ou exerçant sous forme de société à associé unique. La ligne de partage n'est donc pas « société contre nom propre » : c'est « une personne seule dans les services » contre « une société qui investit et qui emploie ». Le choix de la forme décide, lui, de votre responsabilité personnelle sur vos biens.

Permis investisseurPermis self-employed
Support de l'activitéSociété mauricienne, actionnaire et dirigeantActivité personnelle de services, enregistrement au Registrar of Businesses ou société à associé unique
SecteurToutes activités, sous réserve des licencesServices uniquement
EquipeSalariés sans limite propre au permisUn seul salarié administratif local
AssociésPossibles, chacun dépose sa demandeSans objet, l'activité s'exerce seul
Apport initial exigé100 000 USD depuis le 13 août 202650 000 USD, seuil inchangé
Preuve attendue au dépôtBusiness plan et relevé bancaire certifiéRelevé bancaire certifié et 3 lettres d'intention, dont 2 de clients locaux
Ce qui est mesuré ensuiteLe chiffre d'affaires de la sociétéVotre revenu d'activité personnel
Durée10 ans, renouvelable10 ans, renouvelable

Apports issus de la loi promulguée le 13 août 2026 ; le reste, des lignes directrices de l'EDB relevées le 14 août 2026.

Les montants

Ce que chaque voie exige à l'entrée, et l'état du droit au 14 août 2026.

Sur les deux permis, un même mécanisme joue : vous prouvez d'abord que les fonds existent, par un relevé bancaire certifié de votre banque d'origine, puis vous vous engagez par écrit à les transférer dans les 60 jours suivant la délivrance. L'argent ne part donc pas avant la décision.

Le montant, lui, vient de bouger. Trois niveaux doivent être tenus séparés.

Ce qui est promulgué et applicable. L'Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Act 2026, l'Act n° 13 de 2026, adopté le 31 juillet 2026 et publié au supplément légal du Journal officiel du 13 août 2026, remplace la partie de l'annexe de l'Economic Development Board Act qui fixe les critères de l'occupation permit. Son article 61 énumère limitativement les dispositions à entrée en vigueur différée : les critères de l'investisseur et du self-employed n'y figurent pas, seule la nouvelle catégorie technique étant renvoyée à une proclamation. La nouvelle grille porte l'apport de l'investisseur à 100 000 USD et laisse celui du self-employed à 50 000 USD.

Ce qui reste affiché. Au 14 août 2026, le portail de résidence de l'EDB présentait toujours l'ancienne grille : 50 000 USD pour l'investisseur, avec une option renforcée à 100 000 USD, et 750 000 roupies de revenu dès la première année pour l'indépendant. Un texte promulgué prime sur une page non actualisée, mais c'est bien cette page que consulte le guichet : le décalage est un risque de calendrier, pas une option ouverte au demandeur.

Ce qui n'est qu'annoncé. Le golden visa, réservé aux investissements d'au moins 1 million USD, existe désormais en droit mais n'avait, au 14 août 2026, ni lignes directrices ni formulaire : on ne peut pas le demander.

La conséquence pratique tient en une phrase : calibrez sur le seuil le plus élevé, et faites vérifier l'état du droit au jour de votre dépôt. Pour l'entrepreneur qui hésitait, l'arbitrage change de nature, puisque le ticket d'entrée de l'investisseur a doublé quand celui de l'indépendant n'a pas bougé. Nous suivons ces mouvements dans notre suivi des réformes.

Le vrai point de bascule

Les conditions de renouvellement, pas le ticket d'entrée.

C'est ici que l'arbitrage se joue, et c'est ce que les pages qui présentent les deux permis séparément ne montrent jamais. L'apport initial n'est qu'un péage : ce qui vous garde à Maurice, c'est votre capacité à tenir des objectifs de revenus, année après année.

Ce qu'il faut atteindreInvestisseurSelf-employed
Loi promulguée, montée en charge5 millions de roupies dès l'année 32 millions de roupies dès l'année 3
Loi promulguée, renouvellement8 millions de roupies dès l'année 53 millions de roupies dès l'année 5
Grille encore affichée par l'EDB, montée en charge1,5 million de roupies dès l'année 1, 20 millions cumulés à l'année 5750 000 roupies dès l'année 1, 6 millions cumulés à l'année 5
Grille encore affichée par l'EDB, renouvellement5 millions de roupies par an dès l'année 61,5 million de roupies par an dès l'année 6
Sur quoi porte la mesureLe chiffre d'affaires de la sociétéVotre revenu d'activité

Lisez la dernière ligne avant les chiffres : elle explique tout. Pour l'investisseur, l'EDB mesure le chiffre d'affaires d'une société, pas votre rémunération. Pour l'indépendant, il mesure ce que votre activité vous rapporte. Un consultant seul qui facture 3 millions de roupies par an est un self-employed exemplaire ; la même personne, en société, serait très loin des 8 millions désormais attendus d'un investisseur.

Notez aussi le calendrier, qui a changé avec les montants : l'exigence ne démarre plus à la première année mais à la troisième, et le palier de renouvellement se déplace de la sixième à la cinquième. Le choix se fait donc sur le chiffre d'affaires que votre modèle produira réellement à ces deux échéances. Un prévisionnel construit pour passer le dossier, et non pour être tenu, est la première cause des renouvellements difficiles que nous reprenons.

Les activités

Ce qui est fermé au self-employed, et ne s'ouvrira pas.

Le texte est explicite : le self-employed doit exercer exclusivement dans le secteur des services. Cette formule courte ferme davantage de portes qu'il n'y paraît.

  • Le négoce, sous toutes ses formes. Acheter pour revendre, importer, exporter, tenir une boutique ou un commerce en ligne avec du stock : ce n'est pas une prestation de service, c'est une activité commerciale, donc une société et un permis investisseur.
  • La production et la transformation. Industrie, atelier, agroalimentaire, agriculture, construction : même conclusion.
  • Toute activité qui suppose une équipe. Les lignes directrices n'ouvrent au self-employed qu'un seul salarié administratif local. Un restaurant, un cabinet avec des collaborateurs, une clinique : il faut une société.
  • Toute activité qui suppose des associés. Deux fondateurs, c'est deux demandes d'investisseur, chacun actionnaire et administrateur.
  • Le global business. Une société détenant une licence de la Financial Services Commission ne peut pas être portée par un permis d'indépendant : c'est la voie de l'investisseur, avec la structuration de société qui va avec.

Restent les activités réglementées, ouvertes aux deux catégories mais sous condition. L'EDB rappelle que tout titulaire d'un occupation permit doit obtenir les licences et enregistrements exigés avant de commencer : conseils professionnels pour les métiers de santé, Council of Registered Professional Engineers, Tourism Authority. Un médecin peut exercer en self-employed, mais le permis ne le dispense de rien. C'est le point de départ de notre page sur la profession libérale française qui s'installe à Maurice, où l'inscription à l'ordre local commande le calendrier bien plus que le permis.

Fiscalité

Un impôt sur les sociétés, ou un barème progressif.

Le choix du permis emporte le choix du régime fiscal, et c'est la partie la plus souvent négligée.

Côté investisseur, l'activité vit dans une société soumise à l'impôt sur les sociétés mauricien, au taux standard de 15 %. Votre revenu personnel dépend ensuite de ce que vous vous versez et de votre propre résidence fiscale.

Côté self-employed, il n'y a pas d'écran : votre revenu d'activité est votre revenu imposable, soumis au barème progressif. Ce barème vient d'être modifié. Le Finance Act 2026, l'Act n° 14 de 2026, publié le 13 août 2026, remplace la table des taux des personnes physiques et ajoute une tranche supérieure : 0 % jusqu'à 500 000 roupies de revenu imposable, 10 % sur la tranche suivante, 20 % sur les 11 millions suivants, puis 35 % au-delà, pour l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026. Un indépendant très rentable atteint donc, sur la part haute de son revenu, un taux marginal supérieur à celui d'une société.

Deux précisions valent pour les deux voies. Le permis n'est pas la résidence fiscale : celle-ci s'apprécie notamment par la règle des 183 jours. Et pour un Français, la question du départ se règle dans la convention fiscale entre les deux pays, sujet traité dans notre page fiscalité de l'île Maurice.

Famille

Sur ce point, les deux permis se valent.

C'est le seul terrain où l'arbitrage est neutre. Dans les deux cas, le titulaire ouvre un permis de résidence à ses dépendants : conjoint, y compris concubin, enfants non mariés de 24 ans au plus, beaux-enfants et enfants adoptés compris, et parents à charge. La durée de leur permis ne peut pas excéder celle du vôtre.

La limite est commune, et elle surprend beaucoup de couples : le statut de dépendant n'autorise aucune activité rémunérée. Un conjoint qui veut travailler dépose sa propre demande.

La résidence permanente

Deux trajectoires très inégales.

Les deux permis mènent au titre de vingt ans, à des conditions relevées par la loi de finances 2025 et que la réforme d'août 2026 n'a pas modifiées. Il faut avoir détenu son permis pendant les cinq années consécutives précédant immédiatement la demande, dans la même catégorie, et avoir atteint les niveaux de performance propres à celle-ci.

Pour l'investisseur, l'EDB attend 15 millions de roupies de chiffre d'affaires annuel sur cinq ans, ou 75 millions cumulés. Pour le self-employed, 3 millions de roupies de revenu d'activité annuel, ou 15 millions cumulés, la demande devant être déposée dans les six mois suivant la réunion des critères. Ces niveaux disent l'essentiel : l'indépendant qui réussit franchit souvent la marche, la petite société qui vivote ne la franchit jamais. Notre page sur la résidence permanente détaille les preuves à réunir.

La grille de décision

Permis investisseur ou self-employed : pour qui chaque voie est la bonne.

Le self-employed est fait pour vous si vous vendez votre temps et votre expertise, seul, dans les services ; si votre clientèle est ou peut devenir en partie mauricienne, puisque deux lettres d'intention de clients locaux sont exigées au dépôt ; si vous visez un revenu personnel de l'ordre de quelques millions de roupies par an ; et si la simplicité de gestion compte plus que la protection d'une structure.

Le permis investisseur est fait pour vous si votre projet a besoin d'une société : associés, salariés, stock, marchandises, licence, levée de fonds ; si vous reprenez une entreprise existante, voie que nous traitons dans notre page sur la reprise d'entreprise à Maurice ; si vous voulez séparer votre patrimoine personnel du risque d'exploitation ; ou si votre chiffre d'affaires franchit sans forcer les paliers de renouvellement.

Aucune des deux ne convient dans quatre situations que nous rencontrons chaque mois. Si vos clients et vos revenus restent entièrement hors de Maurice et que vous ne voulez pas d'ancrage local, le premium visa répond mieux, et la bascule se fera plus tard. Si un employeur mauricien vous recrute, c'est le permis professional, porté par lui. Si vous avez 50 ans ou plus et vivez de revenus passifs, le permis retraité n'exige ni activité ni chiffre d'affaires. Et si votre projet ne produira aucun revenu significatif avant plusieurs années, aucune des deux catégories ne tiendra la distance : mieux vaut le savoir avant le transfert de fonds.

Le bon choix dépend enfin de votre calendrier et de votre situation fiscale de départ, la décision appartenant souverainement à l'EDB. C'est l'objet du premier échange, offert : nous posons l'arbitrage sur votre cas et vérifions les seuils applicables au jour du dépôt, avec une note écrite à la clé.

Questions fréquentes

Investisseur ou self-employed, vos questions.

Quelle est la différence entre le permis investisseur et le permis self-employed ?

Le permis investisseur repose sur une société mauricienne dont vous êtes actionnaire et dirigeant, ouverte à toutes les activités et à une équipe. Le permis self-employed repose sur une activité exercée seul, exclusivement dans le secteur des services, l'Economic Development Board admettant l'enregistrement auprès du Registrar of Businesses ou une société à associé unique. Les deux durent dix ans, mais ils n'engagent ni la même responsabilité, ni la même fiscalité, ni les mêmes objectifs de revenus.

Quel apport faut-il transférer pour chacun des deux permis ?

La grille promulguée par l'Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Act 2026, publié au Journal officiel du 13 août 2026, retient 100 000 USD pour l'investisseur et 50 000 USD pour le self-employed. Le portail de l'EDB affichait encore, au 14 août 2026, l'ancien apport de 50 000 USD pour l'investisseur : c'est un décalage de mise à jour, pas une option ouverte au demandeur. Dans les deux cas, les fonds se transfèrent dans les 60 jours suivant la délivrance du permis, pas avant le dépôt.

Un self-employed peut-il embaucher ou s'associer à Maurice ?

Non, pas dans l'esprit du dispositif. Les lignes directrices de l'EDB n'autorisent qu'un seul salarié administratif local, et l'activité s'exerce pour votre propre compte. Dès qu'il y a des associés, une équipe opérationnelle ou une activité autre que de service, c'est le permis investisseur et sa société qui s'imposent.

Quelles activités sont fermées au permis self-employed ?

Tout ce qui n'est pas du service. Acheter pour revendre, importer, exporter, tenir un commerce de détail, produire ou transformer, construire : ces activités supposent une société et relèvent du permis investisseur. S'y ajoutent, de fait, les activités qui exigent une équipe ou une licence portée par une personne morale, le global business sous licence de la Financial Services Commission en tête.

Lequel des deux mène le plus vite à la résidence permanente ?

Aucun n'est plus rapide : les deux exigent cinq années de permis dans la même catégorie. C'est le niveau qui diffère, et lourdement. L'EDB demande à l'investisseur 15 millions de roupies de chiffre d'affaires annuel, ou 75 millions cumulés sur cinq ans, contre 3 millions de revenu d'activité annuel, ou 15 millions cumulés, pour le self-employed. Un indépendant qui réussit atteint souvent son seuil ; une petite société peut échouer au sien.

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