Les questions à poser avant de confier son patrimoine
Voici la liste que nous aimerions qu'un client nous oppose. Elle vaut pour nous comme pour un confrère, et les réponses se demandent par écrit, avant l'engagement plutôt qu'après.
Ces questions portent sur la méthode, pas sur le fond.
Aucune ne suppose de connaître le droit mauricien, et c'est ce qui les rend utilisables par quelqu'un qui découvre le sujet.
Vous n'avez pas besoin de savoir si la réponse au fond est juste. Vous avez besoin de savoir si votre interlocuteur peut vous dire d'où elle vient, à quelle date, et ce qu'il ne sait pas. Un texte assuré et faux se lit exactement comme un texte assuré et juste.
Une seule mauvaise réponse ne condamne personne. C'est la répétition qui est significative, et la liste ci-dessous se pose en une conversation, avant tout engagement.
Nous publions cette liste en sachant qu'elle nous sera opposée. C'est l'intention : nos guides sur les questions à poser à un prestataire et sur la façon dont nous vérifions ce que nous publions traitent le même sujet du côté société et du côté méthode.
Qui vous rémunère, et qui d'autre.
C'est la première question, parce que la réponse détermine la valeur de toutes les autres.
Percevez-vous une rétrocession d'un établissement, sous quelque forme ? La réponse doit être nette, et porter aussi bien sur les commissions d'apport reçues que sur celles qui seraient versées. Un flux financier entre votre conseil et l'établissement qui détient vos avoirs rend leurs deux avis illisibles.
Etes-vous en mesure de me dire que je n'ai pas de dossier ? Un cabinet dont la rémunération vient du client seul peut conclure qu'une opération n'a pas lieu d'être. Un cabinet rémunéré autrement conclut rarement dans ce sens.
Donnez-vous des conseils en investissement ? La section 30 du Securities Act réserve cette activité à un titulaire de licence. Un interlocuteur qui recommande un support, une allocation ou un établissement tout en se présentant comme un conseil patrimonial mérite une question sur le titre au nom duquel il le fait.
Ce qui est dans la mission, et ce qui est sous-traité.
Ces questions n'ont rien de juridique et produisent pourtant l'essentiel des litiges quand elles n'ont pas été posées.
Etes-vous le prestataire, ou l'intermédiaire d'un prestataire ? Certaines fonctions supposent un agrément propre, et savoir qui porte réellement la fonction évite de découvrir un troisième acteur le jour où quelque chose ne va pas.
Qu'est-ce qui est compris, et qu'est-ce qui se traite en supplément ? Une bonne réponse est écrite et énumérative, et elle nomme explicitement les postes qui n'y sont pas.
Quelles obligations annuelles portez-vous, et lesquelles restent à ma charge ? Chaque échéance a un responsable désigné ou n'a personne, comme l'expose notre guide sur le travail avec votre conseil et votre notaire : une question qui ne relève de personne finit par ne pas être traitée.
Qu'est-ce qui n'est pas dans votre périmètre ? La bonne réponse est parfois longue. Un interlocuteur qui ne délimite jamais son domaine ne le connaît pas, et un praticien solide sur un sujet ne l'est pas nécessairement sur un autre.
Qui suivra réellement le dossier.
La question paraît triviale et elle décide de la qualité du suivi sur toute la durée de la relation.
Qui traitera mon dossier au quotidien, et l'ai-je rencontré ? L'entretien de présentation et la tenue courante sont parfois assurés par deux personnes différentes, ce qui n'est pas une faute, mais se dit.
Combien de fois le dossier a-t-il changé de main chez vous ? La rotation d'une équipe est normale. La perte de mémoire du dossier ne l'est pas, et elle se mesure au nombre de fois où les mêmes informations sont redemandées.
Cette personne travaille-t-elle avec mes autres interlocuteurs ? Un dossier patrimonial se conduit rarement seul : le conseil du pays de départ, le gestionnaire et le notaire ont chacun leur part, et notre guide des dix questions d'un gestionnaire montre à quoi ressemble cette coordination vue de l'autre côté.
Ce qui est remis, daté et sourcé.
Un échange oral se déforme, et la trace écrite est ce qui reste utilisable trois ans plus tard.
Que me remettez-vous après le premier échange, et quand ? Une note écrite avant tout engagement dit ce qui paraît acquis, ce qui reste à vérifier et par qui. Notre guide du premier rendez-vous décrit ce que contient la nôtre.
Vos notes citent-elles les références, ou seulement les conclusions ? Un praticien doit pouvoir vérifier ce qui est avancé sans rappeler son auteur, et un chiffre se rattache à un texte daté.
Distinguez-vous ce que vous constatez de ce que vous déduisez ? La liste des articles d'une convention est un fait, vérifiable par n'importe qui. La portée d'une condition posée par une loi étrangère est une analyse, qui relève d'un praticien de ce pays.
Puis-je voir un exemple de livrable anonymisé ? La demande est légitime et en dit plus qu'un entretien : on y voit si les affirmations sont sourcées, si les chiffres sont datés, et si les réserves sont écrites.
Ce qui se passe en cas d'absence.
La continuité se décrit par une organisation, jamais par une promesse.
Que se passe-t-il si mon interlocuteur n'est plus là ? Congé, départ, indisponibilité : la réponse doit nommer un suppléant, un mode de reprise du dossier et un endroit où les pièces sont tenues.
Où sont conservés mes documents, et sous quelle forme ? Un dossier qui ne vit que dans la boîte électronique d'une personne n'est pas tenu.
Que se passe-t-il si mon dossier est refusé, ou si un contrôle survient ? La réponse doit décrire une procédure et des délais de recours, et non une assurance générale que le cas ne se présente pas.
Que me restituez-vous le jour où je pars, dans quel format et sous quel délai ? C'est la question la plus révélatrice de toutes, parce qu'elle ne s'improvise pas. Notre guide sur le changement de comptable expose ce qui vous appartient et ce qu'un cabinet peut légitimement conserver.
Ce qui doit alerter.
Aucun de ces signaux n'est grave isolément, et leur accumulation est significative.
L'absence totale d'incertitude. Sur des sujets qui bougent, une réponse qui n'exprime aucune réserve est plus inquiétante qu'une réponse qui en exprime. Aucun dossier réel n'est intégralement certain, et le dire est un signe de sérieux.
Une économie chiffrée annoncée avant les données. Un écart se calcule sur une situation complète. Une annonce faite plus tôt est un argument commercial, pas un résultat.
Une promesse portant sur ce qui dépend d'une administration. Un délai d'instruction, une décision, une position d'un service : des règles et des pratiques se décrivent, des décisions ne se garantissent pas.
Un conseil qui conclut toujours dans le même sens. Un cabinet qui n'a jamais dit à personne que l'opération envisagée n'apportait rien n'informe pas, il vend. Et une pression de calendrier, une offre limitée dans le temps, une urgence entretenue sont le contraire de ce que suppose une décision qui engage des années.
Ces questions valent pour nous comme pour un confrère.
Nous les publions parce que nous préférons y répondre au premier échange.
Nous ne percevons aucune rétrocession, d'aucun établissement, et nous ne versons ni ne recevons de commission d'apport. Notre rémunération vient du client seul, ce qui est la condition pour pouvoir dire qu'un dossier n'a pas lieu d'être.
Nous ne donnons aucun conseil en investissement. Ni titre, ni fonds, ni allocation, ni établissement, ni gestionnaire : la section 30 du Securities Act réserve cette matière à un titulaire de licence que nous ne détenons pas, et nous ne commentons pas la gestion d'un confrère.
Nous remettons une note écrite avant tout engagement, datée, référencée, distinguant ce que nous constatons de ce que nous déduisons, et nommant les incertitudes.
Et nous préférons une contradiction argumentée à un accord de façade. Si une réponse que nous donnons ne tient pas, dites-le : nous corrigeons nos pages quand elles ont tort, et ces questions gagnent à être posées à tous ceux que vous consulterez, nous compris.
Les questions qui filtrent le mieux
Quelle question sépare le plus vite ?
Celle des rétrocessions. Un cabinet dont la rémunération vient du client seul peut conclure qu'une opération n'a pas lieu d'être. Un cabinet rémunéré par un tiers a un intérêt à l'opération, et cela ne se corrige pas par la bonne volonté.
Que faut-il savoir du périmètre ?
Ce qui est traité en interne et ce qui est sous-traité, et à qui. Ce n'est pas une faute de sous-traiter, c'en est une de ne pas le dire, parce que cela change qui répond en cas de difficulté.
Qui suivra réellement le dossier ?
L'entretien de présentation et la tenue courante sont parfois assurés par deux personnes différentes. Ce n'est pas anormal, mais cela se sait avant plutôt qu'après, et la personne qui suivra mérite d'être rencontrée.
Que demander comme preuve de méthode ?
Un exemple de livrable anonymisé. On y voit si les affirmations sont sourcées, si les chiffres sont datés, et si les incertitudes sont nommées plutôt que lissées. Cela en dit plus qu'un entretien.
Quelle question est la plus révélatrice ?
Celle de la sortie : que me restituez-vous le jour où je pars, dans quel format et sous quel délai. Elle ne s'improvise pas, et la réponse dit beaucoup de la façon dont le dossier sera tenu.
La suite, naturellement.
Nous poser ces questions avant de nous confier quoi que ce soit
Premier échange offert, puis une note écrite sur votre situation avant tout engagement. Réponse sous 24 heures ouvrées.
Sans engagementFeuille de route offerteRéponse sous 24 h