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Maurice ou Andorre pour votre société : le comparatif critère par critère.

Maurice ou Andorre, les deux juridictions courtisent le même dirigeant francophone, celui qui veut un impôt bas et une vie ailleurs. Elles ne se ressemblent que de loin. L'une plafonne l'impôt personnel à 10 % mais contingente ses titres de séjour par un quota annuel ; l'autre ouvre un permis de dix ans sans quota mais vient de porter sa tranche haute à 35 %. Voici la comparaison sur les neuf critères qui décident vraiment, textes relevés au 16 août 2026.

Le match

Andorre ou Maurice : les neuf critères, en un tableau.

Les deux pays sont vendus par des intermédiaires qui n'en vendent qu'un. Voici la grille complète, reprise ensuite point par point, avec les textes et leurs dates.

CritèreMauriceAndorre
Impôt sur les sociétés15 %, ramené à 3 % à l'export et sur les revenus sous exemption partielle de 80 %10 %, taux unique de l'article 41 de la Llei 95/2010
Dividende à un associé non résidentaucune retenue à la sourceexonéré d'impôt sur le revenu des non-résidents
Taxe indirecteTVA à 15 %, seuil d'immatriculation de 3 millions de roupiesIGI à 4,5 %, 9,5 % sur les services bancaires et financiers
Substance exigéeadministrateur résident, direction et contrôle à Maurice pour une GBCautorisation d'investissement étranger, commerce enregistré et en activité
Auditdispense sous 100 millions de roupies de chiffre d'affaires, jamais pour une GBCdispense sous les seuils de l'article 72 de la Llei 20/2007
Convention avec la France1980, avec crédit d'impôt de 25 % sur les dividendes2013, en vigueur en 2015, avec une clause de nationalité
Titre de séjour par la sociétéoccupation permit de 10 ans, sans quotarésidence pour compte propre, sous contingent annuel
Fuseau et langueUTC+4, français langue de travailheure de Paris, catalan officiel, français d'usage courant
Banque18 banques agréées, comptes multidevises, pas de contrôle des changestrois groupes bancaires, zone euro et SEPA

Aucune ligne ne suffit à trancher. Trois d'entre elles le font presque toujours : le quota andorran, le barème de l'impôt personnel et l'accès bancaire.

L'impot

L'impot sur les societes, et les regimes qui n'existent plus.

Maurice impose les sociétés à 15 % en droit commun, en vertu de l'article 44 de l'Income Tax Act 1995. Trois régimes s'y substituent selon l'activité : 3 % sur la part du résultat attribuable à l'exportation de biens, 3 % sous les régimes Freeport et sectoriels, et une exemption partielle de 80 % qui laisse 20 % du revenu imposé à 15 %, soit 3 % effectifs, sur des catégories nommément visées comme les dividendes de source étrangère et les intérêts. Le détail figure dans notre page sur l'impôt sur les sociétés à l'île Maurice. Le Finance Act 2026, publié au Journal officiel du 13 août 2026, n'a modifié aucun de ces taux.

Andorre applique un taux unique de 10 %, posé par l'article 41 de la Llei 95/2010 du 29 décembre 2010, dont le texte consolidé intègre les modifications jusqu'à la Llei 1/2026 du 22 janvier. Deux régimes particuliers subsistent : celui des sociétés de détention de participations dans des sociétés étrangères, à l'article 38, qui exonère dividendes et plus-values de participations qualifiées, et un régime résiduel d'exploitation d'actifs incorporels à l'article 23.

Et c'est ici que le consensus francophone se trompe le plus lourdement. Les fameux 2 % andorrans ne sont plus du droit. Les régimes spéciaux qui produisaient ce taux, celui des sociétés intervenant dans le commerce international et celui de la gestion financière et de l'investissement intragroupe, ont été abrogés par la Llei 6/2018 du 19 avril 2018, adoptée pour aligner l'Andorre sur l'action 5 du projet BEPS de l'OCDE et sur le Code de conduite européen. Un site qui affiche encore 2 % cite un droit disparu depuis huit ans.

Les dividendes

Le dividende verse a un associe non resident.

Les deux pays sont neutres au moment de la distribution, mais pour des raisons différentes.

Andorre soumet en principe les revenus de source andorrane d'un non-résident à l'impôt sur le revenu des non-résidents de la Llei 94/2010, au taux général de 10 %. Les dividendes distribués par une société ayant acquitté l'impôt sur les sociétés andorran en sont exonérés : aucune retenue n'est pratiquée à la sortie.

Maurice n'a tout simplement jamais institué de retenue sur les dividendes. Son dispositif de retenue à la source vise les intérêts, les redevances, les loyers et certaines prestations, pas les distributions. La convention de 1980 autorise pourtant Maurice à prélever 5 % ou 15 % selon les cas : ce plafond reste théorique tant que le droit interne ne prélève rien.

L'écart apparaît en aval, chez l'associé resté résident de France. Le dividende mauricien ouvre droit au crédit d'impôt de 25 % du montant brut de l'article 24, paragraphe 2, c) de la convention de 1980, mécanisme que nous détaillons dans notre page sur le crédit d'impôt de 25 % sur les dividendes mauriciens. La convention franco-andorrane ne comporte aucun équivalent. A imposition locale identique, le dividende andorran coûte donc plus cher à un associé français que le dividende mauricien.

La taxe indirecte

TVA a 15 %, IGI a 4,5 % : le seuil change tout.

Maurice applique une TVA à 15 %, avec un seuil d'immatriculation abaissé à 3 millions de roupies de ventes taxables depuis le 1er octobre 2025, et une trentaine d'activités assujetties quel que soit le chiffre d'affaires. Notre page sur l'immatriculation à la TVA à Maurice reprend le mécanisme et ses pièges.

Andorre applique l'impôt général indirect, l'IGI de la Llei 11/2012 : taux général de 4,5 % à l'article 57, taux réduit de 1 %, taux super-réduit de 0 %, et taux majoré de 9,5 % sur les services bancaires et financiers à l'article 60. C'est le taux de consommation le plus bas d'Europe, et c'est un vrai argument pour une activité qui vend à des particuliers.

Attention au faux seuil. Le montant de 40 000 euros que l'on lit partout figure bien à l'article 5 de la Llei 11/2012, mais il ne dispense que la personne physique de la qualité d'entrepreneur pour les besoins de l'IGI. Une société andorrane est assujettie dès la première opération, sans seuil de franchise. La comparaison honnête n'est donc pas « 3 millions de roupies contre 40 000 euros » : c'est « un seuil réel à Maurice contre aucun seuil pour une société andorrane ».

Un dernier point, souvent oublié par les vendeurs de structures : l'Andorre n'appartient ni à l'Union européenne ni à son territoire de TVA. Une société andorrane n'obtient pas de numéro de TVA intracommunautaire et se présente à ses clients européens comme un fournisseur de pays tiers, avec l'autoliquidation et les formalités douanières que cela implique.

Substance et audit

Ce que chaque pays exige d'etre reellement.

Andorre a fait de la substance une condition d'entrée, et non un contrôle a posteriori. Pour créer votre société, il faut au préalable obtenir l'autorisation d'investissement étranger ; pour obtenir le titre de séjour correspondant, il faut détenir plus de 34 % du capital, exercer une fonction dans l'organe d'administration et prouver, dans les trois mois de la demande, que la société est titulaire d'un commerce dûment enregistré et en activité dans la Principauté. Une coquille andorrane ne franchit pas la première étape.

Maurice raisonne par véhicule. La société domestique exige au moins un administrateur résident. La Global Business Company doit être dirigée et contrôlée depuis Maurice, ce qui suppose deux administrateurs résidents et des décisions réellement prises sur place : c'est le fil conducteur de notre comparatif GBC ou Authorised Company. Vis-à-vis de la France, cette substance est le seul vrai pare-feu, comme l'explique notre guide sur la substance et l'établissement stable.

Sur l'audit, les deux régimes se rejoignent dans le principe et divergent dans les seuils.

Obligation d'auditMauriceAndorre
TexteCompanies Act 2001, article 2(5)(a), articles 195 et 198Llei 20/2007, article 72
Déclenchementchiffre d'affaires supérieur à 100 millions de roupies au dernier exercice closdeux critères sur trois pendant deux exercices consécutifs
Critèresun seul critère de chiffre d'affairesactif supérieur à 3,6 millions d'euros, chiffre d'affaires supérieur à 6 millions d'euros, plus de 25 salariés
Cas sans dispense possibletoute société titulaire d'une licence Global Businessaucun véhicule n'est audité par nature

Le seuil mauricien de 100 millions de roupies est en vigueur depuis le 2 août 2022 ; celui de 50 millions, encore recopié partout, est périmé, comme le rappelle notre page sur l'audit obligatoire à l'île Maurice.

La convention

Ce que la convention avec la France donne vraiment.

Les deux pays sont conventionnés avec la France, et c'est presque tout ce qu'ils ont en commun sur ce terrain.

La convention France-Maurice de 1980 est ancienne, stable, et elle produit un effet financier rare : le crédit d'impôt de 25 % déjà cité. Elle plafonne la retenue sur dividendes à 5 % ou 15 %, et s'insère dans un réseau mauricien d'une quarantaine de conventions.

La convention France-Andorre, signée le 2 avril 2013 et entrée en vigueur le 1er juillet 2015, plafonne la retenue sur les dividendes à 5 % lorsque le bénéficiaire est une société détenant au moins 10 % du capital et à 15 % dans les autres cas, et celle sur les intérêts comme sur les redevances à 5 %. Ces plafonds sont bas ; ils ne sont pas le sujet.

Le sujet est son article 25. La convention réserve à la France la faculté d'imposer les personnes physiques de nationalité française résidentes d'Andorre comme si la convention n'existait pas, sa mise en oeuvre étant renvoyée à un accord entre les autorités compétentes des deux Etats. Le rapporteur du Sénat avait souligné, lors de la ratification, que cette disposition rompt avec le principe de résidence retenu par toutes les autres conventions françaises. Elle n'a pas reçu d'application à ce jour, et le gouvernement a indiqué qu'elle n'en avait pas d'immédiate. Elle reste écrite. Second angle mort : le champ de la convention est limité à l'impôt sur le revenu, ce qui laisse un résident d'Andorre exposé à l'impôt sur la fortune immobilière français sur ses biens situés en France. La convention mauricienne ne comporte, elle, ni clause de nationalité ni volet fortune.

Le sejour

Le titre de sejour par la voie societaire, et le quota andorran.

C'est le critère le plus mal documenté en français, et celui qui commande le calendrier.

En Andorre, la voie sociétaire est la « résidence et travail pour compte propre » : plus de 34 % du capital, une fonction dans l'organe d'administration, un dépôt non rémunéré de 50 000 euros auprès de l'Autoritat Financera Andorrana au moment du dépôt de la demande, et la preuve d'un commerce actif dans les trois mois. L'autorisation initiale vaut un an, puis se renouvelle par périodes de deux ans. Elle est soumise à un contingent : le Decret 75/2026 du 11 mars 2026 en a ouvert 200 pour l'année, réparties par catégorie, chaque catégorie épuisée bloquant les demandes suivantes sans report possible. Ce contingent commande aussi l'installation d'une famille, sujet repris à part dans notre comparatif Maurice ou Andorre pour s'installer.

La voie passive, la « résidence sans activité lucrative », a changé d'échelle. Depuis la Llei 2/2026 du 22 janvier 2026, le titulaire principal doit investir 1 000 000 d'euros en actifs andorrans, montant ramené à 400 000 euros s'il est orienté vers le fonds pour le logement, avec un minimum de plus de 800 000 euros par unité immobilière en cas d'investissement immobilier. S'y ajoutent un versement de 50 000 euros à l'Autoritat Financera Andorrana pour le titulaire et de 12 000 euros par personne à charge, une présence effective d'au moins 90 jours par an, et là encore un contingent, fixé à 200 autorisations dont 163 pour la résidence passive proprement dite.

Piège de source, vérifié le 16 août 2026 : la fiche de procédure officielle du gouvernement andorran affichait encore, ce jour-là, l'ancienne grille de 600 000 euros d'investissement et de 47 500 et 9 500 euros de dépôt. C'est la loi publiée qui fait foi, pas la fiche non actualisée. Calibrez sur le montant le plus élevé et faites confirmer l'état du droit au dépôt.

A Maurice, l'occupation permit n'est soumis à aucun quota, dure dix ans et couvre le conjoint, les enfants et les parents à charge. L'Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Act 2026, publié le 13 août 2026, a porté l'apport de l'investisseur à 100 000 USD et laissé celui du self-employed à 50 000 USD, avec des objectifs de chiffre d'affaires progressifs. Le détail et le décalage encore visible sur le portail de l'Economic Development Board figurent dans notre comparatif permis investisseur ou self-employed.

Le quotidien

Fuseau, langue et banque : les trois frictions.

Le fuseau. L'Andorre vit à l'heure de Paris, toute l'année. Maurice est à UTC+4, soit deux heures d'avance sur la France en été et trois en hiver : une matinée mauricienne recouvre la nuit européenne, l'après-midi recouvre la matinée européenne. Pour une activité de service qui traite ses clients français en direct, l'écart est gérable mais réel ; pour une activité tournée vers l'Asie ou l'Afrique de l'Est, il devient un avantage.

La langue. Le catalan est la seule langue officielle andorrane, mais le français y est d'usage courant et l'administration se pratique sans difficulté pour un francophone. A Maurice, le français est la langue de travail des cabinets, des banques et de la presse, l'anglais celle des textes de loi et des juridictions. Aucun des deux pays ne pose de barrière linguistique à un dirigeant français.

La banque. L'Andorre compte trois groupes bancaires, Andbank, Creand et MoraBanc, relevés le 16 août 2026 sur le site de leur association professionnelle. Le pays utilise l'euro au titre d'un accord monétaire avec l'Union européenne et a rejoint l'espace SEPA en mars 2019 : les virements en euros y sont des virements domestiques. La contrepartie est un tissu bancaire étroit et très sélectif, où le compte se négocie en pratique en même temps que la résidence.

Maurice compte dix-huit banques titulaires d'une licence de la Bank of Mauritius, n'applique plus de contrôle des changes depuis 1994 et ouvre des comptes multidevises en roupies, en euros et en dollars, comme le détaille notre page sur le compte bancaire professionnel à l'île Maurice. Le KYC y est exigeant et l'instruction demande des semaines, mais le choix existe. En Andorre, il n'existe pas : trois portes, et pas de plan B local.

Le verdict

Pour qui Andorre gagne, pour qui Maurice gagne.

Commençons par ce qui dérange, parce que c'est le point que personne ne dit. Sur l'impôt personnel, l'Andorre l'emporte désormais nettement. Son impôt sur le revenu plafonne à 10 %, avec un minimum personnel exonéré de 24 000 euros. Maurice a introduit, pour l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026, un barème 0 / 10 / 20 / 35 dont la tranche haute frappe au-delà de 12 millions de roupies. Un dirigeant qui se rémunère très largement paie donc désormais plus cher à Maurice qu'en Andorre. Les dividendes mauriciens échappent à ce barème, ce qui rétablit l'équilibre pour qui se paie en distributions, mais l'argument mauricien du « faible impôt personnel » n'est plus vrai sans nuance.

L'Andorre est le bon choix pour une activité de services vendue à des clients européens, dont le dirigeant veut rester à quelques heures de route de sa famille, accepte 183 jours de présence effective, se rémunère fortement en salaire, et peut attendre l'ouverture d'un contingent. La proximité, le fuseau unique, l'euro et le taux de consommation à 4,5 % forment un ensemble cohérent qu'aucune juridiction lointaine ne reproduit.

Maurice est le bon choix pour une activité tournée vers l'Afrique, l'Inde ou l'océan Indien, pour une holding de participations étrangères qui a besoin d'un réseau conventionnel large et du taux effectif de 3 %, pour une famille dont les parents à charge doivent être couverts par le permis, pour un projet qui ne peut pas dépendre d'un quota, et pour toute activité qui a besoin de facturer et d'encaisser dans plusieurs devises sans contrôle des changes. Le permis de dix ans, obtenu sans loterie annuelle, vaut à lui seul un an de sérénité.

Aucun des deux n'est le bon choix si vous comptez continuer à vivre en France. Les deux pays exigent une présence réelle, les deux administrations fiscales le vérifient, et le droit français dispose de tout l'arsenal nécessaire pour rapatrier les bénéfices d'une structure dirigée depuis Paris ou Lyon. C'est un déménagement qui se décide, pas une société. La suite dépend de vos chiffres, de votre famille et de votre calendrier : c'est exactement l'objet du premier échange et de la note écrite que nous offrons.

Questions fréquentes

Maurice ou Andorre, vos questions.

L'impôt sur les sociétés est-il vraiment plus bas en Andorre qu'à Maurice ?

Sur le taux affiché, oui : 10 % en Andorre contre 15 % à Maurice. Sur le taux réellement payé, la réponse s'inverse souvent. Maurice applique 3 % à la part du résultat attribuable à l'exportation de biens et une exemption partielle de 80 % sur certains revenus étrangers, ce qui ramène le taux effectif à 3 %. Une société andorrane de droit commun paie ses 10 % sans équivalent. Le classement dépend donc entièrement de la nature du revenu, pas du taux nominal.

Peut-on encore obtenir 2 % d'impôt en Andorre ?

Non, et c'est l'information la plus périmée du sujet. Les régimes spéciaux qui produisaient ce taux effectif, celui des sociétés intervenant dans le commerce international et celui de la gestion financière et de l'investissement intragroupe, ont été abrogés par la Llei 6/2018 du 19 avril 2018, adoptée pour se conformer à l'action 5 du projet BEPS et au Code de conduite européen. Le régime des actifs incorporels a été fortement resserré à la même occasion. Les pages qui promettent encore 2 % citent un droit disparu depuis 2018.

Un dividende versé à un associé non résident est-il taxé dans l'un des deux pays ?

Ni dans l'un ni dans l'autre, au stade de la distribution. Andorre soumet en principe les revenus de source andorrane d'un non-résident à l'impôt sur le revenu des non-résidents au taux général de 10 %, mais les dividendes distribués par une société ayant acquitté l'impôt sur les sociétés andorran en sont exonérés. Maurice ne prélève aucune retenue sur les dividendes d'une société résidente. La différence se joue ensuite, en France, où seul le dividende mauricien ouvre un crédit d'impôt conventionnel.

La convention fiscale France-Andorre protège-t-elle un Français installé à Andorre ?

Moins complètement qu'on ne le croit. Signée le 2 avril 2013 et en vigueur depuis le 1er juillet 2015, elle comporte à son article 25 une clause qui permet à la France d'imposer les personnes physiques de nationalité française résidentes d'Andorre comme si la convention n'existait pas, sa mise en oeuvre étant renvoyée à un accord entre autorités compétentes. Cette clause n'a pas d'application à ce jour, mais elle existe, et aucune autre convention française n'en comporte d'équivalent. La convention ne couvre par ailleurs que l'impôt sur le revenu, pas l'impôt sur la fortune immobilière.

Faut-il attendre un quota pour s'installer en Andorre par sa société ?

Oui. La résidence et travail pour compte propre relève d'un contingent fixé par règlement, et le Decret 75/2026 du 11 mars 2026 en a ouvert 200 pour l'année, contre près du double l'année précédente. La résidence sans activité lucrative dispose de son propre contingent, également fixé à 200 autorisations, dont 163 pour la résidence passive proprement dite. Les demandes sont traitées par ordre chronologique et un contingent épuisé n'est pas reporté sur un autre. Maurice n'applique aucun quota à l'occupation permit.

Andorre ou Maurice pour un dirigeant à revenus personnels élevés ?

Andorre, presque toujours, et il faut le dire. Son impôt sur le revenu plafonne à 10 %, avec un minimum personnel exonéré de 24 000 euros. Maurice a introduit, pour l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2026, une tranche à 35 % au-delà de 12 millions de roupies, dans un barème 0 / 10 / 20 / 35. Un dirigeant qui se verse une rémunération très élevée supporte donc désormais à Maurice un taux marginal supérieur au taux andorran. Les dividendes mauriciens, eux, restent hors de ce barème.

Peut-on créer une société andorrane ou mauricienne en restant résident de France ?

On peut la créer, on ne peut pas espérer qu'elle échappe à la France. Une société dirigée depuis la France y a son siège de direction effective, donc sa résidence fiscale, et le dispositif de l'article 209 B ou celui de l'article 123 bis du code général des impôts peut réintégrer ses bénéfices. Les deux juridictions exigent d'ailleurs une présence réelle pour délivrer leur titre de séjour, 183 jours en Andorre pour la résidence active, une activité effective à Maurice pour l'occupation permit. Le montage sans déménagement n'existe dans aucune des deux.

Premier échange sans engagement

Comparons les deux juridictions sur votre cas précis.

Un premier échange offert, puis une note écrite sur la structure adaptée à votre activité, à vos revenus et à votre famille. Sans engagement.

Sans engagementFeuille de route offerteRéponse sous 24 h