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Maurice ou Seychelles pour votre société : le comparatif honnête.

Maurice ou Seychelles pour votre société ? Les deux archipels de l'océan Indien sont souvent présentés comme interchangeables. Ils ne le sont pas : l'un est une juridiction conventionnée où l'on peut réellement s'installer, l'autre un registre de sociétés conçu pour opérer ailleurs. Voici le comparatif structuré, sourcé et daté d'août 2026.

Le match

Comparatif Maurice Seychelles : la vue d'ensemble.

Le choix entre Maurice et les Seychelles est rarement présenté honnêtement, parce que ceux qui en parlent vendent l'une ou l'autre. Voici les huit critères qui comptent, développés ensuite point par point. La même grille est appliquée, dans le même ordre, à nos autres comparatifs de juridictions : Dubaï, l'Estonie, le Portugal, l'Andorre et Hong Kong.

CritèreMauriceSeychelles
Cadre juridiqueCompanies Act 2001, registre public (Registrar of Companies), FSC pour le global businessIBC Act 2016, registre tenu via un agent agréé, régulateur FSA
Impôt sur les sociétés15 %, ramené à 3 % effectif sur certains revenus étrangers0 % sur les revenus de source étrangère (territorialité) ; 15 % puis 25 % sur les revenus locaux
Convention fiscale avec la FranceOui, depuis 1980Non
Listes UE (mise à jour du 17 février 2026)Absente des annexes I et IISortie de l'annexe II le 17 février 2026, après six ans de va-et-vient
Substance exigéeOui, condition des avantages fiscauxOui pour les activités visées par l'Economic Substance Act
Compte bancairePlace bancaire régionale, comptes multidevisesTrès difficile ; établissements de paiement en ligne surtout
Résidence du dirigeantOccupation Permit, parcours baliséPas de parcours équivalent pour l'entrepreneur
Frais d'EtatImmatriculation peu coûteuse, registration fee annuelle par tranches de chiffre d'affairesDu même ordre, mais agent agréé obligatoire facturé en sus

Ce tableau ne dit pas que les Seychelles sont infréquentables : la juridiction s'est mise en conformité, et ses frais officiels sont bas. Il dit que les deux structures ne servent pas le même projet. La suite détaille pourquoi.

Le cadre

Companies Act contre IBC Act : deux philosophies.

A Maurice, la société de droit commun est la société domestique du Companies Act 2001 : une vraie société de plein exercice, inscrite à un registre public tenu par le Registrar of Companies, avec au moins un administrateur résident à Maurice. Selon les guides officiels du Registrar (avril 2025), l'incorporation est traitée en une demi-journée. Les véhicules internationaux (Global Business Company, Authorised Company) relèvent en plus de la Financial Services Commission, qui leur impose licence et reporting.

Créer une société aux Seychelles : l'IBC, et peu d'autre chose.

Aux Seychelles, le véhicule proposé aux non-résidents est l'International Business Company de l'IBC Act 2016. Sa philosophie est inverse : pas d'exigence d'administrateur local, constitution rapide, mais un agent agréé par la Financial Services Authority est obligatoire à vie, et la société est pensée pour exercer son activité hors du territoire. La confidentialité historique s'est nettement réduite : registres des bénéficiaires effectifs, échange de renseignements, obligations comptables déposées chez l'agent. Créer une société aux Seychelles reste simple ; c'est tout ce qui vient après qui se complique.

La fiscalité

Société offshore Seychelles ou Maurice : la fiscalité réelle.

Maurice impose les sociétés à 15 %. Une exonération partielle de 80 % ramène le taux effectif à 3 % sur certains revenus, notamment des dividendes et intérêts de source étrangère, sous conditions de substance. Il n'y a ni impôt sur les plus-values ni retenue à la source sur les dividendes sortants. Surtout, Maurice dispose d'une quarantaine de conventions fiscales en vigueur, dont la convention fiscale France-Maurice signée en 1980 : c'est elle qui sécurise les flux avec la France et qui, pour un résident fiscal français, ouvre le crédit d'impôt sur les dividendes.

Les Seychelles appliquent un régime territorial : les revenus de source étrangère d'une IBC échappent à l'impôt seychellois, les revenus locaux étant taxés à 15 % jusqu'à 1 million de roupies seychelloises puis 25 % (barème en vigueur depuis janvier 2022, source Seychelles Revenue Commission). Le point décisif pour un francophone : il n'existe aucune convention fiscale entre la France et les Seychelles. Une IBC à 0 % relève par construction du régime fiscal privilégié au sens du droit français : les articles 123 bis et 209 B du CGI permettent de réintégrer ses bénéfices en France, et l'article 238 A inverse la charge de la preuve sur les paiements qui lui sont adressés. Sans convention, aucun filet.

La réputation

Les listes UE et OCDE, à jour d'août 2026.

Soyons précis, parce que les sites concurrents ne le sont pas. A la mise à jour du 17 février 2026 de la liste européenne des juridictions non coopératives, ni Maurice ni les Seychelles ne figurent à l'annexe I (liste noire) ni à l'annexe II (liste grise).

L'histoire récente, en revanche, sépare les deux. Les Seychelles ont été inscrites sur la liste noire de l'UE en 2020, réinscrites en octobre 2023, reclassées en liste grise en février 2024, et n'en sont sorties que le 17 février 2026, après avoir obtenu du Forum mondial de l'OCDE la note « conforme pour l'essentiel » sur l'échange de renseignements. Elles figuraient encore sur la liste française des Etats et territoires non coopératifs jusqu'en mai 2025 (arrêté du 18 avril 2025). Maurice, de son côté, a soldé son passif en sortant de la liste grise du GAFI en octobre 2021 puis des listes anti-blanchiment de l'UE début 2022, et n'a pas figuré sur la liste noire fiscale européenne. Sur le papier, tout le monde est propre en août 2026 ; dans la mémoire des banquiers et des directions financières, le va-et-vient seychellois se paie encore.

La substance

L'exigence qui départage vraiment.

Les deux juridictions exigent désormais de la substance : Maurice en fait la condition de ses régimes de faveur (dépenses locales, personnel, direction effective sur place), les Seychelles l'imposent aux activités visées par leur réglementation de substance économique. La différence est pratique. A Maurice, la substance se construit réellement : bureaux, comptables, salariés, banques, prestataires. Aux Seychelles, démontrer une direction effective à Victoria relève, pour la plupart des entrepreneurs, de la fiction.

Or, vis-à-vis de l'administration française, la substance économique est le vrai pare-feu : c'est elle qui écarte l'établissement stable en France, les articles 123 bis et 209 B, et la remise en cause de la résidence fiscale de la société. Une structure sans substance est fragile partout ; elle l'est doublement sans convention.

La banque

Le test de vérité : ouvrir le compte.

C'est le critère qui dégrise le plus vite. Une IBC seychelloise ouvre rarement un compte dans une banque des Seychelles : le tissu bancaire local est mince et sélectif. La plupart de ces sociétés vivent avec des établissements de paiement en ligne, pratiques mais précaires : conditions mouvantes, plafonds, clôtures sans préavis lorsque le profil de risque de la juridiction se tend.

Maurice est, à l'inverse, une place bancaire régionale. Les banques de plein exercice y ouvrent des comptes multidevises aux sociétés locales comme aux structures détenues par des non-résidents. Le KYC est exigeant, les délais réels de quelques semaines, et un dossier mal préparé échoue ; mais le compte obtenu est un vrai compte, avec correspondants bancaires et virements internationaux ordinaires. Pour une activité qui encaisse des clients européens, la différence n'est pas cosmétique : elle est vitale.

La résidence

Vivre là où vit votre société.

Maurice permet d'aligner votre résidence et celle de votre société : l'Occupation Permit (investisseur, professionnel ou indépendant) offre un parcours balisé pour s'installer, diriger sa société sur place et devenir résident fiscal mauricien. Cet alignement n'est pas un confort, c'est une stratégie : il crée la substance, déclenche la convention et simplifie la banque.

Les Seychelles n'offrent pas d'équivalent orienté entrepreneur. L'IBC est conçue pour que ses bénéficiaires restent ailleurs, et le pays, magnifique pour y séjourner, n'est pas structuré pour accueillir le dirigeant qui veut y opérer son activité. Résultat : le dirigeant reste résident fiscal de son pays de départ, souvent la France, avec tout ce que cela implique quant à l'imposition des bénéfices de sa coquille. Pour qui envisage malgré tout d'y vivre, le comparatif Maurice ou les Seychelles pour s'installer reprend la question du côté du permis de résidence, de la famille, de la santé et de l'école.

Les coûts

Les frais d'Etat, comparés et sourcés.

Comparons ce qui est comparable : les frais officiels, hors honoraires d'accompagnement.

Poste officielMaurice (société domestique)Seychelles (IBC)
ImmatriculationPeu coûteuseDu même ordre
Frais annuels d'EtatRegistration fee au Registrar, par tranches de chiffre d'affairesTaxe annuelle forfaitaire, comparable
Intermédiaire obligatoireAucun pour une société domestiqueAgent agréé FSA obligatoire à vie, facturé en sus

Les véhicules régulés mauriciens sont un autre monde : la Global Business Company et l'Authorised Company ajoutent un droit de constitution et la redevance annuelle de la FSC (barème du Registrar). La leçon honnête, sur le seul terrain des frais d'Etat : les Seychelles ne sont pas moins chères que Maurice, contrairement à leur réputation. Le vrai coût d'une IBC est ailleurs : l'agent obligatoire, la banque introuvable, et le risque fiscal français non couvert.

Le verdict

Pour qui chaque option garde du sens.

Pour un entrepreneur francophone qui veut une activité réelle, une banque solide, la possibilité de s'installer et la protection d'une convention fiscale avec la France, Maurice l'emporte presque toujours. Ce n'est pas un slogan, c'est l'addition des sections qui précèdent : mêmes frais d'Etat, mais une convention, une place bancaire, un droit des sociétés complet et un chemin de résidence.

Les cas seychellois restants sont étroits : une détention purement passive d'actifs sans lien avec la France ni l'Union européenne, portée par un bénéficiaire qui n'est résident fiscal ni de France ni d'un pays à dispositif anti-abus comparable, sans besoin bancaire classique. Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, l'IBC peut se défendre ; sinon, elle fabrique du risque à bas bruit. Dans tous les cas, la réponse dépend de votre situation : c'est précisément l'objet du premier échange et de la note écrite que nous offrons.

Questions fréquentes

Maurice ou Seychelles, vos questions.

Les Seychelles, c'est vraiment zéro impôt ?

Le régime seychellois est territorial : une IBC n'est pas imposée aux Seychelles sur ses revenus de source étrangère, et les revenus locaux sont taxés à 15 % jusqu'à 1 million de roupies seychelloises puis 25 %. Mais ce zéro s'arrête aux frontières : pour un résident fiscal français, les articles 123 bis et 209 B du CGI peuvent réintégrer les bénéfices d'une entité faiblement imposée dans l'assiette française, et l'absence de convention fiscale entre la France et les Seychelles n'offre aucune protection.

Une IBC des Seychelles peut-elle facturer des clients français sereinement ?

C'est son point faible. Les sommes versées par une entreprise française vers un régime fiscal privilégié voient leur déductibilité conditionnée par l'article 238 A du CGI : votre client doit prouver la réalité et le juste prix de la prestation. Beaucoup de directions financières refusent simplement ce risque, alors qu'une facture mauricienne, adossée à la convention fiscale de 1980, est traitée comme une facture étrangère ordinaire.

Peut-on ouvrir un compte bancaire aux Seychelles pour son IBC ?

Difficilement. Les banques locales sont peu nombreuses et sélectives avec les IBC ; la plupart de ces sociétés fonctionnent avec des établissements de paiement en ligne, plus fragiles et parfois fermés sans préavis. A Maurice, une société au dossier sérieux ouvre un vrai compte multidevises auprès d'une banque de plein exercice, moyennant un KYC exigeant.

Puis-je vivre aux Seychelles avec ma société ?

Le pays n'offre pas de parcours de résidence pour entrepreneur comparable à l'Occupation Permit mauricien, et l'IBC est précisément conçue pour opérer hors des Seychelles. S'installer avec sa société, y embaucher, y construire de la substance : c'est le scénario mauricien. Le scénario seychellois suppose au contraire que vous et votre activité restiez ailleurs.

Premier échange sans engagement

Comparons les deux options sur votre cas.

Un premier échange, puis une note écrite sur la structure adaptée à votre situation, ses coûts réels et ses risques. Sans engagement.

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