Reprendre une école ou une crèche à l'île Maurice.
Une école privée, une maternelle et une crèche mauriciennes ne relèvent ni du même texte, ni de la même autorité, et la frontière passe à 3 ans. Le repreneur qui l'ignore négocie un agrément qui n'existe pas dans la forme qu'il imagine : dans les deux régimes, l'enregistrement se demande au nom d'une personne physique, le manager, et rien n'organise son transfert. S'y ajoute une disposition que peu de dossiers relèvent : l'Education Act répute le nouveau manager responsable des dettes de l'école envers son personnel antérieures à son enregistrement. Voici l'ordre des vérifications, et le seul point de négociation qui compte vraiment.
Trois structures, trois régimes, trois autorités.
Les dossiers d'éducation se présentent presque toujours de la même façon : une école, un effectif, des frais annuels, une liste d'attente. Le repreneur suppose un agrément unique, cessible, dont la reprise ne serait qu'une formalité. A l'île Maurice, il n'y a ni agrément unique, ni cessibilité, et la première question à poser n'est pas le prix mais l'âge des enfants accueillis.
Trois régimes se partagent le terrain. En dessous de 3 ans, l'accueil relève d'un enregistrement auprès du ministère chargé de l'égalité des genres et du bien-être familial. Au-dessus de 3 ans et jusqu'à l'entrée en primaire, une structure qui accueille au moins dix enfants est une école pré-primaire, enregistrée auprès de l'Early Childhood Care and Education Authority en application des règlements de 2011 pris sous l'ECCEA Act de 2007. A partir du primaire, on entre dans l'Education Act, dont les pouvoirs sont exercés par le Ministre chargé de l'éducation et, pour une école secondaire privée, par la Private Secondary Schools Authority. La frontière des âges est décrite du point de vue des familles dans notre page sur les crèches et maternelles à l'île Maurice.
Une précision s'impose sur le premier de ces trois régimes, et nous préférons la donner plutôt que de la combler par une transposition du droit français. L'enregistrement des structures accueillant les moins de 3 ans se fait bien auprès du ministère, mais nous n'avons pas pu établir au texte le règlement qui le régit aujourd'hui. Le Child Protection Act de 1994, sous lequel avaient été prises les règles d'enregistrement des institutions pour enfants, a été abrogé par le Children's Act 2020 à effet du 24 janvier 2022. Ce dernier habilite le Ministre à prendre des règlements sur l'enregistrement, le fonctionnement, la supervision et le contrôle des structures et services destinés aux enfants, à l'exclusion des hôpitaux et des écoles, mais nous n'avons pas retrouvé le texte d'application en vigueur. Sur ce point précis, la conduite à tenir est de faire confirmer par le ministère, par écrit et avant la signature, le régime applicable à l'établissement visé et les conditions d'un changement d'exploitant.
Un même établissement peut relever de deux régimes à la fois s'il accueille des tout-petits et des enfants de plus de 3 ans. C'est fréquent, et c'est la première chose que nous vérifions. La méthode générale d'un audit d'acquisition est décrite dans notre guide sur la due diligence à l'île Maurice ; cette page traite ce qui s'y ajoute quand la cible enseigne ou garde des enfants.
Ce qui est en jeu, qui le délivre, et ce qui passe au repreneur.
| Structure ou obligation | Qui le délivre ou le perçoit | Ce qui passe au repreneur | Le risque en cas de manquement |
|---|---|---|---|
| Accueil des moins de 3 ans | Ministère chargé de l'égalité des genres et du bien-être familial | Aucun transfert organisé ; l'enregistrement se redemande | Exploitation non enregistrée d'une structure accueillant des enfants |
| Ecole pré-primaire, plus de 3 ans, au moins dix enfants | Early Childhood Care and Education Authority | Certificat délivré au nom de l'école, valable vingt-quatre mois ; manager, éducateurs, auxiliaires et personnel enregistrés individuellement | L'école ne peut pas fonctionner ; annulation possible si le manager n'administre pas à la satisfaction de l'Autorité |
| Ecole primaire ou secondaire privée | Ministre chargé de l'éducation ; Private Secondary Schools Authority pour le secondaire privé | Certificat délivré au manager, valable un an, renouvelable ; demande au plus tard le 31 juillet de l'année précédant l'ouverture | Infraction pour le propriétaire, le manager, le recteur et l'enseignant d'une école non enregistrée |
| Enregistrement personnel du manager et du recteur | Même autorité | Personnel, jamais transférable ; refus possible si la personne ne réside pas à Maurice ou a atteint 70 ans | Impossibilité d'administrer légalement l'établissement |
| Permis du local, certificat sanitaire, certificat du service d'incendie | Conseil municipal ou de district, Sanitary Authority, service d'incendie | Pièces du dossier d'enregistrement et de chaque renouvellement | Refus d'enregistrement ou de renouvellement |
| Redevance de commerce classé, ligne « day care centre et jardin d'enfants » | Collectivité locale, réglée au guichet du Registrar | Due par l'exploitant, jamais transférée | Majoration, contrôle des locaux, fermeture provisoire |
| Inscriptions confirmées et sommes encaissées pour l'année en cours | Les familles | Suivent la société en rachat de parts ; restent au cédant en rachat de fonds sauf convention | Service dû sans trésorerie correspondante |
| Dettes envers le personnel antérieures à l'enregistrement du nouveau manager | Le personnel | Le manager nouvellement enregistré en est réputé responsable | Passif social hérité, quelle que soit la forme de l'opération |
Il est délivré à une personne, et rien n'organise son transfert.
C'est le point que la plupart des mémorandums de vente traitent en une ligne, et il commande toute l'opération.
Sous l'Education Act, aucune école ne peut commencer à fonctionner sans être enregistrée. La demande est présentée par la personne qui souhaite devenir manager de cette école, au plus tard le 31 juillet de l'année précédant celle où l'école doit commencer à fonctionner. Si le Ministre accepte, le certificat d'enregistrement est délivré à son manager, pour une durée d'un an, renouvelable annuellement, et le Ministre peut y attacher les conditions qu'il juge utiles. Le manager, le recteur et le principal doivent en outre être enregistrés à titre personnel, et cet enregistrement est lui aussi annuel. Aucune disposition ne prévoit qu'un certificat suive une cession de fonds ou un changement d'actionnaire.
Les motifs de refus, eux, sont explicites et parlants pour un repreneur : locaux dangereux, structurellement inadaptés ou insuffisamment protégés contre l'incendie ; locaux insalubres ou impropres pour raisons de santé ; non-conformité aux règlements ; enseignants ne possédant pas les qualifications prescrites ; locaux ou équipements ne permettant pas un enseignement efficace ; manager qui n'est pas une personne apte et convenable ; déclaration fausse sur un point important. Le Ministre peut également refuser si l'ouverture de l'école lui paraît préjudiciable aux intérêts de Maurice ou du public. Pour une école secondaire privée, le manager produit sur demande une attestation du ministère de la santé, une attestation du service d'incendie et de secours, et un certificat de solidité structurelle établi par un ingénieur professionnel enregistré agréé par le Ministre.
Trois motifs d'annulation méritent d'être mis sous les yeux d'un repreneur : l'école a cessé d'exister, le manager ne s'est pas conformé à une injonction, et le manager n'administre pas l'école de manière efficace. Et lorsque l'enregistrement d'une école est annulé, celui de son manager l'est aussi.
Sous le régime pré-primaire, la logique est la même avec un vocabulaire différent. Aucune école pré-primaire ne peut commencer à fonctionner sans être enregistrée auprès de l'Autorité. La demande porte à la fois sur l'école, sur son manager, sur son éducateur, sur chaque auxiliaire de garde et sur les membres du personnel, et elle se dépose au moins deux mois avant le démarrage. Le certificat est délivré au nom de l'école, pour vingt-quatre mois ou pour une durée plus courte, et il précise si l'établissement est autorisé à assurer un service de garde. L'école doit à tout moment être administrée par un manager à temps plein, enregistré, et nul ne peut administrer plus d'une école pré-primaire à la fois.
La conclusion est identique dans les deux régimes et elle doit figurer noir sur blanc dans la lettre d'intention : le repreneur dépose en son nom propre, et la réalisation de son enregistrement est une condition suspensive de l'opération. Racheter les parts de la société propriétaire ne dispense de rien, puisque c'est une personne physique qui est enregistrée. Pour un repreneur non résident, la contrainte est plus dure encore : le Ministre peut refuser d'enregistrer comme manager une personne qui ne réside pas à Maurice. Le titre de séjour se prépare donc en parallèle du dossier, sujet traité dans notre page sur le permis investisseur par rachat d'entreprise.
Ce qui bloque une reprise d'école, et pourquoi cela se voit au renouvellement.
Les pièces relatives aux locaux sont les mêmes dans les deux régimes, à un document près, et elles sont exigées à l'enregistrement comme à chaque renouvellement. Sous le régime pré-primaire, la demande est accompagnée du permis délivré par le conseil de district ou le conseil municipal pour les locaux où l'école exercera, d'un certificat de la Sanitary Authority au titre du Public Health Act attestant que les lieux sont exempts de toute nuisance, et d'un certificat du service d'incendie attestant que les lieux satisfont aux exigences de sécurité incendie. Le renouvellement, qui se demande dans le mois précédant l'échéance, exige de nouveau ces mêmes documents.
Trois conséquences pratiques, dans l'ordre où elles font échouer des dossiers.
D'abord, une extension non permise vaut refus. Beaucoup d'établissements ont ajouté une classe, couvert une cour, transformé un garage en salle de sieste. Tant que rien ne change, personne ne demande rien ; le jour du renouvellement, le permis produit ne correspond plus au bâtiment visité. Demandez le permis, puis marchez dans l'établissement avec le plan à la main.
Ensuite, le bail est le vrai actif. Une école ne déménage pas en cours d'année, et un déménagement suppose de reconstituer l'ensemble des pièces sur un local neuf. La durée résiduelle du bail est donc le chiffre le plus important du dossier, avant le résultat. Si les murs appartiennent au cédant, la question devient : vend-il aussi les murs, et à quelles conditions vous les loue-t-il si vous ne les achetez pas ?
Enfin, le calendrier scolaire commande tout. Une autorisation obtenue en octobre ne sert à rien pour une rentrée de janvier, et la demande d'enregistrement d'une école sous l'Education Act se dépose au plus tard le 31 juillet de l'année précédente. Une reprise mal séquencée ne coûte pas une pénalité, elle coûte une année d'exploitation. La structuration de l'établissement et de sa société se cadre en amont, comme l'explique notre page sur la création et la gestion d'une société à Maurice.
Le personnel n'est pas une masse salariale, c'est un registre.
C'est la particularité la plus mal comprise du secteur, et elle change la nature de l'audit social.
Sous le régime pré-primaire, les règlements fixent des taux et des qualifications au texte. Il doit y avoir au moins un éducateur pour vingt-cinq enfants, et, pour un établissement autorisé à assurer un service de garde, au moins un auxiliaire de garde pour vingt enfants. Le temps d'enseignement ne peut être ni inférieur à cinq heures ni supérieur à six heures par jour, et l'année comporte trois trimestres alignés sur ceux du primaire. Le service de garde ne peut excéder six heures par jour ouvré scolaire et onze heures par jour de semaine pendant les vacances.
Les personnes, elles, s'enregistrent individuellement. Un éducateur doit avoir entre 18 et 65 ans, détenir un certificat de fin d'études secondaires ou une qualification équivalente acceptée par l'Autorité, détenir un certificat en éducation préscolaire ou une qualification équivalente, et produire un certificat médical et un certificat de moralité datant de moins d'un mois ainsi qu'une radiographie pulmonaire de moins de cinq ans. Un auxiliaire de garde relève d'exigences voisines, avec un niveau scolaire propre. Et surtout, nul ne peut travailler dans une école pré-primaire sans être enregistré auprès de l'Autorité, personnel non enseignant compris. Les certificats médicaux et de moralité se renouvellent tous les trois ans, la radiographie tous les cinq ans, et le défaut de production autorise la radiation.
Sous l'Education Act, la règle est plus courte mais tout aussi ferme : nul ne peut enseigner ni être employé comme enseignant dans une école sans être un enseignant qualifié, c'est-à-dire titulaire au moins des qualifications minimales prescrites.
Traduisez en audit. Vous ne comparez pas un organigramme à un bulletin de paie, vous comparez le registre d'enregistrement à la paie, nom par nom, avec les dates. Un salarié dont le certificat de moralité est périmé est un salarié qui ne peut pas être maintenu en poste dans un établissement en règle. Une équipe sous-dimensionnée au regard des taux d'encadrement est un budget de recrutement immédiat, et non une performance de gestion. Le manager doit par ailleurs tenir un jeu de registres précisément énuméré, dont le registre d'admission, le registre de présence des enfants et du personnel, le registre d'inspection, le livre de caisse et le cahier d'occurrences, et transmettre chaque année, au 31 janvier, la liste des enfants admis, des enfants bénéficiant du service de garde, du personnel non enseignant, des auxiliaires et des éducateurs. Ces registres sont votre meilleure source d'audit, bien meilleure que les comptes : ils sont tenus pour l'Autorité, pas pour l'acheteur. L'Autorité peut inspecter avec ou sans préavis, et les services de santé peuvent intervenir de leur côté.
Le socle du droit du travail s'applique par ailleurs pleinement, avec ses compteurs d'ancienneté et ses règles de rupture, décrits dans nos pages sur le droit du travail à l'île Maurice et le contrat de travail.
Des contrats annuels, un prix encadrable, un calendrier qui gouverne tout.
Aucun texte mauricien ne crée un régime particulier du contrat de scolarisation : on est en droit commun des contrats. Ce qui se lit donc, ce sont les conditions d'inscription elles-mêmes, et elles se lisent intégralement, pas en diagonale. Trois clauses font le prix de l'affaire : le préavis de retrait exigé d'une famille, le caractère remboursable ou non des sommes versées à l'inscription, et la clause de révision des frais.
Un point réglementaire mérite d'être connu avant de bâtir un plan sur une hausse tarifaire : l'Education Act habilite le Ministre à prendre des règles relatives aux frais de scolarité dans les écoles. Le prix d'un établissement privé mauricien n'est donc pas juridiquement hors d'atteinte, et un plan de reprise dont l'équilibre repose sur deux hausses successives se construit sur une hypothèse, pas sur un droit. Le contexte de marché, du côté des familles, est décrit dans notre page sur les frais de scolarité à l'île Maurice.
Le calendrier, enfin, est le seul véritable maître du dossier. Les campagnes de réinscription se jouent plusieurs mois avant la rentrée. Une école se vend donc soit avant la campagne, avec un effectif futur incertain, soit après, avec un effectif connu mais une trésorerie déjà encaissée. Ces deux affaires ne se paient pas au même prix, et la date d'effet se négocie aussi durement que le multiple.
Le point de négociation réel.
A la date de reprise, un établissement scolaire détient presque toujours de l'argent pour un service qu'il n'a pas encore rendu : droits d'inscription, premier trimestre, paiements annuels réglés d'avance par les familles qui bénéficient d'une remise. C'est le poste central de la négociation, et il est presque toujours traité en dernier.
Le sort juridique dépend de la forme de l'opération. En rachat de parts, la société reste la même personne : les engagements pris envers les familles viennent avec elle, et la vraie question n'est pas juridique mais financière, à savoir si la trésorerie correspondante est encore au bilan ou si elle a servi à financer l'exploitation de l'exercice écoulé. En rachat de fonds, l'obligation reste en principe au cédant, mais les familles se présenteront à la grille le jour de la rentrée. Refuser de les accueillir revient à acheter une école et à congédier ses élèves. L'arbitrage général entre les deux formes est traité dans notre page fonds de commerce ou parts sociales.
La méthode que nous appliquons tient en quatre gestes. On arrête une date d'effet. On extrait la liste des inscriptions confirmées pour l'année à venir, élève par élève, avec le montant appelé et le montant encaissé. On calcule la part de service non rendue à cette date, valorisée au coût de production, c'est-à-dire à ce que vous décaisserez en salaires et en charges pour délivrer l'année. Et on impute ce montant en ajustement de prix, non en garantie de passif : une garantie indemnise après le dommage, un ajustement le neutralise avant. La garantie d'actif et de passif reste utile, mais elle n'est pas l'outil adapté à un décalage de trésorerie connu et chiffrable.
Un indicateur supplémentaire décide souvent de l'opération, et il ne coûte rien à obtenir : le taux de réinscription depuis l'annonce de la vente. Les familles suivent une personne, un projet pédagogique, une directrice, bien davantage qu'une enseigne. Si les confirmations ont chuté depuis que le départ du fondateur est connu, vous n'achetez pas une école, vous achetez des locaux. La parade se négocie explicitement : présence du cédant sur une année scolaire complète, communication conjointe aux familles, engagement de non-concurrence, et paiement d'une partie du prix indexé sur l'effectif effectivement présent à la rentrée suivante.
Une disposition qui traverse la forme de l'opération.
L'Education Act contient une règle que peu de dossiers relèvent et qui devrait pourtant figurer en tête de tout audit d'école : la personne enregistrée comme manager d'une école existante est réputée responsable de toutes les dettes contractées par cette école avant son enregistrement à l'égard du personnel enseignant et non enseignant employé par l'école, ainsi que de toute subvention versée à l'école.
La portée est considérable. Le raisonnement habituel du repreneur, selon lequel un rachat de fonds de commerce laisse le passé au cédant, ne tient pas ici pour le passif social. C'est vous, en tant que manager nouvellement enregistré, qui êtes réputé en répondre. Deux conséquences opérationnelles en découlent.
La première est que le compteur d'ancienneté et les arriérés se chiffrent avant la signature, salarié par salarié : ancienneté acquise, indemnités de fin de contrat potentielles, congés non pris, heures supplémentaires, cotisations sociales déclarées et effectivement versées. Ce travail se fait sur les registres et sur les déclarations, jamais sur une déclaration du vendeur. Le cadre général du transfert d'entreprise est traité dans notre page sur la reprise d'entreprise et le sort des salariés, et les mécanismes de rupture dans notre page sur le licenciement à l'île Maurice.
La seconde est que la garantie de passif doit être calibrée sur ce risque nommément, avec une durée qui couvre la prescription des actions sociales et, si le montant en jeu le justifie, une fraction du prix séquestrée plutôt qu'une simple promesse d'indemnisation. Une garantie donnée par un cédant qui quitte le pays après la vente ne vaut que par le mécanisme qui la sécurise.
L'arbitrage n'est jamais neutre, et le calendrier pèse plus que le multiple.
Deux règles fiscales encadrent la décision. Le Finance Act 2026, promulgué le 12 août 2026, a abrogé le droit d'enregistrement majoré de 10 % et ramené les droits à 5 %. Et la cession de titres d'une société détenant un immeuble mauricien est taxée à 5 % au titre de la land transfer tax, à la charge du cédant et assise sur une valeur et non sur un gain, en application des sections 4(1)(ca) et 4(1)(i) du Land (Duties and Taxes) Act. Or les établissements scolaires possèdent souvent leurs murs : l'arbitrage entre reprendre les parts et reprendre le fonds n'est donc jamais neutre, et la charge nominale du cédant se retrouve toujours dans la discussion sur le prix. Le mécanisme est détaillé dans notre page sur la fiscalité d'une cession d'entreprise à Maurice.
Sur la valeur elle-même, les méthodes générales figurent dans notre page sur la valorisation d'une entreprise mauricienne. Ce qui est propre à l'éducation tient à trois observations.
Le multiple est plus élevé que dans le commerce, parce que le chiffre d'affaires est contractuel, annuel et visible douze mois à l'avance. Il chute brutalement dès que le taux de réinscription se dégrade, parce que la base est un stock d'élèves et non un flux de clients : une classe qui ne se remplit pas ne se rattrape pas au trimestre suivant, elle se rattrape en trois ans.
Les retraitements sont toujours les mêmes et toujours substantiels. La rémunération du fondateur, qui enseigne, dirige et administre à lui seul et se paie rarement au prix du marché. Le loyer réel, lorsque les murs appartiennent au cédant ou à une société civile qu'il contrôle. Les produits constatés d'avance, décrits plus haut. Et le budget d'investissement différé : peinture, sanitaires, sécurité incendie, aires de jeu, informatique. Un établissement se visite le jour où il est le plus propre, et les certificats se renouvellent sur l'état réel.
Reste ce que nous disons à tous les repreneurs de ce secteur, et qui n'apparaît dans aucun tableau. Une école n'est pas une entreprise qui se pilote au résultat trimestriel : ses décisions produisent leurs effets à la rentrée suivante, et une erreur de recrutement ou de communication se paie sur une cohorte entière. Le calendrier gouverne donc l'opération de bout en bout : l'enregistrement du manager, le renouvellement des certificats, le dépôt de juillet, la campagne de réinscription, la date d'effet. Prenez-les dans cet ordre, et le prix se discutera ensuite. Le cabinet accompagne les deux côtés de la table, et nos missions de reprise sont présentées sur la page céder ou reprendre une entreprise à Maurice.
Vos questions sur la reprise d'une école ou d'une crèche.
Qui délivre l'agrément d'une école privée à l'île Maurice ?
Le Ministre chargé de l'éducation, sur le fondement de l'Education Act. Aucune école ne peut commencer à fonctionner sans être enregistrée, la demande est présentée par la personne qui souhaite devenir manager, et le certificat lui est délivré à lui. Pour une école secondaire privée, la loi confie l'exercice de ces pouvoirs à la Private Secondary Schools Authority. La loi retient par ailleurs une définition très large de l'école : tout rassemblement d'au moins dix élèves pour un enseignement. Un centre de soutien scolaire peut donc y entrer.
Une crèche relève-t-elle de la même autorité qu'une école maternelle ?
Non, et c'est la première erreur de cadrage. Au-dessus de 3 ans, une structure qui accueille au moins dix enfants est une école pré-primaire au sens des règlements de 2011, enregistrée auprès de l'Early Childhood Care and Education Authority. En dessous de 3 ans, ce régime ne s'applique pas : les structures d'accueil des tout-petits s'enregistrent auprès du ministère chargé de l'égalité des genres et du bien-être familial. Un établissement peut donc être parfaitement en règle sans détenir le moindre certificat de l'Autorité.
L'agrément d'une école se transmet-il au repreneur ?
Aucun des deux régimes n'organise de transfert. Sous l'Education Act, le certificat est délivré au manager, valable un an et renouvelable annuellement ; le manager lui-même doit être enregistré à titre personnel. Sous le régime pré-primaire, le certificat est délivré au nom de l'école pour vingt-quatre mois, mais le manager, les éducateurs, les auxiliaires de garde et tout membre du personnel sont enregistrés individuellement, et nul ne peut travailler dans l'établissement sans l'être. Le repreneur dépose donc en son nom propre.
Un repreneur étranger peut-il être manager d'une école mauricienne ?
Il doit d'abord résider à Maurice. L'Education Act permet au Ministre de refuser d'enregistrer une personne comme manager ou recteur lorsqu'elle n'est pas résidente à Maurice, qu'elle n'est pas de bonne moralité, qu'elle est médicalement inapte, qu'elle n'est pas apte et convenable pour le poste, qu'elle a atteint l'âge de 70 ans ou qu'elle ne détient pas les qualifications prescrites. La question du titre de séjour se traite donc avant la signature, en même temps que celle de l'agrément, et non après.
Que deviennent les inscriptions et les acomptes de l'année en cours ?
C'est le vrai point de négociation. A la date de reprise, l'établissement détient de l'argent pour un service qu'il n'a pas rendu. En rachat de parts, la dette vient avec la société, et la seule question utile est de savoir si la trésorerie correspondante est encore là. En rachat de fonds, l'obligation reste au cédant, mais les familles se présenteront à vous. Nous chiffrons la part de service non rendue à la date d'effet et nous l'imputons en ajustement de prix, pas en garantie.
Le repreneur hérite-t-il du passé social de l'école ?
Pour l'essentiel oui, et une disposition va plus loin que le droit commun. L'Education Act prévoit que la personne enregistrée comme manager d'une école existante est réputée responsable de toutes les dettes contractées par cette école avant son enregistrement à l'égard du personnel enseignant et non enseignant employé par l'école, ainsi que de toute subvention versée. La forme de l'opération n'y change rien : le compteur d'ancienneté et les arriérés se chiffrent avant la signature.
Comment se valorise une école ou une crèche à Maurice ?
Sur un multiple d'excédent brut d'exploitation retraité, plus élevé que dans le commerce parce que le chiffre d'affaires est contractuel et récurrent, mais très sensible au taux de réinscription. Trois retraitements sont systématiques : la rémunération du fondateur qui enseigne ou dirige lui-même, le loyer lorsque les murs appartiennent au cédant, et les produits constatés d'avance. Le calendrier de la vente déplace le prix davantage que le multiple, parce qu'une école vendue en juin a déjà encaissé la rentrée.
La suite, naturellement.
Reprendre une société de services à Maurice
Quand la valeur tient aux contrats et aux hommes, pas aux actifs.
Découvrir →Reprise d'entreprise et sort des salariés
Ce qui se transmet automatiquement et ce que le repreneur hérite.
Découvrir →Céder ou reprendre une entreprise à Maurice
La page de référence du cabinet sur les deux côtés de la table.
Découvrir →Un établissement scolaire se reprend sur un calendrier, pas sur un prix.
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