Maurice ou l'Andorre : ce que le doublement de février 2026 change
La moitié des comparaisons disponibles raisonne encore sur un investissement de 600 000 euros. Ce montant n'a plus cours : depuis février 2026 la résidence passive andorrane en exige un million, et le dépôt qui l'accompagne n'est plus remboursable.
Le ticket d'entrée a doublé.
Commençons par le fait le plus récent, parce qu'il rend caduque une grande partie de ce qui circule encore.
La résidence passive andorrane exigeait un investissement de 600 000 euros en actifs andorrans. Depuis février 2026, ce montant est porté à 1 000 000 d'euros.
L'investissement peut prendre la forme d'immobilier, de participations dans des sociétés locales ou de fonds d'Etat, ou de 400 000 euros dans le Fonds pour le logement de l'Etat.
Le dépôt auprès de l'autorité financière andorrane, fixé à 50 000 euros, est devenu non remboursable. Ce n'est donc plus une caution mais un coût d'entrée.
Toute comparaison fondée sur les anciens montants est fausse, et il en subsiste beaucoup en ligne. C'est le premier point à vérifier avant d'examiner quoi que ce soit d'autre.
Un taux plafonné, pas un régime dérogatoire.
Le régime fiscal andorran se distingue de ceux que nous comparons ailleurs, et cette distinction est à son avantage.
L'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés y sont plafonnés à 10 %.
Il n'existe ni impôt sur la fortune, ni droits de succession, ni taxe foncière.
Et il ne s'agit pas d'un régime réservé aux arrivants, avec une durée et une condition d'accès, mais du droit commun andorran. C'est une différence de nature avec l'Italie, la Grèce, l'Espagne ou Chypre, dont notre synthèse sur où s'installer avec un patrimoine financier expose les horloges.
Aucune horloge ne court donc en Andorre, et sur ce point précis le pays se compare à Maurice plutôt qu'aux régimes à durée déterminée.
Un capital immobilisé et une présence exigée.
Ce que le régime ne prend pas en impôt, il le demande autrement, et sur deux terrains.
Un million d'euros immobilisés en actifs andorrans, dans un pays dont le marché est étroit. Notre guide sur le régime grec pose la distinction qui vaut ici aussi : un forfait est une dépense, un investissement obligatoire est une immobilisation, avec sa liquidité propre et sa sortie propre.
Une présence d'au moins quatre-vingt-dix jours par an, condition attachée au statut.
Ce seuil de présence est nettement plus léger que celui d'une résidence fiscale ordinaire, et c'est un avantage réel pour qui veut garder un pied en Europe. Notre guide de la résidence fiscale mauricienne expose des critères d'une autre exigence.
Mais un seuil de présence bas ne règle pas la question du pays que l'on quitte, qui applique ses propres critères et peut continuer de vous regarder comme son résident.
Deux modèles, deux profils.
Une fois les termes posés, le départage est plus net qu'il n'y paraît.
Sur les plus-values de cession de titres, Maurice l'emporte : l'item 7 de la deuxième annexe les place hors du revenu imposable, là où l'Andorre applique son taux plafonné. Notre guide des plus-values mobilières en expose le périmètre.
Sur les revenus courants, la comparaison demande un calcul. Maurice a un impôt sur le revenu, et la règle de la remittance basis commande les revenus de source étrangère : selon la composition et le rapatriement, le résultat peut pencher d'un côté ou de l'autre.
Sur la fortune et la succession, les deux se rejoignent : ni l'un ni l'autre ne prélève.
Et sur l'entrée, l'écart est franc. Maurice n'exige aucun investissement pour accéder à son régime, l'Andorre en exige un million.
Trois configurations.
Il serait malhonnête de conclure sans dire quand ce choix est le bon.
Une personne qui veut rester à quelques heures de sa famille européenne, avec une exigence de présence de quatre-vingt-dix jours qui laisse une vraie latitude.
Une personne dont le patrimoine comporte déjà un projet immobilier local, auquel cas l'investissement cesse d'être une contrainte et devient une allocation qu'elle aurait faite de toute façon.
Et une personne dont les revenus courants dominent les plus-values, puisque c'est sur les cessions de titres que Maurice creuse l'écart.
A l'inverse, l'Andorre convient mal à un patrimoine dont la valeur est dans le capital plutôt que dans un flux, et à qui refuse d'immobiliser un million dans un marché étroit.
Un ticket se révise comme un prix.
Ce constat prolonge celui que nos autres comparaisons documentent, et il l'étend à une nouvelle catégorie.
Nous avions relevé que les régimes dérogatoires se révisent : le Portugal a fermé le sien, l'Italie a triplé son forfait, le Royaume-Uni a supprimé le sien, Chypre a mis un prix sur la prolongation du sien.
L'Andorre montre que les tickets d'entrée se révisent aussi, et dans le même sens : de 600 000 à 1 000 000 d'euros, avec un dépôt devenu non remboursable au passage.
La conséquence pratique est identique : une décision se raisonne sur l'horizon complet, entrée, durée et sortie, et non sur le montant affiché à un instant donné.
Ce n'est pas un reproche adressé à ces pays, dont la politique fiscale leur appartient. C'est un critère de choix, et il devrait figurer dans toute comparaison sérieuse.
Les trois oublis habituels.
Un tableau de destinations donne une fausse impression de complétude.
Le mécanisme de sortie de votre pays de départ, qui dépend parfois de la destination choisie et peut renverser un classement, comme l'expose notre guide de l'imposition belge de sortie.
Les postes non fiscaux : retenues étrangères, coût de la gestion, change, que notre guide sur vivre de son portefeuille chiffre comme il se doit.
Et le coût d'opportunité d'un million immobilisé, qui n'apparaît dans aucune brochure et qui s'apprécie sur la durée du séjour.
Et ce que nous laissons au praticien andorran.
Nous traitons la partie mauricienne : résidence et permis, structure lorsqu'elle se justifie, comptabilité, déclarations, transmission côté mauricien.
Nous ne conseillons pas sur le droit andorran. Les conditions du statut de résident passif, la nature des actifs éligibles, le dépôt auprès de l'autorité financière et les modalités de sortie relèvent d'un praticien andorran, et ces points commandent le dossier.
Nous ne donnons aucun conseil en investissement et ne percevons aucune rétrocession, comme l'expose notre guide sur le fait de garder son gestionnaire.
Et nous vérifions les montants avant de comparer. Sur ce dossier précis, la moitié des comparaisons disponibles raisonne encore sur 600 000 euros, montant qui n'a plus cours depuis février 2026. Une comparaison fondée sur un chiffre périmé ne se corrige pas à la marge, elle se refait.
Quatre-vingt-dix jours ne suffisent pas partout.
Ce point mérite d'être isolé, parce qu'il est la source de la plus mauvaise surprise possible.
Le seuil de quatre-vingt-dix jours est une condition du statut andorran. Ce n'est pas une garantie que votre pays d'origine cessera de vous considérer comme son résident.
Chaque Etat applique ses propres critères, et plusieurs retiennent des attaches qui n'ont rien à voir avec un décompte de jours : le foyer, le centre des intérêts économiques, la famille, le logement conservé.
Une présence minimale respectée d'un côté et des attaches maintenues de l'autre produisent deux résidences concurrentes, situation qui se départage par convention lorsqu'il en existe une, et qui se règle mal lorsqu'il n'y en a pas.
C'est pourquoi la question du départ se traite avant celle de l'arrivée, quelle que soit la destination envisagée.
Les questions sur la résidence passive andorrane
Quel investissement la résidence passive exige-t-elle ?
Un million d'euros en actifs andorrans depuis février 2026, contre 600 000 euros auparavant. L'investissement peut prendre la forme d'immobilier, de participations dans des sociétés locales ou de fonds d'Etat, ou de 400 000 euros dans le Fonds pour le logement de l'Etat.
Le dépôt auprès de l'autorité financière est-il récupérable ?
Non, plus depuis la réforme. Le dépôt de 50 000 euros est devenu non remboursable, ce qui en fait un coût d'entrée et non une caution.
Combien de temps faut-il être présent ?
Au moins quatre-vingt-dix jours par an, condition attachée au statut. C'est nettement plus léger que les critères d'une résidence fiscale ordinaire, ce qui constitue un avantage réel pour qui veut garder un pied en Europe.
Quelle est la fiscalité andorrane ?
L'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés sont plafonnés à 10 %, et il n'existe ni impôt sur la fortune, ni droits de succession, ni taxe foncière. Ce n'est pas un régime réservé aux arrivants mais le droit commun, donc aucune horloge ne court.
Où Maurice l'emporte-t-il ?
Sur les plus-values de cession de titres, que l'item 7 place hors du revenu imposable là où l'Andorre applique son taux plafonné, et sur l'entrée, puisque aucun investissement n'est exigé pour accéder au régime mauricien.
La suite, naturellement.
Maurice ou le régime grec
Un forfait doublé d'un investissement obligatoire.
Découvrir →La résidence fiscale mauricienne
Les critères, les preuves, et ce qui ne suffit pas.
Découvrir →Où s'installer avec un patrimoine financier
Quatorze destinations, et les trois questions qui départagent.
Découvrir →Refaire le calcul sur les montants en vigueur
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