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Maurice ou le régime grec : un forfait doublé d'un ticket d'entrée

Le dispositif grec impose une condition que ses voisins n'ont pas : un investissement d'au moins 500 000 euros sur place. Ce n'est plus seulement un prix acquitté chaque année, c'est du capital immobilisé, et cela change la nature du choix.

Le régime grec

Un forfait, une durée, et un investissement obligatoire.

Le dispositif se distingue de ses voisins par une condition que les autres n'imposent pas, et c'est elle qui change la nature du choix.

L'imposition forfaitaire porte sur 100 000 euros par an, au titre des revenus de source étrangère, quel que soit le niveau de ces revenus.

La durée est de quinze ans, et le régime suppose de ne pas avoir été résident fiscal grec pendant sept des huit années précédentes.

L'extension à un proche coûte 20 000 euros par personne et par an.

Et il faut réaliser un investissement d'au moins 500 000 euros en Grèce, dans le délai légal. C'est le point qui distingue ce régime de tous les autres que nous comparons : ce n'est pas seulement un prix, c'est un ticket d'entrée en capital.

Ce que le ticket d'entrée change

Une immobilisation, pas une dépense.

La différence entre payer et immobiliser mérite d'être posée, parce qu'elle est systématiquement présentée à l'envers.

Un forfait est une dépense : la somme est acquittée et le sujet est clos pour l'année.

Un investissement obligatoire est une immobilisation : le capital reste le vôtre, mais il est engagé dans un pays donné, dans une classe d'actifs donnée, pour la durée que le régime exige.

Cela introduit un risque que le forfait n'a pas : celui de l'actif lui-même, et celui de sa liquidité au moment où l'on voudrait sortir. Notre guide sur l'immobilier et le portefeuille expose pourquoi un rattachement au lieu ne se défait pas comme un placement financier.

Autrement dit, le coût annoncé du régime grec n'est pas son coût réel. Il faut y ajouter ce que l'immobilisation vous empêche de faire ailleurs, et ce que sa sortie coûtera le jour venu.

La comparaison avec l'Italie

Moins cher, mais pas gratuit.

Les deux régimes se ressemblent et ne s'adressent pas au même profil.

Le forfait italien porte sur 300 000 euros par an depuis le 1er janvier 2026, contre 100 000 euros en Grèce, et l'extension familiale y coûte 50 000 euros par personne contre 20 000 euros. Notre guide sur le forfait fiscal italien retrace ses trois révisions en dix-huit mois.

Mais l'Italie n'impose aucun investissement, là où la Grèce en exige un d'au moins 500 000 euros.

La durée est la même dans les deux cas, quinze ans non renouvelables.

Le départage tient donc à votre situation : un flux annuel très élevé et aucune envie d'immobiliser du capital désignent l'Italie ; un flux plus modeste et un projet immobilier grec préexistant désignent la Grèce. Aucun des deux ne convient à qui raisonne sur trente ans.

Le point commun de tous ces régimes

L'horloge, et son terme.

C'est le motif que nos comparaisons documentent l'une après l'autre, et il se confirme ici.

Quinze ans non renouvelables, comme en Italie, contre dix-sept ans à Chypre et quatre ans au Royaume-Uni depuis la réforme du 6 avril 2025.

A l'échéance, le contribuable bascule dans le régime ordinaire, et il faut avoir préparé cette sortie le jour de l'entrée. Peu de dossiers le font.

Notre synthèse sur où s'installer avec un patrimoine financier met quatorze destinations sur les mêmes lignes et expose les trois questions qui départagent réellement.

Maurice ne comporte aucune horloge de ce type, ni durée à l'issue de laquelle le traitement change, ni paiement pour la prolonger.

Ce que Maurice propose en regard

Sans ticket ni forfait.

Le contraste est simple, et il faut le donner avec ses limites plutôt que de le survendre.

Aucun montant forfaitaire n'est dû du seul fait de résider, et aucun investissement n'est exigé pour accéder au régime.

Le produit de la cession d'unités, de titres et de valeurs mobilières est placé hors du revenu imposable par l'item 7 de la deuxième annexe, comme l'expose notre guide des plus-values mobilières.

Mais Maurice a un impôt sur le revenu. Les dividendes et les intérêts obéissent à des règles propres, et la règle de la remittance basis commande le traitement des revenus de source étrangère. Il serait faux de présenter le régime comme une absence d'imposition.

Et Maurice n'est pas dans l'Union européenne, ce qui prive de l'avantage que la Grèce partage avec l'Italie, Malte et Chypre : simplifier les mécanismes de sortie de certains pays de départ.

Le calcul de bascule

Il se fait sur trois nombres.

Pour une fois, l'arbitrage se ramène à des grandeurs simples, ce qui permet de le poser soi-même.

Votre flux annuel de revenus étrangers. En dessous d'un certain niveau, un forfait de 100 000 euros coûte plus cher que le régime ordinaire d'un pays sans dispositif particulier.

Votre horizon. Quinze ans est une durée longue pour un projet de milieu de vie, et courte pour une personne de cinquante ans.

Et le coût d'opportunité de 500 000 euros immobilisés, qui n'apparaît dans aucune brochure et qui s'apprécie sur la durée du régime.

Ces trois nombres suffisent à écarter la Grèce ou à la retenir, et aucun d'eux ne demande un spécialiste. Le reste du dossier vient après.

Ce que ce comparatif ne dit pas

Trois choses, comme toujours.

Un tableau de régimes donne une fausse impression de complétude, et il faut nommer ce qu'il laisse dehors.

Le mécanisme de sortie de votre pays de départ, qui peut à lui seul renverser un classement, comme l'expose notre guide de l'imposition belge de sortie.

Les postes non fiscaux : retenues étrangères, coût de la gestion, change. Notre guide sur vivre de son portefeuille montre qu'ils réduisent le revenu disponible sans figurer nulle part dans une comparaison de régimes.

Et le motif réel de l'installation, qui n'est presque jamais fiscal chez les personnes qui restent.

Ce que nous faisons

Et ce que nous laissons au praticien grec.

Nous traitons la partie mauricienne : résidence et permis, structure lorsqu'elle se justifie, comptabilité, déclarations, transmission côté mauricien.

Nous ne conseillons pas sur le droit grec. Les conditions d'accès au régime, la nature des investissements éligibles, le délai de réalisation et les modalités de sortie relèvent d'un praticien grec, et ces points commandent le dossier.

Nous ne donnons aucun conseil en investissement et ne percevons aucune rétrocession, comme l'expose notre guide sur le fait de garder son gestionnaire.

Et nous disons quand la Grèce est le meilleur choix. Un flux annuel modéré, un horizon inférieur à quinze ans, un attachement au pays et un projet immobilier qui aurait existé de toute façon : dans cette configuration, l'investissement obligatoire cesse d'être une contrainte et le forfait devient compétitif.

Une remarque sur les tickets d'entrée

Ils se généralisent.

Ce constat dépasse la Grèce, et il complète le motif que nos autres comparaisons documentent.

Plusieurs pays ne se contentent plus d'un prix, ils demandent aussi un engagement en capital sur leur territoire, ce qui lie le contribuable autrement qu'un forfait annuel.

La logique de l'Etat est lisible : un forfait apporte une recette, un investissement apporte une recette et du capital immobilisé.

La logique du contribuable devrait l'être autant. Un capital engagé dans un pays devient un actif rattaché à ce pays, avec sa fiscalité propre, sa liquidité propre et sa sortie propre, comme l'expose notre guide sur le passage de l'immobilier au portefeuille.

C'est une raison de plus de raisonner sur l'horizon complet, entrée, durée et sortie, plutôt que sur le montant affiché à l'entrée.

Questions fréquentes

Les questions sur le régime grec

Que prévoit le régime grec des nouveaux résidents ?

Une imposition forfaitaire de 100 000 euros par an sur les revenus de source étrangère, quel que soit leur niveau, pendant quinze ans. Il suppose de ne pas avoir été résident fiscal grec pendant sept des huit années précédentes, et l'extension à un proche coûte 20 000 euros par personne et par an.

Quelle est la condition que les autres régimes n'imposent pas ?

Un investissement d'au moins 500 000 euros en Grèce, à réaliser dans le délai légal. Ce n'est pas une dépense mais une immobilisation : le capital reste le vôtre, engagé dans un pays et une classe d'actifs donnés, pour la durée du régime.

Comment se compare-t-il au forfait italien ?

Il est nettement moins cher, 100 000 euros contre 300 000 depuis le 1er janvier 2026, et l'extension familiale y coûte 20 000 euros contre 50 000. Mais l'Italie n'exige aucun investissement. La durée est la même, quinze ans non renouvelables.

Maurice impose-t-il un ticket d'entrée ?

Non, ni forfait annuel ni investissement obligatoire pour accéder au régime. En contrepartie, Maurice a un impôt sur le revenu : les dividendes et intérêts obéissent à des règles propres et la remittance basis commande les revenus de source étrangère.

Comment trancher ?

Sur trois nombres : votre flux annuel de revenus étrangers, votre horizon au regard des quinze ans, et le coût d'opportunité de 500 000 euros immobilisés, qui n'apparaît dans aucune brochure. Aucun des trois ne demande un spécialiste.

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