Le taux de change de la roupie, et lequel retenir selon l'usage.
Cette page ne donne aucun cours, et c'est volontaire : un cours écrit dans une page est faux le lendemain. Elle répond à la question qui, elle, ne change pas : quel cours retenir, pour quel usage, et où le prendre. Quatre usages n'appellent pas la même réponse, la tenue comptable, la déclaration à la MRA, la facture en devise et les états financiers. Deux textes commandent l'essentiel, l'article 6 de l'Income Tax Act et les sections 12(1) et 20(2)(fa) du Value Added Tax Act. Etat des règles au 17 août 2026.
Quel cours pour quel usage.
Cette page ne porte aucune valeur de cours, par construction. Voici la seule chose qui se conserve : la correspondance entre un usage, le cours qu'il appelle et le texte qui le commande.
| Usage | Le cours à retenir | Le texte ou la règle | Le guide |
|---|---|---|---|
| Enregistrement d'une opération en devise | le cours du jour de l'opération | référentiel comptable applicable | comptabilité à l'île Maurice |
| Réévaluation des postes monétaires à la clôture | le cours de clôture, appliqué de façon homogène à tous les comptes concernés | référentiel comptable applicable | logiciel de comptabilité |
| Postes non monétaires au coût historique | pas de réévaluation, le cours d'origine est conservé | référentiel comptable applicable | normes IFRS |
| Revenu ou dépense transféré dans l'année | le cours en vigueur à la date du transfert | Income Tax Act, art. 6 | déclaration fiscale de société |
| Revenu ou dépense non transféré dans l'année | le cours en vigueur à la clôture de l'année de revenu | Income Tax Act, art. 6 | déclaration fiscale de société |
| Facture en devise, valeur taxable | la valeur est exprimée en monnaie mauricienne | Value Added Tax Act, section 12(1) | facture conforme |
| Facture en devise, mention obligatoire | le taux de change retenu figure sur la facture | Value Added Tax Act, section 20(2)(fa) | facture conforme |
| Etats financiers présentés en devise | note indiquant le cours moyen à la clôture publié par la Bank of Mauritius | Companies Act, art. 213 | états financiers |
| Valeur en douane à l'importation | le cours de l'avis en vigueur la semaine du dépôt de la déclaration | avis pris au titre de la section 7 du Customs Tariff Act | obligations comptables |
| Conversion réellement subie sur un encaissement | le cours appliqué par la banque exécutante, marge incluse | contrat bancaire | compte multi-devises |
Une ligne mérite d'être lue deux fois : la règle fiscale de l'article 6 ne remplace pas le traitement comptable, elle s'y superpose. Les deux coexistent, et c'est le passage du résultat comptable au résultat fiscal qui les réconcilie.
Ce que publie la banque centrale, et ce que publient les banques.
La source officielle mauricienne est la Bank of Mauritius. Elle ne publie pas une série unique mais plusieurs, qui ne décrivent pas la même chose. Confondre l'une avec l'autre est la première cause d'écart inexpliqué dans un dossier.
| Série publiée | Ce qu'elle mesure | Fréquence | Ce à quoi elle sert |
|---|---|---|---|
| Consolidated Indicative Exchange Rates | moyenne simple des cours indicatifs transmis par l'ensemble des banques | jours ouvrés | référence neutre pour une conversion comptable ou une note d'états financiers |
| Indicative Exchange Rates of Local Banks and FOREX Dealers | les cours indicatifs, banque par banque et opérateur par opérateur | jours ouvrés | comparer les grilles affichées avant de choisir où convertir |
| FX Dealt Rates | cours moyen pondéré des transactions réellement conduites, sur les opérations d'un montant égal ou supérieur à USD 20 000 ou son équivalent, en dollar, euro et livre | quotidienne | savoir à quel niveau le marché traite vraiment, avant de négocier |
| Mauritius Exchange Rate Index | indice de la roupie contre un panier de devises | périodique | suivre une tendance, jamais convertir une opération |
| Avis de la MRA au titre du Customs Tariff Act | cours applicable à la valeur en douane, publié quelques jours à l'avance | hebdomadaire | déclaration d'importation, et rien d'autre |
| Grille affichée par votre banque | cours acheteur et cours vendeur pratiqués, marge incluse | quotidienne | le cours que vous subissez réellement sur une conversion |
Trois principes en découlent, et ils tiennent en une phrase chacun. La source se choisit une fois, se documente et ne change plus en cours d'exercice. Le cours retenu se conserve avec la pièce, pas seulement dans l'écriture. Et une conversion réellement exécutée par une banque se comptabilise au cours que la banque a appliqué, jamais à un cours reconstitué après coup.
L'article 6 de l'Income Tax Act.
C'est le texte que l'on cherche en vain dans les notes de méthode, et il est pourtant explicite. Il pose d'abord un principe : les revenus, où qu'ils soient nés, ainsi que les dépenses et les pertes, où qu'elles soient supportées, sont exprimés en roupies mauriciennes. Il donne ensuite la règle de conversion, qui dépend d'un fait unique, l'existence ou non d'un transfert dans l'année.
| Situation | Le cours applicable |
|---|---|
| Revenu rapatrié à Maurice au cours de l'année de revenu où il est réalisé | le cours en vigueur à la date du transfert |
| Dépense payée depuis Maurice au cours de l'année de revenu où elle est supportée | le cours en vigueur à la date du transfert |
| Aucun transfert dans l'année de revenu | le cours en vigueur à la clôture de cette année de revenu |
La portée pratique est directe pour un résident imposé sur ses revenus de source étrangère à leur remise, régime décrit sur la page remittance basis à Maurice : la date du transfert n'est pas seulement l'événement qui rend le revenu imposable, c'est aussi celle qui fixe le cours. Pour un particulier, les conséquences se lisent avec les seuils de la page chiffres clés du particulier à Maurice.
Le taux de change est une mention obligatoire, pas un confort.
Deux sections du Value Added Tax Act se combinent, et l'oubli de la seconde est massif sur les factures d'exportateurs.
La section 12(1) pose que la valeur d'une opération taxable est exprimée en monnaie mauricienne. La section 20(2)(fa) impose de mentionner sur la VAT invoice le taux de change retenu lorsque cette valeur est libellée dans une autre monnaie. Une facture en euros ou en dollars qui ne porte pas ce taux est incomplète au regard de la section 20, ce qui expose l'acheteur assujetti sur sa déduction.
Deux conséquences opérationnelles en découlent. Le taux doit figurer sur le document lui-même, et non rester dans l'écriture comptable qui le porte. Et le modèle de facture s'audite une fois, puis se fige : c'est la seule façon de garantir que la mention ne disparaît pas au fil des versions. Le détail des huit mentions de la section 20 figure sur la page facture conforme à l'île Maurice, et l'articulation avec la facturation en euros vers un client européen sur la page facturer des clients français depuis Maurice.
Le point prend du poids avec la facturation électronique : un document transmis à la MRA porte ses mentions dans un format contrôlé, et une donnée absente n'est plus une négligence discrète.
Monnaie de tenue, monnaie de présentation.
Trois notions se confondent régulièrement, et le tableau suivant les sépare.
| Notion | Comment elle se détermine | Ce qui la commande |
|---|---|---|
| Monnaie fonctionnelle | elle se constate, elle ne se choisit pas : c'est celle de l'environnement économique principal de l'entité | référentiel comptable |
| Monnaie de présentation | roupie mauricienne par défaut, devise sur autorisation du Registrar | Companies Act, art. 213 |
| Monnaie de la déclaration fiscale | roupie mauricienne, sans exception | Income Tax Act, art. 6 |
L'autorisation du Registrar n'est pas de pure forme : elle suppose que l'activité opérationnelle principale de l'exercice ait été conduite dans cette devise et que la présentation en devise donne une image plus fidèle. Une note doit alors indiquer le cours moyen à la clôture publié par la Bank of Mauritius, et le retour à la roupie suppose une nouvelle autorisation. Une société de Grand Baie qui facture, encaisse et achète en euros peut donc avoir l'euro pour monnaie fonctionnelle tout en présentant ses comptes en roupies. Le régime complet figure sur la page normes IFRS à l'île Maurice.
Le cours du marché n'est pas le cours de votre banque.
C'est l'erreur la plus fréquente, et elle est systématique plutôt qu'accidentelle. Le cours affiché par un moteur de recherche ou une application de marché est un point médian, la moyenne entre le prix auquel les acteurs achètent une devise et celui auquel ils la vendent. Une banque, elle, publie un cours acheteur et un cours vendeur, et l'écart entre les deux est sa rémunération sur l'opération. Cet écart est incorporé dans le cours appliqué, jamais présenté en ligne distincte.
| Ce que l'on compare | Cours médian de marché | Cours appliqué par la banque |
|---|---|---|
| Nature | point de référence statistique | prix réellement pratiqué |
| Marge de l'intermédiaire | absente | incorporée, non détaillée |
| Usage défendable | comparer, suivre une tendance | comptabiliser une opération réellement exécutée |
| Effet d'un usage erroné | écart systématique et récurrent, dans le même sens | aucun |
Deux notions voisines ne doivent pas être confondues dans les comptes. L'écart de change vient du mouvement du cours entre deux dates : personne ne l'a prélevé. La marge de change, elle, est un prix payé à un intermédiaire, mais noyée dans le cours appliqué. Une comptabilité qui enregistre chaque opération dans sa devise d'origine laisse voir les deux ; une comptabilité qui n'enregistre que la contre-valeur arrondie n'en montre aucune. Le mécanisme et les arbitrages de conversion sont traités sur la page compte et carte multi-devises à Maurice, et le trajet d'un virement entrant sur la page recevoir un virement international à Maurice.
Ce qui rend un cours défendable en contrôle.
Un cours n'est jamais contesté pour lui-même. Ce qui se conteste, c'est l'incohérence : deux sources dans le même exercice, un cours de clôture appliqué à certains comptes et pas à d'autres, ou une conversion reconstituée alors que la banque en avait exécuté une.
- Documenter la source retenue, série par série, et la mentionner dans les méthodes comptables.
- Appliquer le même cours de clôture à tous les postes monétaires concernés, sans exception de confort.
- Conserver le cours avec la pièce, et le faire figurer sur les factures en devise comme la section 20(2)(fa) l'exige.
- Ne jamais substituer un cours reconstitué au cours réellement appliqué par une banque sur une opération exécutée.
- Distinguer dans les comptes l'écart de change et la marge de change, qui n'ont ni la même origine ni le même traitement.
Ces exigences se vérifient en pratique lors d'un contrôle fiscal de la MRA, et elles conditionnent la cohérence de la déclaration de TVA comme celle du résultat fiscal. Les seuils et taux qui s'appliquent ensuite à ce résultat sont réunis sur la page chiffres clés de la société mauricienne, et le régime de TVA des services exportés sur la page TVA et exportation de services. Pour le cadre général de la tenue, la page TVA à l'île Maurice complète l'ensemble.
Le taux de change de la roupie, vos questions.
Pourquoi cette page ne donne-t-elle aucun cours ?
Parce qu'un cours publié dans une page devient faux dès le lendemain, et qu'un chiffre périmé recopié dans une écriture ou une déclaration crée une erreur plus coûteuse que l'absence de chiffre. Ce qui est stable, c'est la méthode : quel cours la loi impose selon l'usage, et quelle source fait référence. Les valeurs se prennent au jour le jour à la source, et la source officielle mauricienne est la Bank of Mauritius, complétée par les avis de la MRA pour la valeur en douane.
Quel cours retenir pour convertir un revenu dans une déclaration mauricienne ?
L'article 6 de l'Income Tax Act impose d'exprimer en roupies les revenus, où qu'ils soient nés, ainsi que les dépenses et les pertes. Il donne aussi la règle de conversion. Lorsque le revenu est rapatrié à Maurice, ou la dépense payée depuis Maurice, au cours de l'année de revenu où il est réalisé ou supportée, c'est le cours en vigueur à la date du transfert qui s'applique. A défaut de transfert dans l'année, c'est le cours en vigueur à la clôture de cette année de revenu.
Une facture en euros émise depuis Maurice doit-elle porter le taux de change ?
Oui, et c'est la mention la plus souvent absente. La section 20(2)(fa) du Value Added Tax Act impose de faire figurer sur la VAT invoice le taux de change retenu lorsque la valeur est libellée dans une monnaie autre que la roupie. Elle se combine avec la section 12(1), qui impose que la valeur d'une opération taxable soit exprimée en monnaie mauricienne. Une facture en devise sans taux de change est incomplète au regard de la section 20, avec les conséquences que cela emporte pour l'acheteur assujetti.
Quelle est la source officielle du cours de la roupie ?
La Bank of Mauritius. Elle publie plusieurs séries distinctes, qui ne servent pas le même usage : les Consolidated Indicative Exchange Rates, moyennes simples des cours indicatifs transmis par les banques ; les cours indicatifs banque par banque ; et les FX Dealt Rates, cours moyens pondérés des transactions réellement conduites. La MRA publie de son côté, par avis pris au titre de la section 7 du Customs Tariff Act, un cours hebdomadaire réservé à la valeur en douane.
Le cours affiché par un moteur de recherche peut-il servir de référence ?
Pour se faire une idée, oui. Pour une écriture, une facture ou une déclaration, non. Ce cours est un point médian entre le prix acheteur et le prix vendeur du marché, auquel aucun particulier et aucune PME ne traite. Le cours réellement appliqué est celui de la banque qui exécute l'opération, marge incluse. Retenir un cours médian pour comptabiliser une opération réglée par une banque crée un écart systématique que rien ne justifie en contrôle.
Faut-il retenir le cours du jour ou le cours de clôture ?
Les deux, à des moments différents. Une opération s'enregistre au cours du jour de l'opération. A la clôture, les postes monétaires libellés en devise, soldes bancaires, créances clients et dettes fournisseurs, sont réévalués au cours de clôture, et la différence constatée est un écart de change comptabilisé en produit ou en charge. Les postes non monétaires évalués au coût historique ne se réévaluent pas. La règle fiscale de l'article 6 se superpose à ce traitement comptable, elle ne le remplace pas.
Une société mauricienne peut-elle tenir ses comptes en euros ?
La monnaie fonctionnelle se constate, elle ne se choisit pas : c'est celle de l'environnement économique principal de l'entité. La monnaie de présentation, en revanche, relève d'une décision administrative. L'article 213 du Companies Act impose la roupie mauricienne, sauf autorisation du Registrar, accordée lorsque l'activité principale de l'exercice a été conduite dans cette devise et que la présentation en devise donne une image plus fidèle. Une note doit alors indiquer le cours moyen à la clôture publié par la Bank of Mauritius.
La suite, naturellement.
La facture conforme à l'île Maurice
Les mentions de la section 20, dont le taux de change, et le modèle qui les porte.
Découvrir →Le compte et la carte multi-devises à Maurice
Marge de change, écart de change, et à quel moment décider de convertir.
Découvrir →Les normes IFRS à l'île Maurice
Monnaie fonctionnelle, monnaie de présentation et autorisation du Registrar.
Découvrir →Parlons de votre projet à Maurice.
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