Les sept postes de coût d'un portefeuille confié, et le huitième.
Cette page ne traite pas du coût d'un cabinet, dont notre site ne parle nulle part, mais de ce que coûte le fait de confier un portefeuille à un gestionnaire. Elle ne donne aucun montant : les niveaux varient trop selon la taille, la nature du mandat et la place pour qu'une indication soit autre chose qu'une approximation trompeuse. Ce qu'elle fait, et que personne ne fait, c'est nommer les postes. Un client qui connaît la liste pose de meilleures questions, et un intermédiaire sérieux y répond volontiers.
Le coût d'un cabinet n'est pas le sujet.
Autant le dire d'emblée pour éviter tout malentendu : cette page ne traite pas du coût d'un cabinet, et notre site n'en traite nulle part. Elle traite exclusivement de ce que coûte le fait de confier un portefeuille à un gestionnaire, poste par poste, et de ce que l'on doit pouvoir exiger en échange.
Nous n'y donnons aucun montant et aucune fourchette, pour deux raisons. Les niveaux varient trop selon la taille, la nature du mandat et la place pour qu'une indication soit autre chose qu'une approximation trompeuse. Et notre métier n'est pas de comparer des offres de gestion, ce que la section 30 du Securities Act 2005 réserve d'ailleurs à un titulaire de licence que nous ne détenons pas.
Ce que nous pouvons faire, et que personne ne fait, c'est nommer les postes. Un client qui connaît la liste pose de meilleures questions, et un intermédiaire sérieux répond volontiers à des questions précises.
La liste complète.
Ils ne s'appliquent pas tous à chaque situation, et c'est justement pour cela qu'il faut les connaître tous.
Les frais de gestion. La rémunération périodique du gestionnaire, généralement assise sur les encours. C'est le poste le plus visible et souvent le seul discuté.
Les droits de garde. La rémunération de la conservation des titres, distincte de la gestion, et due au custodian même lorsque celui-ci appartient au même groupe.
Les frais de transaction. Perçus à chaque opération, ils dépendent du volume d'activité du portefeuille et non de sa taille.
Les frais d'entrée et de sortie, sur certains produits, et les frais de transfert lorsqu'on change d'établissement.
Les frais internes des produits détenus. Un fonds prélève ses propres frais avant de délivrer sa performance. Ils n'apparaissent sur aucun relevé du client, et ils s'ajoutent aux frais de gestion facturés par ailleurs.
Les rétrocessions. Une part des frais internes d'un produit, reversée à celui qui l'a placé. Elles ne sont pas illégitimes, elles doivent être connues.
Le change. Toute conversion de devise comporte un écart entre le cours obtenu et le cours de référence. Sur un portefeuille international détenu par un résident de Maurice, ce poste est loin d'être négligeable, comme l'expose notre guide du change et de la roupie.
La fiscalité en amont.
Il ne figure sur aucune grille tarifaire parce que ce n'est pas un frais, et pourtant il pèse souvent davantage que plusieurs postes réunis.
Les retenues à la source prélevées par les pays d'origine des titres amputent le revenu avant qu'il n'arrive, et Maurice ne peut rien contre elles. Notre guide de la retenue à la source expose l'effet pervers : moins il y a d'impôt mauricien, moins il reste de matière sur laquelle imputer ce qui a été prélevé ailleurs.
Les retenues supportées par les fonds eux-mêmes, avant même de distribuer, sont invisibles et non imputables, comme l'expose notre guide des ETF et fonds étrangers.
Conséquence pratique : comparer deux propositions sur les seuls frais annoncés revient à comparer deux moitiés de calcul. Deux gestions aux frais identiques peuvent délivrer des rendements nets très différents selon les véhicules retenus et leur pays d'établissement.
Trois principes, et un piège.
Ramener tout à un total annuel. Frais de gestion, droits de garde, frais internes des produits et coût moyen des transactions, exprimés dans la même unité et sur la même période. C'est la seule comparaison qui a un sens, et un intermédiaire sérieux la produit sans difficulté.
Distinguer ce qui suit les encours de ce qui suit l'activité. Une gestion très active coûte davantage en transactions, indépendamment de la taille du portefeuille. Deux structures de frais identiques peuvent donc produire des coûts réels très différents selon le rythme de rotation.
Demander le net, pas le brut. La performance qui compte est celle qui reste après tous les postes ci-dessus et après fiscalité. C'est la seule qui se compare à autre chose.
Le piège tient en une phrase : le poste le plus discuté, les frais de gestion, est rarement celui qui pèse le plus. Se battre sur ce seul poste tout en ignorant les frais internes des produits, les rétrocessions et le change revient à négocier sur la partie visible.
Cinq choses, sans avoir à insister.
Elles ne relèvent d'aucune faveur : ce sont les contreparties normales d'une relation.
Un relevé qui distingue les natures de revenus. Coupons, dividendes, produits de cession : la distinction commande le régime fiscal, comme l'exposent nos guides des obligations et des plus-values mobilières. Une ligne de performance agrégée ne permet pas de déclarer.
Le détail des retenues supportées, par ligne et par pays, sans lequel aucune imputation n'est possible.
Les attestations d'impôt étranger, produites au moment du versement plutôt qu'un an après.
Une information claire sur la rémunération, rétrocessions comprises.
Une explication des décisions prises, lorsque la gestion est discrétionnaire. Un mandat n'est pas un chèque en blanc, et rendre compte fait partie de la prestation.
Ce qui justifie un coût.
Il ne faut pas confondre coût élevé et coût injustifié : certaines prestations valent ce qu'elles coûtent, et d'autres non.
Trois choses justifient réellement une rémunération. Une compétence que le client n'a pas et n'acquerra pas. Un accès à des instruments ou à des conditions qu'il n'obtiendrait pas seul. Et une discipline de gestion qu'il ne tiendrait pas, ce qui est souvent la contribution la plus sous-estimée.
Trois choses ne la justifient pas. La reproduction d'une allocation standard qui ne demande aucun arbitrage. Une activité de transaction qui génère des frais sans produire de résultat. Et un reporting si pauvre qu'il ne permet même pas au client de déclarer correctement.
La question à se poser une fois par an n'est pas si les frais sont élevés, mais ce qu'ils achètent, et si ce qu'ils achètent existe encore.
Nous ne comparons pas les offres.
Nous n'évaluons ni la qualité d'une gestion, ni le caractère raisonnable d'une tarification, ni l'opportunité de changer d'établissement. La section 30 du Securities Act 2005 réserve cette matière à un titulaire de licence de la Financial Services Commission, que nous ne détenons pas.
Ce que nous faisons est en aval. Nous reconstituons ce qui a été réellement prélevé sur un exercice, retenues comprises, nous établissons le rendement net après fiscalité de ce que vous détenez, et nous vérifions ce qui était récupérable et ne l'a pas été.
C'est une information que le client n'a jamais, et que son gestionnaire n'a pas toujours. Une fois établie, elle rend la conversation entre eux nettement plus productive.
Deux niveaux de coûts, et ils ne se confondent pas.
Deux postes échappent à cette liste et méritent leur propre examen. La part liquide du patrimoine, traitée par notre guide sur la trésorerie et les liquidités. Et les produits structurés, dont notre guide sur la fiscalité des produits structurés expose la lecture propre.
Lorsque le portefeuille est logé dans une société, deux ensembles de coûts coexistent, et les confondre fausse tout arbitrage.
Les coûts de la gestion, décrits ci-dessus, qui portent sur le portefeuille lui-même et qui existeraient de la même façon en détention directe.
Les coûts de la structure, qui sont ceux des obligations permanentes : comptabilité, secrétariat, dépôts, audit lorsque les seuils sont franchis, administration par une management company lorsque la forme l'impose. Notre guide sur la détention directe ou par une société expose pourquoi ces obligations ne se suspendent jamais.
Deux conséquences en découlent.
L'arbitrage entre détention directe et société ne se joue pas sur les coûts de gestion, identiques dans les deux cas, mais uniquement sur ceux de la structure comparés à ce qu'elle apporte.
Et les coûts de la structure sont largement fixes, ce qui signifie qu'ils pèsent proportionnellement davantage sur un patrimoine modeste. C'est l'un des rares endroits où la taille change réellement la réponse.
Les coûts d'un portefeuille confié, vos questions.
Quels sont les postes de coût ?
Sept. Les frais de gestion, assis sur les encours. Les droits de garde, dus au conservateur même s'il appartient au même groupe. Les frais de transaction, qui dépendent de l'activité et non de la taille. Les frais d'entrée, de sortie et de transfert. Les frais internes des produits détenus, qui n'apparaissent sur aucun relevé. Les rétrocessions. Et le change, loin d'être négligeable sur un portefeuille international.
Quel est le poste qui ne figure sur aucune grille ?
La fiscalité prélevée en amont, qui n'est pas un frais mais qui pèse souvent davantage que plusieurs postes réunis. Les retenues à la source des pays d'origine des titres amputent le revenu avant qu'il n'arrive, et celles supportées par les fonds eux-mêmes sont invisibles et non imputables. Comparer deux propositions sur les seuls frais annoncés revient à comparer deux moitiés de calcul.
Comment comparer deux propositions ?
Trois principes. Ramener tout à un total annuel exprimé dans la même unité. Distinguer ce qui suit les encours de ce qui suit l'activité, une gestion très active coûtant davantage indépendamment de la taille. Et demander le net après tous les postes et après fiscalité. Le piège est que le poste le plus discuté, les frais de gestion, est rarement celui qui pèse le plus.
Qu'a-t-on le droit d'exiger en échange ?
Cinq choses, sans avoir à insister. Un relevé distinguant les natures de revenus, une ligne de performance agrégée ne permettant pas de déclarer. Le détail des retenues supportées, par ligne et par pays. Les attestations d'impôt étranger, produites au versement. Une information claire sur la rémunération, rétrocessions comprises. Et une explication des décisions lorsque la gestion est discrétionnaire.
Les coûts d'une structure s'ajoutent-ils ?
Ils s'ajoutent et ne se confondent pas. Les coûts de gestion portent sur le portefeuille et existeraient de la même façon en détention directe. Les coûts de la structure sont ceux des obligations permanentes, et ils sont largement fixes, donc proportionnellement plus lourds sur un patrimoine modeste. L'arbitrage entre direct et société ne se joue que sur les seconds.
La suite, naturellement.
La retenue à la source sur un portefeuille
Le huitième poste, celui qui ne figure sur aucune grille.
Découvrir →Ce qu'un gestionnaire demande à un nouveau résident
Les sept questions à poser au premier rendez-vous.
Découvrir →La banque privée à l'île Maurice
Trois métiers derrière un mot, et lequel on vous propose.
Découvrir →Le rendement net après fiscalité, nous le reconstituons.
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