Maurice ou Dubaï : où la comparaison se décide vraiment
Si votre seul critère est le montant de l'impôt sur le revenu, ne venez pas à Maurice. Cette phrase nous coûte des dossiers et nous la maintenons, parce qu'un client venu pour une raison fausse repart, et il repart au pire moment.
Sur l'impôt seul, Dubaï gagne, et il n'y a pas de débat.
Autant le dire au premier paragraphe plutôt que de ménager un suspense que les chiffres ne soutiennent pas.
Les Emirats arabes unis ne prélèvent pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques, ni d'impôt sur la fortune, ni de droits de donation ou de succession.
Maurice ne prélève ni impôt sur la fortune ni droits de succession non plus, et place le produit de la cession de titres hors du revenu imposable par l'item 7 de la deuxième annexe. Mais Maurice a un impôt sur le revenu, avec des catégories, un barème et des déclarations, et les dividendes comme les intérêts y obéissent à des règles propres.
Si votre seul critère est le montant de l'impôt sur le revenu, ne venez pas à Maurice. Cette phrase nous coûte des dossiers et nous la maintenons, parce qu'un client venu pour une raison fausse repart, et il repart au pire moment.
La comparaison se décide donc ailleurs, et le reste de cette page dit où.
Un droit civil que vous reconnaissez.
C'est la différence la plus lourde de conséquences, et elle est presque toujours absente des comparatifs.
Le code civil mauricien est d'origine napoléonienne. Il comporte sa propre réserve héréditaire, ce qui est une contrainte, et notre guide sur le trust, la fondation et la réserve héréditaire explique pourquoi les présentations qui promettent une liberté totale de transmission résistent mal à l'examen.
Aux Emirats, la situation est d'une autre nature. Depuis 2023, la dévolution successorale d'un non-musulman relève de la loi fédérale sur le statut personnel civil, et un héritier peut demander l'application de la loi nationale du défunt, sauf testament enregistré prévoyant le contraire. Notre comparatif d'installation familiale, exposé dans notre page Maurice ou Dubaï pour s'installer, détaille ce mécanisme.
Le résultat n'est donc pas acquis d'avance, il dépend de ce qui a été préparé. Un testament enregistré et une désignation expresse de la loi applicable rendent la situation prévisible ; leur absence laisse la dévolution dépendre d'une demande d'un héritier et du texte fédéral. Cela se prépare, cela ne s'improvise pas.
La différence n'est donc pas le coût fiscal de la transmission, nul des deux côtés, mais le cadre civil par défaut, et ce qu'il produit si personne n'a rien préparé.
Le réseau conventionnel, et son contenu.
Ce point compte pour un patrimoine encore rattaché à l'Europe, et il se vérifie texte par texte.
Maurice dispose d'un réseau conventionnel étendu, dont la liste officielle de la Mauritius Revenue Authority classe les instruments en quatre catégories. La France, la Belgique et le Luxembourg y figurent parmi les conventions en vigueur, la Suisse dans aucune.
Ce qu'une convention apporte réellement est exposé dans notre guide sur ce à quoi sert une convention fiscale : répartition du droit d'imposer, plafonnement de certaines retenues, procédure amiable, échange de renseignements, et parfois assistance au recouvrement.
Et ce que le contenu change apparaît dans notre comparatif des quatre départs vers Maurice : deux conventions en vigueur ne contiennent pas les mêmes articles, et cette différence décide parfois du régime d'un départ.
Nous ne comparons pas les deux réseaux ici, faute d'avoir vérifié le versant émirati avec la même exigence. Nous signalons que la question se pose, et qu'elle se pose sur le contenu des textes, non sur leur nombre.
Ce que regarde le pays que vous quittez.
Une destination n'est pas seulement un régime d'arrivée, c'est aussi un point de vue.
Les mécanismes de sortie de votre pays d'origine dépendent de la destination, et parfois du contenu de la convention conclue avec elle. Notre guide de l'imposition belge de sortie en donne l'exemple le plus net, et notre guide de l'exit tax française expose les trois conditions cumulatives du sursis de plein droit.
Le degré d'attention porté à une destination varie également, et il se mesure aux textes plutôt qu'aux impressions.
Ce que nous pouvons dire pour Maurice, c'est ce qui figure dans nos guides, vérifié et daté. Ce que nous ne dirons pas, c'est comment un service traite un dossier, parce que nous n'en savons rien et que personne ne le sait avec certitude.
Trois choses, dites franchement.
Un comparatif qui ne concède rien à l'autre n'est pas un comparatif.
L'absence totale d'impôt sur le revenu des personnes, déjà dite, et elle est décisive pour un patrimoine dont l'essentiel du rendement vient de dividendes et d'intérêts plutôt que de plus-values.
Une place financière dense, avec une concentration d'établissements et de services qu'une petite économie insulaire n'égale pas.
Une connectivité aérienne supérieure et un fuseau plus proche de l'Europe, ce qui compte pour qui garde une activité.
Notre page Maurice ou Dubaï pour s'installer traite ces aspects et les quatre autres critères d'une installation familiale, dont le coût de la vie, qui absorbe une part de l'avantage fiscal.
La composition de votre patrimoine.
Le point technique de cette comparaison, et celui qui produit le plus de surprises.
Sur les plus-values de cession de titres, l'écart entre les deux destinations est nul, puisque Maurice les place hors du revenu imposable, comme l'expose notre guide des plus-values mobilières.
Sur les dividendes et les intérêts, l'écart existe, et il dépend des règles exposées dans nos guides des dividendes de sociétés mauriciennes et de la fiscalité des intérêts, ainsi que de la règle de la remittance basis pour les revenus de source étrangère.
Sur les retenues étrangères, l'écart est nul également, puisqu'elles sont prélevées par les pays d'origine des titres indépendamment de votre résidence, comme l'expose notre guide de la retenue à la source.
Conséquence : un patrimoine composé essentiellement de titres conservés longtemps voit l'écart se réduire considérablement. Un patrimoine de rendement, distribuant chaque année, le voit s'élargir. C'est un calcul, et il se fait sur votre portefeuille réel.
Il existe, et il est précis.
Puisque nous avons dit quand Dubaï gagne, disons quand Maurice gagne.
Une famille qui s'installe durablement, avec des enfants scolarisés et un projet de vie plutôt qu'un projet fiscal.
Un patrimoine principalement composé de titres détenus longtemps, où l'écart fiscal se réduit et où les autres critères reprennent le dessus.
Une personne qui veut un cadre civil prévisible, familier, et une transmission qui ne dépende pas d'avoir pensé à un dispositif particulier.
Et un projet tourné vers l'Afrique, où la position et le réseau conventionnel mauriciens ont un sens opérationnel.
Et pourquoi nous vous disons d'aller ailleurs quand c'est le cas.
Nous traitons la partie mauricienne des dossiers : résidence et permis, structure lorsqu'elle se justifie, comptabilité, déclarations, transmission côté mauricien.
Nous n'intervenons pas aux Emirats et nous ne conseillons pas sur leur droit. Cette page compare des cadres, elle ne prétend pas traiter le versant émirati avec la profondeur que nous appliquons au versant mauricien.
Nous ne donnons aucun conseil en investissement et ne percevons aucune rétrocession.
Et nous disons quand une autre destination répond mieux, comme l'expose notre guide du premier rendez-vous. Un dossier ouvert sur une prémisse fausse se referme mal, et il se referme toujours.
Elle fait partie d'une série.
Ce guide traite une destination. La question générale se pose autrement.
Notre synthèse Où s'installer avec un patrimoine financier met quatorze destinations dans un même tableau et expose les trois questions qui départagent : l'existence d'une horloge sur le régime, la condition de rapatriement, et le mécanisme de sortie du pays que vous quittez.
Aucune de ces trois questions n'est un taux d'imposition affiché, et c'est pourquoi un classement général ne veut rien dire tant que votre situation n'est pas posée.
Les questions du comparatif émirati
Dubaï est-il plus avantageux fiscalement ?
Sur l'impôt sur le revenu des personnes physiques, oui, sans débat : les Emirats n'en prélèvent pas, ni impôt sur la fortune, ni droits de donation ou de succession. Maurice ne prélève ni impôt sur la fortune ni droits de succession, mais a un impôt sur le revenu, avec des catégories et des déclarations.
Où l'écart se referme-t-il ?
Sur les plus-values de cession de titres, que l'item 7 place hors du revenu imposable mauricien, et sur les retenues étrangères, prélevées par les pays d'origine des titres quel que soit votre lieu de résidence. Un patrimoine de titres conservés longtemps voit donc l'écart se réduire fortement ; un patrimoine de rendement le voit s'élargir.
Qu'en est-il de la transmission ?
Aucun des deux ne prélève de droits de succession. La différence est civile : le code civil mauricien est d'origine napoléonienne et comporte sa propre réserve, alors qu'aux Emirats, en l'absence de planification, le règlement peut basculer sous les règles locales, avec des parts inégales entre héritiers et un blocage des comptes qui se compte en mois.
Ce risque successoral se traite-t-il ?
Oui, par un testament enregistré auprès des juridictions spécialisées et une désignation expresse de la loi applicable, et le règlement redevient rapide. Mais il faut l'avoir fait : la différence porte sur le cadre par défaut, pas sur le coût.
Pour quel profil Maurice l'emporte-t-il ?
Une famille qui s'installe durablement avec un projet de vie, un patrimoine principalement composé de titres détenus longtemps, une personne qui veut un cadre civil prévisible et familier, et un projet tourné vers l'Afrique.
La suite, naturellement.
Le comparatif des quatre départs
France, Belgique, Luxembourg, Suisse sur six lignes.
Découvrir →Trust, fondation et réserve héréditaire
Pourquoi la liberté totale de transmission résiste mal.
Découvrir →A quoi sert une convention fiscale
Quatre fonctions réelles, et trois idées fausses.
Découvrir →Faire calculer l'écart sur votre portefeuille réel
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