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France, Belgique, Luxembourg, Suisse : quatre départs vers Maurice comparés

Un argumentaire d'expatriation ne se transpose pas d'un pays à l'autre, et la raison n'est pas culturelle mais textuelle. Les quatre pays n'ont pas signé les mêmes conventions et ne prévoient pas les mêmes mécanismes de sortie.

Pourquoi ce tableau existe

Parce qu'un argumentaire ne se transpose pas.

C'est la conclusion qui ressort de nos guides pays, et elle mérite d'être posée seule, avant tout tableau.

Un raisonnement d'expatriation vers Maurice construit pour un résident français ne vaut pas pour un résident suisse, et l'inverse est également vrai.

La raison n'est pas culturelle, elle est textuelle. Les quatre pays n'ont pas signé les mêmes conventions, n'imposent pas les mêmes choses, et ne prévoient pas les mêmes mécanismes de sortie.

Nous avons donc vérifié chaque ligne, texte en main lorsque c'était possible, et nous indiquons ce que nous n'avons pas pu établir plutôt que de le combler.

Ce tableau ne dit pas quel pays il vaut mieux quitter. Il dit sur quoi porte la différence, et donc quelle question poser en premier selon d'où vous partez.

Le tableau

Quatre pays, six lignes.

Les cases marquées comme à établir sont celles où nous n'avons pas de source suffisante, et elles restent ouvertes plutôt que remplies.

FranceBelgiqueLuxembourgSuisse
Convention avec Mauriceen vigueuren vigueur, 4 juillet 1995en vigueur, avec protocoleaucune
Champ de la conventionrevenu et fortunerevenurevenusans objet
Assistance au recouvrementrecensée par la doctrine françaiseabsente du texteà établirsans objet
Plus-values de portefeuilleimposées10 %, sur la valeur au 31/12/2025exonérées au-delà de 6 moisexonérées, fortune privée
Impôt sur la fortunesur l'immobiliernonnon, supprimé en 2006oui, cantonal et communal
Imposition de sortiearticle 167 bisoui, sauf absence de réalisation sous 24 moisà établirà établir
France

L'écart le plus large, et le dispositif le plus balisé.

C'est le dossier que nous traitons le plus souvent, et celui où la documentation est la plus abondante.

Les plus-values mobilières sont imposées en France, ce qui crée l'écart le plus net avec l'item 7 mauricien, exposé dans notre guide des plus-values mobilières.

L'impôt sur la fortune ne vise que l'immobilier, sujet traité par notre guide de l'IFI et la résidence mauricienne.

L'imposition de sortie de l'article 167 bis est le point technique du dossier, et le sursis de plein droit suppose trois conditions cumulatives pour une destination hors Espace économique européen. Notre guide de l'exit tax au départ vers Maurice expose l'état exact de la question, y compris la réserve tenant à une annexe doctrinale non actualisée depuis 2012.

Et la convention couvre le revenu et la fortune, ce qui la distingue des trois autres.

Belgique

Le pays qui a le plus changé, et le moins brutalement.

Le dossier belge s'est transformé en 2026, et le discours ambiant en exagère la portée.

La taxe sur les plus-values des actifs financiers est entrée en vigueur, au taux de 10 %, mais la valeur de référence des actifs acquis avant 2026 est celle du 31 décembre 2025. La plus-value accumulée jusque-là sort de l'assiette, comme l'expose notre guide de la taxe belge sur les plus-values.

Le régime des participations substantielles est plus favorable que le régime général sur les montants importants, ce qui est le résultat le plus contre-intuitif des quatre pays.

L'imposition de sortie n'est pas due en l'absence de réalisation dans les vingt-quatre mois du départ. En revanche, le sursis automatique suppose une convention prévoyant l'échange de renseignements et l'assistance au recouvrement, et la convention du 4 juillet 1995 ne comporte pas cet article. Notre guide de l'imposition belge de sortie donne la liste de ses articles 24 à 29.

C'est la différence la plus frappante du tableau, parce qu'elle sépare deux voisins sur une même destination.

Luxembourg

Le pays où Maurice apporte le moins.

C'est la conclusion la plus inconfortable pour un argumentaire commercial, et elle est solide.

Les plus-values sur titres détenus au-delà de six mois sont exonérées, et il n'y a plus d'impôt sur la fortune des personnes physiques depuis 2006.

L'écart avec Maurice se réduit donc à deux choses : la cession d'une participation importante et la transmission. Notre guide sur le départ du Luxembourg l'expose sans le contourner.

Le seuil de la participation importante est de plus de 10 % du capital, apprécié à un moment quelconque des cinq années précédant la vente, ce qui neutralise tout ajustement tardif. Notre guide de la cession d'une participation importante en donne les taux exacts.

Pour un porteur de titres cotés détenus longtemps, il n'y a pas de dossier fiscal luxembourgeois. Nous le disons plutôt que d'en fabriquer un.

Suisse

Le seul sans convention, et le seul avec un impôt sur la fortune.

Le dossier suisse est celui qui ressemble le moins aux trois autres, sur les deux lignes qui comptent.

Les gains en capital sur la fortune privée mobilière sont en principe exonérés, ce qui neutralise l'argument mauricien le plus connu, sous réserve de la requalification qu'expose notre guide sur la frontière entre investisseur et commerçant de titres.

Mais l'impôt sur la fortune existe, au niveau cantonal et communal, et c'est le vrai sujet, traité par notre guide de l'impôt sur la fortune suisse.

Et il n'y a aucune convention avec Maurice, dans aucune des quatre catégories de la liste officielle, ce qui rend définitif un impôt anticipé de 35 % conçu comme récupérable. Notre guide de l'impôt anticipé en expose le mécanisme, et notre guide sur le départ de Suisse la séquence complète.

Un point joue en faveur de Maurice, et il est important : un départ définitif hors de l'espace européen ouvre l'accès à la totalité du capital de prévoyance, comme l'expose notre guide du capital de prévoyance suisse.

Ce que le tableau ne dit pas

Trois choses, et elles décident souvent.

Un comparatif fiscal donne une fausse impression de complétude, et il faut nommer ce qu'il laisse dehors.

Le motif réel de l'installation. Il est rarement fiscal, et notre expérience est qu'il ne l'est presque jamais chez les personnes qui restent. Le climat, la famille, le rythme de vie et la proximité de l'Afrique et de l'Asie décident davantage.

La situation personnelle. Le régime matrimonial, la résidence des enfants, une succession en cours : trois éléments qui déplacent un dossier plus qu'une ligne de barème.

Les postes non fiscaux. Le coût de la gestion, les retenues étrangères et le change réduisent le revenu disponible sans être fiscaux au sens mauricien, comme l'expose notre guide sur vivre de son portefeuille.

Ce que nous faisons

La colonne mauricienne, et rien des trois autres.

Nous traitons la partie mauricienne du dossier et la coordination avec vos praticiens.

Nous ne conseillons sur le droit d'aucun des quatre pays de ce tableau. Chaque colonne appelle un praticien de ce pays, et nous travaillons avec le vôtre.

Nous n'annonçons aucun écart chiffré avant d'avoir les données, et notre guide du premier rendez-vous expose comment nous procédons.

Nous ne donnons aucun conseil en investissement et ne percevons aucune rétrocession.

Pour situer cette page

Elle fait partie d'une série.

Ce guide traite une destination. La question générale se pose autrement.

Notre synthèse Où s'installer avec un patrimoine financier met quatorze destinations dans un même tableau et expose les trois questions qui départagent : l'existence d'une horloge sur le régime, la condition de rapatriement, et le mécanisme de sortie du pays que vous quittez.

Aucune de ces trois questions n'est un taux d'imposition affiché, et c'est pourquoi un classement général ne veut rien dire tant que votre situation n'est pas posée.

Questions fréquentes

Les questions du comparatif

Quel pays a le plus à gagner à une installation à Maurice ?

Sur le seul terrain fiscal, la France, où l'écart sur les plus-values mobilières est le plus large. Le Luxembourg a le moins à gagner, ses plus-values de portefeuille étant déjà exonérées au-delà de six mois et son impôt sur la fortune supprimé en 2006.

Quelle est la différence la plus frappante du tableau ?

Entre la France et la Belgique sur l'assistance au recouvrement. La doctrine française la recense pour Maurice, alors que la convention belge du 4 juillet 1995 ne comporte pas cet article. Deux voisins, une même destination, et deux positions de départ différentes.

Pourquoi la Suisse est-elle un cas à part ?

Elle est le seul des quatre sans aucune convention avec Maurice, et le seul à prélever un impôt sur la fortune. Ses gains en capital sur la fortune privée mobilière étant déjà exonérés, l'argument mauricien le plus connu y tombe à plat, et le vrai sujet est ailleurs.

Certaines cases restent vides, pourquoi ?

Parce que nous n'avons pas de source suffisante pour les remplir, notamment sur les mécanismes de sortie luxembourgeois et suisses. Nous préférons signaler une case à établir plutôt que de la combler avec une approximation.

Un comparatif fiscal suffit-il à décider ?

Non, et il donne une fausse impression de complétude. Le motif réel de l'installation est rarement fiscal, la situation personnelle déplace un dossier plus qu'une ligne de barème, et les postes non fiscaux réduisent le revenu disponible sans figurer nulle part dans ce tableau.

Premier échange sans engagement

Savoir quelle question poser en premier, selon d'où vous partez

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